ACIS AND GALATEA

Galatée

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

John Gay

ENREGISTREMENT
ÉDITION
DIRECTION
ÉDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DÉTAILLÉE

Bernhard Paumgartner
Fontana
1 (LP)
anglais

1959
1960
Adrian Boult
Decca
2 (LP)
anglais

1959
1993
Adrian Boult
Decca
2
anglais

1959
2007
Adrian Boult
Chandos
1 (extraits)
anglais

1977
1998
Neville Marriner
Decca
2
anglais

1978
1988
John Eliot Gardiner
Archiv
2
anglais

1978
2003
John Eliot Gardiner
Archiv
2
anglais

1983
1988
Peter Schreier
Orfeo
2

1986
1991
Johannes Somary
Newport Classics
2
anglais

1989
1990
Robert King
Hyperion
2
anglais

1991
1991
Gérard Schwarz
Delos
2
anglais

1992
1995
Trevor Pinnock
Archiv Galleria
2
anglais

1993
1998
David von Asch
Naxos
1
anglais

1996
1996
Valentin Radu
Vox Classics
2
anglais

1996

Valentin Radu
Brilliant Classics
2
anglais

1998
1999
William Christie
Erato
2
anglais

-
2001
The Scholars of London
Dorian
1
anglais

2003
2003
Eric Milnes
Atma
2
anglais

2007
Martin Haselböck
New Classical Adventure
2
anglais

2008
2008
Nicholas McGegan
Carus
2
allemand

2008
John Butt
Linn Records
1
anglais

Masque en trois actes (HWV 49a), composé en mai 1718 pour le comte de Carnavon, à Cannons, pour un effectif réduit (dite "version de Cannons"). Le texte est de John Gay, John Hugues et peut-être Alexander Pope, d'après une traduction, par John Dryden, des Métamorphoses d'Ovide (Livre XIII). John Gay (1685-1732) était poète, auteur dramatique et directeur de théâtre : il obtint le droit de construire le premier théâtre de Covent Garden en 1732.

John Gay

Haendel avait quitté Piccadilly, chez le comte de Burlington, pour s'installer, vers l'été ou l'automne 1717, à Canons (ou Cannons), à quelques lieues de Londres, dans le Middlesex, dans le château construit en de 1712 à 1720 par James Brydges, comte de Carnavon, baron puis duc de Chandos (1674-1744). Il y entretenait un orchestre permanent, dirigé par John Christopher Pepusch, puis par Haendel.

Le duc de Chandos

S'inspirant des masques de Pepusch ou Galliard, Acis and Galatea fut produite à diverses reprises à Drury Lane et au Lincoln's Inn Field entre 1715 et 1718.

La première exécution publique complète eut lieu au Lincoln's Inn Fields, à Londres, le 26 mai 1731, au bénéfice d'un M. Rochetti, avec Rochetti, Wright, Leveridge.

En mai 1732, une reprise non autorisée par Haendel eut lieu à l'initiative de John Lampe et Thomas Arne, promoteurs de l'opéra anglais, au New Theatre de Haymarket, face au King's Theatre, avec Susanna Arne, fille de Arne, future Madame Cibber, et Gustavus Walz, ancien cuisinier de Haendel, dans les rôles de Galatea et Poliphemus. En réponse, Haendel modifia complètement l'oeuvre (HWV 49b) : changeant de texte, il fit appel à John Hugues, librettiste professionnel, qui intégra des "lyrics" de poèmes de John Gay, A. Pope et J. Dryden ; Haendel incorpora par ailleurs des airs de la serenata Aci, Galatea e Polifemo de 1708/09, ainsi que d'autres cantates italiennes et de la Brockes Passion. Il y eut quatre exécutions les 10, 12, 17 et 30 juin 1732, avec des décors et des costumes, mais sans action scénique, puis quatre du 2 au 16 décembre de la même année. La soprano Anna Strada del Po chantait le rôle de Galatée, transposé de contralto à soprano, le castrat soprano Senesino celui d'Acis, transposé de ténor à castrat soprano. Les autres interprètes étaient : Antonio Montagnana, basse (Polifemo), Ann Turner Robinson, soprano (Cloris), Mrs. Davis, soprano (Eurilla), Anna Bagnolesi, contralto (Filli), Francesca Bertolli, contralto (Dorinda), Giovanni Battista Pinacci, ténor (Silvio). Haendel dirigeait l'orchestre du clavecin. Le succès fut au rendez-vous, et le New Theatre de Haymarket cessa ses représentations.

Haendel dirigea une exécution le 11 juillet 1733 au Christ Church Hall, à Oxford ; puis le 7 mai 1734, au King's Theatre ; puis deux à Covent Garden, les 24 et 31 mars 1736.

En 1739,  Haendel réaménagea l'oeuvre en deux actes, pour un orchestre plus étoffé, pour deux exécutions au Lincoln's Inn Fields, les 13 et 20 décembre.

Le 28 mars 1740 eut lieu une exécution au bénéfice du Fund for the Support of Decay'd Musicians.

Haendel la remania encore pour deux exécutions, les 28 février et 11 mars 1741.

L'oeuvre fut jouée deux fois à Dublin, au New Music Hall, à compter du 20 janvier 1742.

En 1788, les oeuvres de Haendel furent redécouvertes à Vienne, notamment grâce à Gottfried van Swieten, diplomate et mélomane, fils du célèbre médecin néerlandais Gérard van Swieten, qui chargea Mozart d'une réorchestration visant notamment à remplacer la partie d'orgue par des instruments à vent.

En 1828/29, Felix Mendelssohn, alors âgé de vingt-et-un ans, réalisa, à l'initiative de son professeur Carl Friedrich Zelter, un arrangement qui resta à l'état de manuscrit. On raconte que Zelter en fit une condition pour laisser Mendelssohn diriger la Passion selon St Mathieu de Jean-Sébastien Bach. Mendelssohn utilisa une traduction du texte en allemand par un auteur inconnu.

 

Personnages : Acis, berger (ténor), Galatea, nymphe (soprano), Damon, berger (ténor), Polyphemus, cyclope (basse), Corindon, berger (ténor)

 

Synopsis

Acte I

Dans un paysage rural

Acis et Galatée sont assis près d'une fontaine, entourés du choeur, et Polyphème se tient sur une montagne.

L'ouverture, un presto suivi d'un très court adagio, prépare une scène pastorale assez simple dans laquelle le choeur chante le plaisir de vivre dans un environnement idyllique. Galatée se languit d'Acis (Hush, ye pretty warbling quire, Silence, ô joli choeur gazouillant), qui partage ses sentiments de façon tout aussi mélodieuse (Where shall I seek the charming fair ?, Où chercherai-je la nymphe charmeuse ?). Damon incite gentiment Acis à profiter des plaisirs présents au lieu de poursuivre un amour difficile à saisir, mais la vue de Galatée ne laisse aucun doute sur la dévotion d'Acis et lui inspire l'un des chants d'amour les plus glorieux de Haendel (Love in her eyes sits playing, Amour en ses yeux s'amuse). Pour sa part, Galatée ne se laisse pas surpasser (As when the dove, Comme la colombe) et ils célèbrent ensemble la joie qu'ils partagent de façon tellement manifeste (Happy we !, Soyons heureux !)

Acte II

L’atmosphère pastorale et amoureuse s’assombrit. Le choeur prédit la fin de leur amour heureux (Wretched swains, Malheureux bergers) avec l'intervention du monstre Polyphème, qui descend de la montagne pour proclamer son amour pour Galatée. Polyphème est à moitié comique, à moitié sérieux ; son récitatif (I rage, I melt, I burn, J'enrage, je fonds, je brûle) révèle un véritable gredin et l'air (O ruddier than the cherry, Ô plus vermeille que la cerise) comporte un obbligato de piccolo ou de flageolet afin d'ajouter une touche de moquerie au chant d'amour maladroit du géant.

Galatée lui manifeste son antipathie, mais Polyphème renouvelle ses protestations (Cease to beauty to be suing, Cesse de poursuivre la beauté). Damon tente de donner un conseil à son ami, mais Acis annonce avec vaillance qu'il défiera le monstre (Love sounds th' alarm, Amour sonne l'alarme). D'autres conseils de Damon (Consider, fond shepherd, Cher berger, pense) mènent au dénouement, un trio dans lequel les amoureux se jurent fidélité éternelle (The flocks shall leave the mountains, Les troupeaux quitteront les montagnes) tandis que Polyphème, frustré, vitupère. Il lance un rocher de la montagne qui écrase Acis. Le choeur le pleure (The gentle Acis is no more, Le bel Acis n'est plus). Dans deux airs d'une beauté exceptionnelle, dont un avec choeur, Galatée pleure sa perte, puis accepte ce que le choeur affirme avec assurance : Acis now a god appears, Acis apparaît maintenant comme un dieu !" (Kobbé - Robert Laffont)

 

"Acis & Galatea, opéra-masque en anglais sur un livret attribué à John Gay, fut composé en 1718 pour le duc de Chandos au château de Cannons. Acis et Galatée jouit d’une popularité exceptionnelle du vivant de Haendel et fut joué plus de 100 fois. Le livret, inspiré de "l’Histoire d’Acis, Polyphème et Galatée" du Livre XIII des Métamorphoses d’Ovide, met en scène la nymphe des Mers, Galatea, éprise d’Acis, fils de Pan, et le cyclope, Polyphème, qui chantant en vain son amour pour Galatea, rendu jaloux et furieux, blesse mortellement Acis sous un énorme rocher. Acis devient alors immortel, métamorphosé sous la forme d’une source.

Acis représente un moment décisif de l’histoire de la musique anglaise, car il établit un lien entre les masques de l’époque de Purcell et les oratorios de Haendel sur lesquels il anticipe remarquablement notamment dans l’utilisation du choeur. Haendel nous donne une composition brillante avec une succession d’airs destinés aux protagonistes qui nous conduisent à des sommets vocaux. Ainsi les irrésistibles “Wretched lovers”, “Cease Galatea, cease to grieve”, “Heart, the seat of soft delight” qui répondent aux délicieuses parodies “I rage, I melt, I burn”, “O rudder than the chery” et “The flocks shall leave the mountains”. (Festival de Beaune - 2003)

 

"Au début du XVIIIe siècle, James Brydges, comte de Carnavon et duc de Chandos, avait érigé à Cannons, non loin de Londres, une somptueuse résidence. Les bonnes grâces de la reine Anne et du duc de Marlborough l’avaient fait nommer trésorier-payeur général des armées durant la guerre de succession d’Espagne; ce poste ainsi que des spéculations dans la Compagnie des mers du Sud lui avaient permis d’amasser une fortune colossale. «Few German sovereign Princes live with that magnificence, grandeur and good order», écrivait Macy en 1722 dans son A Journey through England : la demeure de Cannons abritait cent vingt «persons in family» et une garde suisse, dans un luxe encore jamais vu en dehors de la Cour. Une telle ostentation fit dire à John Mainwaring, premier biographe de Handel, plusieurs décennies plus tard il est vrai, qu’on voyait au château «much more art than nature, and much more cost than art.»

Princely Chandos, comme le surnommaient ses contemporains, employait un petit ensemble de musiciens : un chœur d’hommes et de garçons, qui non seulement chantait aux offices de la chapelle du château mais aussi «entertained him while at table», et un petit orchestre comprenant des cordes sans alto et deux instrumentistes à vent jouant les flûtes à bec et les hautbois. C’est John Christopher Pepusch qui depuis 1712 dirigeait la musique du duc et, parmi les musiciens, on remarquait les noms de George Monroe, claveciniste, d’Alessandro Bitti, premier violon, et de Francesco Scarlatti, frère d’Alessandro et oncle de Domenico Scarlatti.

Vers 1717, George Frideric Handel se rendit à Cannons à l’invitation du duc. Il y demeura un peu plus d’un an comme compositeur en résidence, sans obligation aucune, et ce séjour le reposa sans doute des combats qu’il commençait à livrer pour imposer ses opéras italiens sur les scènes londoniennes. Il y composa des pièces de clavecin, termina les six concertos de l’Opus 3 et offrit à son hôte une série de onze anthems à être chantés dans la chapelle du château, ensemble connu sous la désignation de Chandos Anthems. Il mit également à profit les ressources musicales de Cannons dans un petit opéra biblique, Haman and Mordecai — qu’il refondra plus tard dans son oratorio Esther —, et dans le masque pastoral Acis and Galatea, représenté au printemps de 1718.

Ce dernier est l’œuvre de Handel qui a joui de la plus grande popularité du vivant de son auteur : elle connut plus de soixante-dix représentations et Handel la dirigea pour la dernière fois en 1742, lors de son voyage à Dublin. L’œuvre compte aussi parmi celles que le baron van Swieten demandera à Mozart de réorchestrer en 1788. Le sujet, emprunté aux Métamorphoses d’Ovide, servit d’abord à Handel dans la Cantate Aci, Galatea e Polifemo composée à Naples en 1708, durant son séjour italien, mais une seule aria de celle-ci a été reprise dans la production de 1718. Chez Chandos, Handel eut l’occasion de connaître, entre autres poètes et écrivains anglais, John Arbuthnot, John Hughes ainsi que John Gay, et ce dernier est l’auteur présumé du livret, dérivé de Dryden et avec la participation possible de Pope.

Depuis plus d’un siècle en Angleterre on nommait masques différentes productions musicales en langue anglaise tenant à l’origine du ballet de cour français, plus tard de la serenata italienne — vaste cantate sans action dramatique véritable mais avec représentation scénique —, et il y entrait un mélange de danses, de dialogues chantés ou parlés, d’airs et de chœurs, le plus souvent sur des sujets pastoraux ou féeriques. À l’époque élisabéthaine, le masque consistait parfois en une action mineure insérée dans une tragédie pour soulager le public d’une tension dramatique insoutenable, et à cela s’est joint un peu plus tard l’esprit lullyste fait de charme et d’invitation aux plaisirs. Beaucoup des musiques de scène et des entractes composés pour des pièces de théâtre, ainsi que ce qu’il est convenu d’appeler les semi-operas de Purcell appartiennent à ce genre hybride. Et jamais ailleurs que dans Acis and Galatea, sauf peut-être dans L’Allegro, il Moderato ed il Penseroso, Handel n’a été aussi près de la finesse et de la grâce de son prédécesseur. Au XVIIIe siècle, le masque connut un développement nouveau et un regain de popularité dans les milieux voulant réagir contre l’invasion de l’opéra italien; Handel aurait pu se faire le porte-flambeau de cette cause, si l’on en juge par le chef-d’œuvre qu’est Acis, mais il était aussi le champion de l’opéra…

Synthèse de l’esprit britannique et de la lumière du Sud, l’œuvre, qui laisse aux récitatifs la part congrue, manifeste une parfaite compréhension de la poésie anglaise. Les moyens plutôt limités de l’orchestre du duc furent loin de freiner le génie de Handel; au contraire, ils lui permirent de créer une œuvre élégiaque, riante, pleine de spontanéité et de légèreté pastorale. Après avoir remanié son ouvrage en 1732 d’une façon assez bâtarde, en y mêlant d’autres musiques sur des textes italiens, Handel est revenu à la version de Cannons pour sa publication par John Walsh en 1743.

L’ouverture, mouvement de concerto grosso avec solos de hautbois, introduit directement le premier chœur, où l’on entend les bourdons — la note tenue par les basses — des bergers de Calabre ou de Sicile. Galatée fait son entrée avec un bird song et Polyphème n’apparaît que dans la seconde partie, avec une énormité plus bouffonne qu’épouvantable. Le chœur qui avertit les amants du danger commence dans le style fugué ancien, comme pour signifier la sévérité du destin qui les attend, puis il décrit les enjambées et l’apparence du géant par des accords et des masses mouvantes accompagnées de «giant roars». Le sommet de l’œuvre reste sans contredit le trio «The flocks shall leave the mountains», où la calme détermination des jeunes amants s’oppose dans un saisissant contraste à la rage meurtrière de Polyphème. Rien de tragique n’accompagne pourtant la mort d’Acis, puisque la magie de Galatée le rendra immortel en le métamorphosant en une source d’eau pure.

La magnifique partition d’Acis and Galatea nous montre bien que la transparence, la sensualité raffinée et la tendresse sont tout aussi caractéristiques de l’art de Handel que la grandeur épique et la majesté dramatique de ses grands oratorios. Mais, quels que soient les moyens qu’il emploie, partout nous frappe et nous ravit l’indéfectible générosité de ce grand musicien européen." (Présentation Les Boréades)

 

 

Représentations :

 

 

 

 

 

"Magnifique conclusion au 27e Festival d’opéras baroques de Beaune que l’ « opéra-pastorale » Acis and Galatea, chef-d’œuvre de Haendel dans sa version anglaise... Car ce n’est pas diminuer le moins du monde les mérites de Paul McCreesh que de dire que ce chef n’a pas ajouté une formation baroque de plus outre-Manche, mais qu’il l’a intégrée, insérée avec autant d’amour que de science et de culture à la grande tradition anglaise qui, à l’inverse de ce qui s’est passé en France en raison du couperet culturel de la Révolution, n’a jamais cessé d’être pieusement cultivée, génération après génération, de Purcell à Britten. Il suffisait d’écouter sonner les instruments dans la Sinfonia introductive pour se persuader que c’est bien d’une véritable greffe dont il s’agit ici : loin de ronronner, la tradition s’en trouve rajeunie et exaltée. Le son délicieusement aigrelet des hautbois anciens, bien encadrés par des cordes à la fois libres et stylées, tient alors du clin d’œil pastoral à cette légende à la fois sophistiquée et rustique sortie des Métamorphoses d’Ovide.

Cette manière de « masque » élégant, parfois à la limite du maniérisme, a le fuité d’un bonbon anglais et la subtilité d’un grand thé indien : tous les éléments sont réunis ici pour une dégustation marquée au sceau de la perfection. Cinq chanteurs britanniques hors pair, merveilleusement homogènes, à l’écoute les uns des autres et complices au point d’incarner le chœur de cette bergerie so british, parviennent à paraître naturels dans un sommet de raffinement. Le comble, c’est qu’en dépit de ce jeu distancié, l’émotion réussit à se frayer un chemin au moment même où l’on se croyait dans un simple jeu de colin-maillard… Plus anglais, tu meurs !

La Galatée de l’affriolante soprano Sara Fox a le profil de médaille d’Alma Schindler, épouse Mahler, le buste enserré dans un corset de jais parfaitement destroyed pigeonne avec une insolence à vous damner tous les cyclopes de la Grèce. Et le ramage vaut le plumage ! Quant à son Polyphème, la fabuleuse basse caverneuse Alan Ewing, il crie sa douloureuse passion attisée par le feu de l’Etna avec un art consommé et un réel talent d’acteur. Entre eux, dans tous les sens du terme, s’affairent les trois ténors Robert Murray, somptueux Acis, Jeremy Budd, Damon attentif aux autres, et Tom Philipps, Coridon qui s’essaye à l’impossible médiation. Grâce à Paul McCreesh, cette heure et demie de musique d’une incroyable richesse passe comme un rêve et comme le plus somptueux hommage à Haendel." (Concertclassic)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  "Acis and Galatea a été représenté pour la première fois à l’Opéra National de Lettonie le 29 avril dernier. Andris Veismanis, qui est aussi le chef des choeurs de l’Opéra, y avait déjà dirigé d’autres ouvrages baroques, tels Alcina ou Orfeo ed Euridice. A en juger par cette soirée, son approche de ce répertoire n’est pas des plus orthodoxes. Ni le choix des instruments ni le style de chant ne correspondent à ce qu’imposent certains canons actuels. Mais on sait aussi qu’entre 1718 et 1742, le compositeur a plusieurs fois remanié sa partition, les transformations, accompagnées de changements d’effectifs instrumentaux ou vocaux, allant jusqu’à modifier le genre même du spectacle. Ne soyons donc pas trop sourcilleux sur ce point et reconnaissons aussitôt que Haendel retrouve là une verdeur peu commune, sans rien de compassé. Même si certains costumes conservent des allures anciennes, la fable mythologique a pour cadre un monde bien plus actuel puisqu’elle se déroule dans un centre d’esthétique, autour de grandes baignoires. Bergers et bergères deviennent des shampouineurs, manucures ou maquilleurs, dont le rôle est de relooker au mieux leurs clients. Comme on s’en doute, ils ont un peu de mal avec Polyphemus, surtout quand on cherche en plus à l’initier au B. A.-Ba du Kamasutra

Si l’on entre dans ce jeu, on prend beaucoup de plaisir à cette verve de tous les instants, mise en scène de main de maître par Indra Roga, actrice principale et directrice du Théâtre National de Lettonie, dont c’est là, semble-t-il, la première expérience dans le domaine lyrique. Si l’on adopte une attitude plus sceptique, on ne peut que remarquer combien la plupart des interprètes restent étrangers au style de chant baroque. C’est vrai surtout pour Janis Kursevs, dont le numéro sympathique se situe toujours aux limites de la caricature. C’est vrai aussi pour Viesturs Jansoris et Krisjanis Norvelis, que l’on retrouvera le lendemain dans leur élément dans La Dame de pique. C’est vrai encore pour Kristine Gailite, malgré son timbre raffiné de soprano colorature et son indéniable talent de comédienne. Mais ce bonheur de jouer, on le remarque chez tous ceux qui sont sur scène, qu’ils soient solistes ou choristes. Avec un grain de folie mais aussi une exemplaire discipline d’ensemble, ils rajeunissent Haendel de plus de deux siècles, sans que le lifting ne paraisse jamais abusif." (Opéra Magazine - novembre 2005 - 11 juin 2005)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Un transcendant moment de théâtre"..."La clarté de l'architecure dramaturgique confère à cette pastorale une gravité et un pouvoir d'évocation insoupçonnés, les charmants ballets et l'extraordinaire variété des éclairages concourant à la réussite de l'ensemble"..."William Burden campe un séduicant Acis"..."La Galatea de Christine Brandes illumine véritablement le spectacle de bout en bout, avec un timbre frais et caprtivant, doublé d''un naturel et d'une finesse d'interprète qui forcent l'admiration". (Opéra International - mai 2001)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Acis and Galatea (Arcal)

"Nouvelle production de I'Arcal, cet Acis and Galatea, après quelques représentations à Amiens, est en tournée en région parisienne et en province jusqu'au mois d'avril. Dans le beau décor pastoral de Nicolas Sire et les costumes spirituels et très suggestifs de Nathalie Frets, très bien éclairés par Ma-non Hewlett, Philippe Berling réalise une mise en scène vivante, tendre et ironique à ta fois, fourmillante d'idées, à la direction d'acteur excellente : il peint finement la joie bonhomme et coquine des bergers ou le cynisme gentil de Damon, en contraste avec la sensibilité exacerbée et très émouvante des deux amants ou avec la rudesse de Potyphème, le cyclope amoureux et touchant. La codirection de Jean Maillet, premier violon de l'ensemble Mensa Sonora, et d'Yvon Repérant, longtemps fidèle continuiste de William Christie, est d'une grande fermeté et d'une grande pertinence dramatique, seulement peut-être un peu trop âpre et violente lors de la déploration finale. La distribution est dominée par te Polyphème de Jean-Claude Saragosse, en très nets progrès, au timbre sonore, et qui se tire avec beaucoup de style et d'émotion, sans jamais l'aboyer, d'un rôle de "vilain" éprouvant et un peu grave pour lui. Christrophe Einhorn est un Acis très correct : encore un peu gauche scéniquement, mais le timbre, suave et ferme, est expressif dans l'éclat autant que dans la tendresse. Plus en retrait, Francesca Congiu est une Galatée peu sonore mais musicale-ment fine, tandis qu'Eric Trémotières (Damon), la voix éteinte, ne convainc guère." (Bonneuil sur Marne - 7 décembre 1994 - Opéra International - janvier 1995)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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