LES FÊTES VÉNITIENNES

Livret de 1759

COMPOSITEUR

André CAMPRA
LIBRETTISTE

Antoine Danchet

DATE
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DETAILLEE
1995
Gustav Leonhardt
La Petite Bande
1
français

 Opéra-ballet en un prologue et trois entrées, sur un livret d'Antoine Danchet, homme de lettres prolifique, librettiste attitré de Campra (1671 - 1748).

Antoine Danchet

Création à Paris, le 17 juin 1710, sous la direction de La Coste, avec une distribution réunissant : Thévenard (Le Carnaval), Mlle Poussin (La Folie), Mlle Desmatins (La Raison), Hardouin (Héraclite), Mantienne (Démocrite) dans le prologue Le Triomphe de la Folie sur la Raison dans le temps de Carnaval ;

Dun (Le Docteur Vénitien), Mlle Dun (Lilla, jeune Gondolière), Cochereau (Damiro, amant de Lilla), Mlle Hacqueville (ou D'Huqueville) (Une Gondolière représentant la Victoire), Guesdon (Un Gondolier) dans la première entrée La Fête des Barquerolles ;

Thévenard (Léandre, Français amoureux d'Irène), Mlle Journet et Mlle Pestel (Isabelle et Lucile, amoureuses de Léandre), Mlle Dun (Irène, amante de Léandre), Mlle Desjardins (La Fortune), Buseau (Suicant de la Fortune), dans la deuxième entrée Les Sérénades et les Joueurs, ;

Hardouin (Filindo, Chef des Saltimbanques), Cochereau (Eraste, Français amant de Léonore), Mlle Poussin (Léonore, jeune Vénitienne), Mantienne (Nérine, suivante de Léonore), Mlle Dun (L'Amour Saltimbanque) dans la troisième entrée Les Saltimbanques de la place St Marc ou L'Amour Saltimbanque.

L'oeuvre connut un éclatant succès : elle fut représentée soixante-six fois, de façon ininterrompue, entre juin et novembre 1710, puis reprise à partir de janvier 1711 jusqu'en 1775. On compta jusqu'à trois cents fois jusqu'en 1760, avec de nombreuses modifications.

Lors de la création, elle comprenait le prologue (Le Triomphe de la Folie sur la Raison dans le temps du Carnaval) et trois entrées :

Le succès conduisit à ajouter de nouvelles entrées :

Les reprises ultérieures furent nombreuses :

C'est à l'occasion de cette reprise que la toute-jeune Mlle Sallé - elle avait dix ou onze ans - dansa à la place de Mlle Prévost. La chorégraphie avait été réalisée par Michel Blondy.

Le 9 août, la représentation fut gratuite, en l'honneur de la convalescence de Louis XV. Le 24 août, Mlle Dimanche chanta un air italien, qui fut fort applaudi, ainsi qu'une cantate de Campra. Le 23 septembre, Mlle Antier fit de même, à la fin de l'acte du Bal.

Selon le Mercure : Ce Ballet, qui est remis d'une manière très brillante, est très bien exécuté, et tous les principaux rôles sont remplis par différents sujets qui en rendent parfaitement les caractères. On n'a rien épargné pour le bon goût, le brillant des habits, la beauté du spectacle.

Les 11 et 18 juillet, l'ouvrage parut aux Concerts de la Reine.

Le 21 août, Mlle Sallé, de retour de Londres, parut à l'acte II, et dansa une musette, un passepied, et un pas de deux avec Dupré. Le public lui marqua par de grands applaudissements le plaisir que lui a fait son retour.

Une nouvelle reprise eut lieu le 15 novembre, avec l'adjonction de l'entrée de l'Opéra, de septembre 1721.

Le 28 janvier 1732, on joua aux Concerts de la Reine, l'entrée la Turqquie de l'Europe galante, et l'acte du Bal des Fêtes vénitiennes.

Lors de cette reprise, on vit le couple Raynaldi-Faussani danser deux entrées pantomimes qui attirèrent un concours prodigieux de spectateurs.

Le Mercure commenta : Cet ouvrage a toujours eu un grand succès, et le Poète ainsi que le Musicien ont entrainé les suffrages du public ; les éloges qu'on a donnés à cet agréable ouvrage sont d'autant plus justes que c'est le premier Ballet, dans le genre comique, qui ait paru sur le théâtre de l'Opéra et que les auteurs ont eu le mérite de l'invention.

L'oeuvre fut jouée en 1711 à Lyon, dans la salle de l'Hôtel du Gouvernement. 

Lors de la reprise de 1711, fut donnée, le 3 février, une parodie sous le titre des Fêtes Parisiennes ; lors de celle de 1740, l'Opéra-Comique donna le 30 août, une parodie sous le titre des Fêtes villageoises, Ambigu Comique en deux Actes, de Favart.

 Les Fêtes Vénitiennes furent éditées par Christophe Ballard en 1714. Dans l'Averetissement, Campra signale, sans les citer, qu'il a employé quelques endroits de chants et symphonies de nos plus habiles compositeurs. Ces emprunts ont été identifiés : le Sommeil et la Scène d'après nature extraits d'Issé de Destouches ; le Sommeil et l'Entrée des Songes funestes extraits d'Atys de Lully ; la Tempête extraite d'Alcyone de Marais.

La BNF conserve le livret édité par Veuve Delormel et Fils en 1759.

Fêtes vénitiennes - Watteau

74me Opéra. C'est un Ball. dont les paroles sont de Dancher, & la musique de Campra. Il fut donné pour la premiere fois le 17 Juin 1710, & représenté soixante-six fois sans interruption. Le Prol. a pour sujet & pour titre, Le Triomphe de la Folie sur la Raison, pendant le Carnaval : les Interlocuteurs en sont, le Carnaval, la Folie, la Raison, Héraclite & Démocrite. La premiere entrée est la Fête des Barqueroles, qui se fait à Venise par les Gondoliers, qui luttent les uns contre les autres, pour un prix proposé. La seconde est les Sérénades & les Joueurs dans la Ridote, où ils s'assemblent la nuit. La troisieme est l'Amour Saltinbanque, dans la Place Saint Marc. Les Auteurs excités par les applaudissemens, ajouterent à cet Opéra quelques nouvelles entrées : savoir, La Fête Marine, qui fut substituée le 8 Juillet 1710, à celle des Barquerolles. Le Bal, ou le Maître à danser, autre nouvelle entrée, qui fut donnée le 8 Août de la même année à la place du Prol. & placée après la premiere entrée. Les Devins de la Place S. Marc, substitués à l'entrée des Sérénades, le 5 Septemb. 1710. L'Opéra, ou le Maître à chanter, quatrieme nouvelle entrée, donnée le 14 Octobre suivant, au lieu de la Fête Marine. Cette entrée est composée d'une espece de Prol. avec une jolie scene entre un Maître de chant & une Actrice qu'il fait répéter : ensuite est le petit Ballet de Zéphyre & Flore. Dans le même tems on arrangea ce Ballet dans un nouvel ordre, on en remit le Prol. avec des changemens, & pour premiere entrée, les Devins ; pour seconde, l'Amour Saltinbanque ; pour troisieme, l'Opéra ; pour quatrieme, le Bal. Au mois de Décembre on y ajouta encore la Comédie du Triomphe de l'Amour & de la Folie. Toutes les entrées sont imprimées en musiq. partition in-4°. Cet Opéra a été repris plusieurs fois, savoir en 1712, 1713, 1721, 1731, 1740 & 1750. (de Léris - Dictionnaire des Théâtres)

 

Synopsis détaillé

Prologue : le Carnaval et la Folie

La Place de Venise ; dans le fond, les îles

Le Carnaval et la Folie appellent à "goûter les charmes de la vie".

Première entrée : les Devins de la place St Marc

Sc. 1 - Une Bohémienne interroge Zélie, jeune Vénitienne, sur son habillement. Zélie lui révèle qu'un jeune Français la poursuit de ses avances, mais qu'elle redoute son inconstance. Léandre, le cavalier français, survient, Zélie se cache.

Sc. 2 - Léandre, se croyant seul, se vante d'être volage.

Sc. 3 - Zélie, masquée, vient à lui, se faisant passer pour une Bohémienne, et lui propose de lui lire l'avenir. Elle lit dans sa main qu'il accorde ses faveurs à de nombreuses beautés, mais qu'il a une nouvelle maîtresse, qui souhaite un amour fidèle, et qu'elle va bientôt paraître.

Sc. 4 - Des Bohémiens et Bohémiennes dansent. Léandre commence à s'impatienter.

Sc. 5 - Zélie se démasque. Séduit, Léandre la suit.

Deuxième entrée : le Bal

Un salon préparé pour le bal

Sc. 1 - Par Thémir, gentilhomme de la suite d'Alamir, on apprend que ce dernier est aimé d'une Vénitienne qui ne sait pas qu'Alamir, habillé à la Française, est un prince polonais, et qu'elle dédaigne les fêtes données par Thémir, lui-même habillé en prince polonais. Alamir se félicite de son attitude, mais veut poursuivre la dissimulation. A sa demande, Thémir a organisé un grand bal avec le concours de maîtres de musique et de danse français.

Sc. 2 - Ces derniers arrivent et se vantent de leurs capacités.

Sc. 3 - Alamir et Iphise se rencontrent. Alamir feint de croire qu'Iphise est éblouie par les fêtes données par le prince polonais. Iphise proteste de son amour désintéressé. Poussée à bout, elle finit par annoncer qu'elle cèdera aux avances du prince.

Sc. 4 - Ce dernier est en fait Thémir qui parle à Alamir comme à un prince. Iphise ne comprend plus.

Sc. 5 - Alamir lui explique qu'il a voulu s'assurer de la pureté de son amour. Les deux amants échangent des paroles d'amour et de bonheur. ballet des masques. Le bal commence.

Troisième entrée : L'Amour saltimbanque

Une place publique

Sc. 1 - Eraste, jeune Français, discute avec Filindo, chef des saltimbanques. Il est amoureux de Léonore, et est décidé à se déclarer au cours d'une fête.

Sc. 2 - Survient Léonore avec Nérine, sa surveillante. Celle-ci met Léonore en garde contre les amants. Léonore s'irrite de ses conseils. Nérine finit par comprendre qu'elle est sensible à un jeune Français. Elles vont assister à la fête.

Sc. 3 - L'Amour paraît avec sa suite, et appelle à céder à l'amour. Eraste se déclare à Léonore, et promet de demander sa main à son père. La suite de l'Amour forme un divertissement comique.

 

 

Représentations :

 

 

 

 

 

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