COMPOSITEUR
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Marc-Antoine CHARPENTIER
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LIBRETTISTE
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Père François Bretonneau
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ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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EDITEUR
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NOMBRE
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LANGUE
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FICHE
DÉTAILLÉE
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1988
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1997
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William Christie
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Harmonia Mundi
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2
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français
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1981
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2001
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Michel Corboz
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WEA/Erato
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2
|
français
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Tragédie biblique (H 490) du Père
François de Paule Bretonneau (1660 - 1741), en un prologue et
cinq actes, créée à Paris, au Collège des
Jésuites Louis-le-Grand, le 25 février 1688.
L'orchestre se composait de deux flûtes, deux
hautbois, d'un quintette à cordes et d'une basse continue,
réalisée par le clavecin et doublée par les
basses de viole et les bassons.
Conformément à une tradition
ancienne du collège de Jésuites, à l'occasion de
la remise des prix de fin d'année scolaire, une pièce
en latin ou en grec était jouée par les
élèves, entrecoupée d'intermèdes
constituée par une tragédie en musique sur un texte
français. La tragédie latine fut Saül, du
Père Etienne Chamillard (1656 - 1730), professeur
d'Humanités au Collège.
L'oeuvre eut un grand succès et fut reprise le
10 février 1706, au Collège Louis-le-Grand, et en
province.
La partition a été conservée
grâce à une copie réalisée par
André-Danican Philidor, dit l'Aîné,
bibliothécaire à la Cour de Versailles.
Lecerf de la Viéville jugeait que le Jonathas
de Charpentier ne méritait qu'à demi d'être
appelé un opéra... trop sec et trop dénué
de sentiments de morale et de piété.
"David , chassé du camp d'Israël par la
jalousie des chefs juifs, demeure auprès des Philistins et de
leur roi Achis, sans pour autant trahir les siens, car il ne combat
pas Israël et prône la paix entre les deux peuples. Le
belliqueux Saül, roi d'Israël, entraîne ses troupes
dans une vaine bataille contre les Philistins, au cours de laquelle
Jonathas, fils de Saül et ami intime de David, perd la vie.
Saül se donne la mort. David est choisi comme roi d'Israël,
mais son coeur demeure meurtri par la perte de Jonathas." (Fayard -
Guide de l'opéra)
"Charpentier compose cette œuvre en 1688,
immédiatement après la mort de Lully qui
détenait alors le monopole des opéras de
l'Académie Royale et dont la technique d'écriture
s'imposait comme le seul principe d'opéra en France. La
tragédie lulliste se voulait être une imitation des
grandes tragédies de la Grèce antique. C'est dans ce
contexte qu'il faut considérer l'œuvre de Davis et Jonathas
comme une contre-proposition à ce modèle.
David et Jonathas est représenté au
Collège Louis-le-Grand de Paris , le 28 février 1688
puis repris dans d'autres collèges jésuites en 1706,
1715 et 1741. Cette œuvre de Marc-Antoine Charpentier est l'un des
rares témoignages de l'art théâtral et musical
jésuite, unique dans le genre de la production lyrique de
l'époque.
David et Jonathas est écrit pour l'office
divin. C'est une œuvre d'une très grande
intériorité, d'une grande force de sentiments,
véhiculant obéissance, respect du père,
amitié entre les deux garçons. Elle est conçu
pour servir d'intermède à une tragédie latine du
père Chamillart, Säul, récitée en cinq
actes, les deux œuvres s'interpénétrant pour former les
deux aspects opposés d'un même drame. Säul
privilégie la part strictement narrative de l'histoire
biblique, tandis que l'opéra met en valeur la psychologie des
personnages." (Académie d'Ambronay 1994)
Personnages : David (haute-contre), Jonathass
(soprano), Saül (baryton), Achis (basse), Joabel (ténor),
la Sorcière d'Endor (haute-contre), l'Ombre de Samuel
(basse)
L'opéra se passe dans les montagnes de
Gilboé, entre le camp des Juifs et celui des Philistins.
Synopsis
détaillé
Prologue
(1) Saül, roi des
Israëlites, voyant que le Ciel ne lui répond point
touchant le succès de la bataille, qui se devait donner contre
les Philistins, se déguise et va consulter une Pythonisse. (2)
Celle-ci l'assure que l'enfer va répondre à ses voeux.
(3) A son appel, se présente une troupe de démons. Puis
elle appelle l'Ombre de Samuel. Ses appels restent vains. Elle
renouvelle son appel : les démons disparaissent et l'Ombre de
Samuel, juge d'Israël, apparaît. (4) Celle-ci
prédit à Saül qu'il va tout perdre : ses enfants,
ses amis, la couronne. (5) Saül va affronter son
destin.
Acte I
(1) David, ayant vaincu les
Antalécites, est rappelé dans le camp des Philistins,
d'où il avait été renvoyé par la jalousie
des chefs de l'armée. Une troupe de guerriers, de captifs et
de pasteurs qu'il a délivrés, chante ses louanges
(Marche triomphante). (2) David les convie à honorer le dieu qui
leur a donné la victoire. (3) David, seul, implore le dieu de
sauver, quoi qu'il arrive, son ami Jonathas. (4) Achis, auprès
de qui il s'était auparavant retiré, reçoit
David hors du camp, et lui apprend, que là même il doit
y avoir une conférence entre Saül et lui, pour
délibérer ensemble si l'on fera la paix, ou si
l'où donnera la bataille.
Acte II
(1) le premier soin de David et
Jonathas est de demander à se voir durant la Trève.
Joabel, jaloux de la gloire de David, et espérant le faire
périr plus aisément dans une bataille, s'efforce de le
persuader de combattre, mais en vain. (2) Il forme le dessein
d'accuser David, auprès de Saül, de le vouloir tromper
sous l'apparence d'une fausse paix. (3) David et Jonathas commencent
à goûter les douceurs de la paix qui leur est promise et
qui les rejoint tous deux.
Acte III
(1) Saül, soupçonnant
tout de David et cherchant toujours l'occasion de le perdre, ajoute
aisément foi à l'accusation de Joabel. Il demande pour
condition de la paix qu'on lui livre David. Achis, sûr de son
innocence, et son protecteur, le refuse. (2) Saül, seul, est
persuadé que David veut sa perte. (3) David paraît
devant Saül avec Jonathas. Saül lui reproche sa trahison.
David étonné et voyant que sa présence irrite
Saül, se retire. Saül le poursuit et Joabel se
réjouit de l'heureux succès de son
accusation.
Acte IV
Saül, d'autant plus
animé contre David, qu'il le voit plus soutenu par le roi des
Philistins, et prenant de là même de nouvaux
soupçons, se déclare enfin pour la bataille. Achis y
est fortement porté de son côté, apprenant le
tumulte qu'il y a dans son armée, qui animée par les
intrigues de Joabel, demande de combattre. David se retirant dans le
camp des Philistins est rencontré par Jonathas. Quelle douleur
à l'un et à l'autre d'être ainsi obligés
de se séparer. David lui déclare que bien loin de
combattre contre Saül, il ne pensera qu'à sauver son
Prince et son ami.
Acte V
La bataille se donne, et
Saül la perd. Jonathas, blessé à mort est
rencontré par Saül ; quel désespoir pour ce Prince
et ce Père malheureux ! Il retourne chercher David. Cependant
David paraît de son côté cherchant Jonathas.
Quelle douleur ! Jonathas meurt dans les bras de son ami. Saül,
prêt à tomber entre les mains des Philistins, se perce
de son épée, et est rapporté dans cet
état. Achis paraît en même temps triomphant, et
apprend à David que les Israélites l'ont élu
roi. David se retire confus et percé de douleur. Bruits
d'armes.
Le synopsis est aussi sur le site
Ars
Musica
- Livret, par Ludovic
Toujas
http://www.multimania.com/baroque/livrets/David_et_Jonathas%20libretto.html
- Gallica -
livret original
http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?E=0&O=N071630
Représentations :
- Sydney - City Recital
Hall - 3, 6, 7, 10 décembre 2008 - Orchestra of
the Antipodes - Cantillation - dir. Antony Walker - mise en
scène Chas Rader-Shieber - décors Brad Clark and
Alexandra Sommer - lumières Bernie Tan-Hayes - avec Anders
J. Dahlin (David), Sara Macliver (Jonathan), Simon Lobelson
(Joabel), Dean Robinson (Saul), Richard Anderson (Achis), Paul
McMahon (Pythonisse), David Parkin (Ombre de Samuel)

- Mortagne au Perche -
Carré du Perche - Septembre Musical de l'Orne -
4 septembre 2004 - Versailles - Chapelle
Royale - 6 septembre 2004 -
Festival International de Lucerne - 12 septembre 2004
- Paris - Cité de la Musique
- 18 septembre 2004 - Buenos
Aires - Teatro Colon - 22 septembre 2004 - Santiago du Chili - Teatro Municipal -
26 septembre 2004 - Rio de Janeiro -
Teatro Municipal - 29 septembre 2004 - Sao Paulo - Sociedad de Cultura Artistica - Sala
Sao Paulo - 1er octobre 2004 - Les Arts Florissants - Pages du
Centre de Musique Baroque et Choeur de la Maîtrise de
Versailles - mise en scène Rita De Letteriis - avec Cyril
Auvity (David), Maud Gnidzaz (Jonathas), Alain Buet (Saül),
Jeffrey Thompson (La Pythonisse), Paul Agnew (Joabel), João
Fernandes (Achis), Bertrand Bontoux (L'Ombre de Samuel), Christian
Immler (Un Guerrier, un Captif)
"Chemin étroit
ceignant le choeur et l'orchestre : impossible d'y jouer, on ne peut
qu'y être. Tombent sur le sol, dès le prologue, quelques
pétales de roses, bouquet funèbre anticipant la
tragédie, roses de l'amour et de la ré-demption, rosa
candida empruntée àLa Divine Comédie. Sinon,
presque aucun acces-soire, des costumes seulement pour Les Pages de
la Chapelle, mais une manière de se tenir, de tour-ner le dos
pour ignorer ou au contraire de fixer le ciel pour chanter les
exploits "du plus grand des héros", de vivre chaque parole
("Seigneur, puis-je l'aimer / Sans devenir coupable ?"), une
permission de sentir qu'on voudrait tous les soirs. Imperceptible, la
"mise en espace" de Rita de Letteriis sue le respect et
l'intelligence. Elle fait d'Alain Buet, Saül peu vocal, un
maudit exemplaire, prisonnier de soi-même au milieu d'une foule
qu'il taille comme une hache au lieu de gouverner comme un maillet.
Elle ouvre une voie nouvelle à Paul Agnew, David chez
Emmanuelle Haïm, ici Joabel, premier méchant de sa
carrière. Elle laisse la fièvre monter aux joues
écarlates et au front ivoirin de la toute jeune Maud Gnidzaz,
une élève de Sophie Boulin appelée au secours
après mue et forfait des garçons prévus,
Jonathas plus léger qu'un caillou de la fronde, mais pas moins
amoureux qu'Hippolyte ou Bérénice. Elle galvanise Cyril
Auvity : la périlleuse guirlande de contre-ut maintient le
jeune ténor dans une sorte d'ivresse, et le peu de couleurs
comme le peu de volume de la voix ne font qu'accroître la
réalité d'un David adolescent, héroïque par
un soutien magistral et de longues phrases "adultes" mais vierge de
tout démon. Seule la Pythonisse de l'excentrique et trop
doué Jeffrey Thompson nous ramène à
l'Enchanteresse du récent Dido and Aeneas et voudrait nous
faire prendre la Grande Zaza pour un oracle de l'Enfer. Le ridicule
ne tue pas, c'est bien ce qu'on lui reproche. L'orchestre caresse les
notes de Charpentier avec l'aisance qu'on lui devine. Plus surprenant
les choeurs, Pages du Centre de musique baroque d'un
côté, Arts Florissants de l'autre, ne font qu'un dans
une concorde expressive et musicale prodigieuse. Assis, William
Christie indique, distribue, encourage, dirige à peine. A
l'écoute de ces flots harmoniques coulant de source, on devine
ce qu'il lui manque sur les plateaux prestigieux et dans les grands
festivals mondains : l'enfance. Ce que David et Jonathas
recèle de plus mystérieux dans
l'immédiateté, la pudeur, la tendresse, la
cruauté et la loyauté de l'enfance lui est un livre
ouvert. Ainsi vécue, la tragédie biblique a quelque
chose d'infini qui nous rappelle, ce soir, combien sa longue absence
nous a pesé." (Diapason - novembre 2004 - 6 septembre
2004)
- Paris -
Théâtre des Champs Elysées - 20
mars 2004 - New York - AT Hall - 25 mars 2004 - Cuenca (Espagne) - Teatro Auditorio - 9
mars 2004 - Salzbourg -
Mozarteum - 11 avril 2004 - version de concert -
Orchestra of the Age of Enlightenment - dir. Emmanuelle Haïm
- avec Mark Padmore (David), Jaël Azzaretti (Jonathas),
Laurent Naouri (Saül), Andrew Foster-Williams (Achis),
Richard Burkhard (Joabel), Daniel Auchincloss (La Pythonisse)
"A la vue de ce concert, on
comprend le récent succès d’Emmanuelle Haïm dans
la presse et auprès du public. Cette jeune chef d’orchestre
sait communiquer avec une joie débordante à ses
musiciens son amour sans pareil pour cette musique, et par la
même, ce sont les spectateurs qui sont conquis et qui partagent
le bonheur d’une musique où l’austérité ne
devient plus un frein à l’émotion. Ayant
été longtemps continuiste avec William Christie et
Christophe Rousset, Emmanuelle Haïm alterne fréquemment
la direction d’orchestre avec de plus ou moins brefs passages de
continuo où elle chante sa musique avec un engagement sans
pareil.
Les musiciens et les chanteurs
anglais de la soirée ont derrière eux une longue
expérience des instruments anciens qui leur permet d’en faire
ressortir toute la quintessence et de suivre avec engouement la
direction d’Emmanuelle Haïm. On ne se plaindra pas non plus des
solistes, d’un niveau globalement excellent par leur timbre et leur
diction. Le Saül de Laurent Naouri était certes parfois
un peu trop empâté, et le David de Mark Padmore usait
d’un vibrato trop accentué par moments. Mais la voix de
soprano de Jaël Azzaretti faisait ressortir chez Jonathas toute
l’innocence pure de son âme torturée par les
événements, et la présence scénique d’une
noble intensité de chacun compensait l’absence de mise en
scène."
- L'Atelier du chanteur - 20 mars 2004
"Aucune mise en scène
ni mise en espace n'a été nécessaire ce soir
pour transmettre la beauté et l'expressivité de cette
oeuvre de Marc-Antoine Charpentier. Tragédie en musique, elle
est particulièrement bien construite : le livret est en effet
d'un père jésuite qui s'y connaissait en
rhétorique ! L'ouvrage était destiné à
être donné par les élèves du
collège jésuite Louis-le-Grand, chaque acte alternant
avec ceux d'une tragédie en latin sur le même
thème, Saül. Si l'orchestre conclut chaque acte par un
postlude, l'action démarre très efficacement au
début de chaque acte et même dès le prologue.
Action ou plutôt dialogues ou monologues, renforcés ou
non par le choeur, qui exposent et explorent des situations
"cornéliennes" et les passions qu'elles déclenchent.
L'orchestre de l'Âge des
Lumières met admirablement en valeur, sous la direction
d'Emmanuelle Haïm, une musique extrêmement bien
écrite, dont on entend toutes les strates avec une magnifique
clarté et lisibilité, jusqu'aux cordes graves
très distinctes et présentes. Orchestration et
interprétation sont ici aussi un chef d'oeuvre de
rhétorique ! Si l'orchestre anglais joue cette musique
française à la perfection, il est encore plus
remarquable que les choristes chantent dans un français
parfait, c'est à dire non seulement compréhensible,
mais stylistiquement juste et vocalement efficace. À
l'exception des quatre premiers rôles cités ci-dessus,
tous les petits rôles solistes sont en outre remarquablement
tenus par des chanteurs du choeur. Ce qui n'empêche pas le
choeur dans son ensemble de sonner magnifiquement !
L'oeuvre étant
destinée à des élèves, il semblerait que
l'écriture vocale reste dans des limites confortables,
n'incitant jamais au forçage et permettant une
déclamation naturelle sur des voyelles bien
différenciées. Laurent Naouri s'impose avec une
déclamation royale, sans accents intempestifs. Tout aussi
expressif, Mark Padmore a une splendide émission mixte
très concentrée, sans aucun son trop ouvert ni trop
appuyé, ni trop clair ni trop sombre. Jaël Azzaretti,
superbe dans son air du quatrième acte, gagnerait par contre
à concentrer davantage son émission, parfois un peu
trop ouverte et donc légère. Andrew Foster-Williams a
des graves clairs, pas du tout grossis. Richard Burkhard a une
émission percutante et saine, avec une bonne diction
française. Daniel Auchincloss a une intéressante voix
légère de haute-contre, avec des aigus très
mixtes en quasi-fausset, qu'il peut donc ouvrir sans jamais les
crier, avec une excellente diction très naturelle, et des
graves en voix pleine. Grace Davidson a une agréable voix
jeune et fraîche et un excellent français, comme John
Mackenzie, dont les ouvertures buccales paraissant excessives dans le
grave donnent cependant de bons résultats.
Bref, un quasi sans fautes,
fruit de ce que l'on devine être une excellente
préparation. Et l'acoustique du Théâtre des
Champs-Élysées est toujours une merveille pour ce
répertoire !"
- ConcertoNet - 20 mars 2004
"Jaël Azzaretti, qui
travaille beaucoup avec Emmanuelle Haïm et dont la
carrière dans le baroque ne cesse de se développer,
compose un sensible Jonathas. L’air “A-t-on jamais” est d’une
émotion rare et on perçoit et la douleur du personnage
et son envie de combattre le sort qui l’accable. La voix de la
chanteuse a, ces derniers temps, gagné en rondeur et en
velours et elle se prête admirablement à la
détermination exprimée par le fils de Saül.
Jaël Azzaretti diffuse une grande énergie mais sait aussi
trouver des accents de douceur et d’élégance dans son
duo avec David à l’acte II sur les mots “goûtons les
charmes”.
Il faut dire qu’elle est
épaulée par un remarquable Mark Padmore. La
musicalité et la beauté de son timbre ne sont plus
à démontrer et une fois de plus ses qualités se
développent au contact de cette oeuvre. Il campe un David
doux, élégant et son excellente prononciation lui
permet de mettre en relief certains passages et de les rendre encore
plus émouvants comme la toute dernière phrase qu’il
prononce “tout est perdu” où il prolonge jusqu’à
extinction du souffle le “u” de “perdu”. Le chanteur exploite les
couleurs subtiles de sa voix notamment dans la descente sur “C’est
Saül qu’il faut immoler” dans le premier acte et on
perçoit nettement la blessure du héros. Laurent Naouri
est, comme toujours, souverain et il apporte une grande noblesse au
personnage notamment dans la scène 2 de l’acte III, moment
peut-être le plus magique de tout le concert et le chanteur est
aidé par une direction particulièrement inspirée
d’Emmanuelle Haïm qui pose le décor du drame dès
les premières notes du passage. On retrouve ses accents si
terribles dans le passage avec continuo quand il vocifère sur
“barbare” à l’acte V.
Achis est chanté par la
jeune basse Andrew Foster-Williams aux grandes qualités. Il
interprète un roi des Philistins assez roué quand il
vante les mérites de Saül au début du 3ème
acte “vous vivez, vous régnez”. Sa voix est puissante et
solide et possède une jolie palette de couleurs qu’il met en
valeur pour souligner les tourments du personnage. Richard Burkhard
chante le rôle de Joabel et s’y montre bon. Toutefois son
timbre de ténor est assez monotone et il éprouve des
difficultés à nuancer son interprétation. Il
assume la partition avec brio mais on souhaiterait entendre plus de
différence dans les différents états du
personnage mais on ne peut que souligner son engagement qui
l’amène à presque crier “va, lâche, va languir”
dans la scène 2 de l’acte II.
Pour les rôles
secondaires, Emmanuelle Haïm a fait appel aux choristes du Choir
of the Enlightenment. Globalement ils ont tous des voix solides mais
il convient de souligner quelques interventions
particulièrement marquantes. Richard Savage interprète
l’ombre de Samuel avec une rare intensité et il va chercher
des accents très profonds pour créer une ambiance
effrayante propre aux Enfers. Daniel Auchincloss tente de donner
corps à la Pythonisse et sa voix est chargée de belles
nuances mais il ne peut toutefois faire oublier Dominique Visse qui,
dans l’enregistrement de William Christie en 1988, était une
magicienne autrement plus incisive. Les divers bergers et captifs
sont également très bien tenus et apportent une
certaine fraîcheur dans cette oeuvre si dense. Emmanuelle
Haïm dirige avec beaucoup d’énergie cet oratorio mais
elle semble un petit moins à l’aise que dans Haendel ou
Monterverdi. Ceci dit son interprétation ne mérite que
des éloges et surtout pour les passages instrumentaux qui
ponctuent chaque acte. Elle parvient à transmettre beaucoup
d’émotion au début du quatrième acte,
aidée pour cela par un pupitre de vents rempli de
musicalité. Malgré quelques petits problèmes
pour être ensemble, l’Orchestra of the Age of Enlightenment
sonne très bien et on ne sait quel pupitre louer le plus. Les
deux théorbistes jouent avec beaucoup de raffinement et le
percussionniste tient sa partie avec conviction surtout quand il
donne ses quelques coups de triangle. Tous les éléments
sont réunis pour proposer un superbe concert et le public ne
s’y trompe pas, vu l’ovation finale qui est réservée
aux interprètes. L’année qui vient donnera lieu
à de nombreuses manifestations et on ne peut qu’espérer
qu’elles soient d’aussi bonne qualité et surtout jouées
avec autant d’engagement." (Concerto Net - 20 mars
2004)
- Paris - Eglise Saint-Louis
des Invalides - 19 juin
2002 - Les Paladins - dir. Jérôme Corréas -
avec Valérie Gabail, Cyrille Gerstenhaber, Lombard,
Delettre, Bruno Rostand
- Académie d'Ambronay
- 14 octobre 1994 - Tournée en octobre 1994
à Genève,
(Victoria Hall), Paris
(Opéra Comique - 17 octobre), Caen (Théâtre), La Haye (Conservatoire Royal), Utrecht (Geerteker), Londres (Christchurch Spitalsfields) -
dir. William Christie - mise en espace Javier Lopez Pinon
- Opéra Garnier
(14 et 16 juin 1988) - Versailles (18 juin 1988) - Les Arts
Florissants - dir. William Christie
- Bordeaux -
39e Mai Musical - 9 mai 1988 - Les Arts
Florissants - dir. William Christie - avec Gérard Lesne,
Monique Zanetti, Jean-François Gardeil, Jean-Paul
Fouchécourt, Charles Daniels, Bernard Deletré
- Opéra de
Lyon - 19 février 1981 -
dir. Michel Corboz - misqe en scène Jean-Louis Martinoty -
scénographie Daniel Ogier - avec Paul Esswood (David),
Colette Alliot-Lugaz (Jonathas), Philippe Huttenlocher
(Saül), Roger Soyer (Achis), René Jacobs (la
Phythonisse) - première reprise de l'oeuvre à
l'époque moderne.
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