|
LES CARACTÈRES DE LA FOLIE / HYLAS (ou
HILAS) ET ZÉLIE
|
COMPOSITEUR
|
Bernard de BURY
|
LIBRETTISTE
|
Charles Pennerau-Duclos
|
Opéra-ballet en un prologue (L'Amour et la
Folie) et trois entrées (L'Astrologie,
L'Ambition, Les Caprices de l'Amour) sur un livret de
Charles Pennerau-Duclos (1704 - 1772).
Il fut représenté à
l'Académie royale de musique, le 20 août 1743, avec une
distribution réunissant : Mlle Coupée (l'Amour), Mlle
Bourbonnois (la Folie), Mlle Chevalier (Vénus), Chassé
(Jupiter) dans le prologue, Mlle Fel (Florise, Bergère),
Jélyotte (Lyias, Berger), Chassé (Hermès, Mage)
dans l'entrée L'Astrologie, Mlle Chevalier (Palmire,
reine de Lesbos), Alberet (Arsame, prince Lesbien), Jélyotte
(Iphis, prince Lesbien), Mlle Bourbonnois (Cléone, confidente
de Palmire) dans l'entrée L'Ambition, Jélyotte
(Agénor), Mlle Le Maure (Eucharis), Mlle Julie
(Céphise), Mlle Bourbonnois (une Grecque) dans l'entrée
Les Caprices de l'Amour. David Dumoulin et la Camargo
participèrent au ballet.
L'ouvrage valut à Bury le titre de maître
de musique du roi.
Une parodie de la première entrée, par
Favart, L'Astrologue du village, fut jouée à la
Foire St Laurent, le 5 octobre 1743.
Une reprise eut lieu le 6 juillet 1762, avec un
nouvelle entrée intitulée Hilas & Zelis,
pastorale de Bernard de Bury (*), sur un livret de livret de
l'Abbé Claude-Henri de Fusée de Voisenon (1708 - 1775),
avec Larrivée et Mlle Le Maure, ainsi que Sophie Arnould dans
le rôle d'Eucharis, dans l'entrée Les Caprices de
l'Amour.
(*) la musique de Hylas et Zélie a été
aussi attribuée à M. de Senecterre (cf. infra)
Bachaumont nota : L’opéra a donné
aujourd’hui la première représentation des
Caractères de la folie. Jamais spectacle n’a été
plus triste et plus ennuyeux. On a supprimé le prologue, qui
auroit pu être agréable. Les deux actes sont
l’Astrologie, et les Caprices de l’Amour, qui ne reviennent en rien
au titre. On a substitué à celui des Passions, Hylas et
Zélis, pastorale, composée par M. de Sennecterre. Il
n’y a que ce dernier qui soit supportable. Le musicien, dont le
goût s’est amélioré, l’a fait sur un tout autre
ton que les autres. Il s’ensuit une disparate très
remarquable. La musique des premiers actes est foible, maigre et
point pittoresque. Les paroles sont très misérables et
les ballets ne signifient rien.
Le troisième acte consiste dans une
bergère, qui invoque l’Amour, pour qu’il rende la vue à
son amant. Ce dieu lui promet ce miracle, en lui faisant envisager
les risques qu’elle court : Hylas peut devenir infidèle : elle
consent à ce danger ; elle est presque dans le cas du
repentir. Cependant, il résiste à tous les charmes que
lui présentent les différentes beautés qu’il
envisage en recouvrant la vue. En vain, des bergères
séduisantes par leurs danses cherchent à
l’émouvoir, le son de voix de Zélie peut seul
pénétrer son âme. Il la retrouve, et ils sont
heureux.
L’aveugle auteur de cette entrée a
donné lieu au bon mot : que ce spectacle étoit un
opéra d’aveugle, fait pour être entendu par des sourds.
Le 13 juillet, Bachaumont ajoutait : Les
Caractères de la Folie tombent absolument. Dimanche,
troisième représentation, l’opéra n’a pas fait
cent écus, et le 18 juillet : On a donné
aujourd’hui les Caractères de la Folie pour la dernière
fois, et ils sont tombés aussi obscurément qu’ils
avoient existés. On n’a point d’exemple d’un opéra
retiré à la sixième représentation,
auquel dès la seconde il n’avoit personne.
Le 12 octobre 1762, Hilas et Zélie
fut reprise à l'Opéra, dans le cadre de
Fragments dont elle constituait la première partie, les
deux autres étant Alphée et Aréthuse, de
Dauvergne, et l'acte de Société, de Giraud.
Bachaumont note le jour même : Hilas et Zélie,
déjà joué avec les Caractères de la
Folie, bien loin de soutenir ce mauvais drame, avait
échoué conjointement. Aujoud'hui qu'il est en meilleure
compagnie, on l'a goûté beaucoup. Larrivée et
mademoiselle Le Maure (*) en font tous les honneurs.
(*) Catherine Nicole Le Maure avait alors la cinquantaine
d'années passée. Celle que Bachaumont comme « une
sublime actrice, si connue pour sa belle voix, sa laideur et ses
caprices », s'était mariée le 10 septembre 1761,
avec « un jeune homme, chevalier de Saint-Louis, nommé M.
de Monrose ».
Cette pastorale fut reprise à Versailles le 12
janvier 1763, et à Fontainebleau le 12 novembre 1772.
Le 9 juillet 1770, Rosalie Levasseur,
âgée de vingt-et-un ans, parut dans le rôle de
Zélia de Hilas et Zélie, s'attirant le
commentaire de Bachaumont : Mademoiselle Rosalie a payé de
sa personne pour ses camarades : le public ne peut que lui savoir
gré de son zèle ; elle a très bien rendu les
divers rôles dont elle était chargée ; elle
acquiert de jour en jour plus de droit sur notre reconnaissance.
Cette actrice précieuse plaît d'autant plus qu'elle
n'est ni insolente, ni capricieuse comme les autres, et qu'elle joint
à la meilleure volonté des talents
décidés.
C'est un Ballet composé de 3 entrées
& d'un Prol. dont les paroles sont de M. Duclos, & la musi.
de M. Bury fils ; il fut représenté pour la premiere
fois le 20 Août 1743. On rapporte dans cette piece les
caracteres de la Folie à trois especes, les Manies, les
Passions, & les Caprices. On a choisi l'Astrologie parmi les
manies pour la premiere entrée, & on y suppose une jeune
Bergere superstitieuse combattant le penchant de son coeur, & que
l'on parvient à en détourner en profitant de son erreur
: cette entrée a été parodiée à
l'Opéra-Comique sous le titre de l'Astrologue de Village.
L'Ambition a été choisie parmi les Passions, &
forme le sujet de la seconde entrée. Les Caprices des Amans
sont celui de la troisieme, & ce fut celle qui plut davantage. Le
Prol. se passe à Cythere, entre Venus, l'Amour, la Folie,
Jupiter & leur suite. Cet Opéra eut assez de
succès, & est gravé partition in-folio. On le remit
en Juillet 1762 avec un nouvel Acte, qui fut placé le
troisieme, intitulé Hilas & Zelis, & qui est d'un
Militaire qui garda l'anonyme. (de Léris)
Retour à
la page d'accueil