COMPOSITEUR
|
Georg Friedrich HAENDEL
|
LIBRETTISTE
|
Paolo Antonio Rolli
|
DATE
|
DIRECTION
|
EDITEUR
|
NOMBRE
|
LANGUE
|
FICHE
DETAILLEE
|
1990
|
Sigiswald Kuijken
|
Deutsche Harmonia Mundi
|
3
|
italien
|

|
|
-
|
Mieczyslaw Nowakowski
|
Studios Schwan
|
3
|
italien
|

|
Opéra
(HWV 21) en trois actes, sur un livret adapté par Paolo
Antonio Rolli de La
Superbia d'Alessandro,
d'Ortensio Mauro, mis en musique par Agostino Steffani pour Hanovre
en 1690, et repris l'année suivante sous le titre
de Il Zelo di Leonato.
Alessandro fut le premier des cinq opéras de Haendel
composés pour les deux plus illustres prime donne de
l'époque, Francesca Cuzzoni et Faustina Bordoni. La Cuzzoni
était depuis trois ans membre de la Royal Academy Company de
Londres, où elle avait interprété avec le
castrat Senesino les rôles principaux de toute une série
des plus grands opéras de Haendel - Ottone, Flavio, Giulio
Cesare, Tamerlano et Rodelinda - entre les mois de janvier 1723 et de
juin 1725. Au cours de l'été de l'année 1725,
les directeurs de l'Academy entrèrent également en
pourparlers avec Faustina. La presse londonienne ne cessait de faire
circuler les bruits les plus divers, déclarant qu'on avait
offert à la cantatrice la somme considérable de 2.500
livres pour la saison. Son salaire fut probablement de 1.500 livres,
mais soit qu'elle ait débattu le montant de ses gages, soit
qu'elle ait été retenue pour d'autres raisons, la
cantatrice mit un temps inconcevable à arriver. Il se peut que
Haendel ait commencé Alessandro à
l'automne ; le rôle de Leonato, chanté par le
ténor Antinori, qui arriva à Londres en novembre,
était écrit pour un alto ainsi que le coro à la
scène 5 de l'acte I (Haendel inscrivit alors dans l'autographe
la mention "Leonato au ténor"). Faustina n'arrivant toujours
pas, il composa à la hâte, comme bouche-trou,
Scipione, qu'il monta le 12 mars 1726. Une grande partie
d'Alessandro était certainement écrite à
cette date ; pour gagner du temps, Haendel emprunta une importante
sinfonia au deuxième acte de cette oeuvre (II, VI)
après que Smith l'eut copiée pour la partition de
direction, et s en servit pour ouvrir l'acte II de Scipione. Il la
remplaça par le Grave de quatre mesures figurant à la
page 87 de l'édition Chrysander. Faustina arriva probablement
en avril. Après avoir opéré de nombreux
changements dans l'autographe, Haendel le data du 11 avril
1726.
La première
représentation eut lieu au Haymarket de Londres, le 5 mai
1726, pour treize représentations jusqu'au 7 juin, avec
Faustina Bordoni, soprano (Rossane), Francesca Cuzzoni, soprano
(Lisaura), Francesco Bernardi dit Il
Senesino, castrat alto (Alessandro),
Anna Dotti, alto (Cleone), Antonio Baldi, castrat alto (Tassile),
Luigi Antinori, ténor (Leonato), Giuseppe Maria Boschi, basse
(Clito).
C'est le 6 juin que les deux
cantatrices se prirent aux cheveux et battirent en scsène, au
moilieu des hurlements de la salle, sous les yeux de la princesse de
Galles.

Dans L'Opéra Italien de 1548 à
1856, Castil-Blaze commente ainsi la
rivalité entre les deux chanteuses : Hændel avait engagé pour son
théâtre, au prix de 50,000 fr. par an, la
célèbre Faustina Bordoni. Elle y débuta, le 5
mai 1726, dans l'Alessandro de son directeur. Le talent de cette
virtuose justifia sa grande renommée; elle surpassa toutes les
femmes que l'on avait entendues jusqu'alors en Angleterre, sans en
excepter la fameuse Cuzzoni qui figurait sur la même
scène. Une ardente, furieuse rivalité s'établit
alors entre ces deux cantatrices, dont les prétentions
excitèrent la mauvaise humeur de Hœndel, et
préparèrent les chagrins amers qui lui vinrent ensuite
de ses entreprises théatrales. Beaucoup de personnes de
distinction se rangèrent sous la bannière de Faustina
ou de la Cuzzoni, et les disputes durèrent près de deux
ans avec le même acharnement que l'on a vu plus tard en France
à l'occasion de Gluck et de Piccinni, de M"" Mara et de
M^'Todi, à Londres, au sujet de M0"» Billinglon et Mara.
Ces deux dernières virtuoses, à voix agile et
brillante, pouvaient raisonnablement se disputer le prix : elles
suivaient la même carrière. Le talent de Faustina
consistait dans une extraordinaire, habileté pour
l'exécution des traits d'une prestesse étonnante, d'une
éblouissante difficulté, tandis que la Cuzzoni se
distinguait surtout dans le chant pathétique, d'une expression
large et suave. En des genres différents, ces deux femmes
étaient supérieures à toutes les antres
cantatrices : entre elles il ne pouvait exister de rivalité
précise et motivée.
Une reprise eut lieu le 26
décembre 1727, pour au moins quatre représentations
à partir du 30 décembre 1727, avec la même
distribution, puis en 1732, pour six représentations du 25
novembre au 30 décembre, avec une distribution
réunissant le castrat alto Francesco Bernardi, dit
Senesino (Alessandro), la soprano Anna Maria Strada del
Pò (Rossane), la soprano Celeste Giamondi (Lisaura), la
contralto Francesca Bertolli (Tassile), la basse Antonio Montagnana
(Clito), les rôles de Leonato et Cleone étant
coupés.
L'oeuvre fut montée
à Hambourg, dans un arrangement de C. G. Wendt, les
récitatifs étant traduits en allemand,
vraisemblablement repris de l'opéra de Steffani.
Arrangée par Lampugnani,
l'oeuvre fut reprise, sous le nom de Rossane, au
Haymarket, le 8 ou 9 novembre 1743 par la Middlesex Opera Company,
ainsi que les 24 février 1747 et 20 février 1748, avec
rétablissement du rôle de Cleone.
Personnages : Alessandro Magno (alto), Tassile, roi de l'Inde
(alto), Clito, un capitaine macédonien (basse), Cleone, un
capitaine macédonien (contralto), Leonato, un capitaine
macédonien (ténor), Rossane, princesse perse
prisonnière d'Alessandro (soprano), Lisaura, princesse scythe
(soprano)
Synopsis
Acte I
Sur le chemin de ses victoires
à travers l'Asie, Alexandre le Grand, pendant la
conquête de la ville de Sidrach des murs de laquelle il
triompha, se trouve acculé dans une situation au plus haut
point désastreuse ; il sera cependant délivré
par ses fidèles combattants à la tête desquels se
trouve le courageux général en chef Clytus, un prince
macédonien.
Au camp tremblent Lisaura,
princesse du pays de Scythie, ainsi que la princesse perse Roxane -
qui est prisonnière d'Alexandre - craignant pour la vie du
glorieux héros. Elles sont rivales : toutes les deux aiment
Alexandre et la jalousie les tourmente, car Alexandre se comporte
pareillement et avec la même affection envers l'une qu'envers
l'autre et ne semble pas encore avoir fait son choix
définitif. Taxiles, le roi de l'Inde qui doit son trône
et sa vie à Alexandre, rapporte que celui-ci est sorti sain et
sauf du danger. Les deux princesses sont comblées de joie, au
plus grand chagrin de Taxiles, qui lui, aime la princesse Lisaura. La
gloire d'un vainqueur et d'un conquérant du monde invincible a
aveuglé Alexandre. Dans le temple de Jupiter, il se laisse
vénérer en tant que fils du père des dieux. Seul
Clytus, de caractère droit, ose contredire Alexandre ;
néanmoins, Alexandre se laisse apaiser par les supplications
de tous ceux qui l'entourent.
Acte II
Alexandre hésite toujours,
pour laquelle des deux princesses qui le poursuivent de leur amour,
il doit se décider. Dès qu'il rencontre l'une des deux,
il semble lui donner de l'espoir mais les princesses comprennent son
jeu. Roxane, la belle prisonnière perse, lui rappelle sa
gloire et son grand courage et le supplie de lui rendre sa
liberté. Peut-être pourra-t-elle le gagner de cette
manière pour elle. Alexandre a peur de perdre Roxane et lui
rend seulement contre son gré la liberté. Le
général en chef, Leonatus, et ses amis sont
indignés par l'immense orgueil d'Alexandre. Ils veulent
écarter le tyran.
Dans ses quartiers, Alexandre
annonce à ses géneraux rassemblés qu'il
désire partager les pays conquis entre eux. Lui-même, le
fils de Jupiter, se contentera de sa gloire immortelle. De nouveau,
le courageux Clytus s'oppose à Alexandre. Avec des mots
violents, il met en doute la descendance divine de ce fou. Alexandre,
fou de rage, veut transpercer cet audacieux d'un coup de lance. A ce
moment, sur un signal convenu des conspirateurs, s'effondre la
maison. Personne n'est blessé, pas même Alexandre qui
est convaincu que son père Jupiter - la Providence! - l'a
protégé et sauvé de la mort certaine, Il donne
l'ordre au flatteur Cléon de faire prisonnier Clytus.
Roxane a appris l'attentat contre
Alexandre. Désespérée, elle pleure son amour
qu'elle croit mort. Alexandre qui a entendu secrètement ses
lamentations, est touché ; il reconnaît son grand amour
et se décide pour Roxane. Hors de souffle, le conspirateur
Leonatus se précipite sur la scène sous prétexte
que les peuples soumis se sont soulevés. Alexandre veut
rejoindre ses troupes et doit abandonner Roxane dans une nouvelle
incertitude.
Acte III
Leonatus réussit à
délivrer l'honnête Clytus et à enfermer
Cléon, le geôlier, mais qui sera de nouveau
libéré de sa détention par ses propres gens.
Avec les Macédoniens qui leur sont dévoués, les
conspirateurs veulent maintenant anéantir Alexandre sur le
champ de bataille.
Alexandre rencontre Lisaura
encore une fois. Non sans malignité et avec des propos
flatteurs, il sait lui faire comprendre qu'il doit renoncer à
son amour et qu'il ne peut pas faire obstacle à Taxiles, le
roi de l'Inde et son ami les plus fidèle, qui aime la
princesse scythique. Taxiles est heureux de la décision
d'Alexandre.
Entre-temps, les conspirateurs se
sont rassemblés pour lutter contre Alexandre. Taxiles, avec
ses troupes d'appui, se tient aux côtés d'Alexandre. Les
conspirateurs sont battus. Tous demandent grâce au grand
Alexandre, qu'il leur accorde généreusement.
(livret
DHM)
Représentations :
- Londres - RCM Britten
Theatre - 30 mars, 1er, 2 avril 2009 - dir. Laurence
Cummings - mise en scène William Relton - décors,
costumes Cordelia Chisholm - avec Christopher Lowrey (Alessandro),
Susanna Hurrell (Rossane), Sarah-Jane Brandon (Lisaura), Ben
Williamson (Tassile), James Oldfield (Clito), John McMunn
(Leonato), Rosie Aldridge (Cleone)
- Mayence - Staatstheater
- 31 octobre 2004 - version pour orchestre de chambre
d'Alan Curtis et Georges Delnon - dir. Alan Curtis - mise en
scène , décors, costumes Georges Delnon
- Neuwied - Dianasaal,
Schloss Engers (Allemagne) - 10, 11, 12, 13 juin 2004
- Potsdam - Säulenhof der Orangerie
Sanssouci (Allemagne) - 18, 19, 20 juin 2004 - version
d'Alan Curtis pour cinq chanteurs et orchestre de chambre - dir.
Alan Curtis - mise en scène Georges Delnon
- Radio de
Cologne - 1985 - La Petite Bande
- dir. Sigiswald Kuijken - avec Sophie Boulin (Rossane),
René Jacobs (Alessandro), Isabelle Poulenard (Lisaura),
Jean Nirouët (Tassile), Guy De Mey (Leonato), Stephen Varcoe
(Clito), Ria Billen (Cleone)
- Halle - Festival Haendel
- 1985 - dir. Christian Kluttig - mise en scène
Andreas Baumann - décors Bernd Leistner
- Halle - Festival Haendel
- 1984 - dir. Christian Kluttig - mise en scène
Andreas Baumann - décors Bernd Leistner
- Stuttgart - 1959 - reprise en version allemande
Retour à
la page d'accueil