L'opéra baroque


Les compositeurs


Antoine DAUVERGNE (ou D'AUVERGNE)

3 octobre 1713 (Moulins) - 11 février 1797 (Lyon)

ALPHÉE ET ARÉTHUSE

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L'AMOUR ENJOUÉ

LES AMOURS DE TEMPÉ

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CALLIRHOÉ

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CANENTE

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LA COQUETTE TROMPÉE

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ÉGLÉ

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ÉNÉE ET LAVINIE

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LES FÊTES D'EUTERPE

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HERCULE MOURANT

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ISIS

tragédie lyrique sur un livret de Quinault, commencée par Dauvergne entre 1755 et 1758. Abandonnée après l'écriture du premier acte, sur les conseils de Francoeur et Rebel

LINUS

tragédie lyrique en cinq actes - avec Antoine Dauvergne et Jean-Claude Trial - livret de Charles-Antoine Leclerc de La Bruère - 1769 - non représentée - Jean-Claude Trial et Pierre Montan-Berton avaient pris la direction de l'Opéra en 1767, au détriment d'Antoine Dauvergne et Nicolas-René Joliveau ; ils les rappelèrent en 1769 comme directeurs associés

ORPHÉE

non représenté

POLIXÈNE

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LE PRIX DE LA VALEUR

ballet héroïque en un acte - livret de Nicolas-René Joliveau - représenté au Théâtre du Palais Royal, le 4 octobre 1771

LE RETOUR DU PRINTEMPS

voir Le Triomphe de Flore

LA SYBILLE

voir Les Fêtes d'Euterpe

LE SICILIEN OU L'AMOUR PEINTRE

ariettes pour la pièce de Molière, dans un arrangement de Pierre Francois le Vasseur (1752 - 1815) - exécutée au château de Versailles, le 10 mars 1780

LA TOUR ENCHANTÉE

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LE TRIOMPHE DE FLORE

ballet héroïque en un acte - livret de Louis Tolmer dit Vallier (mort en 1778) - représenté au Château de Fontainebleau, le 29 octobre 1765 - une répétition avait eu lieu le 26 septembre précédent au théâtre de l'Hôtel des Menus, suscitant des commentaires rapportés par Bachaumont : Il a été fort accueilli par les amateurs. La musique en est également noble et agréable ; elle réunit les deux genres, il y a des choeurs de la plus grande beauté et des ariettes délicieuses. Le plan du poème est simple et peu neuf ; l'ouverture est singulière, elle commence par un choeur. - notice détaillée du CMBV

LES TROQUEURS

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LA VÉNITIENNE

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Antoine Dauvergne naquit à Moulins le 3 octobre 1713. Son père, Jacques Dauvergne, violoniste au concert de la ville, fut son premier maître. En 1736, il était Premier violon au concert de Moulins, puis l'année suivante à Clermont-Ferrand. Là, il se fit remarquer par le sieur Barbé, conseiller à la cour des aides de Clermont et l'un des directeurs des concerts de la cité auvergnate. Ce notable fut pour Antoine Dauvergne un précieux protecteur, si l'on en juge par les lettres que lui a adressées le musicien. C'est probablement ce monsieur Barbé le mystérieux ami, dont parle Jean Benjamin de La Borde (Essai sur la musique, 1780) :   ... un ami qui n\92a cessé de lui procurer les moyens de faire connaître ses talents et de l\92encourager. Sous les auspices de cet influent personnage, Dauvergne monte à Paris en 1739. Dès 1740, il prend un privilège pour la publication de ses premières oeuvres \93Divertimenti a tre\94 (OEuvre 1) et \93Sonates à violon seul et basse continue\94 (OEuvre II), dont Lionel de La Laurencie (\93L\92école française du violon\94) pense qu\92elles témoignent d\92une technique avancée et révèlent l\92influence de Locatelli.

En mai 1740, il épouse à Saint-Roch Marie de Filtz, fille de François de Filtz, capitaine d'infanterie, et de Louise Liévin du Châtel de la Gouardrie.

En 1744, Antoine Dauvergne entre à l\92orchestre de l\92Opéra. Il perçoit 500 livres comme Symphoniste de l'Opéra.

En juillet 1745, son fils Louis-François, né en décembre 1743, meurt.

Il publie en 1751 de nouvelles oeuvres instrumentales deux livres de \93Concerts de Simphonies\94 (OEuvres III et IV) que La Laurencie a analysées en détail, soulignant des \93velléités modernistes dans le domaine de l\92harmonie\94 (modulations chromatiques) et relevant \93un certain parfum gluckiste\94... Anticipation révélatrice, quand on sait que Dauvergne devait plus tard faciliter au Chevalier Gluck l\92accès de l\92Académie Royale de Musique.

Enfin en 1752, Dauvergne aborde la scène le 25 octobre, il donne à l\92Opéra un ballet à quatre entrées, \93Les Amours de Tempé\94- dont le livret, faussement attribué à Cahusac par La Borde, était en réalité signé d\92un certain abbé Marchadié. Succès d\92estime \93Le Mercure de France\94 salue en Dauvergne \93un compositeur savant et harmoniste au goût très sûr et même très bon...\94 Mais l\92année 1753 allait marquer un tournant décisif dans la carrière de notre musicien. Nous étions alors en pleine \93 Querelle des bouffons\94. Le succès retentissant qu\92avait obtenu (six ans après sa première présentation à Paris) par \93La Serva padronà\94 de Pergolèse, suivie par quelques autres ouvrages de même facture (Il giocatore, Il Maestro de musica, I viaggiatori), ébranla le monde musical narisien.

Les Italiens avaient conquis une majorité du public et quelques personnalités du monde littéraire et artistique, dont Jean-Jacques Rousseau, qui venait de donner son Devin du village (octobre 1752). Les tenants de la tradition française, dont le grand homme était Rameau, ripostèrent énergiquement. La querelle devint d\92autant plus vive que la famille royale s\92en mêla, la Reine soutenant les Italiens, le Roi et la Marquise de Pompadour prenant le parti des Français. Altercations violentes au théâtre, échange de pamphlets, duels même, envenimèrent 1a polémique. Au milieu du tumulte Voltaire s\92écriait \93Je vais chercher la paix au temple des chansons J\92entends crier Lully, Campra, Rameau, Bouffons Etes-vous pour la France ou bien pour l\92Italie? \97 Je suis pour mon plaisir, Messieurs, quelle folie Vous tient ici debout sans vouloir m\92écouter. Ne suis-je à l\92Opéra que pour y disputer. \94

Cependant toute cette agitation devait avoir d\92heureux résultats. \93Tandis que polémiques et discussions allaient leur train, écrit Lionel de La Laurencie (\93L\92année musicale\94, 1912), remuant des idées, posant des problèmes, dans une mêlée d\92opinions un peu confuse, les directeurs de théâtre et les musiciens témoignaient par des faits concrets de l\92impression exercée sur eux par les intermèdes italiens...\94 Le 1er mars 1753, l\92Académie Royale de Musique représentait \93Le Jaloux corrigé\94 de Michel Blavet, habile parodie des meilleures pages de La Serva padronà, du Giocatore et du Maestro de musica, sur un livret de Collé. Dauvergne devait aller plus loin avec Les Troqueurs.

Quelques mois seulement séparent la création des Troqueurs (30 juillet 1753) de celle de \93La Coquette trompée\94 (13 novembre de la même année). Mais en ces quelques mois, le nom de Dauvergne était devenu célèbre. Dès lors, Dauvergne va bénéficier des honneurs officiels. En 1755, Louis XV lui octroie la double charge de compositeur et maître de musique de la Chambre du Roi. En 1762, il reprend, associé à MM. Caperan et Joliveau, la direction du Concert spirituel. Il écrit alors des motets à grand choeur, dans le style de ceux, si appréciés de Mondonville, mais à vrai dire plus conventionnels et pleins de réminiscences. En 1764, il obtient le titre envié de Surintendant de la Musique. En 1769, il devient Directeur de l\92Opéra, responsabilité qu\92il partage avec Joliveau, Berton et Trial. Ce fut sous sa direction que Gluck fut présenté au public parisien. En 1776, il abandonne son poste, mais conserve la charge de \93compositeur de l\92Académie Royale\94. Il revient à la direction de l\92Opéra de 1780 à 1782 et de 1785 à 1790.

En janvier 1786, Louis XVI avait octroyé des lettres de noblesse \93A notre cher et bien-aimé le sieur Dauvergne, attaché à Notre service depuis 46 ans, d\92abord comme un de Nos musiciens, ensuite comme compositeur et maître de musique de Notre chambre et depuis 23 ans en qualité de Surintendant de Notre musique...\94

La Révolution contraignit Dauvergne à fuir Paris. Il devait mourir à Lyon en 1797.

Mis à part ses motets pour le Concert spirituel, l\92activité créatrice de Dauvergne dans les trente dernières années de sa vie fut essentiellement consacrée à l\92art lyrique. A l\92Opéra, il donna successivement \93Enée et Lavinie\94 (1758) sur un livret de Fontenelle, \93Les Fêtes d\92Euterpe\94 (1758) incluant \93la Coquette trompée\94, \93Canente\94 (1760), paroles de La Motte, \93Hercule mourant\94 (1761), livret de Marmontel, \93Pyrrhus et Polyxène\94 (1763), paroles de Joliveau, \93La Vénitiènne\94 (1763), paroles de La Motte, \93Callirohé\94 (1773), paroles de Roi, \93Le Prix de la valeur\94 (1776). 1 acte, paroles de Joliveau. A noter que certains de ces ouvrages ne sOnt que des réfections d\92ouvrages d\92auteurs disparus.

Sur le Théâtre de la Cour, Dauvergne avait présenté en 1765 un ballet, \93Le Triomphe de Flore\94, qui lui avait valu les louanges du Mercure et le mépris de Grimm. En 1770, il donna encore \93Persée\94, sur le livret de Quinault jadis utilisé par Lully ; ensuite \93Linus\94, \93La Tour enchantée\94. En outre, Jean-Benjamin de La Borde nous rapporte qu\92il avait ajouté des choeurs et des airs de danse aux \93Fêtes grecques et romaines\94 de Colin de Blamont et qu\92il avait dans ses papiers une tragédie, un \93Orphée\94, sur un livret de Marmontel, non représentée.

Les contemporains, tout en accordant leur estime à Antoine Dauvergne, semblent avoir surtout apprécié en lui l\92auteur des \93Troqueurs\94. Ancelet écrit notamment \93Il a été de ceux qui ont été le plus mal récompensés de ses travaux, qu\92il aurait continué avec succès si on lui avait donné plus d\92émulation. Je préférerais son ingénieux ouvrage des \93Troqueurs\94, fait pour la Foire, à plusieurs grands opéras ennuyeux et languissants, soutenus par la brigue et la protection, qui sont les fléaux du public.\94

De son côté, J.-B. de La Borde écrivait en 1780 \93A notre jugement, M. d\92Auvergne doit être pris dans la classe des compositeurs dont la facture est la meilleure. Personne n\92a mieux écrit ni plus sûrement que lui. Ses chants sont agréables et souvent d\92une grande beauté. Il joint à ses talents beaucoup de modestie et une grande douceur et mérite autant l\92estime des gens de l\92art par ses ouvrages que par ses moeurs il s\92est acquis celle de ceux qui le connaissent.\94 Ces lignes furent écrites du vivant de Dauvergne. Mais La Borde reflète l\92opinion générale, lorsqu\92il ajoute \93Il fit avec Vadé l\92un des plus jolis ouvrages de ce siècle, ouvrage qui doit faire époque parce qu\92il a le mérite d\92avoir ouvert une nouvelle carrière. Ce sera toujours avec plaisir qu\92on reverra l\92acte charmant des \93Troqueurs\94 et M. d\92Auvergne aura toujours la gloire d\92avoir servi de modèle à nos meilleurs compositeurs.\94

 (notice Decca)

 

http://philidor3.cmbv.fr/Publications-numeriques/Realisations-PHILIDOR/Catalogue-de-l-oeuvre-d-Antoine-Dauvergne-1713-1797

 

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