LES AMOURS DÉGUISÉS

COMPOSITEUR

Thomas-Louis BOURGEOIS
LIBRETTISTE

Louis Fuzelier
 

Ballet lyrique en un prologue (l'affrontement entre Vénus et Minerve) et trois entrées (La Haine ou Diomède, L'Amitié, et L'Estime), sur un livret de Louis Fuzelier (1672 - 1752), représenté à l'Académie royale de musique, le 22 août 1713. Il s'agissait de la première production de Fuzelier pour l'Académie royale, suivie de nombreuses pièces, aussi bien pour l’Opéra que pour la Comédie-Italienne, la Comédie-Française, ou encore le théâtre forain.

Distribution : Mlle Poussin (Vénus), Mlle Antier (Minerve), Hardouin (Bacchus) pour le prologue, Thévenard (Diomède, roi d'Etholie), Mlle Journet (Phaëtuse, fille du Soleil), Mlle Antier (Dircé, nymphe) pour la première entrée La Haine, Mlle Heuzé (Oenone, nymphe), Mlle Poussin (Ismène, nymphe), Cochereau (Pâris, fils de Priam) pour la deuxième entrée L'Amitié, Thévenard (Ovide, Chevalier romain), Mlle Journet (Julie, fille d'Auguste) pour la troisième entrée L'Estime.

 Une partition réduite fut publiée par Ballard en 1713, le livret par Pierre Ribou.

L'oeuvre eut beaucoup de succès et connut de nombreuses reprises :

Le livret fut imprimé en 1713 et lors des reprises de 1714, 1726 et 1730. 

Une parodie de Lesage, d'Orneval et Fuzelier fut jouée sous le même nom à la Foire St Laurent, le 20 septembre 1726.

81me de nos Opéra Fran. C'est un Ballet de trois entrées, dont les vers sont de Fuzelier, & la musique de Bourgeois. Le Prologue est formé par Venus, Minerve & Bacchus. La premiere entrée est l'Amour déguisé sous l'apparence de la haine ; la seconde, l'Amour sous le titre d'amitié ; & la troisieme sous celui de l'estime. Cet Opéra fut représenté le 22 Août 1713, & est le premier de Fuzelier : il est imprimé en musiq. partition in-4°. On le remit l'année suivante avec une nouvelle entrée, intitulée la Reconnoissance. Les trois premieres entrées reparurent seules en 1726 ; & la troisieme fit partie des Fragmens, donnés en 1748. (de Léris - Dictionnaire des Théâtres)

 

 Argument :

Prologue

Vénus, accompagnée de Bacchus, invite une troupe d’amants à rejoindre l’île de Cythère, où règne la déesse, lieu traditionnellement présenté dans la littérature et dans l’art comme le pays idyllique de l’amour et du plaisir. Intervient Minerve, qui tente de contrarier les projets de Vénus en avertissant les amants des dangers de l’amour, et en leur recommandant la sagesse. Elle en appelle à des sentiments “raisonnables”, tels l’estime et l’amitié, invoque même la haine, pour tenter de ramener vers elle les mortels. Mais sa suite ayant à son tour été touchée par les traits de l’Amour, Minerve doit accepter sa défaite et se retirer. Ainsi se trouvent annoncés les sujets des trois entrées, c’est-à dire, dans l’ordre : la haine, l’amitié, et l’estime.

Première entrée : La Haine

Le sujet de cette entrée est inspiré de la mythologie grecque. Après avoir pris part à la guerre de Troie, le roi d’Étolie Diomède échoue avec ses compagnons sur l’île de Phaétuse, fille du Soleil, ce dernier protégeant les Troyens. Ennemis, Diomède et Phaétuse s’aiment sans oser se l’avouer ; Phaétuse croit même haïr Diomède, mais la vérité éclate au moment où elle s’apprête à sacrifier les Grecs au Soleil.

Deuxième entrée : L’Amitié

Elle aussi inspirée de la mythologie grecque, la deuxième entrée a été traitée, au dire même du librettiste, sur le ton de la pastorale. Fils du roi de Troie, mais abandonné sur le mont Ida, Pâris est devenu berger. Il aime la nymphe OEnone, qui le repousse en prétendant ne ressentir pour lui que de l’amitié. Mais en feignant d’aimer une autre nymphe, Pâris forcera OEnone à reconnaître et à déclarer son amour.

Troisième entrée : L’Estime

Puisant cette fois-ci dans l’histoire romaine, cette entrée met en scène Julie, la fille d’Auguste, et Ovide, un chevalier romain, qui n’est autre que le fameux poète. Julie aime en secret Ovide, mais croit n’éprouver pour lui que de l’estime, due à ses talents poétiques. Ovide, de son côté, n’ose avouer son amour pour Julie, dont le rang est supérieur au sien, mais chante ses attraits sous le nom de Corinne. Julie finira par comprendre qu’elle et Corinne ne sont qu’une seule et même personne.

(Bulletin n° 11 de l'Atelier d'Etudes sur la Musique Française des 17e et 18e siècles - CMBV)

 

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