ADMETO

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

d'après Aurelio Aureli
 
ORCHESTRE
Orchestre du Festival Haendel de Halle
CHOEUR

DIRECTION
Howard Arman
MISE EN SCÈNE
Axel Köhler
DÉCORS

Roland Aeschlimann
COSTUMES

Marie-Thérèse Jossen
DRAMATURGIE

Volker Weiske

Trasimede
Tim Mead

Ercole
Raimund Nolte

Antigona
Mechtild Bach

Admeto
Matthias Rexroth

Alceste
Romelia Lichtenstein

Meraspe

Gerd Vogel

DATE D'ENREGISTREMENT
juin 2006
LIEU D'ENREGISTREMENT
Halle - Opernhaus

EDITEUR
Arthaus
DISTRIBUTION
Integral
DATE DE PRODUCTION
février 2007
NOMBRE DE DISQUES
2 (+ 2 CD)
FORMAT
16 : 9 - Son : PCM stereo / DD 5.1 / DTS 5.1
DISPONIBILITE
Toutes zones
SOUS-TITRES EN FRANCAIS

 Critique de cet enregistrement dans :

"Avec quelle célérité l’opéra haendélien, d'objet rare, est devenu monnaie courante ! Prenez deux sopranos et deux barytons de troupe, deux jeunes falsettistes à la voix encore indemne, un orchestre de poche, étirez cette mince pâte sur treize quarts d’heure : voici Admeto, opéra seria composé en 1726 pour l’une des plus fastueuses compagnies d’Europe où se produisaient côte à côte les plus illustres prime donne, la Cuzzoni et la Faustina,” reines rivales » du bel canto àson apogée. Pauvre de nous qui devons endurer ces voix sans relief ni couleur, sans un début de vocabulaire (legato ? chant sur le souffle ? trille ? messe di voce ? affetto ? bravura ? rien de rien), sur fond instrumental efficace mais sans nuance (même “Ah, si, morno » chasse toute poésie). C’est long. Dieu, que c’est long ! Si long qu’il faut trouver un moyen de tenir le public assis. Et ce moyen sera le même que d’habitude : un spectacle ironique puisant aussi bien dans le Sellars réaliste des années 1980 que dans le musical, le Berliner Ensemble ou la sit­com pour adolescentes, avec imper, bagnole, flingue, seringue, bouquets de fleurs, action d’ameublement supposée “rendre le livret compréhensible aujour­d’hui “ et donc transposée dans un hôpital où le roi se meurt. L’artisan de ce show malicieux et répétitif monté avec peu de moyens mais un zèle certain au festival de Halle 2006 n’est autre que l’ancien contre-ténor Axel Köhler, disciple de René Jacobs reconverti dans le Regie­theater. Non sans talent : les interprètes y croient, se meuvent à l’aise, captent la lumière. Suivons aussi Tim Mead, falsettiste britannique applaudi en France dans la Poppea de Lyon et tout récemment le Riccardo Primo des Champs-Elysées. Pour le reste, ne pouvant jouer l’opéra on joue à l’opéra. Et sur deux CD complémentaires, on grave les airs seuls, sans drame ni récit : cruel. "

"Réunir, autour de l’incontesté Senesino, les sopranos vedettes Francesca Cuzzoni et Faustina Bordoni dans un même opéra n’allait pas sans poser quelques problèmes dramaturgiques. Il s’agissait en effet de ne pas favoriser l’une au détriment de l’autre... Des cinq ouvrages composés pour elles par Haendel entre 1726 (Alessandro) et 1728 (Tolomeo), le plus réussi est probablement le métastasien Siroe (1728), et le plus singulier le mythologique Admeto (1727). Laissant temporairement de côté les considérations sur le pouvoir, le musicien se consacre uniquement aux errements du coeur, du sacrifice de l’épouse fidèle (Alceste/Faustina) à l’inconstance du héros masculin (Admeto/Senesino) succombant à plusieurs charmes (Antigona/Cuzzoni), sans oublier une dose de jalousie et de spectaculaire (descente aux Enfers d’Ercole pour ramener Alceste).

Spectade et émotion sont donc au rendez-vous dans Admeto, sauf qu’une fois de plus, le DVD d’Arthaus immortalise une mise en scène (Halle, 2006) qui passe pratiquement toujours à côté de son esprit et de son âme. De la maladie du héros au début du premier acte, Axel Köhler déduit une transposition dans le milieu hospitalier contemporain. Pourquoi pas, après tout ? L’opéra commence donc par des images d’infirmiers lavant un Admeto inconscient et presque nu dans un dispositif constitué d’un grand mur occupé par de nombreux écrans de télévision. Les changements de décor passent dès lors par des modifications des images diffusées, avec notamment des radiographies diverses et variées, le tout complété par des costumes contemporains d’un kitsch parfois hideux et une gestuelle qui se veut baroque par souci de distanciation et n’est en définitive que ridicule. Le ridicule est d’ailleurs l’élément dominant de la conception du metteur en scène, avec une touche de vulgarité et un brin de grand-guignol. Quant au résultat, il s’apparente à un syncrétisme post­moderne encombré d’éléments «divertissants» dans le mauvais sens du terme, théâtre et émotion passant au second plan.

La musique ne rachète rien, entre les quelques coupures pratiquées dans la partition et une distribution bien moyenne. Le contre-ténor Matthias Rexroth manque par trop de séduction, de justesse et de précision dans le rôle-titre. Les dames sont correctes, mais seule Romelia Lichtenstein réussit à donner vie à son personnage. Dans ces conditions, la bonne tenue de l’orchestre n’est même pas une consolation. Inutile de préciser que l’écoute des deux CD audio fournis dans le même boîtier que les deux DVD), simple écho sonore du spectacle sans les récitatifs, n’a que très peu d’intérêt."

 

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