ARIODANTE

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

L'Arioste/Antonio Salvi
 
ORCHESTRE

Il Complesso Barocco
CHOEUR

DIRECTION

Alan Curtis
MISE EN SCÈNE

John Pascoe
DÉCORS

John Pascoe
COSTUMES

John Pascoe

Ariodante

Ann Hallenberg

Ginevra

Laura Cherici

Polinesso

Mary-Ellen Nesi

Lurcanio

Zachary Stains

Il Re

Carlo Lepore

Dalinda

Marta Vandoni Iorio

Odoardo

Vittorio Prato

DATE D'ENREGISTREMENT

Spolète - Teatro Caio Melisso - Festival dei Due Mondi

LIEU D'ENREGISTREMENT

juillet 2007

EDITEUR

Dynamic

DISTRIBUTION

Codaex

DATE DE PRODUCTION

26 février 2008

NOMBRE DE DISQUES

2

FORMAT

NTSC, 16/9 compatible 4/3 - Son LPCM Stéréo / DTS 5.1

DISPONIBILITE

Toutes zones

SOUS-TITRES EN FRANCAIS

oui

Critique de cet enregistrement dans :

  "Distribution sans luxe, orchestre modeste, décors rudimentaires... et malgré tout cet Ariodante, qui fêtait l’été dernier les cinquante ans du Festival de Spolète, est plus réussi que les productions récentes et autrement ambitieuses de Paris, Genève et Barcelone. John Pascoe a déplacé l’action dans les années 1950 sans greffer un sens artificiel à l’aggiornamento commode. Seule incongruité, la pirouetta finale : Ariodante ne supporte pas la couronne et s’enfuit en tenant Ginevra à distance... Tient donc ! A part cela, nous sommes bien dans le palais royal écossais, peuplé par un lot de figurants (officiers, kilts, smokings, femmes de chambre...) qui compensent le décor unique et l’économie des danseurs (le ballet du I est coupé). Et le IlIest bien cet acte nocturne voulu par Haendel, dont la palette sombre, peu à peu, nous conduit à des abîmes où se perd la lumière de la raison.

Pascoe a su capter le drame si humain d’Ariodante, au risque de perdre une partie de se grandeur. Il y a du “au théâtre ce soir” chez le roi, la princesse et son prétendant, et dans leurs costumes assez grossiers. C’est aussi cette grandeur d’âme qui fait défaut à la direction conviviale et distinguée mais un peu "nivelée" d’Alan Curtis, comme au couple de protagonistes. Laura Cherici ferait une délicieuse Dalinda : son soprano agile et brillant a-t-il l’étoffe d’une Ginevra ? Et son personnage sensible ne trouve pas l’autorité vertueuse et rayonnante de la fille du roi, qui devrait donner un poids terrible à “ Il mio crudel martoro (amputé ici de la partie B et du da capo, incompréhensible !). Question de timbre autant que de charisme, également pour Ann Hallenberg, mezzo de velours, jamais à la peine mais guère hérorque en cheva­lier. “Con l'ali di costanza“ déroute (et séduit) par sa jubilation chaleureuse, presque nonchalante. Et plus encore “Doppo notte”... souple !

Un Polinesso spectaculaire et un Odoardo vaillant auraient écrasé cet Ariodante : aucun risque avec Mary-Ellen Nesi et Zachary Stains. Le roi de Carlo Lepore est impressionnant mais dévoré par son vibrato, et Marta Vandoni Iorio fait une ravissante Dalinda, d’une belle intériorité, pas soubrette pour un sou. Bilan très mitigé mais travail d’équipe attachant et préférable au seul DVD concurrent, la production (an anglais) de l’ENO, précieuse, tout de même, pour la Ginevra de Joan Rodgers (Bolton, 1996, Arthaus)."

"Cet Ariodante de Haendel nous vient du Festival de Spolète. Alan Curtis, autour de chanteurs qu’il affectionne (Hallenberg, Cherici, Nesi), livre une direction raffinée, sans outrance, qui privilégie à la fois le spectacle et le chant, Un plateau homogène, d’une belle tenue et visiblement à l’aise dans la mise en scène économe mais pertinente de John Pascoe. En costumes modernes, sa cour d’Ecosse a les apparences d’une fête glacée chez les Windsor. Quelques ogives surlignées par les éclairages bleutés de Miranda Harry renforcent encore cette proximité de sens.

"Filmée en 2007, lors de la cinquantième édition du Festival de Spolète en Italie, cette production est l’occasion pour John Pascoe de transposer le drame médiéval d’Ariodante dans les années 1950, à l’époque de la naissance de la manifestation. Le cadre « britannique » est conservé, quelques kilts rappelant que l’action est située en Ecosse. Au-delà du clin d’oeil circonstanciel, ce choix n’a évidemment rien d’original, mais l’ensemble est assez joli et, surtout, le metteur en scène a bien compris Ariodante, réussissant même, fait rare, à éviter toute sensation de longueur dans un premier acte étrangement bâti et aux indéniables redondances. On signalera, à ce propos, le recours à un procédé intéressant durant certains airs, tous les personnages — sauf celui qui s’exprime — se figent l’espace de quelques instants. L’occasion, en opérant un choix judicieux parmi ces images arrêtées, de mettre en valeur à l’écran certains éléments et situations de l’intrigue.

La distribution réunit par ailleurs quelques bons, voire excellents, chanteurs-acteurs, à commencer par Ann Hallenberg dans le rôle­titre, parfaitement à l’aise dans une partie de soprano grave écrite pour le castrat Giovanni Carestini (la mezzo suédoise nous a toujours moins convaincus dans les emplois d’alto). La Ginevra de Laura Cherici soulève moins d’enthousiasme, la personnalité volcanique de la soprano se trouvant un peu à l’étroit dans les habits de l’innocente princesse dépassée par les événements. Les airs lents révèlent ainsi quelques aigreurs, tensions et imprécisions, même si « Il mio crudel martoro » à la fin du II est très beau, la dimension tragique de cette page lui convenant mieux que l’expression de l’ingénuité.

La mezzo Mary-Ellen Nesi, que nous avions déjà appréciée en d’autres occasions, soutient avec aplomb la vocalité agressive de Polinesso, le méchant de l’histoire. Les graves sont parfaitement assumés, l’agilité est au rendez-vous, et le personnage vicieux à souhait, sans jamais basculer dans l’excès. La soprano Marta Vandoni Iorio est une jolie découverte en Dalinda qualité du timbre, précision et musicalité du chant, densité de l’interprétation. Belle prestation encore du ténor Zachary Stains, la basse Carlo Lepore n’exploitant pas vraiment, en revanche, le potentiel émotionnel de ses airs."

Si l’orchestre est correct, le princi­pal point faible du spectacle reste la direction d’Alan Curtis, attentive certes, mais sans relief, ni surprise, ni contraste. Dommage.

 

 

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