|
ALMIRA
Almira, Königin von Castilien ou Der in
Krohnen erlangte Glücks-Wechsel
Almira, reine de Castille, ou les
vicissitudes de la royauté
|
COMPOSITEUR
|
Georg Friedrich HAENDEL
|
LIBRETTISTE
|
Friedrich Christian Feustking, d'après
Giulio Pancieri
|
DATE
|
DIRECTION
|
ÉDITEUR
|
NOMBRE
|
LANGUE
|
FICHE
DÉTAILLÉE
|
1996
|
Andrew Lawrence-King
|
Codaex/CPO
|
3
|
allemand
|

|
Opéra
(HWV 1) en 3 actes,
représenté au Theater
am Gänsemarkt de Hambourg, le 8 janvier 1705. Haendel avait
à peine vingt ans. Il était arrivé à
Hambourg au printemps 1703, et s'était lié
d'amitié avec Johann Mattheson, son aîné de
quatre ans. Une brouille, et même un duel, les avaient
toutefois opposés en décembre 1704, suivis d'une
réconciliation. Mattheson soutint qu'il avait aidé
Haendel à écrire Almira « scène par
scène ».
La distribution
réunissait, sous la direction du compositeur, Conradin,
soprano (Almira), Barbara Keiser, soprano (Edilia), Schober ou
Rischmüller, soprano (Bellante), Johann Mattheson, ténor
(Fernando), Johann Konrad Dreyer, ténor (Osman), Christoph
Rauch, ténor (Tabarco), Gottfried Grünewald, basse
(Raymondo).
L'opéra connut un grand
succès et tint l'affiche durant vingt représentations,
jusqu'au 25 février, puis fut repris après le
Carême.
Le texte, de Friedrich
Christian Feustking(*), d'après Giulio Pancieri,
déjà mis en musique par Giuseppe Boniventi en 1691 pour
Venise, mêle ouverture à la
française, airs allemands et italiens, la répartition
entre ces derniers variant selon les sources (15 ou 29 airs italiens
sur 56).
(*) Feustking était un
étudiant en théologie venu à Hambourg en 1702
après avoir été exclu de l'Université de
Wittenberg pour avoir caricaturé un professeur.
Le livret fut
édité par Frédéric-Conrad Greflingen,
dès 1704, puis réédité deux fois avant la
première exécution.
L'opéra contient une
sarabande exécutée par l'orchestre, que Haendel reprit
plus tard dans Rinaldo, pour en
faire l'air Lascia ch'io
pianga.
Personnages : Almira
(soprano), Emilia (soprano), Bellante (soprano), Osman
(ténor), Fernando (ténor), Tabarco (ténor)
(*),
Raymondo (basse), Consalvo (basse)
(*) un des rares rôles
buffo dans les opéras de Haendel
Argument
La reine de Castille Almira aime
son secrétaire Fernando, qui se révèlera in fine
être un aristocrate ségovien.
On prenait (cette musique)
pour un pensum d'étudiant, pour une pâle copie des
opéras de Keiser ; au mieux, on y décelait les
pâles promesses d'un génie à venir. Et pourtant,
tout Haendel est déjà là, comme en attente...on
y constate, enthousiaste, que les délires lyriques, la verve
mélodique, le sens théâtral, sont
déjà présents. Et cela, il faut le
reconnaître, malgré quelques incertitudes
d'écriture vocale, dues à l'inexpérience d'un
jeune homme avant tout instrumentiste de formation. Le choc produit
par la pure vocalità italienne, viendra bientôt, lors du
voyage révélateur. Ici, il se contente parfois
d'improbables et peu esthétiques coloratures. Almira est un
opéra de type vénitien, avec son mélange de
sérieux et de légèreté, ses multiples
personnages, le tout repensé en allemand, pour un public
bourgeois de riches négociants. Récitatifs et airs
sont, pour la plupart, écrits dans la langue du pays, sauf
quelques-uns en italien, rescapés du livret de Pancieri. Le
mélange toujours peu homogène de serio et de buffo, est
habilement traité par le jeune compositeur, même si nous
sommes encore loin du recul psychologique et du traitement parodique
auxquels il parviendra dans Serse, une trentaine d'années plus
tard. Circulent déjà ici, des mélodies et des
"tics" dramatiques (les récitatifs accompagnés
semblables à ceux des premiers opéras londoniens), qui
ne cesseront de le hanter, jusqu'à L'Allegro e Penseroso
!
Remarquons également,
qu'Almira est le seul opéra de Haendel dont les castrats
soient absents (ceux-ci n'avaient pas encore réussi à
s'établir dans le goût prosaïque du public
hambourgeois). Trois personnages féminins (tous sopranos)
s'opposent à cinq messieurs (ténors ou basses). Les
deux rôles principaux (Almira et Fernando), sont respectivement
soprano et ténor, tout comme le second couple (Edilia-Osman).
La plupart des nombreux airs sont très courts, sans
réel développement, mais quelle chatoyance dans les
thèmes et l'orchestration (savoureux bariolage instrumental
des hautbois, bassons, ou du continuo) ! Tout ceci concourt à
former une partition étonnante et foisonnante (parfois
prolixe), que l'on a bien du plaisir à entendre."
(Opéra International - juin 1996)
Représentations :
- Karlsruhe - Badisches
Staatstheater - 18, 20, 22, 24, 26 février 2005
- Festival Haendel 2005 - dir. Michael Hofstetter - mise en
scène, décors et costumes Peer Boysen - dramaturgie
Margrit Poremba - avec Kirsten Blase (Almira), Heidrun Kordes
(Edilia), Janja Vuletic (Bellande), Otto Katzameier (Consalvo),
Bernhard Berchtold (Osman), Christoph Fischesser (Raymond),
Barbara de Koy (Tabarco)
- Amherst Early Music
Festival - Greenwall Concert Hall - Bennington College
- 15 juillet 2004 - dir. Andrew Lawrence-King - mise en
scène Drew Minter - avec Dorothy Olsson, Kaspar Mainz, and
Lawrence Rosenwald
- Karlsruhe - Grosses Haus -
Badisches Staatstheater - 20, 22, 24, 26 février
2004 - Festival Haendel 2004 - dir. Michael Hofstetter - mise en
scène, décors et costumes Peer Boysen
- Halle - Festival Haendel
- Goethe Theater Bad
Lauchstädt - 4 et 5 juin 1994 - première version
intégrale de l'époque moderne - Fiori Musicali de
Brême - Barock Tanz Theater Bremen - dir. Thomas Albert -
mise en scène Ulrich Peters - décors Eckhard Felix
Wegenast - costumes Gotz Fischer - avec Ann Monoyios (Almira),
Patrizia Rozario (Edilia), Linda Gerrard (Ballante), Douglas
Nasrawi (Osman), Jamie MacDougall (Fernando), Christian Elsener
(Tabarco), Olav Haye (Raymondo), David Thomas
(Consalvo),
"La version scénique signée à
Halle par Ulrich Peters dans un décor simplement fonctionnel
vise, efficacement secondée par la suggestive
étrangeté des costumes, à traduire ce
foisonnement. Un certain manque de contrôle se fait pourtant
sentir de temps en temps, notamment dans le traitement clownesque du
personnage du serviteur Tabarco (Christian Elsner). Le style impulsif
et spontané des Fiori musicali de Brême, sous la
baguette de leur fondateur et directeur Thomas Albert, restitue sans
le moindre relent d'académisme l'allégresse de la
pratique d'exécution baroque. Une distribution sans faille
sait communiquer avec expressivité, mais aussi avec la grande
virtuosité souvent requise, la teneur affective des airs
écrits sur des paroles tantôt alle-mandes tantôt
italiennes. Ann Monoyios et Patrizia Rozario maîtrisent
respectivement avec compétence les rôles d'Almira et
d'Edilia, que la différence de couleur de leur timbre sert
déjà à individualiser. Les ténors Jamie
Mac Dougall et Douglas Nasrawi rivalisent de vaillance vocale dans
les airs de bravoure de Fernando et d'Osman. Le baryton Olav Haye et
la basse David Thomas ne restent pas eux non plus en retrait dans
leurs portraits vigoureusement projetés de Raymondo et
Consalvo, et Linda Gerrard s'acquitte avec grâce vocale de sa
tâche dans le rôle moins étendu de Ballante."
(Opéra International - octobre 1994)
Retour à
la page d'accueil