CASTOR ET POLLUX

(version 1737)

 Castor et Pollux

COMPOSITEUR

Jean-Philippe RAMEAU
LIBRETTISTE

Pierre Joseph Bernard
 
ORCHESTRE
Concentus Musikus Wien
CHOEUR
Stockholmer Kammerchor (dir. Eric Ericson)
DIRECTION
Nikolaus Harnoncourt

Castor, l'Amour
Zeger Vandersteene

Pollux
Gérard Souzay

Télaïre, Minerve
Jeanette Scovotti

Phébé
Norma Lerer

Le Grand-Prêtre de Jupiter, un Athlète
Sven Eric Alexanderson

Suivante d'Hébé
Helga Reiter

Jupiter
Jacques Villisech

Vénus, Suivante d'Hébé, une Ombre heureuse, une Planète
Märta Schele

Mars, un Athlète
Rolf Leanderson

DATE D'ENREGISTREMENT
1972
LIEU D'ENREGISTREMENT

ENREGISTREMENT EN CONCERT

EDITEUR
WEA / Teldec
COLLECTION
Das Alte Werk
DATE DE PRODUCTION
1972/1996
NOMBRE DE DISQUES
3 (à l'origine 4 LP)
CATEGORIE
AAD
 

Critique de cet enregistrement dans :

"Enregistrer un opéra de Rameau en 1972 relevait de l’exploit...Le résultat, écouté trente ans après, garde des qualités, même s'il accuse son âge. La pochette a beau préciser que le Concentus Musicus joue sur instruments anciens, le son de l’orchestre se différencie peu des phalanges modernes. Question de phrasés, qu'Harnoncourtne pense jamais tendus vers l’avant mais verticalement plantés dans le sol. Question de vibrato des cordes aussi. Le défaut de mise en relief des pleins et déliés de la musique ramiste se fait surtout sentir du côté du choeur ; rien ne sert d’avoir la pâte sonore onctueuse et sans grumeaux du fameux Choeur de chambre de Stockholm préparé par Eric Uricson quand les voyelles sont aussi peu distinctes et l’articulation aussi relâchée. C’est ici que se dessine la limite de la démarche d’Harnoncourt dans ce disque : il fait toujours primer la logique musicale sur celle du texte ou de la danse. C’est ainsi que les Spartiates scandent "c’est la fê-te... de... l’univers" en mettant en valeur le rythme au détriment de la phrase. Rétrospectivement, on comprend le début de l’ouverture, surpointé et minéral, davantage comme un discours musical que théâtral. Tout l’enregistrement pâtit de ce défaut de drame, sans doute explicable par le fait qu’Harnoncourt n’avait guère travaillé en fosse au moment d’enregistrer ce disque — ce dont ses premières versions des opéras de Monteverdi témoignent aussi. Le tempérament fait aussi défaut à ses chanteurs. Dès son entrée, Zeger Vanderseene s’avère probe musicien, mais ténor trop clair et faiblard pour endosser un rôle héroïque de haute-contre. Comme lui, Norma Lerer souffre d’une totale indifférence au texte, laissant l’orchestre seul pour dépeindre le destin de Phébé — à l'entendre trépigner avec une noirceur abyssale avant l’air ultime du personnage on en revient à la constatation qu’Harnoncourt n est jamais meilleur que dans la sphère tragique. A ses côtés, Jeanette Scovotti a plutôt l’air d’une soubrette égarée dans un drame qui la dépasse, avec toutefois un bel aplomb vocal et une vraie tenue stylistique, même si le français. là encore, n’est pas au rendez-vous. Les autres rôles sont correctement tenus. De sorte que le discographe se trouve bien emprunté pour parler finalement du seul français de l’équipe, unique "star" de cette étrange distribution. Gérard Souzay a certes pour lui d’être constamment intelligible. Mais le style a vieilli et la voix n’a plus sa souplesse d’antan, même si sa douloureuse introspection du personnage et la tenue tragique lui vont bien. Au total, le bilan parait tiède pour une intégrale qui fit grand bruit en son temps, mais que ses inégalités disqualifient aujourd’hui."

"Cette interprétation domine toujours la discographie, en dépit des limites - parfois linguistiques, parfois vocales - de ses interprètes. On le doit à la prestation du chef , légèrement maniériste, comme à son habitude, mais imprimant à cette partition un contour fort, des couleurs orchestrales franches, et une tension dramatique exceptionnelle".

 "Cette gravure conserve bien des mérites, même si parfois l'on peut reprocher un peu de brutalité à la battue de Harnoncourt. Le choeur de chambre de Stockholm paraît bien étriqué dans ce répertoire...Gérard Souzay ne possède pas le stsyle adéquat pour déclamer cette musique, mais le pathos transmis au personnage et le grain de voix sont si prenants que l'on peut aisément lui pardonner quelques fautes de goût et quelques inflexions vovales douteuses. Jeannette Scovotti compose une Téläïre crédible, même si la voix ne possède pas toutes les séductions nécessaires à ce rôle d'amoureuse. Norma Lehrer est une Phébé décapante avec de constants problèmes de justesse...Le timbre aigrelet de Zeger Vandersteene pouura ne pas plaire à tout le monde, mais il faur convenir que de tous les solistes vocaux, il est le plus stylé."

 

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