LA PASTORALE D'ISSY

COMPOSITEUR

Robert CAMBERT
LIBRETTISTE

Pierre Perrin
 

La Pastorale en musique, "première comédie française en musique", sur un texte du poète Pierre Perrin (*) et une musique de Robert Cambert, organiste à St Honoré.

(*) Pierre Perrin, né à Lyon vers 1620 - mort en avril 1675, auteur d'une traduction de l'Énéide, acquit en 1653 - en épousant une riche veuve - la charge d'introducteur des ambassadeurs et princes étrangers auprès de Gaston d'Orléans. Poursuivi par son gendre, conseiller au Parlement, il séjourna six fois en prison.

Elle fut jouée à Issy, au mois d'avril 1659, dans la maison de campagne de M. de la Haye, sieur de Vaudetart, orfèvre du roi, et maître d'hôtel de la reine Anne , dans un cabinet de verdure, sans machines. Dans une lettre du 30 avril 1659 au cardinal della Rovera, archevêque de Turin, Perrin indique que huit à dix représentations avaient déjà eu lieu.

Perrin ne put assister aux représentations : il avait été incarcéré pour dettes le 23 janvier 1659 à la prison de Saint-Germain des Prés, et n'en sortit que le 24 septembre.

Le succès fut énorme, et on vit se presser "une foule de personnes de première qualité, princes, ducs et pairs, maréchaux de France, officiers de cours souveraines", à tel point que "tout le chemin de Paris à Issy était couvert de leurs carrosses".

Dans ses Mémoires de ma vie, Charles Perrault raconte : On m'y mena à la première représentation, qui fut très-agréable.

A la demande du Roi, une représentation eut lieu au château de Vincennes, devant le Roi et le cardinal Mazarin, en mai 1659. L'oeuvre fut bien accueillie et une nouvelle représentation eut lieu à Vincennes, à la fin mai, devant la cour, en réjouissance du traité de La Haye qui venait d'être signé, le 21 mai, et pour lequel Perrin, du fond de sa prison, ajouta quelques vers de louange.

Et Loret de versifier dans sa Lettre du 31 mai 1659 de la Muze historique :

La Cour a passé dans Vinceine

Cinq ou six jours de la semeine,

Château, certainement royal,

Où Monseigneur le Cardinal,

(Dont la gloire est, par tout, vantée)

L’a parfaitement bien traitée.

Leurs Majestez, à tous momens,

Y goûtoient des contentemens

Par diverses réjoüissances,

Sçavoir des bals, balets et dances,

A faire soldats exercer,

A se promener et chasser,

Et voir mainte pièce comique,

Et la Pastorale en muzique,

Qui donna grand contentement

Et finit, agréablement,

Par quelques vers beaux et sincères,

Que la plus belle des bergères (1)

Avec douceur et gravité

Chanta devant Sa Majesté,

Qui, la regardant au vizage,

Les écouta, de grand courage.

Ces quatre ou six vers étoient faits

Sur le cher sujet de la paix

Et plûrent, fort, à l’assistance,

Quoy qu’ils ne fissent qu’une stance.

(1) Mlle de Sarcamanan l'aînée

La pièce était divisée en cinq actes très courts, comprenant quatorze scènes chantées. Le livret précise que "chacun des cinq actes s'ouvre par une grande symphonie, et les entre-scènes sont distinguées dans les rencontres par des ritournelles de petites reprises de symphonie".

Les personnages étaient au nombre de sept : trois bergers, Alcidor, Thyrsis et Philandre, trois bergères, Sylvie, Diane et Philis, et un satyre. Les rôles féminins étaient toutes des dessus (sopranos), les rôles masculins, une basse, un bas-dessus (ténor), une taille et une taille-basse. L'orchestre était composé de treize musiciens comprenant dessus de violes, violes et basses de viole, et au moins deux flûtes.

La distribution réunissait des actrices âgées de quinze à vingt-deux ans, et des acteurs âgés de vingt à trente ans, dont deux soeurs et deux frères, réputés faire partie "des plus belles et savantes voix d'Europe". Les deux soeurs étaient les demoiselles de Sercamanan (ou Cercamanen), la cadette (*) jouant le rôle de Sylvie, l'aînée, "la plus belle des bergères", celui de Diane. L'une d'elle était Anne Fonteaux (**) (1630 - 1719), louée pour sa beauté et sa voix, qui fut l'une des rares femmes de sa génération à obtenir le titre de musicienne ordinaire de la Chambre du Roi. Castil-Blaze a prétendu - à tort - que les deux frères qui interprétaient les rôles d'Alcidor et Thyrsis, seraient le comte et le chevalier de Fiesque, dont Bensérade disait du premier que "les rochers le suivent lorsqu'il chante".

(*) Loret disait de la cadette : Et l'aimable Sercamanan, Qui pourrait chanter tout un an, Sans ennuyer nulles oreilles Par ses roulements et merveilles, Fit, ce jour, avouer à tous Que son chant parfaitement doux, Approchant de celui d'un ange, Mérite honneur, gloire et louange.  

(*) appelée mademoiselle des Fonteaux ou des Fronteaux 

 La musique de la Pastorale est malheureusement perdue.

 

Synopsis

Acte I

Le satyre : Qu’il est fâcheux d’aimer quand on n’est point aimable ! Philandre se plaint à Alcidor d’aimer une infidèle, Alcidor a le même sujet de plainte. Sylvie chante la frivolité. Diane engage Sylvie à fuir l’amour. Sylvie dit qu’elle aime toujours et partout. Philandre et Alcidor souhaitent une vengeance de l’Amour. Plainte d’Alcidor.

ActeII

Tyrsis se plaint de l’absence de Philis ; il s’endort sous les yeux de Diane. Philis se plaint d’avoir dû quitter son amant. Tyrsis se réveille ; retrouvailles. Le satyre tente de persuader Diane de céder à l’Amour, elle le repousse.

Acte III

Alcidor et Philandre soupirent et parlent de se donner la mort. Tyrsis les console et leur redonne espoir. Le satyre demande quand finira sa peine; Tyrsis lui répond : Pauvre satyre, lorsque tu n’auras plus de cornes sur le front. Philis apprend à Sylvie que Diane aime Philandre. Sylvie se laisse convaincre d’aimer : Aimons, aimons ce qui nous aime...

Acte IV

Sylvie et Alcidor chantent la victoire de l’amour. Tyrsis et Philis chantent leur fidélité. Diane et Philandre savourent leurs amours immortelles. Le Satyre, qui a assisté aux trois scènes, pleure.

Acte V

Scène de choeur réunissant les trois couples. Diane se détache et fait un compliment au roi :

Suivez l’Amour, quittez les armes,

Vous pouvez sans doute acquérir

Beaucoup de gloire par la guerre

Mais donner la paix à la terre

C’est plus que de la conquérir.

 

"Première comédie française en musique représentée en France, par François [sic] Perrin, mise en musique par Cambert, au mois d'avril 1659. Cette comédie fut représentée huit ou dix fois, à la campagne, au village d'Issy, dans la belle maison de M. Delahaye, par plusieurs particuliers, qui, par pur esprit de galanterie, donnerent au public, à leurs dépens, ce nouveau spectacle en France : il y avoit entre autres deux frères et deux soeurs, que l'on pouvoit compter entre les plus belles voix de l'Europe ; la réputation qu'eut cette comédie, donna la curiosité de l'entendre à leurs majestés, et sur leur demande, elle fut pour la dernière fois représentée avant le 30 avril, à Vincennes en leur présence, et devant le cardinal Mazarin, qui surpris du succès, témoigna à Cambert être dans le dessein d'entreprendre avec lui d'autres pareilles pièces... (Beauchamps)

 

La PASTORALE, en vers, de la composition de l'Abbé Perrin, mise en musique par Cambert ; elle fut d'abord exécutée au village d'Issy, chez M. de la Haye, au mois d'Avril 1659, & quoiqu'il n'y eût ni machines, ni danses, elle fut si généralement applaudie, que le Cardinal Mazarin en fit donner plusieurs représentations devant le Roi au château de Vincennes : ce qui y parut de plus nouveau fut des concerts de flûte, ce qu'on n'avoit pas encore entendu sur aucun Théatre depuis les Grecs & les Romains. Après les Opéra d'Italie, cette piece peut être regardée comme l'idée primordiale de nos Opéra François, étant la premiere piece en musique dans notre langue. (De Léris - Dictionnaire des Théâtres)

 

Voltaire raconte que : "Cependant ils (les Français) voulaient aussi dès ce temps-là même avoir un opéra dans leur langue, quoiqu'il n'y eût pas un seul homme dans le pays qui sût faire un trio, ou jouer passablement du violon ; et dès l'année 1659, un abbé Perrin, qui croyait faire des vers, et un Cambert, intendant de douze violons de la reine-mère, qu'on appelait "La musique de France", firent chanter dans le village d'Issy une pastorale qui, en fait d'ennui, l'emportait sur les Nozze di Peleo.

 

Lettre de Pierre Perrin du 30 avril 1659 à l'archevêque de Turin :

Monseigneur,

Nous avons fait représenter il y a quelques jours nostre petite Pastotale en musique. Je vous envoye cy inclus un exemplaire des vers imprimez, lequel le vous supplie très-humbIement d’accepter; il ne vous fera rien voir de nouveau, puisque vous aviez eu la patience de voir et d’examiner avec moy l’original, il y a quelques mois, pendant vostre ambassade en France. Il vous estoit mesme resté une curiosité, à laquelle je m’estois engagé de satisfaire après sa représentation, de sçavoir le succès d’une entreprise si nouvelle, et au jugement des plus sensés si périlleuse: c’est pourquoy je m’asseure que vous l’apprendrez avec plaisir.

Vous sçaurez donc, Monseigneur, qu’elle a esté représentée huit ou dix fois à la campagne au village d’Issy, dans la belle maison de Monsieur de la Haye : ce que nous avons fait pour éviter la foule du peuple qui nous eut accablez infailliblement, si nous eussions donné ce divertissement au milieu de Paris. Tout nous favorisoit, la saison du printemps et de la naissante verdure, et les beaux jours qu’il fit pendant tout ce temps-là, qui invitaient les personnes de qualité au promenoir de la plaine; la belle maison et le beau jardin, la salle tout à fait commode pour la représentation et d’une juste grandeur; la décoration rustique du théâtre, orné de deux cabinets de verdure et fort éclairé; la parure, la bonne mine et la jeunesse de nos acteurs et de nos actrices, dont celles-cy estoient de l’âge depuis quinze jusqu’à vint et deux ans, et les acteurs depuis vint jusqu’à trente, tous bien instruits et déterminez comme des comédiens de profession. Vous en connoissez les principaux, les deux illustres soeurs et les deux illustres frères, que l’on peut conter entre les plus belles voix et les plus sçavantes de l’Europe ; le reste ne les démentoit point. Pour la musique, vous en connoissez aussy l’autheur, et les concerts qu’il vous a fait entendre chez Monsieur l’abbé Charles, nostre amy, ne vous permettent pas de douter de sa capacité. Tout cela joint aux charmes de la nouveauté, à la curiosité d’apprendre le succez d’une entreprise jugée impossible, et trouvée ridicule aux pièces italiennes de cette nature représentées sur nostre théâtre; en d’aucuns la passion de voir triompher nostre langue, nostre poésie et nostre musique d’une langue, d’une poésie et d’une musique estrangère; en d’autres l’esprit de critique et de censure, et dans la meilleure partie le plaisir singulier et nouveau de voir que quelques particuliers par un pur esprit de divertissement et de galanterie donnoient au public à leurs dépens et exécutoient eux-mêmes la première comédie françoise en musique représentée en France. Toutes ces choses attirèrent à sa représentation une telle foule de personnes de première qualité, princes, ducs et pairs, mareschaux de France, officiers de cours souveraines, que tout le chemin de Paris à Issy estoit couvert de leurs carrosses. Vous jugez bien, Monseigneur, que tout ce monde n’entroit pas dans la sale : mais nous recevions’ les plus diligents, sur des billets qu’ils prenoient de nous, que nous donnions libéralement à nos amis et aux personnes de condition qui nous en demandoient ; le reste prenoit patience, et se promenant à pied dans le jardin, ou faisant dans la plaine un espèce de cours, se donnoit au moins le passe-temps du promenoir et des beaux jours. Il me sied mal, Monseigneur, de vous dire à la loüange de la pièce, mais il faut pourtant vous le dire, puisque je me suis engagé de vous en apprendre le succez, que tout le monde en sortoit surpris et ravy de merveille et de plaisir, et que de tant de testes différentes de capacité, d’humeur et d’intérests, pas un seul n’eut la force de l’improuver et de s’empescher de la louër en toutes ses parties, l’invention, les vers, la représentation, la musique vocale et les symphonies. Cette réputation donna la curiosité à leurs Majestez de l’ : en effet, sur leur demande, elle fut représentée pour la dernière fois àVincennes, où elles estoient alors, en leur présence, en celle de son Eminence et de toute la Cour, où elle eut une approbation pareille et inespérée, particulièrement de son Éminenœ, qui se confessa surprise de son succez, et témoigna à Monsieur Cambert estre dans le dessein d’entreprendre avec luy de pareilles pièces..."

 

Dans ses Représentations en musique anciennes et modernes (1681), le père Claude-François Ménestrier relate : "Jusqu’alors, dit-il, on croyoit toujours que nôtre langue n’étoit pas capable de fournir des sujets propres pour ces représentations, à cause que sur nos théâtres on étoit accoûtumé à n’entendre que des vers alexandrins, qui sont plus propres pour, la grande déclamation que pour le chant, ayant plus de majesté pour exprimer de grands sentiments, que de variété pour favoriser la musique. Cependant le sieur Perrin, introducteur des ambassadeurs au­près de feu Monsieur le duc d’Orléans, ayant fait souvent des paroles pour les airs que nos meilleurs maitres de musique composoient, s’aperçut que nôtre langue étoit capable d’exprimer les passions les plus belles et les sentimens les plus tendres, et que si l’on méloit un peu des manières de la musique italienne à nos façons de chanter, on pourroit faire quelque chose qui ne seroit ny l’un ny l’autre, et qui seroit plus agréable. Car il y a hien des gens qui ne s’accomodent pas des rengorgemens de la musique dItalie. Il conféra de sa pensée avec Monsieur l’abbé de la Rouére, qui étoit alors ambassadeur en France pour le duc de Savoye, et qui fut depuis archevêque de Turin. Ce seigneur se défioit du succez de cette entreprise, contre laquellela prescription de tant de siècles sembloit une raison assez forte pour n’en pas faire l’essai. Cependant le sieur Perrin ne laissa pas de lui faire entendre quelques airs en dialogues, composez par Cambert sur des paroles qu’il avoit faites à dessein pour exprimer les pas­sions et les mouvemens de l’âme les plus pathé­tiques. Il représenta dans un de ces airs un amant désespéré, qui chantoit un air mélancliolique et transporté, par lequel il invitoit la mort à venir finir ses douleurs :

Dans le désespoir où je suis,

Les plus noires forests, les plus profondes nuits

Ne sont pas assez sombres

Pour plaire à nia douleur et flatter mes ennuis.

O mort ! pour en finir, couvre-moi de tes ombres.

Une autrefois il entreprit un air en stile narratif, pour voir comment réussiroient ces expressions naturelles où il n’y a rien qui ressente la passion, et ce fut ce petit air si joli :

Amour et la raison

Un jour eurent querelle,

Et ce petit oison

Outragea cette belle.

Quelle pitié ! Depuis ce mauvais tour

On ne peut accorder la Raison et l’Amour.

Il composa ensuite quelques dialogues de deux bergers et d’une bergère,dont le sieur Lambert fit la musique, tantôt de deux dessus et d’une basse, tantôt d’une taille et d’un dessus, tantôt d’un seul dessus et d’une basse, et après avoir remarqué ce qui manquoit à nôtre musique pour la rendre réci­tative et capable d’exprimer les sentimens les plus pathétiques sans rien perdre de la parole, enfin, l’an 1659, il entreprit une petite pièce en forme de pastorale, composée de deux dessus, d’une basse, d’un bas-dessus, d’une taille, et d’une taille-basse. C’étoit un satyre, trois bergers et trois bergères qui en faisoient les personnages, le succez des églogues qu’on avoit chantées autrefois ayant persuadé que ces représentations de bergers réussiroient mieux que des sujets plus graves. La pièce étoit de cinq actes et de quatorze scènes seulement, qui étoient quatorze chansons, que ion avoit liées en­semble comme on avoit voulu, sans s’assujettir àd’autres lois qu’à celles d’exprimer en beaux vers et en musique les divers mouvemens de l’âme qui peuvent paroitre sur le théâtre.

Cette petite pièce fut représentée huit ou dix fois à la campagne, au village d’Issy, à une lieue de Paris, dans la maison de Monsieur de La Haye. La nouveauté de l’entreprise y attira quantité de curieux. Tout y réussit admirablement, parce que la symphonie étoit belle, les acteurs de belles voix et de personnes bien faites. Le roi, sur le bruit que l’on en fit, eut la curiosité de la voir. On la joüa à Vincennes, où étoit toute la cour. Monsieur le cardinal de Mazarin, qui avoit du goust pour ces représentations, et qui s’y connaissoit bort bien, loüa le poète, l’auteur de la musique et les acteurs, et témoigna qu’il se serviroit d’eux pour faire voir de temps en temps de semblables divertissements."

 

La gazetier-poète Loret se rendit à Issy et raconta dans sa Muze historique (lettre à Mlle de Longueville du 10 mai 1659) :

J'allay, l'autre jour, à Issy,

Village peu distant d'icy,

Pour oüyr chanter en muzyque

Une Pastorale comique,

Que Monsieur le duc de Beaufort

Etant présent, écouta fort,

Et pour le moins, trois vens personnes,

Y comprizes plusieurs mignonnes,

Aimables, en perfection,

Les unes, de condition,

Les autres, seulement bourgeoizes,

Qu’à peine voit-on dans les cours

Des objets si dignes d’amours.

L’auteur de cette Pastorale

Est à Son Altesse Royale

Monseigneur le Duc d’Orléans,

Et l’on l’estime fort, céans

C’est Monsieur Perrin qu’il se nomme,

Très-sage et sçavant gentil-homme,

Et qui fait aussi bien des vers

Qu’aucun autre de l’univers.

Cambert, maître par excellence

En la muzicale science,

A fait l’ut-ré-mi-fa-sol-la

De cette rare pièce là,

Dont les acteurs et les actrices

Plairoient à des impératrices

Et, sur tout, la Sarcarmanan,

Dont grosse et grasse est la maman,

Fille d’agréable vizage,

Qui fait fort bien son personnage,

Qui ravit l’oreille et les yeux,

Et dont le chant mélodieux,

Où mille douceurs on découvre,

A charmé, pluzieurs fois, le Louvre.

Enfin, j’allay, je vis, j’oüys,

Et, mêmement, j'us deux oranges

Des mains de deux vizibles anges

Dont, à cause qu’il faizoit chaud,

Je me rafraîchis comme il faut.

Puis, l’aaction étant finie,

La noble et grande compagnie

Se promena dans le jardin,

Qui, sans mentir,n'est pas gredin,

Mais aussi beau que le peut être

Le jardin d'un logis champêtre."

 

 

 

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