JUPITER VAINQUEUR DES TITANS

COMPOSITEUR

François Colin de BLAMONT / Bernard de BURY
LIBRETTISTE

Michel de Bonneval
     

 Tragédie en musique, en cinq actes et un prologue, sur un livret anonyme, attribué à Michel de Bonneval (*).

(*) Louis-Charles-Michel de Bonneval, né au Mans, mort en 1766. Contrôleur général de l’argenterie et intendant des Menus plaisirs du roi. Auteur de plusieurs livrets.

Elle fut représentée à Fontainebleau le 11 novembre 1745, puis à Versailles, le 11 décembre 1745, dans le manège de la Grande Écurie, dans le cadre des festivités accompagnant le mariage du Dauphin, futur Louis XVI, et de Marie-Antoinette d'Autriche.

La musique fut composée en collaboration avec Bernard de Bury, neveu de Colin de Blamont. La partition est perdue.

 

L'accueil fut réservé, tant à l'égard de la musique que du texte. Ainsi le duc de Luynes commenta dans ses Mémoires : Les amateurs de musique italienne et de celle de Rameau sont toujours prévenus contre celle de M. de Blamont qui, en effet, n’est pas aussi travaillée que celle de Rameau ; à l’égard des paroles, on ne peut pas douter qu’elles n’aient été critiquées par les partisans de Voltaire.

L'Encyclopédie, dans les Fêtes à la cour de France, relate ainsi la représentation : On ne s'en tint point aux ouvrages choisis pour annoncer par de nobles allégories les fêtes qu'on vouloit célebrer ; on prit tous ceux qu'on crut capables de varier les plaisirs. M. le maréchal de Richelieu avoit fait succéder à La Princesse de Navarre, Le Temple de la Gloire, & Jupiter vainqueur des Titans, spectacle magnifique, digne en tout de l'auteur ingénieux & modeste (M. de Bonneval, pour lors intendant des menus-plaisirs du Roi), qui avoit eu la plus grande part à l'exécution des belles idées de M. le maréchal de Richelieu. Il est honorable pour les gens du monde, qu'il se trouve quelquefois parmi eux, des hommes aussi éclairés sur les Arts.

On apprécia les machines nouvelles, notamment celle qui servit aux travaux & à la chûte des Titans.

Le livret, oeuvre de circonstance grandiloquente, fait une heureuse allusion à la gloire de notre monarque & aux grandes actions qui sont dues à sa valeur, à sa sagesse & à sa magnanimité. Les Rois sont les images des Dieux. Les États que S. M. procure aux Princes de sang, les Couronnes que d’autres ont tenues de sa main, la généreuse protection qu’a l’exemple de ses Ancêtres elle accorde aux Puissances infortunées qui viennent se mettre à l’abri de son Thrône, tant de succès dans les armes n’ont-ils pas un rapport sensible aux Victoires de Jupiter sur les Titans & aux suites glorieuses de son Triomphe ? Le plus grand des Rois ne peut être comparé qu’au plus grand des Dieux & l'objet du paralelle doit être le plus fort du monde qu'ils sont l'un et l’autre. (Mercure de France, décembre 1745)

 

 

 

 

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