LA VIRTU DE' STRALI D'AMORE

La Vertu des Flèches de l'Amour

COMPOSITEUR

Pier Francesco CAVALLI
LIBRETTISTE

Giovanni Faustini

  Opera Tragicomedia musicale en un prologue et trois actes, créée au teatro San Cassiano de Venise en 1642. Reprise à Bologne en 1648.

C'était la première collaboration de Giovanani Faustini (*) avec Cavalli, qui devait se poursuivre jusqu'à la mort du libretttiste en 1651, à l'âge de trente-six ans.

(*) Giovaanni Faustini, né et mort à Venise (19 mai 1615 - 19 décembre 1651), auteur de quatorze livrets d'opéra, dont la majorité mis en mlusique par Cavalli, mais aussi impresario aux théâtres San Cassiano, Teatro San Moisé et Teatro San Apollinare.

Le livret, édité chez Pietro Miloco, est dédicacé All'Illustrissimo Signor Iacomo Contarini, Fù dell'Illustrissimo, & Eccellentissimo Signor Bertuzzi.

L'acte I se termine par un ballet : Dato fine a' tormenti formano un ballo con atti di scherno verso Darete, intrecciano questa danza varii spiriti con horridi aspetti da quali Erino viene portato per aria.

    Le manuscrit est conservé à la Biblioteca Marciana de Venise dans la Collection Contarini.

 

Personnages : Il Capriccio, Choro di Capricci, Il Piacere (Prologue), Pallante, Erino, Erabena sotto finto nome d'Eumete, primo e secondo Marinaro, Cleria, Meonte, Cleandra, Clito, Leucippe, Ericlea, Darete, Venere, Amore, Clarindo, Evagora, Psiche, La Fama, Giove, Saturno, Mercurio, Choro di Ninfe, Choro di Maghe, Choro di Spiriti taciti, Choro di Nereidi e di Dei Marini

 

Argument

Pallante, fils du roi de Thrace, délivre Cleria, fille du roi de Chypre, enlevée par Meonte, son rival. Cleria refuse cependant la main de Pallante. Mais Cleria ramasse une flèche abandonnée par Cupidon et se blesse. Alors, la magie de l’Amour opère et elle accepte finalement de se marier avec son libérateur.

 

Durant ces 3 actes, Cavalli réussit à traduire avec une intensité inouïe les sentiments dramatiques, comiques et poétiques exprimés par les protagonistes. Soutenus par un orchestre très présent, récitatifs et arie, d’une grande beauté, sont profondément émouvants, illustrés notamment par la fameuse scène de bataille, à l’acte III, entre Pallante et les forces magiques (Festival de Beaune)

 

Représentations :

 

  "Créé à Venise en 1642, La Virtu de’strali d’Amore est le premier des dix opéras imaginés par le librettiste Giovanni Faustini à l’intention du compositeur Francesco Cavalli, parvenu à sa quatrième saison consécutive au Teatro San Cassiano dont il était également l’imprésario. L’intrigue met en scène une foule assez hétéroclite de personnages un quatuor de nobles amants (Pallante et Cleria d’un côté, Meonte et Erabena de l’autre), le père de Cleria (Evagora, roi de Chypre), son frère (Darete), deux magiciennes (Cleandra et Ericlea), quelques silhouettes plus humbles (l’écuyer Erino, les Bergers, les Marins) et, bien évidemment, tout un aréopage de divinités (Venere, Marte, Amore, Psiche, Giove, Saturno, Mercurio, La Fama). Rien qu’à la lecture de la distribution, on devine toutes les intrigues amoureuses, tous les quiproquos, toutes les luttes de pouvoir entre les dieux qui vont émailler le déroulement de l’action.

Grâce aux témoignages d’époque, on sait que Cavalli avait mobilisé des forces considérables pour la première, dans le but avoué d’en mettre « plein les yeux », selon les usages du temps. Pas moins de sept changements de décor, trois toiles de fond contribuant à évoquer tour à tour la forêt et le rivage de Chypre, un « bois enchanté et peuplé de maléfices »... et tout un système de machineries pour les effets de pluie, d’orage et de neige. La Fenice n’en a pas fait autant, loin delà, pour la recréation de La Virtù de’ strali d’Amore au Teatro Malibran. Comme dans Didone du même Cavalli ou Ercole sul Termvdonte de Vivaldi, les années précédentes, la Facoltà di Design e Arti IUAV de Venise, à laquelle a été confiée l’entière réalisation de cette nouvelle production, nous a sidérés par son manque de goût et d’imagination. Même avec peu de moyens, il est quand même possible de faire preuve de davantage d’invention et de sens du théâtre !

Car c’est bien là le problème : sans un travail pertinent et approfondi sur la représentation des affects, ce genre d’ouvrage devient rapidement ennuyeux. Cavalli et son librettiste écrivaient pour un public dont la sensibilité n'avait rien a voir avec celle des spectateurs de notre siècle. Un public décryptant aisément ces jeux complexes de vérité et de séduction, de malentendus et de réconciliations, de changements d’identité et de sexe qui, pour un regard contemporain, apparaissent totalement artificiels s’ils ne sont pas unis à l’intérieur d’un arc dramaturgique cohérent.

Qu’avons-nous vu au Teatro Ma]ibran ? De simples saynètes, parfois réussies, et des gags sans aucun lien les uns avec les autres (le rap des Marins, la cravate prenant son envol suspendue à des ballons...), dans des décors ascétiques et glacés, avec des praticables gris pour signaler les changements de lieu !

Les voix sont à l’avenant, tantôt stridentes, tantôt forcées, voire carrément absentes, à l’exception de la très musicale Gemma Bertagnolli. Comme dans Didone Fabio Biondi pousse les solistes vers une déclamation très articulée, parfois plus proche du parlé que du chanté. L’intention est sans doute louable sur le plan musicologique. Le résultat, lui, est pour le moins désagréable." (Opéra Magazine - décembre 2008)

 

 

 

 

 

 

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