ARTAXERXES

COMPOSITEUR

Thomas ARNE
LIBRETTISTE

d'après Pietro Metastasio

ENREGISTREMENT
ÉDITION
DIRECTION
ÉDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DÉTAILLÉE
1979

Maurits Sillem
MRF
2 (LP)
anglais
1979

Maurits Sillem
Celestial
2
anglais
1995
1996
Roy Goodman
Hyperion
2
anglais
1995
2009
Roy Goodman
Hyperion
2
anglais

2011
Ian Page
Linn Records
2
anglais

 

"Opéra anglais" en trois actes, sur un livret de Arne d'après Métastase. Représenté au Covent Garden de Londres, le 2 février 1762, avec Nicolo Peretti , castrat alto (Artaxerxes), John Beard, ténor (Artabanes), Giusto Ferdinando Tenducci, castrat soprano (Arbaces), Charlotte Brent, soprano, maîtresse de Arne (Mandane), Mlle Thomas, soprano (Semira), George Mattocks, ténor (Rimenes).

En 1763, le rôle de Mandane était tenu par Mlle Potier.

L'opéra, premier opera seria en langue anglaise, et le seul de Thomas Arne, se maintint au répertoire jusqu'au XIXe siècle. Le rôle de Mandane fut tenu par Elizabeth Billington (1765-1818) et Elizabeth Mara.

Elizabeth Billington

Reprise à New York le 31 janvier 1828, dans une révision de C. E. Horn, avec Hacket, Sharpe, Austin.

 

Personnages : Artaxerxes, prince puis roi de Perse, épris de Sémira ; Artabanes, général en chef, favori de la famille royale, père d'Arbaces et de Semira ; Arbaces, ami d'Artaxerxes, épris de Mandane ; Rimenes, général de l'armée, confident d'Artabanes ; Mandane, soeur d'Artaxerxes, éprise d'Arbaces ; Semira, soeur d'Arbaces, éprise d'Artaxerxes

 

Synopsis

Acte I

Au petit matin, la princesse Mandane, fille de Xerxes, roi de Perse, se sépare de son amoureux Arbaces, fils d'Artabanes, commandant de la garde royale. En dépit de l'amitié que lui porte le prince Artaxerxes, fils du roi et frère de Mandane, Arbaces a été chassé de la cour pour avoir courtisé la princesse. Prenant prétexte de cet acte, Artabanes, qui convoite le trône, tue le roi, en demandant à son fils Arbaces d'emporter l'épée ensanglantée. Le jeune homme s'enfuit, désespéré (Amid a thousand racking woes), tandis qu'Artabanes accuse Darius, frère d'Artaxerxes (Behold, on Lethe's dismal Strand). Tout à sa vengeance, Artaxerxes repousse l'amour de Semira, fille d'Artabanes et soeur d'Arbaces. Artabanes annonce àArtaxerxes qu'il vient de venger le sang de son père en tuant Darius. Ce n'est que trop tard que Semira vient disculper Darius, en informant Artaxerxes que les gardes ont saisi le véritable assassin qui portait toujours l'instrument de son crime. Contrairement à Artabanes, elle ignore qu'il s'agit d'Arbaces. Celui-ci ne peut se défendre en accablant son père, qui feint l'horreur et le renie. Mandane tourne le dos à son amant, désespéré (Oh, so lovely).

Acte II

Ayant obtenu d'Artaxerxes le privilège d'interroger son fils, Artabanes lui ordonne de rejoindre les rebelles afin de renverser le pouvoir royal. Arbaces refuse (Disdainful you fly me). Artabanes demande alors à son confident Rimenes de tuer Artaxerxes, en lui promettant la main de Semira. Cherchant conseil auprès de Mandane, Semira la découvre résolue à punir Arbaces. À la stupéfaction générale, Artaxerxes confie à Artabanes la charge de juger son propre fils. Sans hésiter, Artabanes condamne Arbaces à mort. Arbaces accepte la sentence, au désespoir de Mandane qui condamne le père indigne (Monster, away!), tandis que Semira refuse d'adresser la parole à son bien-aimé Artaxerxes. Mais Artabanes est bien décidé à sauver son fils.

Acte III

Artaxerxes visite Arbaccs dans sa prison, pour lui indiquer le chemin de l'évasion (Water parted from the Sea). Ayant trouvé le cachot vide, Artabanes croit Arbaces mort (O much lov'd son). Il prête d'autant mieux son oreille à Rimenes qui propose de venger son fils en tuant Artaxerxes lors de son couronnement. Ne pouvant quitter le palais sans voir Mandane, Arbaces surgit dans ses appartements, provoquant à la fois terreur, joie et répulsion. Lors de la cérémonie du couronnement, Artabanes tend à Artaxerxes la coupe sacrée remplie de poison. Avant que le prince ne la vide, Semira apporte la nouvelle d'une attaque des rebelles, commandés par le traître Rimenes. Après la défaite d'Artabanes, Arbaces tue Rimenes et obtient la reddition de ses troupes. Artaxerxes ne peut plus croire qu'Arbaces soit le meurtrier de son père, tandis que Mandane triomphe (The Soldier tir'd of War's Alarms). Afin de l'accueillir à nouveau parmi ses soutiens, Artaxerxes tend à Arbaces la coupe fatale. C'en est trop même pour Artabanes, qui avoue tous ses crimes. Arbaces obtient grâce pour son père et la main de Mandane, tandis qu'Artaxerxes peut enfin saisir celle de Semira. (Mille et un opéras - Fayard)

 

 

"L'ambition de ce seul héritier de Haendel était la réalisation d'un opéra seria à l'anglaise, qui aurait réuni les séductions du melodramma italien (virtuosité vocale, tension dramatique), et les atouts du genre national (texte intelligible, mélodies du terroir)" (Diapason - juin 1996)

  "Thomas Arne appartient à la génération suivant celle de Haendel. Il connut deux carrières successives : la première de type haendelien, et la seconde, vers 1760, par laquelle, grâce au style galant florissant en Europe, il tenta d'acclimater outre-Manche l'opera buffa et l'opera seria à la langue anglaise. Le disparate Artaxerxes répond à cette dernière catégorie. Quoique obédient au paradigme de l'opera seria, il en enfreint sans cesse les rigoureux codes et règles. Il n'est pas question de reprocher à Arne de faire évoluer une forme musicale. Mais au moins faut-il que l'oeuvre achevée trouve son unité, et ne soit pas une récollection de numéros et de formes. La bigarrure que l'opera buffa requiert ne convient absolument pas à l'opera seria.

Pourtant, Artaxerxes ne manque pas d'atouts un orchestre opulent (à côté des cors et des trompettes, les bois y sont par deux, y compris les clarinettes), de belles arie (" Why is Death for ever fate", acte III, 1), une réelle volubilité vocale et l'indéniable savoir-faire de son auteur. Mais l'ouvrage claudique, à cause d'une inadéquation de tempo dramatique entre musique et livret. Ce dernier nécessite un empan supérieur à ses quelque deux heures et quart finales. Arne prend en permanence la poste : récitatifs négligés parce que trop resserrés (ils ne permettent ni une pleine exposition de l'action, ni l'installation de climats différenciés), arie amputées de la reprise, voire de la partie B (inaboutis, ils ne laissent pas le temps aux affects de s'exprimer, ni aux chanteurs de faire valoir leur art). Privé de sa nécessaire ampleur, cet opéra semble revêtu d'un costume strict et ample, que des étoffes trop légères rendent fragile. Cet Artaxerxes fait penser à ces films conçus pour plusieurs heures, qu'un raccourcissement fait percevoir pour plus longs que l'original." (Opéra International - avril 1996)

 

"La célébrité de cet opéra de 1762 s\92est perpétuée jusqu\92à nos jours grâce à l\92in­terprétation de quelques airs pour soprano colorature par Joan Sutherland (dont l\92air final de Mandane « The soldier tir\92d » fut l\92un des grands succès pyrotechniques), Beverly Sills ou, plus près de nous, Yvonne Kenny. Au-delà de certains airs virtuoses, l\92oeuvre sans doute le seul opera seria purement anglais \97 fut le plus grand succès des scènes londoniennes jusqu\92au milieu du XIXe siècle, grâce à des mélodies délicieuses et à une orchestration recherchée (où les vents ont un grand rôle, jouant même sans les cordes pour évoquer le lever du jour au début de l\92acte 1), grâce aussi à une élégance charmeuse où se combinent la noblesse du genre sérieux et le style galant de l\92époque. (Guide de la musique ancienne et baroque)

 

 

Représentations :

 

 

 

 

 

 

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