AGRIPPINA

Agrippinaréédition avril 2007

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

Vincenzo Grimani
 
ORCHESTRE
English Baroque Soloists
CHOEUR

DIRECTION
John Eliot Gardiner

Ottone
Michael Chance

Lesbo
Julian Clarkson

Agrippina
Della Jones

Poppea
Donna Brown

Narciso
Jonathan Peter Kenny

Claudio
Alastair Miles

Nerone
Derek Lee Ragin

Pallante
George Mosley

Giunone
Ann Sofie von Otter

DATE D'ENREGISTREMENT
1991
LIEU D'ENREGISTREMENT

ENREGISTREMENT EN CONCERT
non

EDITEUR
Philips
DISTRIBUTION

DATE DE PRODUCTION
avril 1997 - réédition avril 2007 - Classic Opera
NOMBRE DE DISQUES
3
CATEGORIE
DDD

Critique de cet enregistrement dans :

"Gardiner ... sur terres haendéliennes et avec ses chers English Baroque Soloists. Voici la seule Agrippina vraiment recommandable avec une Della Jones souveraine, identifiée à la protagoniste jusqu’au bout des griffes. Alastair Miles est un Claudia comme il se doit impérial, Donna Brown une Poppée délicate et le reste du plateau (Michael Chance, Derek Lee Ragin, Anne Sofie von Otter...) comprend peu de maillons faibles. La fibre théâtrale est un rien aseptisée par le studio mais Gardiner mène l’ensemble vers les sommets avec son chic et sa science musicale habituels."

"Une version détonante, bondissante, subjuguante...en jouant à plein des constrastes et des effets que lui offre une partition exemplaire...Un orchestre brillantissime...des solistes totalement investis dans un travail d'équipe d'une parfaite cohésion théâtrale et musicale...Une pure merveille..."

"Agrippina a été composée en 1710 pour Venise, c'est-à-dire avant que Haendel ne s'installe en Angleterre et commence à bâtir sa statue de patriarche. De par son extrême originalité, issue du mélange des genres alors promu par le goût vénitien, c'est un opéra à part dans sa production. Chronologiquement placé entre Cavalli et Vivaldi, Haendel insère son Agrippina dans la chaîne prestigieuse des oeuvres exubérantes, dotées de livrets foisonnants, que la cité des Doges encouragea si fort On ne sait qu'admirer le plus, du subtil dosage des intrigues croisées, de la variété dos airs - bouffons, satiriques et tragiques -, des coups de théâtre incessants, mais aussi de l'extrême diversité des accompagnements musicaux, avec mise à l'honneur de certains instruments solistes. Ceux-ci dynamisent à tour de rôle les airs qu ils accompagnent d'une puissante charge poétique. On plonge dans le débridement le plus complet, la fantaisie à l'état pur. Les airs longs ou courts se succèdent sans paraître obéir à un schéma ou à des règles quelconques, les ariosos ajoutent à la souplesse de la déclamation.

En outre, l'oeuvre est magnifique. Selon son habitude, Haendel l'écrivit en puisant dans ses compositions antérieures. Elle est servie par des interprètes tout à leur affaire, y cømpris le très sophistiqué Derek Lee Ragin. Celui-ci campe un Néron juvénile, prince manipulé par sa mère. C'est elle, évidemment, le pivot de l'intrigue. Ce rôle écrasant a été malheureusement confié à Della Jones qui croit bon, dans ce rôle haut en couleur, de faire un sort à chaque mot. Contrairement à ses espérances, le contour de son personnage n'en sort pas mieux sculpté et l'on écoute ses interventions avec l'impression confuse d'un personnage éparpillé (où sont passées les Janet Baker et Maureen Forrester d'antan?). Appuyée sur un timbre sans mystère, sa santé vocale reste étonnante même si l'homogénéité des couleurs aux passages de registre manque de cohésion. Le reste de la distribution est excellent. Donna Brown réussit d'étincelants chapelets de vocalises (sa Poppée n'apparaît pas comme la gourgandine historique que Néron fit étouffer entre deux matelas, mais comme une jeune fille pure et amoureuse). Anne Sofie von Otter, guest star, vient in extremis clore en Junon cette énorme fresque par un petit air de circonstance. S'ajoute à ce feu d'artifice l'engagement de John Eliot Gardiner qui mène son intrigue tambour battant et surtout nous régale d'un orchestre d'un envoûtant raffinement."

"Gardiner réussit à conférer une certaine unité à une partition assez éclatée, en valorisant cependant les vrais moments de bonheur musical. Sa direction est vive, toujours théâtrale, avec des tempi modérés"..."La distribution est largement dominée par l'Agrippina d'une Della Jones entêtante, vraie bête de scène, impeccable technicienne du chant baroque"..."La Poppea de Donna Brown est parfaite en féminité enjôleuse. Le Claudio d'Alastair Miles est plein de vaillance brute"..."Derek Lee Ragin s'époumone un peu dans la tessiture de castrat soprano du jeune Nerone"..."Michael Chance possède une voix par trop britannique"..."Il faut recommander chaudement ce très bel enregistrement." 

http://handel.free.fr/gfhopera.htm

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