ACI, GALATEA E POLIFEMO

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

Nicola Giuvo

ENREGISTREMENT

ÉDITION
DIRECTION
ÉDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DÉTAILLÉE
1986
1998
Charles Medlam
Harmonia Mundi
2
italien
1989
1990
Adrian Bryttan
Schwann Koch
2
italien
1999
1999
Augusto Ciavatta
Dynamic
2
italien
2002
2003
Emmanuelle Haïm
Virgin
2
italien
2007
2008
Marco Vitale
Brilliant Classics
2
italien

Serenata a tre, composée pour le mariage du duc d'Alvito, prince de Colubrano, et de Beatrice Sanseverino, fille du prince de Monte Miletto, ainsi que pour l'accession du cardinal vénitien Vincenzo Grimani au trône de Vice-roi de Naples.

Terminée le 16 juin 1708, elle fut exécutée à Naples en juillet 1708, au palais du duc d'Alvito, à Chiaja.

Le rôle de Polifemo était tenu par la basse Giuseppe Maria Boschi.

Haendel séjourna dix semaines à Naples, de mai à juillet.

 Le livret s'inspire du livre XIII des Métamorphoses d'Ovide.

  

Synopsis

Le jour se lève. Acis, fils de Pan, et Galatée, la nymphe des mers, fille de Neptune, sont épris l'un de l'autre. Mais Galatée verse des larmes. Interrogée par Acis, elle lui révèle qu'elle est poursuivie par la jalousie du cyclope Polyphème. On entend soudain un fracas : le cyclope a ouvert son antre et approche. Galatée demande à Acis de la laisser seule avec lui. Polyphème renouvelle ses reproches et menace de s'en prendre à son rival. Galatée fait front avec courage. Polyphème s'en irrite. Acis survient pour défendre Galatée. Celle-ci dit préférer la mort plutôt que de céder au cyclope. Polyphème renouvelle ses menaces. Galatée, pressée par Polyphème, appelle son père au secours, et court se jeter dans la mer. Polyphème finit par s'en aller. Acis reste seul, puis est rejoint par Galatée. De son côté, Polyphème attend le passage d'Acis. Pendant qu'Acis et Galatée échangent des paroles d'amour, il fait rouler un énorme rocher qui va écraser Acis. Galatée est désespérée. Elle en appelle à son père pour qu'il transforme son amant en fleuve. Polyphème essaye de la retenir, mais elle a déjà rejoint Neptune. Il ne peut que contempler Acis, transformé en fleuve, qui embrasse Galatée dans le flots.

 

 Représentations :

 

 

 

 

 

 

 

  "Après de brillants concerts en mars 2002 et après un enregistrement en décembre dernier, le Concert d’Astrée et Emmanuelle Haïm remontent la cantate peu connue, Aci, Galatea e Polifemo. Haendel s’est particulièrement intéressé à cet épisode de la mythologie antique non seulement dans le masque, Acis and Galatea de 1718, mais aussi dans cette cantate, démesurément longue pour ce genre musical, composée dix ans avant. Contrairement au masque qui compte plusieurs personnages, la cantate n’est chantée que par trois solistes (soprano, contralto, basse) et ramasse l’action, la rendant ainsi plus spectaculaire et plus intense. Musicalement, cette oeuvre n’a rien à envier à Acis and Galatea, et possède un certain nombre d’airs virtuoses et dramatiques de toute beauté.

A l’exception de Delphine Haidan, Emmanuelle Haïm a repris la même équipe que précédemment mais a nettement développé les idées qui étaient en germe dans les premiers concerts. Les instrumentistes sont en petit nombre et la cantate retrouve son caractère intime initial. Le disque, paru récemment, témoigne également de ce nouveau travail et il est bien supérieur à ce que l’on avait pu entendre l’année dernière.

Sandrine Piau, qui, après la défection de Natalie Dessay l’année dernière, a assuré non seulement l’enregistrement mais aussi une grande partie des concerts, est égale à elle-même. Elle se joue avec grande maîtrise de toutes les difficultés vocales mais n’apporte pas une étoffe suffisante au personnage pour marquer ce rôle. Usant et abusant des couleurs agréables de sa voix, elle chante tous les airs avec la même monotonie et ne souligne pas l’évolution du personnage. Sa voix, si agile soit-elle, laisse entrevoir des “a” graves fort laids et des notes piquées qui s’apparentent davantage à des cris, quand elles ne sont pas fausses, comme dans l’air “Che non può la gelosia”. Seule la page “Qui l’augel da pianta in pianta”, difficile par sa longueur et par sa tension vocale, donne à Sandrine Piau la possibilité de mêler un sentiment de douleur, notamment avec la retenue qu’elle marque sur “Ma si fa cagion”, à une virtuosité vocale. En revanche, pour la magie, il est préférable d’écouter l’enregistrement. Sa prestation est très bien mais loin d’être exceptionnelle.

Delphine Haidan, nouvelle venue, possède d’immenses qualités qu’elle ne met en avant que dans la seconde partie du concert. Il faut attendre l’air “Se m’ami, o caro” pour l’entendre déployer sa voix de contralto. Attentive au texte, elle souligne la douleur de Galatea en accentuant la répétition de la sifflante dans “lasciami sola a sospirar” et en découpant nettement les syllabes Enfin elle parvient à créer une véritable intensité dramatique! Delphine Haidan se montre très (trop) appliquée dans le reste du concert ce qui restreint quelque peu son jeu. Mais dans une véritable salle, elle donnerait beaucoup de consistance à cette partition car les nuances qu’elle apporte à certains moments laissent supposer une grande musicalité de sa part. Son timbre, de plus, est assez fascinant et il devient assez rare de trouver de vraies contralto. La comparaison avec Sara Mingardo ne tourne pas à son désavantage mais Delphine Haidan sera parfaite quand elle saura dominer son inquiétude.

Mais le grand triomphateur, paradoxalement, du concert est sans nul doute Laurent Naouri. Dès son entrée dans un air vif “Sibilar l’angui d’Aletto”, il crée une atmosphère et le drame commence à se mettre en place. Contrairement aux deux chanteuses qui tentent d’estomper la frontière entre la version scénique et la version concertante, Laurent Naouri la brise irrémédiablement et utilise sa voix à des fins dramatiques : le théâtre est là. Il ne joue pas Polyphème, il est Polyphème. Très attentif aux récitatifs et à leur contenu, il mène l’action et ses partenaire d’une main de maître. Haendel favorise particulièrement sa partie avec l’air “Fra l’ombre e gl’orrori”, dans lequel le chanteur trouve ses plus effrayantes expressions, ses plus menaçantes. La partition propose des tonalités différentes et un jeu d’écho se crée entre des notes basses et des notes hautes. Laurent Naouri se souvient aussi qu’il a fait ses premières armes haendeliennes avec Marc Minkowski car les reprises sont chantées à mezza voce et à un tempo plus lent. L’air “Non sempre, no, crudele” est un petit bijou de douceur et le chanteur apporte une touche de lumière dans la reprise.

Emmanuelle Haïm, qui fait figure de nouvelle spécialiste de Haendel, dirige avec beaucoup de fermeté et d’énergie un petit ensemble réunissant d’excellents solistes. Le violoncelliste Atsushi Sakaï (fidèle des Talens Lyriques et de Christophe Rousset) en est un très bon exemple notamment dans l’air “Non sempre, no, crudele” de Polyphème: il apporte une note de douceur contrastant en cela avec la voix menaçante et inquiétante de Laurent Naouri. Le chef du Concert d’Astrée affine son jeu au fur et à mesure des concerts mais n’accorde pas encore à la musique la liberté de s’épanouir totalement. Dans l’ouverture, par exemple, elle la retient trop. Espérons que cette tendance à la sécheresse s’estompera au cours des années." (ConcertoNet)

 

 

 

"La serenata pastorale Aci, Galatea e Polifemo est tirée d'un épisode des Métamorphoses d'Ovide. Elle appartient également à la période de la jeunesse de Haendel et de ses années d'apprentissage en Italie. Composée pour le mariage du duc d’Alvito et de Béatrice Sanseverino, cette sérénade fut achevée le 16 juin 1708 et exécutée un mois plus tard. Il s’agit en réalité d’un petit opéra en un acte, un exemple presque parfait de l’art napolitain où se retrouvent toutes les marques d’un genre bien codifié: enchaînement d’arias da capo, abscence de chœur, rôle principal masculin confié à une voix plus élevée que le premier rôle féminin. Le livret est d’une bonne qualité dramatique et l’orchestration riche, faisant intervenir harpe et trompettes à côtés des instruments habituels. Dix ans plus tard, le compositeur reprendra la triste histoire d’Acis et de Galatée comme sujet d’un "masque" en anglais, sous le titre Acis and Galatea."

 

"Plus grave, plus sensuelle et d’une expression plus violente que le masque anglais Acis and Galatea qu’elle précède de dix ans (et avec lequel elle n’entretient quasiment aucune parenté musicale), cette « sérénade à trois » composée pour Naples démontre à nouveau la richesse de la période italienne du jeune Haendel. Dirigeant une dizaine de musiciens depuis l’orgue et le clavecin, Emmanuelle Haïm, qui a offert à Christie et Rousset de si admirables continuos, semble encore pouvoir gagner en mordant dans les tutti et en expressivité dans les contrastes rythmiques - l’acoustique très réverbérée de la « Salle des Pôvres » où le froid et la pluie avaient contraint artistes et public à se replier, ne l’aide pas, il est vrai – mais révèle d’emblée une clarté de la facture, une sensibilité dans les nuances et le dialogue entre les instrumentistes avec lesquelles on sera ravi de compter désormais. Ayant opté pour une orchestration à un musicien par pupitre, au risque de rendre parfois grinçants les échanges entre les deux violons, elle souligne ainsi l’extrême subtilité d’écriture de chaque partie et la pertinence dramatique de leur appariement – dont l’opposition entre le second air d’Acis, accompagné du clavecin seul, et ceux à l’habillage foisonnant dévolus à Polyphème constitue l’exemple le plus frappant ; le procédé sera d’ailleurs repris dans Rinaldo. Dans ce combat de David contre Goliath, Haendel a su, comme toujours, tracer du méchant un portrait complexe. Il manque hélas à Jérôme Correas les moyens physiques du rôle (certes démesurés : pas moins de trois octaves) ; l’aigu est décoloré, le grave disparaît dans sa sublime sarabande, et la bonne volonté du musicien ne saurait suffire. Manquant de sûreté dans les vocalises, Delphine Haidan s’impose par l’opulence d’un timbre nostalgique et la sincérité de l’expression. Mais c’est Juanita Lascarro qui laisse en Acis le souvenir le plus marquant, timbre intense et corsé soutenant un phrasé aussi délié que percutant." (ConcertoNet)

 

 

 

 

 

 

 

 

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