COMPOSITEUR
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Georg Friedrich HAENDEL
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LIBRETTISTE
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L'Arioste/Antonio Salvi
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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1996
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2000
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Ivor Bolton
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Arthaus
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2007
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2008
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Alan Curtis
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Dynamic
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Opéra en trois actes et un ballet (HWV 33)
composé entre le 12 août et le 14 octobre 1734,
représenté à Covent Garden, le 8 janvier 1735.
La distribution réunissait, sous la direction de
John Rich, le castrat mezzo-soprano Giovanni Carestini, dit Il
Cusanino (*), dans le rôle-titre, Anna Maria Strada del Po,
soprano (Ginevra), Maria Caterina Negri, contralto (Polinesso),
Cecilia Young, soprano alors âgée de vingt-deux ans
(Dalinda), John Beard, ténor, à peine âgé
de dix-huit ans (Lurcanio), Gustavus Waltz, basse (Il Re di Scozia)
et Michael Stoppelear, ténor (Odoardo).
(*) Giovanni Carestini, né près
d'Ancône vers 1704. Il chanta lors de la festa teatrale
Costanza e Fortezza de Fux à Prague en 1723, dans Siroe de
Vivaldi à Reggio Emilia en 1727, puis à Naples avec
Bernacchi. Il remplaça Senesino pour crééer le
rôle d'Ariodante. Eclipsé par Farinelli à
Londres, il le fut aussi par Caffarelli à Naples. Il continua
à chanter jusqu'en 1754 au moins. Il mourut dans sa ville
natale en 1760.
Chaque acte de l'opéra était suivi de
ballets où s'illustrait une troupe de danseurs parmi lesquels
la jeune ballerine française Marie Sallé.
Haendel avait à faire face à une forte
concurrence de la part du Nobility Opera, soutenu par le prince de
Galles, qui avait ouvert la saison avec l'Artaserse de Hasse,
avec Farinelli. De plus, il avait dû déménager du
théâtre de Haymarket vers Covent Garden, où John
Rich donnait des spectacles de ballets et comédies.
L'oeuvre ne rencontra qu'un succès moyen et la
création ne fut suivie que de cinq représentations en
janvier, quatre en février et une en mars.
Haendel la reprit, pour deux représentations et
sans ballet, les 5 et 7 mai 1736, sans succès. C'est alors que
le nouveau castrat soprano Gioacchino Conti fit ses
débuts.
Le livret est une adaptation anonyme de la Ginevra,
principessa di Scozia, écrite par Antonio Salvi
d'après l'Orlando furioso de L'Arioste, et mise en
musique pour la première fois par Giacomo Antonio Perti
(1708).
Personnages : Il Re di Scozia, roi
d'Écosse ; Ariodante, prince vassal du roi d'Écosse ;
Ginevra, fill du roi d'Écosse ; Lurcanio, frère
d'Ariodante ; Polinesso, duc d'Albany ; Dalinda, servante de Ginevra,
éprise secrètement de Polinesso ; Odoardo, favori du
roi
Synopsis
détaillé
Acte
I
Un cabinet dans le palais
royal du roi d'Écosse
(1) Ginevra, entourée de
ses pages et suivantes, en compagnie de Dalinda, chante gaiement son
amour pour son fiancé Ariodante, engagement qui a reçu
la bénédiction paternelle. (2) Polinesso s'introduit
chez Ginevra pour lui déclarer son amour, mais Ginevra le
repousse avec détermination. Air de Ginevra (Orrida agli occhi mei). (3) Dalinda révèle à Polinesso
les sentiments de Ginevra pour Ariodante, et tente de le
décourager à son profit. Air de Dalinda (Apri le luci). (4)
Polinesso décide de tramer un complot contre son rival en
utilisant l'amour que lui porte Dalinda. Air de Polinesso
(Coperta la frode)
Dans le jardin
royal
(5) Ariodante songe à son
amour pour Ginevra qui paraît bientôt et se joint
à lui en un duo (Prendi da
questa mano) (6) Le Roi les
interrompt et confirme qu'il bénit leur union. Ginevra exulte
de bonheur..Air de Ginevra (Volate,
amori). (7) Le Roi ordonne à
Odoardo d'aller préparer le mariage, et assure une fois de
plus Ariodante de son affection et du plaisir qu'il prend à la
perspective du mariage de sa fille. Air du roi d'Écosse
(Voli colla sua
tromba). (8) Ariodante chante son
bonheur. Air d'Ariodante (Con l'ali
di costanza). (9) Polinesso persuade
Dalinda de revêtir les habits de Ginevra et de le laisser
entrer dans ses appartements. Tout d'abord réticente, Dalinda
succombe à ses flatteries et Polinesso lui promet qu'il sera
tout à elle. Air de Polinesso (Spero per voi, si, si). (10) C'est au tour de Lurcanio de faire la cour
à Dalinda qui lui conseille de tourner ses regards vers
quelqu'un de plus digne. Air de Lurcanio (Del mio sol vezzosi rai). (11) Une fois seule, Dalinda affirme la
fidélité de son amour pour Polinesso. Air de Dalinda
(Il primo ardor).
Une superbe
vallée
(12) Ariodante contemple la
beauté du lieu. Ginevra et lui chantent leur amour dans un duo
(Se rinasce nel mio
cor). Le Choeur et un ballet de
nymphes, bergers et bergères célèbrent leur
amour.
Acte II
Clair de lune. Parmi un champ
de ruines, on aperçoit la porte secrète du jardin royal
qui donne accès aux appartements de Ginevra
(1) Polinesso prépare sa
vengeance. (2) Polinesso rencontre Ariodante et le questionne,
faisant semblant de ne rien savoir de son futur mariage avec Ginevra.
Il lui déclare que celle-ci lui accorde ses faveurs. Ariodante
saisit son épée et menace Polinesso de le tuer s'il ne
lui apporte pas la preuve de cette calomnie. Air d'Ariodante
(Tu, prepari a
morire). Lurcanio, caché,
assiste à la scène. Ariodante se dissimule parmi les
ruines. Prévenue par des coups frappés à la
porte par Polinesso, Dalinda, habillée en Ginevra, lui ouvre
la porte des appartements privés. Hors de lui, Ariodante
s'apprête à se donner la mort, mais Lurcanio le retient
en le suppliant de ne pas se tuer pour une femme infidèle. Air
de Lurcanio (Tu vivi, e
punito). (3) Ariodante chante son
désespoir. Air d'Ariodante (Scherza infida). (4)
De son côté, Polinesso déguste son triomphe et
fait des promesses à Dalinda. Air de Dalinda (Se tanto piace al cor). (5) Polinesso se félicite du
coupporté à son rival . Air de Polinesso
(Se l'inganno sortisce
felice).
Une galerie du palais
royal
(6) Le Roi, qui ignore encore
tout de ces événements fâcheux, s'apprête
à faire d'Ariodante son héritier lorsque Odoardo vient
annoncer que le prince s'est jeté à la mer et s'est
noyé. Le Roi est stupéfait et réclame une
enquête. Air du roi (Invida
sorte avara). (7) Ginevra,
informée par son père, s'évanouit sous le choc.
(8) Lurcanio arrive alors et accuse Ginevra d'avoir été
la cause de la mort de son frère par sa conduite impudique. Il
fait lire au roi une lettre d'Ariodante accusant Ginevra. Air de
Lurcanio (Il tuo
sangue). Le roi est accablé
et repousse Ginevra qui, complètement
déconcertée, perd la raison et appelle la mort. Air de
Ginevra ("Il mio crudel
martoro"). Ballet des Songes
agréables, des Songes funestes, des Songes agréables et
affligés, pendant que Ginevra se lamente.
Acte III
Un bois
(1) Ariodante,
déguisé, pleure le sort qui l'a brisé en lui
laissant la vie. Il rencontre par hasard Dalinda lorsque celle-ci est
agressée par les deux assassins que Polinesso a engagés
afin de supprimer la seule preuve de son forfait. Il la sauve et elle
lui apprend la vérité ; il invective contre la nuit, le
déguisement et la suspicion qui ont contribué à
lui ravir ce qu'il avait de plus cher. Air d'Ariodante
(Cieca notte, infidi
sguardi). (2) Dalinda se rend compte
qu'elle a été trompée par Polinesso. Air de
Dalinda (Ingrato Polinesso
!).
Dans un jardin du
palais
(3) Le Roi insiste pour que soit
trouvé un chevalier apte à défendre Ginevra.
Polinesso se présente. Air de Polinesso (Dover, giustizia, amor). Ginevra proteste de son innocence et implore la
pitié de son père. Air de Ginevra (Io ti bacio). Elle
refuse d'être défendu par Polinesso, mais le Roi lui
ordonne de l'accepter et la quitte, le coeur serré. Air du Roi
("Al sen ti stringo"). (5) Ginevra se sent abandonnée. Air de
Ginevra (Si morro, ma l'onor
mio).
Une lice
Les trompettes annoncent la
préparation du combat singulier. Polinesso se bat contre
Lurcanio qui lui assène un coup puissant. Le duc,
blessé, sort de l'arène, aidé par Odoardo.
Lurcanio, pour venger l'affront fait à l'honneur de son
frère, offre de se battre avec quiconque s'avancera pour
défendre la coupable. (7) Apparaît alors un chevalier
inconnu à la visière baissée : c'est Ariodante.
Il se fait bientôt reconnaître et s'apprête
à expliquer ce qu'il a appris du complot à la condition
que le roi pardonne à Dalinda son rôle innocent dans la
honteuse mascarade. (8) Odoardo vient annoncer qu'en mourant
Polinesso a avoué son méfait. Le Roi court retrouver sa
fille pour lui annoncer la bonne nouvelle. Ariodante se
réjouit de la tournure des événements. Air
d'Ariodante ("Dopo
notte"). (9) A la demande pressante
de Lurcanio, Dalinda consent à devenir sa femme. Duo
("Dite spera, e son
contento").
Appartement où Ginevra
est retenue prisonnière
(10) Ginevra se sent
abandonnée, et attend la mort. (11) Le Roi reconnaît son
innocence et l'embrasse. Elle est à nouveau unie à
Ariodante. Duo (Bramo aver mille
vite). Choeur. Ballet des dames et
les chevaliers de la cour.
(d'après Tout
l'opéra - Kobbé - Robert Laffont)
http://bruichladdich.dcs.st-and.ac.uk/HandelWWW/Operas/HWV33Ariodante/ActI.html
(italien/anglais)
http://www.karadar.com/Librettos/handel_ariodante.html (italien)
http://site.operadatabase.com.site.hmt-pro.com/modules.php?name=Downloads&d_op=viewdownload&cid=68
(italien/français)
http://www.dicoseunpo.it/dicoseunpo/H_files/Ariodante.pdf
(italien)
Représentations :
- Opera de Oviedo
- 14, 16, 18, 20 décembre 2009 - dir. Andrea
Marcon - mise en scène David Alden - décors,
costumes Ian MacNeil - lumières Wolfgang Göebbel -
chorégraphie Michael Keegan-Dolan - chef de choeur Patxi
Aizpiri - avec Joan Martín-Royo (il Re), Rebecca Evans
(Ginevra), Alice Coote (Ariodante), Paul Nilon (Lurcanio), Sarah
Tynan (Dalinda), Marina Rodriguez-Cusí (Polinesso), Javier
Galán (Odoardo) - production de English National Opera
- Londres - RCM Britten
Theatre - 24 octobre 2009 -
Malvern - Festival Theatre - 31 octobre 2009 - Exeter - Northcott Theatre - 6
novembre 2009 - Snape - Maltings
- 13 novembre 2009 - Cambridge
- Arts Theatre - 21 nov 2009 - English Touring Opera -
dir. Benjamin Bayl - mise en scène Robin Norton Hale -
décors Michael Vale - Andrew Slater (Donald), Katherine
Manley (Dalinda), Anne-Marie Gibbons (Ariodante), Jonathan Peter
Kenny (Polinesso), Nathan Vale (Lurcanio), Rachel Nicholls
(Ginevra)
- Beaune - Cour des Hospices
- 4 juillet 2009 - en version de concert - Modo Antiquo
- dir. Fédérico Maria Sardelli - avec Ann Hallenberg
(Ariodante), Karina Gauvin (Ginevra), Jaël Azzaretti
(Dalinda), Andrew Kennedy (Lurcanio), Sergio Foresti Il Re di
Scozia), Maarten Engeltjes (Polinesso)
"Samedi soir aussi, la
basilique Notre-Dame a porté haut les couleurs de la
chevalerie. Pour la première fois, l' Ariodante d'Haendel,
opéra en trois actes, était présenté
à Beaune, par l'ensemble Modo Antiquo et son chef Federico
Maria Sardelli. Amour, trahison, honneur et combat en duel, cet
Ariodante là atteint la perfection lors des arias d'Ariodante
- Ann Hallenberg - de Ginevra -Karina Gauvin - et de Polinesso -
Maarten Engeltjes - portées par un orchestre virtuose. Mais
c'est l'impétueux Federico Sardelli, tout en sourires et clins
d'œil à ses chanteurs, qui a rendu contagieux le bonheur
évident des artistes qui interprètaient l'un des
chefs-d'œuvre de Haendel. Avec fougue, il a su emmener son ensemble
au plus haut niveau d'intensité, et conquérir le
public. Applaudissements intempestifs, cris de joie, les spectateurs
n'ont pas caché leur satisfaction." (Le Bien
Public)
- Stockholm - Drottningholms
Slottsteater - 30 mai, 2, 4, 5, 7, 09, 11, 13, 14 juin
2009 - dir. Mark Tatlow - mise en scène Per-Erik Öhrn
- costumes Lotta Danfors - chorégraphie Patrik Sörling
- avec Ivonne Fuchs, Elisabeth Meyer, Mathilda Ahnell, Jeanette
Ekornåsvåg, Andreas Franzén, Jacob Wistrand -
coproduction avec University College of Opera, Stockholm

- Halle- Opernhaus
- 11 avril 2009 - 6, 14 juin 2009 - Halle Handel
Edition - dir. Federico Maria Sardelli - mise en scène
Stephen Lawless - décors Benoît Dugardyn - costumes
Sue Willmington -- chef de choeur Jens Petereit -
chorégraphie Nicola Bowie
- Vienne - Theater am der
Wien - 16, 18, 20, 22, 24, 26 septembre 2008 - Les
Talens Lyriques - Arnold Schoenberg Chor (dir. Erwin Ortner) -
dir. Christophe Rousset - mise en scène et décors
Lukas Hemleb - costumes Marc Audibet - lumières Dominique
Bruguière - chorégraphie Thomas Stache - avec
Angelika Kirchschlager (Ariodante), Danielle de Niese (Ginevra),
Luca Pisaroni (Il Re), Topi Lehtipuu (Lurcanio), Maria Grazia
Schiavo (Dalinda), Vivica Genaux (Polinesso), Martin Mairinger
(Odoardo) - coproduction Théâtre des
Champs-Elysées
- San Francisco - War
Memorial Opera House - 15, 18, 21, 24, 27 juin, 1er, 6
juillet 2008 - dir. Patrick Summers - mise en scène John
Copley - décors John Conklin - costumes Michael Stennett -
lumières Duane Schuler - avec Susan Graham (Ariodante),
Ruth Ann Swenson (Ginevra), Eric Owens (il Re), Veronica Cangemi
(Dalinda), Sonia Prina (Polinesso), Richard Croft (Lurcanio),
Andrew Bidlack (Oroardao)


- Opéra
Magazine - 24 juin 2008
"Il y a mille petites (et
grandes) merveilles dans cet Ariodante.La mise en situation, bien
sûr, souvent habile, discrète et modeste, John Copley
n’intervenant que lorsqu’il le faut et laissant princes et princesses
jouer leur jeu. Les quelques pans de marbre bleu, cannelle ou
rosé, qui gèrent, eux, un espace d’un classicisme
convenu. Et les superbes costumes de Michael Stennett, qui
accentuent, toute honte bue, le rouge et l’or.
Dans cette mise en
scène qui va de soi, dans ces décors et costumes
fortement idiomatiques, un plateau... somptueux. Susan Graham
possède à plein cette énergie, cet aplomb, cette
urgence, bref cette présence d’un Ariodante admirablement
senti. admirablement mené et qui vous crève
l’écran. Un timbre pulpeux, un aigu qui peut être
ravageur et violent, évoquent avec style, force et passion,
les joies et les fureurs (cette facilité déconcertante
dans la colorature, ces feux d’artifice baroqueux et
décapants), les angoisses et les nostalgies (la pureté
du phrasé, ce sens inné des émotions,
l’impeccable musicalité de « Scherza infida ») du
héros.
La Ginevra de Ruth Ann Swenson
accompagne avec goût et discrétion cet Ariodante de
force 10 et la voix, devenue plus ample, plus onctueuse, plus sombre,
assume la tessiture dis rôle. Les coloratures sont, elles, une
fois encore, menées avec une aisance confondante. Sonia Prima,
en débuts nord-américains (elle remplace une Ewa Powles
indisposée), campe un solide Polinesso mais joue l’homme comme
le jouent les femmes qui jouent à l’homme La voix (technique
et chant aguerris) sonne franche, nette, ferme. La Dalinda de
Veronica Cangemi, au timbre ingrat mais prenant), à l’aigu
criard, au chant parfois débraillé, compense par un jeu
sobre et naturel. Richard Croft, en très bons débuts in
locop, convainc. Seul le Roi, raide et tendu, d’Eric Owens, au chant
pesant souvent laborieux, déçoit fortement. Un
très bon point pour l’élégant Odoardo d’Andrew
Bidlack.
Au pupitre, Patrick Summers
électrise son orchestre et tous les protagonistes du drame,
sans oublier les spectateurs."
- Opéra de Halle
- 23 février, 7 mars, 6 avril, 13 juin 2008 -
dir. Federico Maria Sardelli - mise en scène Stephen
Lawless - décors Benoit Dugardyn - costumes Sue Willmington
- chorégraphie Nicola Bowie - chef de choeur Jens Petereit
- avec Raimund Nolte (Re), Gillian Keith (Ginevra), Caitlin Hulcup
(Ariodante), Nicholas Sales (Lurcanio), Agnete Munk Rasmussen
(Dalinda), Axel Koehler (Polinesso), Alexander Geller (Odoardo) -
coproduction avec Händel-Festspiele Halle ; Oper Halle
- Munich - Nationaltheater
- 6, 10, 13, 16 janvier 2008 - dir. Christopher Moulds
- mise en scène David Alden - décors, costumes Ian
MacNeil - chorégraphie Michael Keegan-Dolan -
lumières Mimi Jordan Sherin - chef de choeur Andrés
Máspero - avec Vito Priante (Re), Rebecca Evans (Ginevra),
Vesselina Kasarova (Ariodante), Paul Nilon (Lurcanio), Sonia Prina
(Polinesso), Olga Pasichnyk (Dalinda), Kenneth Roberson
(Odoardo)


- Genève -
Grand-Théâtre - 11, 13, 15, 17, 19, 21
novembre 2007 - Orchestre de Chambre de Genève - dir.
Kenneth Montgomery - Chœur du Grand Théâtre (dir.
Ching-Lien Wu) - mise en scène et décors Pierre
Strosser - costumes Patrice Cauchetier - vidéo Benoît
Delaunay - lumières Joël Hourbeigt - chef de choeur
Ching-Lien Wu - avec Antonio Abete (Le Roi d'Ecosse), Patricia
Petibon (Ginevra), Joyce DiDonato (Ariodante), Charles Workman
(Lurcanio), Amanda Forsythe (Dalinda), Varduhi Abrahamyan
(Polinesso) - nouvelle production

- ConcertoNet - 11 novembre 2007 - Tout
pour la musique
"Pas de costumes flamboyants,
pas de perruques poudrées ni d’accessoires extravagants pour
cette nouvelle production d’Ariodante au Grand Théâtre
de Genève. Pierre Strosser – un habitué de la maison –
a opté pour un dispositif sobre, plongé dans une
semi-obscurité : le plateau représente
l’arrière-scène d’un théâtre, avec des
tables de maquillage, des miroirs entourés d’ampoules, des
chaises, des costumes et une petite table de régie; au centre
est posée une estrade sur laquelle se déroule une
répétition de l’œuvre; les protagonistes y montent pour
chanter leurs airs, parfois avec une partition à la main,
alors que les autres regardent leurs collègues et
échangent leurs impressions. Théâtre dans le
théâtre, work in progress ? L’idée n’est pas
nouvelle, mais on peine ici à voir où le metteur en
scène veut en venir. Serait-il cette fois en panne
d’inspiration? Si ses Maîtres-Chanteurs,
présentés sur cette même scène il y a tout
juste une année, ont remporté un prix du Syndicat
professionnel de la critique, Ariodante ne restera ni dans les
annales ni dans les mémoires. Au rideau final d’ailleurs,
Pierre Strosser est copieusement hué. Provocation ou
naïveté? Dans un quotidien genevois, il venait de
déclarer que «une mise en scène qui ne s’oublie
pas n’est pas une mise en scène.» L’arroseur s’est-il
fait arrosé ?
Quoi qu’il en soit, le public
a eu tout loisir de se concentrer sur la musique. Et quelle musique!
Les deux lamenti d’Ariodante et de Ginevra au deuxième acte
resteront comme les points forts du spectacle, atteignant des sommets
d’intensité, suspendant le temps pendant quelques instants.
Ces moments de grâce, où tout le reste n’a plus
d’importance, sont tellement rares qu’on donnerait n’importe quoi
pour les revivre. On saura donc gré à la direction du
Grand Théâtre d’avoir réuni une distribution
exceptionnelle, à la tête de laquelle il convient de
citer Joyce DiDonato dans le rôle-titre, à la
virtuosité époustouflante et à l’aplomb
scénique confondant. Patricia Petibon en Ginevra et Amanda
Forsythe en Dalinda ne lui cèdent en rien, ni vocalement ni
scéniquement. Le Polinesso de Varduhi Abrahamyan arrive
presque à leur hauteur, alors que Charles Workman en Lurcanio
est en retrait, avec ses aigus tendus et ses problèmes
d’intonation. Dans la fosse, les musiciens de l’Orchestre de Chambre
de Genève, disposés de profil, contribuent eux aussi
à faire de cette soirée une réussite musicale,
quand bien même on aurait souhaité de Kenneth Montgomery
une lecture plus nerveuse et contrastée de la partition de
Haendel."
"Pas de lever de rideau :
derrière une fosse surélevée, occupée par
un Orchestre de Chambre de Genève débordant de verve,
très inspiré par le chef Kenneth Montgomery, l'unique
décor s'offre au regard sous une lumière vaguement
funèbre. Garde-robes, miroirs et coiffeuses de bois entourent
une estrade, la scène est un théâtre. Sur
l'estrade, un échiquier. En décor de fond, un
quadrillage est projeté sur un écran géant:
bientôt, les rapports de force seront définis. Ariodante
(Joyce DiDonato, à la hauteur de sa réputation) aime
Ginevra (excellente Patricia Petibon), que convoite le vil Polinesso
(charismatique Varduhi Abrahamyan). Voici ce qu'expose le premier
acte, diurne et majeur. Les protagonistes répètent,
texte à la main, revêtant leur costume. Le
deuxième acte, lui, bascule dans le drame, tandis que
Polinesso parvient à ébranler l'idylle d'Ariodante et
Ginevra, abusant de l'amour que lui porte la servante Dalinda. Sous
le regard d'un ballon blanc, lune factice, antique complice de
l'illusion, cet acte nocturne et de tonalité mineure offre de
magnifiques airs de lamentation, servis par le talent remarquable des
solistes. Serait-ce une vraie lune, à l'horizon, qui traverse
l'arrière-scène? Le drame, le vrai, celui qui trouve
résonance en chacun, semble vampiriser les affects factices du
premier acte. Cette plongée dans l'intériorité
est l'indéniable réussite de cet Ariodante – Haendel
n'y est pas pour rien. L'artefact est l'attribut du baroque par
excellence. Au bal des intrigues, les sentiments sincères
avancent masqués; la ruse et le travestissement ne sont ils
pas les dénominateurs communs des drames musicaux profanes?
Haendel et son Ariodante n'échappent pas à la
règle et le metteur en scène Pierre Strosser l'a bien
compris. Il sait que l'oeuvre, tirée d'Orlando Furioso de
Ludovico Ariosto, tient d'une mécanique implacable amenant les
protagonistes dans les tourments les plus extrêmes. Pourquoi?
Parce que l'«opera seria» (opéra sérieux)
n'est qu'un catalogue d'arie – où s'expriment les affects et
en grande partie l'inspiration du compositeur – articulés
autour de récitatifs narratifs. La structure dramatique a donc
quelque chose d'anti-théâtral. Plutôt que de le
craindre, Strosser en fait son credo, avec une certaine
humilité dans cette volonté de s'effacer
derrière la musique. Mais une anti-mise en scène, aussi
conceptuelle soit-elle, peut-elle soutenir une oeuvre comme
Ariodante? Le troisième acte dissipe la nuit et
l'héroïsme a raison du méchant. Tout cela n'est
qu'une grande farce, retour au théâtre. Les costumes
redeviennent déguisement, les chanteurs replongent dans leur
script, «tope-la» semblent-ils dire, les duos d'amour sont
chantés sans fausse note. Cet artefact scénique, sorte
de cqfd conceptuel, a quelque chose de tristement... artificiel.
Dommage. "
Donné pour la
première fois à Genève en 1986, Ariodante
retrouve la scène du Grand Théâtre dans une
nouvelle production signée Pierre Strosser. Les
épineuses questions d'honneur et de pureté que
soulève une intrigue inspirée d'Orlando furioso de
l'Arioste sont ici défendues par un plateau vocal dont on
gardera, dans l'ensemble, un bon souvenir, bien qu'accusant quelques
déséquilibres. Antonio Abete y campe un Roi d'Ecosse
d'une cordiale crédibilité, usant d'un vibrato qui
pourra parfois sembler vertigineux mais dont les proportions,
finalement, ne sortiront pas du domaine du raisonnable. Le personnage
bénéficie d'une humanité évidente qui
concentre à elle seule une démarche musicale prenant
des pincettes avec le drame - de même que le fait la mise en
scène, nous y reviendrons. À l'évidence, le
rôle de Lurcanio ne convient pas à Charles Workman.
Lorsqu'on connait bien les qualités indéniables du
ténor amé- ricain, il parait ici peu convaincant, voire
terne, livrant des attaques aigues assez fragiles, un
haut-médium parfois forcé et un grave souvent
engorgé. L'attachante Dalinda d'Amanda Forsythe prend vite de
l'assurance, don-nant un Il primo ardor (1er acte) sensible et
surtout un Neghittosi, or voiche fate d'une agilité
confondante. Remarquablement placée, la voix de la jeune
Varduhi Abrahamyan demeure encore timorée par une projection
confinée, une saine légèreté somme toute
préférable aux écrasements dont sont souvent
sujets les mezzo-soprani. Avec trois fois rien de jeu, mais toujours
parfaitement choisi, elle incarne un Polinesso présent et
efficace. La tant convoitée Ginevra trouve en Patricia Petibon
un timbre plus chaleureusement coloré que celui qu'on lui
connut à ses débuts, et une couleur qui retient
l'écoute ; on regrettera cependant les nombreux soucis
d'intonation rencontrés par la chanteuse dès qu'elle
tente de nuancer, accusant le peu d'assise technique de son chant.
Enfin, par un charisme indiscutable, un art indicible de la vocalise,
une ornementation toujours solide, riche et sensible, Joyce DiDonato
s'impose dans le rôle-titre par une réalisation
particulièrement inventive - citons l'extrême contraste
de « Tu, preparati a morire » (2ème acte), par
exemple - et discrètement émouvante.
En fosse, Kenneth Montgomery
dessine un Haendel plus probant que lors de son expérience
nancéienne, un Haendel qu'il tire avantageusement vers le
classicisme, profitant de la calme distance de la partition
vis-à-vis de l'argument. Les musiciens de l'Orchestre de
Chambre de Genève affichent une maîtrise sereine
où l'on notera le beau travail des cors - Jean-Charles
Masurier et Emmanuel Bénèche.
La surprise de cette
première est la mise en scène de Pierre Strosser. Il y
a quelques mois, dans « The Organ », nous nous interrogions
sur la possibilité ou non de monter les opéras de
Haendel aujourd'hui, passant en revue les travers constatés
dans plusieurs essais récents. Il semble bien que Strosser
apporte une solution plus personnelle à ces questions, une
réponse qui se garde à la fois d'un esthétisme
à tout crin, de l'excès trash et du délire
d'authenticité restauratrice. Son espace réserve une
seconde scène de petites proportions sur laquelle Polinesso
installera bientôt un jeu d'échec et qui ne sera
jouée précisément qu'à deux reprises :
lorsque le Roi désigne Ariodante comme héritier du
trône (et gendre) et quand les rivaux se feront duel, rendant
justement effective la partie d'échecs pres-sentie. Le nœud du
drame devient alors le pouvoir, lié comme toujours à
l'amour, laissant autour de lui un vaste déambulatoire
où les chanteurs n'investiront que très lentement leur
personnage, en observant une dis-tance qui, pour avoir pu troubler
une partie du public, est bien celle avec laquelle Händel
lui-même traita son sujet. En ménageant aux acteurs
comme aux instrumentistes une entrée non
théâtralisée qui traverse la scène, Pierre
Strosser installe la représentation dans sa
périphérie non dite, différant
ingénieusement son effectivité. En s'abandonnant, les
con-ventions font place à une invention subtile, mise en
regard par la présence d'un peintre - dont l'œil
témoigne d'un drame par la même rendu absent - et des
continuistes sur le plateau - dont le soutien musical brise
jusqu'à l'artifice du drame. L'on assiste alors aux jeux
troubles d'une avant-scène adolescente et adorable qui, du
coup, ne sachant grandir en théâtre, nous fait entrer
dans cet affect précieux où se rencontrent des
sentiments pre-miers, dans toute leur complexe simplicité.
Tout repose alors sur l'intensité des présences, sans
aucune machine scénographique, dans un univers d'objets et de
meubles en bois, à l'intimité un rien domestique d'une
fort belle humilité. Le résultat, tout en nous faisant
toucher la choséité d'une équipe qui entreprend
de monter cet ouvrage, parvient à faire vivre son sujet dans
sa diaphanéité même."
... Mais peut-on vraiment
parler de mise en scène, alors qu’il nous montre les lentes
déambulations de ses protagonistes qui, leurs passages
musicaux terminés, vont se parquer sur les bords de
scène sans autre raison que d’assister à la
déclamation de leurs collègues ? Non, cette mise en
place est ratée. Non pas dans les (rares) idées qu’elle
véhicule mais dans l’impossibilité du metteur en
scène d’aller au bout de celles-ci. Ratée au point de
fâcher.
... Autour de quelques marches
d’une estrade ou d’un cheval-jouet, chacun se projette dans une
histoire sans relation avec celle du livret, et encore moins avec
celle des autres acteurs. Ne croyant pas à sa propre vilenie,
Polinesso est sans malice. Dalinda, oie blanche dans un tailleur de
stewardess des années cinquante, est une potiche. Peu
réalistes, les scènes tournent au pathétique.
Ainsi, difficile de réprimer un rire embarrassé quand,
dans son délire, Ginevra s’embardoufle le visage d’une
hypothétique crème à raser. A moins qu’il ne
s’agisse d’une couche de protection solaire «écran
total». Trois heures d’un ennui scénique allant
grandissant. L’atmosphère lourde d’une scène noire
plombe l’énergie des protagonistes qui tentent
désespérément de sortir l’intrigue de la torpeur
dans laquelle l’immobilisme théâtral de Pierre Strosser
les plonge.
... la musique est somptueuse.
Admirablement portée par la mezzo américaine Joyce
DiDonato, elle tient l’audience en haleine. Véritable
égérie musicale de cette soirée, avec une
assurance vocale à toute épreuve, une
préparation exemplaire, elle chante et vocalise avec une
désinvolture renversante. Charismatique et très bonne
actrice, elle compose un Ariodante d’une saine et insouciante
jeunesse. A lui donner la réplique, on aurait aimé que
la Ginevra de Patricia Petibon soit théâtralement plus
investie En particulier dans ses duos amoureux avec Ariodante. Usant
d’un matériel vocal étendu, la soprano française
imprime son intériorité d’accents intimes
jusqu’à étrangement détimbrer son instrument. Si
le chant est souvent beau, il y manque parfois le soin d’un
phrasé qu’on attend de la part d’une artiste de ce niveau.
... Pour la première
fois, l’Orchestre de Chambre de Genève fait son entrée
dans la fosse du Grand Théâtre. S’il s’acquitte
honnêtement de sa tâche, peut-être faut-il
regretter qu’il ait accepté de paraître dans ce
répertoire, cet ensemble n’étant pas coutumier ni du
diapason ni des instruments baroques. S’en suivent quelques coupables
flottements certainement aussi imputables à la direction plus
musicale que rigoureuse de Kenneth Montgomery."
- La Tribune de Genève -
«Ariodante» évolue dans l'immobilisme - 13
novembre 2007
"« Il n'y a rien de
baroque dans ce spectacle ! » Dimanche, à l'issue de la
première du Grand Théâtre, c'est une bronca qui a
accueilli le metteur en scène Pierre Strosser, dont la lecture
d'Ariodante de Haendel a diversement été
appréciée. Si dans le terme de baroque, il faut
entendre excentrique, ornementé, irrégulier,
débordant d'images et de d'idées bariolées,
alors en effet, la nouvelle production de place Neuve n'a rien de
baroque visuellement. Pas d'artifices, de magie ou de propositions
charmeuses sur scène. On connaît Pierre Strosser pour
son attachement à la couleur de la nuit, à
l'économie rigoureuse des mouvements et à la
plongée dans les méandres intimes de l'être
humain. Son Ariodante se situe donc évidemment à
l'opposé du divertissement.
Pourtant, dans cette
épure austère, le Français réussit une
autre forme de miracle : rendre à la musique pure toute sa
place et son intensité. Par un appui constant sur le silence,
le vide et l'immobilisme. C'est le risque pris, et assumé tout
au long d'un spectacle où la lenteur s'invite parfois avec
insistance. Où l'esprit de version concertante dans sa mise en
valeur absolue des voix et de l'orchestre apparaît à
certains moments à la limite de la pratique opératique.
Strosser avait déjà tenté le diable dans un
Couronnement de Poppée qui se refusait à ce traitement
de la rigueur. Ariodante résiste lui aussi, malgré
l'intelligence évidente du propos.
La frontière entre
apparence et réalité, mensonge et vérité,
le metteur en scène la situe en répétition, de
nos jours. Sur les murs noirs se dessinent en direct, au trait blanc,
les personnages costumés. Entre ces deux mondes
destinés à se compléter et à se
rejoindre, un abîme se creuse pourtant, que seule la musique
parvient à combler, magnifiquement.
C'est ainsi dans la fosse
rehaussée que se tissent les délicatesses
haendeliennes, sous le geste accueillant de Kenneth Montgomery. Le
chef a disposé L'OCG de profil, ce qui permet une
écoute fine entre le plateau et les instrumentistes, et une
direction attentive aux moindres frémissements vocaux. Le
résultat est saisissant tant l'OCG se révèle
d'une parfaite sensibilité baroque et d'une technique
irréprochable. Dans cet écrin de rêve, les voix
féminines se situent au plus haut. Joyce Di Donato, splendide
Ariodante aux couleurs vocales et à la virtuosité
limpides, place la barre à grande altitude. Mais Patricia
Petitbon (Ginevra bouleversante et charismatique) et Amanda Forsythe
(Dalinda à la musicalité vibrante) la suivent de
près. Avec le Polinesso bien campé de Varduhi
Abrahamyan, le roi d'Ecosse anthracite d'Antonio Abete, et l'Odoardo
convaincant de Norman Shankle équilibrent les tensions du
Luciano de Charles Workman."
- Spolète - Teatro
Caio Melisso - Festival dei Due Mondi - 1, 4, 6, 10,
12, 14 juillet 2007 - Il Complesso Barocco - dir. Alan Curtis -
mise en scène, décors et costumes John Pascoe - avec
Laura Cherici (Ginevra), Ann Hallenberg (Ariodante), Marta Vandoni
Iorio (Dalinda), Mary-Ellen Nesi (Polinesso), Zachary Stains
(Lurcanio), Carlo Lepore (Re), Vittorio Prato (Odoardo)
- Opéra de Halle
- 1er, 3, 5 juin 2007-
Händelfestspielorchester Halle - Chor der Oper Halle -
Statisterie der Oper Halle - dir. Federico Maria Sardelli - mise
en scène Stephen Lawless - décors Benoit Dugardyn -
costumes Sue Willmington - avec Raimund Nolte (Il Re di Scozia),
Caitlin Hulcup (Ariodante), Gillian Keith (Ginevra), Nicholas
Sales (Lurcanio), Axel Köhler (Polinesso), Agnete Munk
Rasmussen (Dalinda), Alexander Geller (Odoardo)
- Opéra de Francfort
- 25, 28 mai, 3, 7 juin 2007 - dir. Felice Venanzoni -
mise en scène Achim Freyer / Friederike Rinne-Wolf -
décors Claudia Doderer / Achim Freyer - costumes Amanda
Freyer - chef de choeur Alessandro Zuppardo - dramaturgie Zsolt
Horpácsy - avec Nino Surguladze (Ariodante), Daniela Pini
(Polinesso), Soon-Won Kang (il Re), Svetlana Doneva (Ginevra),
Nicholas Phan (Lurcanio), Britta Stallmeister (Dalinda), Jussi
Myllys (Odoardo)
- Madrid - Teatro Real
- 29 mars 2007 - version de concert - Les Talens
Lyriques - dir. Christophe Rousset - avec Angelika Kirchschlager
(Ariodante), Sabina Puértolas (Ginevra), Ildebrando
D´Arcangelo (El rey), Topi Lehtipuu (Lurcanio), Sandrine Piau
(Dalinda), Vivica Genaux (Polinesso)
- Théâtre des
Champs Elysées - 14, 16, 18, 20, 22 mars 2007 -
Les Talens Lyriques - dir. Christophe Rousset - mise en
scène Lukas Hemleb - décors Jane Joyet - avec
Angelika Kirchschlager (Ariodante), Vivica Genaux (Polinesso),
Danielle de Niese (Ginevra), Jaël Azzaretti (Dalinda), Topi
Lehtipuu (Lurcanio), Olivier Lallouette (Il Re), Nicolas Maire
(Odoardo) - nouvelle coproduction avec Theater an der Wien

- Libération - « Ariodante » tout
en voix
"Le temple du baroque
français fait un carton avec son nouvel Ariodante. Dimanche
après-midi, le théâtre était bondé
pour la troisième représentation de cet opéra de
Haendel, créé en 1735 au Covent Garden de Londres. Dans
la fosse, après un Giulio Cesare discutable en octobre
(respiration étriquée, lignes pauvres en galbe et
couleurs, contrastes et sensualité restreints), Christophe
Rousset séduit dès l'ouverture. Sa gestique
mains nues faisant des petits mouvements de marionnettes, dans un
rigoureux respect du centre euphonique produit un Haendel
ciselé et contenu à l'anglaise. Aux antipodes de la
dramatisation fiévreuse et extravertie d'un Minkowski, Rousset
caractérise les différents moments de la partition par
des variations subtilement graduées des paramètres. Les
Talens lyriques, pour peu que l'on migre au deuxième acte
à la corbeille ou au balcon, sonnent plus pleins et
colorés qu'à l'automne, passent plus souplement du
staccato au tenuto, sans s'éloigner de l'idéal
clavecinisant de leur chef.
Meurtrière. Cette
lecture pulsant et défilant discrètement, mais
solidement calée sur un flux intérieur, profite, comme
le décor minimaliste et résonnant, aux chanteurs. Lukas
Hemleb avait démontré avec sa Clémence de Titus,
à Aix, qu'il était avant tout un metteur en
scène de voix. Peu de psychologie, donc, dans le dispositif
coulissant et blanc, percé d'une meurtrière,
baigné des lumières de Dominique Bruguière, et
dont le seul élément figuratif est une maquette de
forteresse évoquant Perceval le Gallois de Rohmer. On y passe
de l'amour insouciant à la tragédie, puis au happy
ending, sans trop y croire, dans des costumes de gaze, ornés
et brodés, au milieu de danseurs bouffonnant en habits de
baigneur argent. Dans le rôle-titre, la mezzo superstar
Angelika Kirchschlager régale de musicalité et panache
à défaut d'émouvoir, notamment dans le Scherza
Infida.
Roue libre. On sera plus
indulgent avec ses graves peu assurés qu'avec ceux de Nicolas
Maire ou Olivier Lalouette, à l'intonation
problématique, même dans les récitatifs, ou
encore avec ceux d'une Danielle De Niese, Ginevra à la voix
belle et pulpeuse mais en roue libre ce dimanche. Après
enquête, elle aurait imprudemment commencé à
apprendre un nouveau rôle à 440 Hz, soit 25 de plus que
le diapason choisi pour cette production sur instruments anciens.
Vivica Genaux, dont le grave s'est enrichi et l'aigu a gagné
en éclat, campe un Polinesso précis et sexy, au
diapason des excellents Dalinda de la soprano Jaël Azzaretti et
Lurcanio du ténor Topi Lehtipuu, conjuguant
sensibilité, engagement et fraîcheur.
Si on aime le
théâtre des passions, mieux vaut passer son chemin. Mais
si on va à l'opéra pour entendre du bon son et des
chanteurs prendre des risques, cet Ariodante peut
attirer."
- Le Figaro - Un spectacle sans force
"Difficile,
décidément, de trouver le metteur en scène
capable de donner toute sa force à un opéra de Haendel
: le Théâtre des Champs-Élysées vient d'en
faire une fois de plus l'expérience. Après le miracle
réussi avenue Montaigne par David McVicar dans Agrippine, on a
dû retomber sur terre avec l'ennui glacé de Gilbert
Deflo dans Serse ou la transposition naïve d'Irina Brook dans
Jules César. Et voici Lukas Hemleb qui se lance dans
l'opéra chevaleresque avec Ariodante : l'homme de
théâtre allemand, qui s'était déjà
cassé les dents sur La Clémence de Titus à Aix
l'été dernier, se révèle une nouvelle
fois incapable de donner vie à des personnages d'opéra.
Pourtant, le décor unique est d'une sobre
élégance, rehaussée par les éclairages
infiniment subtils de Dominique Bruguière, fascinant
camaïeu de blancs. De ce Moyen Âge mis à distance
aussitôt que suggéré aurait pu naître une
histoire touchante et captivante. Las, la direction d'acteurs est
tellement inexistante et le point de vue tellement évanescent,
qu'aucune piste n'est creusée. Autant, dès lors, opter
pour une version de concert, qui nous aurait épargné
une chorégraphie bien lourde.
De Christophe Rousset dans
Haendel, on sait maintenant qu'il ne faut pas attendre une direction
de chair et de sang. Son chic très français
relève plus de la litote que de l'hyperbole : l'ennui guette
là encore, à ceci près que cette
intériorité convient mieux à la psychologie
d'Ariodante qu'aux éruptions de Jules César, et que
l'orchestre des Talens Lyriques fait preuve d'une beauté
sonore et d'une qualité instrumentale de tout premier ordre.
Ce sont de très belles voix que Dominique Meyer a
réunies dans la distribution. Sont-elles pour autant bien
employées ? Pas toutes. La magnifique Angelika Kirchschlager
peine à entrer dans le costume du chevalier Ariodante, tant
sur le plan vocal que dramatique et même vestimentaire : son
excessive prudence dans les vocalises et le manque de mordant de son
émission vocale créent une impression de pâleur
qui n'est qu'en partie compensée par la pureté de son
lyrisme. Spécialiste nettement plus aguerrie de ce
répertoire, Vivica Genaux serait tout à fait
convaincante si elle projetait davantage son timbre rauque et si ses
coloratures étaient moins mécaniques. Outre le chant
joliment cristallin de Jaël Azzaretti, la palme revient donc
à l'incarnation de Danielle De Niese, dont les
inégalités vocales mêmes font le charme
expressif, et à celle de Topi Lehtipuu, ténor aussi
accompli dans la douceur amoureuse que dans l'ardeur
martiale."
"C'est indiscutablement en
fosse que le génie de cette soirée élit
domicile. Christophe Rousset conduit ses Talens Tyriques dans une
interprétation d'Ariodante prenant volontiers appui sur les
cordes graves, ce qui n'est pas si habituel, et ce dès la
Sinfonia initiale, une interprétation qui évolue
calmement vers une contamination de plus en plus profonde de la
dramaturgie, soutenant certains passages du second acte - Scherza
infida (Ariodante) ou Invida sorte (Il Re), par exemple - d'une
sensibilité saisis-sante, jusqu'à une pâte
orchestrale manifestement tragique, comme en témoigneront le
début du dernier acte et l'arioso de Ginevra (Manca, oh Dei).
L'approche, pour pudique et réservée qu'elle paraisse,
fait peu à peu son chemin dans les passions qui traversent
l'argument, jusqu'à toucher irrésistiblement
l'écoute.
On ne saurait en dire autant
du plateau vocal. Certes, on en relativisera l'appréciation
des timbres, tenant compte des sévérités de
l'acoustique du lieu à l'égard des voix. Il
n'empêche que l'on rencontre ici un Odoardo - Nicolas Maire -
avantageusement sonore mais assez peu stable, et un Roi (Il Re) au
grain présent dont étrangement l'impact se
détériore régu-lièrement dans l'aigu
(soit détimbré, soit si enflé qu'il quitte la
note) ; on remerciera cependant Olivier Lallouette pour une Invida
sorte (Acte II) tout à fait honorable. Quant au Polinesso de
Vivica Genaux, il ne convainc pas plus ; certes, l'ingratitude de la
couleur suffit à elle seule à camper cet affreux
personnage, en dispensant peut-être l'incarnation, d'ailleurs,
mais la place de l'émission refuse à se définir
et la confidentialité des arie con-traste cruellement avec
l'efficacité des recitativi. Cela dit, le chant demeure
virtuose et la chanteuse fait partie du trio de ceux qui, ce soir,
respectent les hauteurs, la grande surprise restant de constater le
peu de soin que cette distribution veut bien accorder à la
justesse. À commencer par le rôle-titre, Angelika
Kirchschlager offrant un confort d'écoute évident, un
art de la nuance indéniable, un certain lyrisme, même -
Tu, preparati a morire (Acte II) -, mais une vertigineuse
imprécision menant droit à un Scherza infida
dépourvu d'émotion. À l'inverse, Topi Lehtipuu
captive l'oreille dès les premières phrases de
Lurcanio, émises avec franchise dans une ligne toujours
remarquablement menée ; pourtant, le corps du grave se perd
souvent et l'on doit bien avouer avoir entendu quelques notes
approxima-tivement situées. Sur le chapitre de la justesse,
les deux autres protagonistes irréprochables sont Dalinda et
Ginevra. Dans la premier, Jaël Azzaretti présente sans
doute le timbre le plus gracieux de cette équipe, un timbre
doté d'un aigu facile et lumineux qu'elle mène avec
autant de délicatesse que d'intelligence ; au dernier acte,
Neghittosi (air essentiel qui, en illustrant le désarroi
sentimental devant le crime, amorce le pos-sible amour pour un autre
homme) trouve une sensibilité à sa mesure. De
même saluera-t-on le beau duetto (Dite spera, avec Lurcanio,
Acte III) donné dans une fraîcheur miraculeusement
retrouvée. Enfin, dans le rôle de la Princesse
injustement déshonorée, Danielle De Niese montre
dès la cavatine une saine souplesse, puis une exemplaire
agilité dans Volate, amori ; c'est néanmoins à
partir du second acte qu'une certaine aigreur de la couleur
s'atténue et que l'aigu s'élargit peu à peu.
Outre une exactitude sans faiblesse, le jeune soprano s'impose par un
bel investissement dramatique, conduisant somptueusement son aria du
2ème acte ; de fait, plus le dénouement approche, plus
la chanteuse s'avère émouvante (avec un Io ti bacio
d'une subtile tendresse, entre autres).
Comment représenter
aujourd'hui les opéras de Haendel ? La question est de taille,
à en juger par les nombreux tâtonnements auxquels les
metteurs en scène s'adonnent, ici et là. Lukas Hemleb
respecte la datation de l'intrigue et son contexte chevaleresque, par
un dispositif ingénieux mais vite épuisé qui
matérialise l'enfermement provoqué par les passions ou
par le pouvoir politique. Cet espace volontairement étroit
trouve tout son relief grâce aux danseurs - chorégraphie
d'Andrew George - et, plus particulièrement, à la
drolatique déambulation d'un Fou, facétieux et insolent
(que son humeur soit soudain gagnée par la circonstance
funèbre du second acte est d'ailleurs fort touchant). Une
vraie réflexion sur l'œuvre habite la démar-che
générale de cette réalisation, induisant une
rhétorique du refuge des plus pertinentes, mais on regrettera
que son exploitation, pour respectable qu'elle soit, fasse reculer le
drame qu'elle s'évertue d'expliquer plutôt que de
comprendre."
- Altamusica -
Ariodante en petites voix - 14 mars 2007
"Si Anne Sofie von Otter avait
réussi sa métamorphose de Quinquin en Ariodante avec un
chic inimitable, – sans toutefois que le miracle capté
à Poissy par les micros d’Archiv ne se reproduise sur la
scène du Palais Garnier quatre ans plus tard – Angelika
Kirchschlager tente à son tour l’aventure, et s’y fourvoie. Il
est vrai que ni la couleur, ni l’ambitus ne prédisposait la
mezzo autrichienne à endosser une cuirasse taillée aux
mesures surhumaines du castrat Carestini, mais il était permis
d’espérer que la musicienne donnerait le change dans un
rôle qui ne manque ni d’occasions de briller, ni
d’émouvoir. Las, la palette expressive se heurte aux limites
d’une voix qui se cherche une assise, trébuche sur
l’ornementation, et compte ses doubles-croches sans le moindre zeste
de jubilation : Scherza infida détonne, Dopo notte tourne
à vide, et l’indifférence s’impose.
Pourtant spécialiste
des travestis haendéliens, Vivica Genaux ne suscite
guère plus d’enthousiasme. Retranchée dans la zone la
plus ingrate de sa voix par les abysses de l’infâme Polinesso,
elle égrène une colorature parfaitement
calibrée, mais oubliée sitôt entendue, sans
parvenir à faire exister l’ombre d’un personnage. L’inverse en
somme de Danielle de Niese, au bel cantisme parfois fragile, mais
dont les aigreurs s’épicent en rondeur passé le premier
acte, Ginevra rayonnante de beauté, et captivante dans la
douleur, imposant dans Il mio crudel martoro un silence habité
et bouleversant.
Que ce soit sur le plan du
phrasé, de l’agilité, ou de la tessiture, Jaël
Azzaretti se révèle en tous points
irréprochable, mais sa Dalinda est handicapée par une
émission pincée, caricaturalement française, et
en définitive peu adaptée à ce
répertoire. S’il peine désormais dans la vocalise, Topi
Lehtipuu n’en possède pas moins l’exact profil de Lurcanio,
son timbre de tendre vigueur s’étoffant de reflets
cuivrés rappelant Anthony Rolfe Johnson, sans doute le plus
grand ténor haendélien du siècle dernier, tandis
que du Roi, Olivier Lallouette a la fragile prestance, mais ni la
ligne – heurtée –, ni la voix – laborieuse,
fuyante.
Si l’ensemble paraît
pourtant plus convaincant que dans le Jules César qui avait
bien tristement ouvert la saison, c’est que Christophe Rousset n’est
jamais meilleur que lorsqu’il s’agit de sonder les âmes. Sa
direction serrée, aussi bien en termes de tempi que de
dynamique et de texture, s’attache à ciseler les contours
psychologiques, variant les reprises avec subtilité. Face aux
absences de chair des deux rôles travestis, les Talens Lyriques
ont dès lors toute latitude pour faire valoir leur
précision et leur sensibilité.
Lukas Hemleb joue d’ailleurs
sur le même registre, car rien dans l’intrigue de cet
opéra, prétexte à peindre des portraits d’une
infinie noblesse, n’appelle le spectaculaire. Dans un décor
immaculé de parois mobiles, permettant de varier les espaces
avec justesse – l’isolement de Ginevra –, le metteur en scène
joue de l’alternance entre ombre et lumière, insinuant la
jalousie, le doute par petites touches, dans un Moyen Âge
chevaleresque esquissé, pour ainsi dire rêvé,
où même les costumes ne sont que trompes-l’œil peints
sur des tulles blancs, allégeant le mouvement, l’embrumant
presque. À peine la chorégraphie d’Andrew George,
étudiée mais inscrite dans une temporalité en
porte-à-faux, rompt-elle parfois le charme discret de cette
production finement ouvragée."
- Le Monde - Rien à garder de cet
"Ariodante"
"...Qu'on le prenne par le
début ou par la fin, ce spectacle est un
désastre...L'interprétation musicale, elle non plus ne
convainc pas : Vivica Genaux, voix fermée, émission
mécanique ; Angelika Kirschlager à contre-emploi et
chantant bas ; Danielle de Niese belle mais sans présence . On
ne retient que Jaël Azzareti et Topi Leehtipuu , second
rôles mais frais et vrais."
- ConcertoNet - 14 mars 2007
"Ce dramma per musica en trois
actes rappelle, selon les générations, des souvenirs
marquants, qu’il s’agisse de Janet Baker (Philips) ou du spectacle de
Pizzi et Malgoire, en 1985, déjà avenue Montaigne, puis
de l’enregistrement d’Anne Sofie von Otter et Marc Minkowski
(Archiv), le chef français ayant toutefois été
moins heureux au Palais Garnier dans son travail avec Jorge Lavelli.
Pour tenter de tenir tête à ce passé glorieux,
à défaut de le faire oublier, la première
condition est de réunir un plateau vocal d’exception et, de ce
point de vue, le défi a été en grande partie
relevé. Par son aisance sur l’ensemble de sa tessiture,
notamment la rondeur de ses graves, par son raffinement et par la
quasi-perfection de sa technique, Angelika Kirchschlager ne
déçoit pas en Ariodante, mais ne parvient pas toujours
à émouvoir: si elle montre davantage d’implication dans
«Cieca notte», son «Scherza, infida», certes
magnifiquement travaillé, demeure en revanche sur la
réserve.
Polinesso constitue, pour
Vivica Genaux, une prise de rôle – lors de son récent
récital parisien, elle avait précisément encore
chanté «Scherza, infida» : ici non plus, il serait
excessif de parler de déception, tant sa prestation se
révèle impeccable, ne serait-ce un manque de
projection, mais on attendait sans doute de son timbre si particulier
une incarnation plus forte de son personnage. Face à ces deux
chanteuses quelque peu en retrait, les « outsiders » font
mieux que de tenir leur place. C’est d’abord le cas de Danielle De
Niese, qui, dans un rôle pourtant moins propice (Ginevra), y
déploie un fort tempérament mais aussi
musicalité et puissance, quitte à livrer des aigus
inégaux, tantôt pâles, tantôt criés.
Nonobstant une sonorité un peu moins typée et un bas
médium irrégulier, Jaël Azzaretti impose une
présence scénique et une qualité de chant qui
rendent justice à la fraîcheur et à la
naïveté de Dalinda. Chez les hommes, Topi Lehtipuu
l’emporte sans coup férir, mais pas par défaut, car le
grain de sa voix, son art du chant, son sens du texte et son souci de
la couleur suffiraient à convaincre en Lurcanio. Dès
lors, le Roi d’Olivier Lallouette, léger et peu assuré,
d’une intonation imprécise, ne peut faire
illusion.
Etrange Ariodante, en
vérité, dont les figures saillantes ne sont pas celles
dont la densité psychologique ou l’autorité devraient
prendre le dessus (le rôle-titre, Polinesso, le Roi), mais
plutôt la «candide» Ginevra, la faible Dalinda et le
falot Lurcanio. Christophe Rousset, qui se joint parfois
lui-même au continuo sur un second clavecin placé devant
lui, dirige son ensemble Les Talens lyriques: assez fourni
(vingt-cinq cordes), l’orchestre sonne bien, même les cors
naturels, mais le chef tend à brider l’animation, retenant ses
troupes, ralentissant le propos et étirant les silences. En ce
sens, il rejoint les intentions de Lukas Hemleb, qui analyse Haendel
comme un art de la «sublimation qui passe par la retenue, par la
lenteur, […] dilate le temps».
S’il se veut sans doute bien
plus respectueux de l’esprit que mainte transposition chronologique
et géographique plus ou moins inspirée dont ce
répertoire a fait l’objet durant les deux dernières
décennies, le travail du metteur en scène allemand,
mettant en valeur les symboles et l’ascèse d’une initiation,
n’est probablement pas étranger à la gêne que
certains chanteurs semblent éprouver à investir
pleinement leur rôle. Sa direction d’acteurs, compte tenu de la
difficulté de l’exercice consistant à donner vie
à une succession d’airs, n’est pourtant pas en cause. En
revanche, son décor unique suscite
délibérément un sentiment de froideur et
d’enfermement, offrant l’indispensable plan incliné mais bien
peu de perspectives, évoluant au gré du
déplacement de hauts panneaux blancs tournants ou coulissants,
que seules de hautes fenêtres ogivales ou une unique ouverture,
bien plus haute que large, viennent percer.
S’il renonce
légitimement à décrire ces improbables «
riante vallée », « champ de ruines antiques »
et autres « jardins royaux » suggérés par le
livret pour se limiter à une forteresse miniature, c’est pour
mieux suggérer des paysages intérieurs
désespérément durs et clos, où l’individu
se retrouve face à lui-même, dans un univers circulaire
construit à l’image de l’aria da capo. Afin de nuancer ce
parti pris imperturbablement tenu durant trois heures un quart, une
fonction essentielle échoit donc aux lumières de
Dominique Bruguière, déclinant à l’infini cette
blancheur que ne viennent pas ternir les costumes de Marc Audibet,
longs voiles clairs assortis, pour chacun, d’un attribut distinctif
(cuirasse, uniforme, …). Cantonnant les quinze choristes dans la
fosse, Hemleb laisse le champ libre à la chorégraphie
d’Andrew George, entre allégorie baroque et dérision
contemporaine, apportant ainsi le seul élément de
décalage, de distance, d’humour, d’impertinence, de coquinerie
et de taquinerie, au risque de mettre en cause la cohérence de
la vision globale. Si la virtuosité des huit danseurs peut
difficilement être contestée, comme dans la danse finale
du premier acte, l’équipe artistique n’en reçoit pas
moins quelques huées au moment des saluts."
http://licida.over-blog.com/15-categorie-764074.html
- Weimar - National
Theater - 16, 23 février, 4, 8, 31 mars, 8 avril
2007 - dir. Marco Comin - mise en scène Michael
Dißmeier - décors, costumes Bodo Demelius -
dramaturgie Kerstin Klaholz - avec Jens Söndergaard (Re),
Marietta Zumbült (Ginevra), Ulrika Strömstedt
(Ariodante), Jean-Noël Briend (Lurcanio), Heike Porstein
(Dalinda), Christiane Bassek (Polinesso)
- Karlsruhe - Festival
Haendel - février/mars 2007
- Munich - Staatsoper
- 24 juillet 2006 - dir. Ivor Bolton - mise en
scène David Alden - décors, costumes Ian MacNeil -
chorégraphie Michael Keegan-Dolan - lumières Mimi
Jordan Sherin - chef de choeur Andres Maspero - avec Umberto
Chiummo (Re), Joan Rodgers (Ginevra), Ann Murray (Ariodante), Paul
Nilon (Lurcanio), Christopher Robson (Polinesso), Olga Pasichnyk
(Dalinda), Kenneth Roberson (Odoardo)
- Londres - Coliseum
- English National Opera - 1er, 3, 8, 10,
13, 16, 22, 24 juin 2006 - mise en scène David Alden - avec
Alice Coote (Ariodante), Rebecca Evans (Ginevra), Patricia Bardon
(Polinesso), Sarah Tynan (Dalinda), Robert Pomakov (King of
Scotland), Paul Nilon (Lurcanio)
- Barcelone - Liceu
- 15, 17, 18, 20, 22, 23, 24, 26, 27, 28 mai 2006 -
dir. Harry Bicket - mise en scène Achim Freyer -
décors Claudia Doderer - costumes Amanda Freyer, Barbara
Weinhold, Günter Weinhold - lumières Achim Freyer -
chef de choeur José Luis Basso - avec Vesselina Kasarova /
Silvia Tro Santafé (Ariodante), Otella Sala / Marie Arnet
(Ginevra), Elena de la Merced (Dalinda), Sara Mingardo / Sonia
Prina (Polinesso), Steve Davislim / John McVeigh (Lurcanio), Denis
Sedov / Umberto Chiummo (Re di Scozia), Marc Canturri
(Odoardo)

"Dans la production
réalisée pour l’Opéra de Frankfurt par le
metteur en scène Achim Freyer, reprise ici à Barcelone,
les acteurs sont déguisés en pupi siciliens ces
sympathiques marionnettes qui font revivre les histoires d’Ariosto et
qui sont très proches des personnages de l’opéra de
Händel. L’idée peut se justifier, mais elle diminue la
portée de l’œuvre car elle infantilise les sentiments des
hommes et des femmes transformés en poupées
inanimées. Espérons du reste que l’option de Achim
Freyer ne fera pas trop d’émules. L’étroitesse des
mouvements laissés aux artistes introduit en effet une forme
de monotonie sur le plateau : les vrais spectacles de pupi ne durent
jamais trois heures et quinze minutes !
Au Liceu de Barcelone, Harry
Bicket dirigeait l’Orchestre de l’Opéra avec fluidité
et précision tout en apportant un support attentif aux
chanteurs. Malheureusement, il n’a utilisé qu’au
compte-gouttes les pulsations baroques de la partition, cet accent
particulier qui, selon l’expression de Philippe Beaussant, transforme
cette musique-là en théâtre. Vesselina Kasarova -
Ariodante - interpréta Con ali di costanza avec un brio
époustouflant, enjambant sans encombre les difficultés
techniques et détachant parfaitement les notes entre elles
lors des périlleux exercices de colorature. Au 2e acte, elle
manqua de fluidité dans la Scherza infida, mais en
définitive, elle marqua de son immense présence
l’ensemble de la soirée - même cachée
derrière son masque de pupo. Le public du Liceu, qui n’a pas
oublié sa prestation dans Alcina en 1998-99, l’acclama avec
ferveur et lui donna rendez-vous pour une Clemenza la saison
prochaine. Déguisée en Polinesso, Sara Mingardo
réussit une interprétation dramatique de son personnage
de méchant en lui transmettant sa souffrance avec beaucoup
d’émotion. L’interprétation du personnage de Ginevra
par Ofèlia Sala, artiste connue et très
appréciée à Barcelone, n’a pas cessé de
progresser au cours de la représentation pour culminer
à un excellent niveau lors du très émouvant Il
mio crudel martoro à la fin du 2e acte. Elena de la Merced -
Dalinda -attendit le 3e acte pour révéler sa fougue
dans le Neghittosi, or voi che fate ?, qu’elle chanta à la
fois avec le désespoir du personnage et la conviction de
l’artiste qui veut réussir son interprétation. Denis
Sedov - le roi d’Ecosse - et Steve Davislim - Lucarnio-
contribuèrent efficacement au succès de la
soirée." (Webthea)
- Festival de Buxton
- 11, 17, 22 juillet 2005 - coproduction English
Touring Opera et Opera Theatre Company of Ireland - English
Touring Opera - dir. David Adams - mise en scène James
Conway - décors Michael Vale - lumières Aideen
malone - avec Louise Mott (Ariodante), Jonathan Peter Kenny
(Polinesso), Andrew Slater (Donald), Rachel Nicholls (Ginevra),
Sinead Campbell (Dalinda), Ashley Catling (Lurcanio)
- Munich - Staatsoper
- 6, 9, 12 juin 2005 - Tokyo
Bunka Kaikan - 7, 9, 11 octobre 2005 - dir. Ivor Bolton
- mise en scène David Alden - décors, costumes Ian
MacNeil - chorégraphie Michael Keegan-Dolan -
lumières Mimi Jordan Sherin - chef de choeur Eduard Asimont
- avec Umberto Chiummo (Re), Veronica Cangemi (Ginevra), Ann
Murray (Ariodante), Paul Nilon (Lurcanio), Christopher Robson
(Polinesso), Veronica Cangemi (Dalinda), Francesco Petrozzi
(Odoardo)
- Opéra de Francfort
- 15, 17, 20, 23 avril, 5, 6, 8 mai 2005 - dir. Andrea
Marcon - mise en scène Achim Freyer / Friederike Rinne-Wolf
- dramaturgie Zsolt Horpácsy - lumières Achim Freyer
- chef de choeur Alessandro Zuppardo - avec Hadar Halevi
(Ariodante), Jenny Carlstedt (Polinesso), Florian Plock (Re),
Maria Fontosh (Ginevra), Shawn Mathey (Lurcanio), Britta
Stallmeister (Dalinda), Peter Marsh (Odoardo)

- Munich - Staatsoper
- 20, 23, 27 janvier 2005 - dir. Harry Bicket - mise en
scène David Alden - décors, costumes Ian MacNeil -
chorégraphie Michael Keegan-Dolan - lumières Mimi
Jordan Sherin - chef de choeur Eduard Asimont - avec Umberto
Chiummo (Re), Veronica Cangemi (Ginevra), Christine Rice
(Ariodante), Kobie van Rensburg (Lurcanio), Christopher Robson
(Polinesso), Veronica Cangemi (Dalinda), Francesco Petrozzi
(Odoardo)
- English Touring Opera
- 24 juillet 2004 - dir. Lawrence Cummings - avec
Louise Mott (mezzo-soprano), Joanna Burton (soprano), Jonathan
Kenny (counter-tenor), Claire Ormshaw (soprano)
- Munich -
Staatsoper - 18, 22, 25, 29 avril 2004 - dir. Harry
Bicket - mise en scène David Alden - décors et
costumes Ian MacNeil - chorégraphie Michael Keegan-Dolan -
lumières Mimi Jordan Sherin - avec Umberto Chiummo (Re di
Scozia), Joan Rodgers (Ginevra), Ann Murray (Ariodante), Paul
Nilon (Lurcanio), Christopher Robson (Polinesso),Veronica Cangemi
(Dalinda), Francesco Petrozzi (Odoardo)
- Opéra de
Francfort - 28 mars, 2, 4, 11, 29 avril,
1er, 7, 9 mai 2004 - dir. Andrea Marcon - mise en
scène Achim Freyer / Friederike Rinne-Wolf - décors
Claudia Doderer - costumes Amanda Freyer - avec Nidia Palacios
(Ariodante), Nino Surguladze (Polinesso), Soon-Won Kang (Re),
Maria Fontosh (Ginevra), Charles Workman (Lurcanio), Britta
Stallmeister (Dalinda), Peter Marsh (Odoardo)
"Véritable
opéra des sentiments, où tout se déroule dans la
musique et les âmes, Ariodante se distingue de la sempiternelle
complexité amoureuse et politique des imbroglios haendeliens.
C'est cette intériorité qu'a voulu souligner Achim
Freyer, dont on retrouve ici l'habituelle manie de
dépersonnaliser ses interprètes, à force de
grimages naïfs et d'attitudes stéréotypées,
mais poussée jusqu'à des paroxysmes fascinants.
Grâce à un système de coulisses horizontales, les
personnages qu'il crée semblent réduits à des
têtes et des troncs, reposant sur de petits membres
inférieurs factices, silhouettes attachantes de poupées
enfantines, aux émotions fragiles, impalpables, comme
transmises par d'invisibles fils. Le premier acte, interminable mise
en place des protagonistes sur les deux dimensions d'un dispositif
à étages, sans profondeur, aux allures de page blanche
de cahier d'écolier, lasse très vite, bien que
subtilement éclairé. Le deuxième acte, en
revanche, est une pure merveille. Tout y vire au noir, les
personnages ne semblant plus vivre que de souffrance, prostrés
en de curieuses attitudes inclinées : théâtre
épuré, universel, fait de presque rien, qui culmine ici
dans le fameux "Scherzo infida " d'Ariodante, d'une ineffable magie.
Peu sollicités physiquement, encore que d'une façon
inhabituelle (complexe chorégraphie des bras et
déambulation invariablement latérale, le corps face au
public), les chanteurs peuvent affronter leurs airs dans une relative
quiétude. Cela dit, Ariodante requiert de grandes pointures
que la troupe de Francfort peine à fournir. Nino Surguladze ne
peut négocier les vocalises de Polinesso qu'avec un timbre
métallique et menu. Charles Workman (Lurcanio) manque
d'aisance dans l'aigu, et même Nidia Palacios, émouvant
Ariodante, ne peut masquer de redoutables déficits
d'homogénéité dans le médium. Ce sont
finalement l'aplomb de la Dalinda de Britta Stallmeister et la belle
autorité du Roi de Soon-Won Kang, qui assurent les meilleurs
moments de la soirée. Excellente performance aussi de Lynne
Dawson, doublant depuis les coulisses la Ginevra aphone de Maria
Fontosh. Direction nuancée d'Andrea Marcon, mais qui ne
parvient pas toujours à alléger son orchestre
d'instruments modernes, contredisant parfois la subtilité de
ce qui se passe sur le plateau." (Opéra International - mai
2004 - 4 avril 2004)
- Londres - Richmond Theatre
- 15, 18 octobre 2003 - Canterbury Marlowe Theatre 22, 25
octobre 2003 - Kings Lynn Corn
Exchange - 28 octobre 2003 - Snape Snape Maltings - 1er novembre
2003 - Lincoln Theatre Royal -
4, 5 novembre 2003 - Cambridge - West
Road Concert Hall - 8 novembre 2003 - Tunbridge Wells Assembly Hall Theatre -
11 novembre 2003 - Cheltenham Everyman
Theatre - 15 novembre 2003 - Exeter Northcott Theatre - 20, 22
novembre 2003 - Bath Theatre
Royal - 26, 27, 29 novembre 2003 - English Touring
Opera - dir. Laurence Cummings - mise en scène James Conway
- décors, costumes Michael Vale - lumières Aideen
Malone - avec Louise Mott (Ariodante), Joanna Burton (Ginevra),
Jonathan Peter Kenny (Polinesso), Ashley Catling (Lurcanio),
Claire Ormshaw (Dalinda), Andrew Slater (Donald) - nouvelle
coproduction avec Opera Theatre Company, Dublin
- Wilhering - près
Linz - 24, 26, 28, 31 août, 1er, 3, 4,
5, 7 septembre 2003 - Opera da Camera - avec Stephanie Houtzeel
(Ariodante), Katerina Beranova (Ginevra), Nina Plangg (Dalinda),
Thomas Diestler (Polinesso), Robert Murray (Lurcanio), William
Mason (Re)
- Iford Festival
- 24, 25, 27, 28 juin 2003 - Early Opera Company - dir.
Christian Curnyn
- De Vlaamse Opera - Gand
- 23, 26, 28, 30 mars, 2 avril 2003 - Anvers - 9, 11, 13, 16, 19 et 22
avril 2003 - dir. Christoph Poppen - mise en scène David
Alden - décors, costumes Ian MacNeil - lumières
Wolfgang Göbbel - chorégraphie Michael Keegan-Dolan -
avec Christine Rice (Ariodante), Lyne Fortin (Ginevra), Laura
Nykänen (Polinesso), Olga Pasichnyk (Dalinda), John McVeigh
(Lurcanio), Christophe Fel (Il Re di Scozia), Benoît De
Leersnyder (Odoardo) - nouvelle coproduction avec l'English
National Opera de Londres et le Welsh National Opera de
Cardiff
- La Libre
Belgique - 24 mars 2003 - Création belge d'un
opéra de Haendel - La production de David Alden
concilie tradition et inventivité.
"Signé de
l'Américain David Alden, le spectacle fut créé
à Cardiff en 1994 avant d'être repris à Londres
puis à Munich, et les représentations londoniennes
furent même captées pour un DVD édité par
Arthaus Musik. Reprise ici par Ian Rutherford, la mise en
scène est un modèle d'intelligence qui donne de chaque
personnage une caractérisation très aboutie. La
direction d'acteurs est des plus précises, les chanteurs se
donnent sans réserve dans une véritable incarnation
théâtrale et le résultat paraît
contemporain sans que décors et costumes aient eu à
jouer la carte de l'actualisation. Si l'amour est au centre du
livret, Alden excelle à montrer toutes ses dérives, de
l'érotisme à la perversion en passant par la soif de
pouvoir.
Le résultat est
à la fois visuellement très beau (décors
raffinés et éclairages rasants) et scéniquement
toujours pertinent. Hormis un léger fléchissement
d'intensité après ce sommet d'intensité qu'est
le lamento d'Ariodante au deuxième acte (l'oeuvre est
donnée dans son intégralité, ce qui rend
inévitables quelques tunnels), il se passe à tout
moment quelque chose dans cette production, mais rien qui ne soit
gratuit : même les intermèdes instrumentaux sont
utilisés pour des ballets qui campent férocement les
moeurs des courtisans.
C'est à Christoph
Poppen qu'il revient de diriger la production. Il a ce qu'il faut de
connaissance du courant baroqueux pour donner la rhétorique
adéquate à l'Orchestre symphonique du Vlaamse Opera,
même si les instruments modernes n'ont pas toute la rondeur (ni
parfois la netteté) des instruments anciens sur lesquels on a
pris l'habitude d'entendre cette musique. On lui sait gré de
ne pas appesantir d'une lenteur inutile les moments intenses, mais au
contraire de leur laisser ce qu'il faut d'allant pour les rendre plus
émouvants encore.La distribution est superbe et sans failles,
avec notamment une alto au timbre à faire frémir (Laura
Nykänen, Polinesso), une mezzo-soprano d'une virtuosité
confondante mais capable aussi des nuances les plus raffinées
(Christine Rice, Ariodante), et une éclatante Olga Pasichnyk
(Dalinda), aussi bonne actrice que chanteuse."
- ConcertoNet - 23 mars 2003
"Si l’on déplore comme
pour Orlando l’été dernier l’utilisation d’un orchestre
moderne renforcé par deux instruments d’époque, perdant
par ce procédé la souplesse, la vigueur percutante, la
légèreté aussi, les contrastes marqués
dont Haendel a besoin, le chef allemand Christoph Poppen arrive
à mieux limiter les dégâts que Paul Goodwin, en
particulier en donnant plus de vie et d’énergie aux
récitatifs. La mise en scène de David Alden reprise
avec soin par Ian Rutherford utilise de manière intelligente
et sensible la superbe scénographie de Ian MacNeil,
réussissant une parfaite caractérisation des
personnages. Les tableaux se succèdent plus beaux les uns que
les autres, les couleurs variant selon l’intrigue qui est
parfaitement respectée. La chorégraphie de Michael
Keegan-Dolan et réglée par Lorena Randi est
particulièrement efficace (le cauchemar de Ginevra
impressionne fortement) et pose avec une habile pointe d’humour la
question de l’opposition entre baroque et contemporain dans
l’interprétation chorégraphique d’une telle œuvre.
La distribution réunie
a non seulement le mérite d’être homogène mais
aussi de se montrer très attentive à cette mise en
scène, permettant aux trois heures de passer sans tunnels.
Christine Rice est particulièrement convaincante dans le
rôle titre par la beauté de son timbre,
l’autorité de l’accent et sa capacité à
vocaliser qu’elle pourrait améliorer (absence de trilles dans
les ornementations des da capo) ; annoncée souffrante (et cela
se voyait), Lyne Fortin force d’autant plus l’admiration en Ginevra
que son état ne l'a pas empêché de chanter avec
justesse, style et émotion, faisant preuve d’une solide
technique. Olga Pasichnyk est tout aussi séduisante, proposant
une projection vocale impressionnante et jouant avec une troublante
sensualité. Laura Nykänen, le méchant de
l’histoire, nous glace le sang avec ses regards effrayants et qui en
disent longs tandis que la voix se déploie sans effort.
Christophe Fel et John McVeigh souffrent eux de quelques
écarts de justesse compensés par une justesse
stylistique appréciable."
- Dublin - 7, 8 février 2003 - Opera
Theatre Company - dir. David Adams - mise en scène James
Conway - décors Michael Vale - lumières Aideen
Malone
- Houston Grand Opera
- 1er, 3, 9,
12, 15, 17 novembre 2002 - dir. Christopher Hogwood - mise en
scène David Alden - décors, costumes Ian MacNeil -
lumières Wolfgang Göbbel - chorégraphie Michael
Keegan-Dolan - avec Susan Graham (Ariodante), Alexandra Coku
(Ginevra), Sally Burgess (Polinesso), Christine Brandes (Dalinda),
John McVeigh (Lurcanio)
- Munich - Opéra de
l'Etat Bavarois - 26, 30 mai,
1er juin, 17, 19 juillet 2002 - dir. Harry Bicket -
mise en scène David Alden - décors, costumes Ian
MacNeil - chorégraphie Michael Keegan-Dolan -
lumières Mimi Jordan Sherin - avec Umberto Chiummo (le Roi
d'Ecosse), Joan Rodgers (Ginevra), Ann Murray (Ariodante), Paul
Nilon (Lurciano), Christopher Robson (Polinesso), Julie Kaufmann
(Dalinda), Francesco Petrozzi (Odoardo)
- Nationale Reisopera -
Utrecht - 20, 22 avril 2002 -
Arhem - 24 avril 2002 -
Maastricht - 26 avril 2002 -
Groningen - 28 avril 2002 - La
Haye - 1er mai 2002 - Amsterdam - 5 mai 2002 - Eindhoven - 7 mai 2002 - Rotterdam - 11 mai 2002 - Enschede - 14 mai 2002 - Leeuwarden - 16 mai 2002 - Koor van de
Nationale Reisopera - Het Esterhazy Orkest - dir. Michael
Hofstetter - mise en scène Tobias Hoheisel, Imogen Kogge -
décors et costumes Tobias Hoheisel - lumières
Wolfgang Göbbel - chorégraphie Stijn Celis -
dramaturgie Jennifer Batchelor - avec Brindley Sherrat (Re di
Scozia), Alice Coote (Ariodante), Elzbieta Szmytka (Ginevra),
Artur Stefanowicz (Polinesso), Johannette Zomer (Dalinda), Corby
Welch (Lurcanio)
- Boston - Etats
Unis - 19, 21 avril 2002 - dir. Christopher Hogwood - avec Beth
Clayton (Ariodante), Curtis Streetman (Roi d'Ecosse), Amy Burton
(Ginevra), Jeffrey Thompson (Lurcanio), Rosemarie van der Hooft
(Polinesso), Kendra Colton (Dalinda)
- Théâtre de
Fribourg - Allemagne - 13, 20, 28 avril 2002 - nouvelle
production Reinhard Goebel - mise en scène Gerd Heinz -
décors Elisabeth Pedross - costumes Jutta Delorme
- Londres - Coliseum
- English National Opera - 6, 9,
12, 14, 20, 22, 27 mars 2002 - dir. Harry Christophers, mise en
scène David Alden (production de 1993) - avec Eric Owens
(Roi d'Ecosse), Catrin Wyn-Davies (Ginevra), Sarah Connolly
(Ariodante), Paul Nilon (Lurcanio), Sally Burgess (Polinesso),
Mary Nelson (Dalinda), Finnur Bjarnason (Odoardo)

- Opéra de San Diego
- 9, 12, 15, 17 février
2002 - production de l'Opéra de Dallas - dir. Kenneth
Montgomery - mise en scène John Copley - décors John
Conklin - costumes Michael Stennett - avec Vivica Genaux
(Ariodante), Rosemary Joshua (Ginevra), Christine Brandes
(Dalinda), David Walker (Polinesso), Bruce Fowler (Lurcanio),
Andrew Truett (Odoardo), Julien Robbins (Roi d'Ecosse).
- Palais
Garnier - 17, 20, 23,
26 et 29 avril, 2, 5, 7, 10 et 15 mai 2001 - Dresde - Semperoper - 2 juin 2001 -
version de concert - Salzbourg - Festival
de Printemps - 4 juin 2001 - version de concert -
Grenoble - Eglise Saint-Jean -
6 juin 2001 - version de concert - dir. Marc Minkowski - mise en
scène : Jorge Lavelli, décors Alain Lagarde,
costumes Francesco Zito, chorégraphie Laurence Fanon - avec
Anne Sofie von Otter (Ariodante), Laura Claycomb (Ginevra),
Patricia Petibon (Dalinda), Silvia Tro Santafé (Polinesso),
Kresimir Spicer (Lurcanio), Kristinn Sigmundsson (le roi),
Magdalena Kozena, Marie José Trullu, R. Croft
- Opéra International - juin 2001
"L'adaptation consiste parfois
en d'importantes coupures pratiquées dans les
récitatifs. Mais il ne s'agit pas seulement de cela avec
Ariodante, un certain nombre d'airs ayant été
ajoutés ou supprimés. Dalinda, figure dominante chez
Salvi, passe ici au second plan. Par contre, Ariodante suit
l'évolution inverse. Le résultat de cette adaptation
est loin d'être un modèle du point de vue de
l'équilibre dramatique. Que dire d'un personnage principal
d'une telle passivité ? Ses plus grandes actions sont ses deux
suicides ratés Et s'il arrive au hon moment pour le
dénouement, c'est après que son frère eût
tué en duel l'infâme Polinesso, lequel a avoué
ses forfaits en agonisant. Ariodante n'est donc peut-être pas
le chef-d'oeuvre absolu que l'on prétend parfois. La musique
de Haendel est sou-vent magnifique (les plaintes de Ginevra,
d'Ariodante ou du roi d'Ecosse au deuxième acte), mais les
faiblesses du li-vret ne rendent pas la tâche facile aux
metteurs en scene... Nous pouvons mettre au crédit de Jorge
Lavelli de nous avoir épargné les gags inutiles et
déplacés dont la plupart de ses collègues
parsèment les opere serie. Mais sa conception de l'oeuvre
n'est pas pour autant très convaincante. Elle est
fondée sur la mise en mouvement de divers
éléments de décor (grands panneaux translucides,
forêt, muraille...) qui sont censés illustrer les
changements intérieurs que subissent les personnages. Pourquoi
pas ? Malheureusement, cela se fait en multipliant la
représentation de symboles plutôt mystérieux pour
toute personne qui n'aurait pas lu toutes ses interviews... Et,
très rapidement, cela ne ressemble qu'à du
remplissage.
Le premier acte est, à
ce titre, une véritable calamité : pendant que les
éléments de décor défilent doucement,
presque tous les airs sont interprétés en avant ou au
milieu, et, une fois leur tâche accomplie, les chanteurs
partent en courant au fond de la scène. Quant au choeur, il
vient se positionner de chaque côté et s'exprime au
garde-à-vous, se contentant de lever les bras au ciel à
quelques reprises. Les autres actes, surtout le deuxième (beau
ciel nuageux dans la perspective d'une grande muraille
crénelée), sont un peu plus réussis, mais la
musique n'y est pas étrangère. La direction d'acteurs
est, elle aussi, assez limitée : les amoureux sont
plutôt niais, et le "méchant" se déplace de
façon raide et mécanique.
Une des particularités
d'Ariodante est la présence de ballets à la fin de
chaque acte. Le théâtre pour lequel composait Haendel
alors, avait engagé la troupe de la célèbre
danseuse Marie Salé. Les copieux sifflets
réservés à la chorégraphe Laurence Fanon,
le soir de la première, nous ont semblé
sévères : elle est en effet à peu près la
seule, dans cette mise en scène, à faire preuve
d'imagination. Mais on ne peut pas non plus s'étonner de
l'indignation des spectateurs devant le ballet des nymphes, bergers
et bergères qui clôt le premier acte. Il ne s'agissait
pas de représenter ces personnages au premier degré,
mais de là à nous infliger le défilé des
inévitables militaires tout de noir vêtus, avec hottes
et casquettes... La suppression des casquettes, après la
première, a nettement adouci les réactions du
public.
Malgré un sens de
l'ornementation globalement décevant, la distribution
réserve quelques bonnes surprises. Bien que la parrtie de
Polinesso soit un peu grave pour elle (elle a été
écrite pour un vrai contralto), la mezzo-soprano espagnole
Silvia Tro Santafé y fait valoir son timbre de bronze.
L'imposant et expérimenté Kristinn Sigmundsson propose
une belle caractérisation du vieux roi d'Ecosse, noble et
émouvant. La Dalinda de Patricia Petihon ne
déçoit pas. Sa voix a parfois du mal à franchir
l'orchestre dans une acoustique qui est loin d'être
idéale pour ce répertoire, mais elle maîtrise
l'expression et le chant. Le ténor Kresimir Spicer (Lurcanio)
nous offre un portrait sensible du vrai personnage
héroïque de l'opéra. La tâche qui incombait
à Laura Claycomb, incarner Ginevra après la
bouleversante Lynne Dawson (dans l'excellente réalisation
discographique gravée sous la direction de Marc Minkowski)
n'était pas facile. Elle impose finalement sa vision du
rôle avec finesse et retenue.
Comme au disque, c'est
à Anne Sofie von Otter qu'est confié le
rôle-titre, mais le résultat est tout autre ! Manque de
présence vocale, sécheresse du grave et du
médium, vocalises imprécises, ornementation des da capo
limitée... Malgré quelques jolis moments, jamais la
mezzo suédoise ne peut nous faire croire qu'elle a la carrure
et les moyens d'un rôle écrit pour le grand castrat
Carestini. Enfin, sous la direction tres inspirée de Marc
Minkowski, les Musictens du Louvre maintiennent un excellent niveau
de jeu. Malgré les réelles beautés de l'oeuvre
et une distribution d'un bon niveau d'ensemble, nous avons pu
constater à quel point une mise en scène
privilégiant le côté intellectuel à
l'invention peut peser sur la qualité d'un spectacle. Et,
malgré le battage fait autour de cet opéra, il y a sans
doute, dans la production opératique de Haendel, des oeuvres
bien moins connues qui pourraient se révéler d'une
meilleure efficacité scénique."
- ConcertoNet - 17 avril 2001 - Ariodante
sauvé du zoo
"Tous ceux qui gardaient un
souvenir émerveillé des concerts de janvier 1997 et
avaient salué en Ariodante l'absolu sommet dans la
discographie des opéras de Haendel, attendaient avec un
mélange d'impatience et de crainte la création de
l'ouvrage au Palais Garnier. Impatience d'y retrouver le chef,
l'orchestre et la principale protagoniste, crainte devant le reste
d'une affiche qui semblait peu à même de relever le
défi de la distribution originale. Adieu, larmes
déchirantes de Lynne Dawson, abysses ogresques d'Ewa Podles,
fruit délicat de Veronica Cangemi et infernale
vélocité de Richard Croft ! Les chanteurs réunis
par l'Opéra de Paris ne les inquiéteront certes pas
devant l'Eternel, mais le résultat ne manque pas de panache.
Laura Claycomb et Patricia Petibon n'ont ni l'une ni l'autre un
timbre particulièrement riche et varié
(catégorie citron pour la première, sucre d'orge pour
la seconde), elles n'en délivrent pas moins des incarnations
convaincues et musicalement intègres. On aime la
fragilité préraphaélite de Claycomb,
l'intériorité de sa déploration et de son
dernier acte ; Petibon, limitée par la minceur de la
matière sur le strict terrain technique de l'articulation des
vocalises (descentes un rien glissantes de "Neghittosi or voi"),
investit ce même air d'une remarquable puissance dramatique, et
trouve avec Dalinda l'un de ses meilleurs rôles à ce
jour. Silvia Tro Santafé impressionne par un timbre percutant,
bien que quelque peu forcé dans le médium, mais peine
ce soir à maîtriser les grands écarts de sa ligne
; Kresimir Spicer connaît pour sa part des problèmes de
rythme et semble manquer d'assurance, mais l'évidence d'un
chanteur d'envergure s'impose, avec une émission d'une
homogénéité et d'une souplesse rares dans ce
répertoire. Sigmundsson accomplit sur sa grande voix un
appréciable effort de mimétisme et campe un Roi
d'Ecosse digne et émouvant.
L'autre point d'interrogation
de la soirée ne trouve malheureusement pas une réponse
aussi satisfaisante. Après une Veuve Joyeuse dépourvue
d'humour, Lavelli revient sur le lieu du crime avec un
opéra-seria à tendances bouffonnes. Essoufflement
sénile d'un homme de théâtre abîmé
dans son propre système ? Ce serait oublier les grosses
peluches dont le metteur en scène peuplait déjà
voilà vingt ans à Aix le plateau d'Alcina - oublier
aussi, nous signale-t-on cette fois à sa décharge, le
Siroe du même Haendel il y a peu à Venise, où il
retrouvait paraît-il une vigueur inattendue. Concluons alors
que Lavelli n'est pas parvenu à s'intéresser au drame
subtil et aux émotions d'Ariodante plus de temps qu'il n'en
faut pour écrire l'avant-texte du programme, ou a
consacré à le rédiger tout le temps des
répétitions. Ses procédés d'ironie
tristounette fonctionnaient dans Faust, pas dans une œuvre qui
réclame flamboiement et sincérité. Au premier
acte, seul le cheval de toile de la pauvre von Otter et le gros
paquet cadeau dans lequel les danseurs ficellent chœurs et solistes
irritent vraiment, les éclairages crépusculaires du duo
Ginevra - Ariodante s'avérant même d'une grande
beauté. Le second commence mal (même Zucker et Abrahams
ont compris que le coup de la paroi horizontale en
contre-plongée ne marchait plus) et s'achève dans le
grotesque avec ce ballet d'insectes façon J.O. d'Albertville
qui laisse la salle effondrée de rire là où elle
devrait, rappelons-le, suffoquer d'effroi et de compassion. Peut-on
croire que le ridicule grimpe encore d'un cran avec ce ring
chromé auprès duquel ne manquent que les bandits
manchots et surtout le retour du canasson sur lequel
l'héroïne elle-même, contrainte de chanter la
reprise de "Doppo notte", peine à garder son sérieux
?
Essayant d'ignorer ce flingage
permanent, le spectateur de bonne volonté se concentre avec
toute la constance dont il est capable sur ceux qui avaient
motivé sa venue. Et là, le miracle est au rendez-vous.
Marc Minkowski retrouve cette partition qu'il choie depuis dix ans
bientôt avec un enthousiasme intact et des intentions sagement
mûries. Conscient des exigences de la scène, et surtout
d'une salle surdimensionnée (faudra-t-il mourir sans entendre
chanter un Haendel décent à Favart ?), il choisit des
tempos un peu moins extrêmes qu'au disque, détaille avec
soin les phrasés et l'articulation, pour chercher dans la
chair vive de l'orchestre, dans sa dynamique et ses alliages de
timbre, les contrastes musicaux qui nourrissent une vision dramatique
d'une parfaite pertinence et d'un absolu naturel. Quelques
hésitations dans les pupitres de cuivres et de hautbois mises
à part, on admire la malléabilité de cet
orchestre capable de déchaîner la tempête ("Il tuo
sangue", "Neghittosi or voi", le ballet des songes, ainsi
sauvé) comme d'épouser les plus ténues nuances
des voix. L'alchimie entre Minkowski et Anne-Sophie von Otter
éblouit dans les airs de virtuosité, chantés,
même le terrifiant "Con l'ali di costanza" avec une
fluidité du souffle, une aérienne facilité des
lignes, un sentiment de décontraction jubilatoire proprement
déconcertants. Lorsqu'une Bartoli met sa vie en jeu dans
chaque vocalise au delà de leur signification dramatique
immédiate, von Otter construit son incarnation de
manière à nous prendre à la gorge lorsque
l'exige la musique. Faut-il vraiment reparler de "Scherza infida" sur
lequel tout semble avoir été écrit ? Disons
alors que cette vertigineuse plongée vers les confins de
l'audible, qui magnétise de façon à peine
croyable le public, ne ressort nullement de l'artifice, mais de
l'expérience musicale et théâtrale qui abolit
toute les conventions de la représentation pour nous faire
vivre, dans l'extrême dénuement de la voix, dans le nerf
tendu du mot et le point de rupture toujours frôlé mais
jamais franchi entre les colorations lunaires et voilées et la
raucité mourante, un des plus fabuleux moments de toute
l'histoire du chant humain."
"Ariodante aurait dû
être une consécration, ce qu'il n'a pas
été"..."Avec les Musiciens du Louvre; Minkowski a mis
sur pied une brillante machine à jouer Haendel"..."Mise en
sscène bien plate de Jorge lavelli...Patricia Petibon dans
Dalinda, fine musicienne et seul personnage véritablement
incarné".
- Le Monde de la Musique - juin 2001 - Les
confidences d'Ariodante - "Sifflets et play-back :
l'entrée mouvementée d'Ariodante au
répertoire de l'Opéra national de Paris a
réservé quelques surprises..."
"Dans ce collage, à la
manière des surréalistes, de scènes apparemment
disparates, les chanteurs s'inscrivent comme en gros plan"..."Anne
Sofie von Otter est la première victime de cette vastitude.
Superbe en chevalier blond tout de noir vêtu, elle ne renonce
à aucune des finesses qui faisaient merveille au disque, mais
manque d'héroïsme"..."Autour d'elle, Laura Claycombe et
Patricia Petibon sont impeccables, mais moins habitées par
leur rôle"...."Marc Minkowski est aux petits soins pour les
Musiciens du Louvre en grande forme"..."Le 2 mai, Anne Sofie von
Otter, souffrante, ne confie que sa grande silhouette à son
personnage...Della Jones, installée dans la fosse
d'orchestrtre lui prêtant sa voix".
- Diapason - juin 2001 - "Paris couronne
Ariodante"
"Dans ce que Jorge Lavelli
nous fait voir, rien de merveilleux, ni lumineux, ni baroque, ni
même nouveau"..."On n'imaginait pas les Musiciens du Louvre
capables de cette somptuosité sonore soyeuse, aux
irisations et dégradés presque infinis"..."Anne
Sofie von Otter fait planer son mémorable lamento au dessus
d'un murmure musical d'une sublime beauté".
- Libération - "Ariodante
castré" - Décevante nouvelle production de
l'opéra de Haendel à Garnier.
- Le Monde - 19 avril 2001 - Un
"Ariodante" entre effets et concepts au Palais Garnier
- Altamusica -
Luxe et volupté, sinon calme, pour
Ariodante
"C’est vrai, cet Ariodante
n’est sûrement pas la meilleure mise en scène lyrique
de Jorge Lavelli. Mais son travail, qui s’inscrit parfaitement
dans les sobres décors d’Alain Lagarde, a le mérite
de la clarté, de la lisibilité ; les liens entre les
personnages sont nettement définis, la carte des sentiments
exploitée sans surprise mais avec intelligence. Quant
à la direction d’acteurs, elle ne mérite pas de
reproche. On est loin, pourtant, de l’inoubliable Alcina aixoise
de 1978. On n’en voudra pas à Lavelli d’être
resté fidèle à lui-même ; il est
dommage, toutefois, qu’il n’ait pas réussi à donner
à ses héros le supplément de cœur qui les
eût rendus plus humains. Il ne méritait pas pour
autant les huées qui l’ont accueilli. Est-il
nécessaire de s’attarder sur l’insignifiante
chorégraphie de Laurence Fanon ? Ce qui compte, ce soir,
c’est la musique. La distribution est alléchante. On est
inquiet, pendant tout le premier acte, d’entendre des voix
féminines qui manquent singulièrement de projection.
Seule Patricia Petibon réussit à imposer sa Dalinda,
piquante, charmeuse, et rouée.
Dès le
deuxième acte, on retrouve Anne Sofie von Otter, sa ligne
musicale d’une irréprochable plastique, son timbre lumineux
qui s’épanouit à chaque mesure. Son "Scherza,
infida" est, on s’en doute, un sommet. La voix étrange de
Silvia Tro Santafé sied à Polinesso, et fait oublier
une vocalisation parfois hésitante. Seule Laura Claycomb
déçoit, chantant joliment mais se cantonnant dans un
registre plaintif et douloureux, malgré un troisième
acte réellement émouvant. Il y a peu à dire
du Roi d’’Ecosse sonore de Kristinn Sigmundsson ; quant à
Kresimir Spicer (Ulysse de Monteverdi remarqué au dernier
festival d’Aix), il rend crédible son personnage de
Lurcanio par la qualité et la spontanéité de
son chant. Avec son enregistrement d’Ariodante, Marc Minkowski
avait placé la barre très haut. L’infinie palette de
couleurs dont dispose sa formation des Musiciens du
Louvre-Grenoble, la souplesse de son discours, son souci du
détail poussé à l’extrême en
évitant (de justesse, parfois) le maniérisme, son
goût d’une dynamique sonore contrastée, son art de
jouer avec le temps, silences compris, et de faire de l’orchestre
un protagoniste à part entière n’appartiennent
qu’à lui. Un Haendel aussi luxueux, voluptueux et
émouvant, ça n’a pas de prix."
- Altamusica - Ariodante sur un plan
très incliné - 17 avril 2001
"Si le travail de Jorge
Lavelli est parfois controversé, cette fois, sa mise en
scène d'Ariodante de Haendel au Palais Garnier a
carrément été huée par le public
parisien. Mais le travail de Marc Minkowski et de ses musiciens du
Louvre - si apprécié au disque - ne remporte pas non
plus que des louanges. Ariodante, un jeune chevalier de
lumière (pourquoi tout de noir vêtu ?) arrive sur son
fier destrier (pourquoi ce ridicule cheval d’arçon ?)
à la rencontre de sa bien-aimée princesse Ginevra,
laquelle, dans un moment d’égarement, se trompe de
partenaire et saute dans les bras de son royal géniteur, le
Roi d’Ecosse. Entrée du méchant jaloux, Polinesso
(pourquoi est-il aussi frénétiquement agité
?) qui convoite la fille et le trône, et va ourdir son
funeste projet avec la complicité de la dame d’honneur de
la princesse, l’adorable, la trop naïve et finalement
repentante Dalinda (on a quelque peine à y croire !).
Complots, trahisons, jeux de masques et triomphe de l’amour :
chacun chante son aria da capo et disparaît, à cour
ou à jardin, dans un vide sidéral, ou dans les
inévitables trappes à tout faire du plan
incliné. Il faudra, hélas, passer par l’intervention
du ballet (bon, plutôt bien réglé) où
les danseurs, sanglés dans des uniformes noirs de sinistre
mémoire, retrouvent les gestes insupportables d’un
cauchemar pas si lointain. Il faudra oublier les chenilles et
insectes volants ou rampants, s’ébattant dans la
forêt des songes sans réussir à nous faire
peur un instant, oublier les acrobates convoqués aux
réjouissances finales, sans doute pour rompre avec la
monotonie ambiante : trop d’images détournées,
dépourvues de sens, trop d’indifférence au jeu des
chanteurs, qui n’ont que trop rarement l’occasion d’exprimer les
passions qui les enchaînent. Alors qu’il se passe des choses
magnifiques dans la musique, avec des moments de beauté
absolue, qui vont bien au-delà de la virtuosité
obligée du genre : le désespoir d’Ariodante au
deuxième acte et son pardon au troisième, le
monologue du Roi, convaincu du libertinage coupable de sa fille,
le final dans son entier…
Et puis il y a Marc
Minkowski, qui brasse et embrasse la fosse et le plateau avec
cette irrésistible et si palpable envie de musique. Trop
d’accents ? Pas assez ? Je ne suis pas de celles, ou de ceux, qui
se répandent en lamentations outragées sur le
minimalisme vocal, aux limites du silence, qu’il impose parfois
aux chanteurs (et en particulier à Anne-Sophie von Otter),
même si on aimerait les sentir brûler d’un feu plus
intense. Mais l’orchestre est là, qui règne en
maître, à la fois premier grand rôle et
commentateur aux ressources infinies de la douceur ou de la
violence des événements qui nous sont donnés
à vivre."
- Munich - Bayerische
Staatsoper - 17, 20, 24, 28 janvier, 1er, 5
février 2000, 24, 26, 29, 31 mars 2000 - dir. Ivor Bolton -
mise en scène David Alden - décors et costumes Ian
McNeil - chorégraphie Michael Keegan-Dolan -
lumières Mimi Jordan Sherin - choeurs Eduard Asimont -
nouvelle production - avec Joan Rodgers (Ginevra), Julie Kaufmann
(Dalinda), Ann Murray (Ariodante), Christopher Robson (Polinesso),
Paul Nilon (Lurcanio), Umberto Chiummo (Re di Scozia)

- New York City
Opera - 26, 30 septembre, 2, 5, 8, 14, 16 octobre 1999
- nouvelle coproduction avec Dallas Opera - dir. Jane Glover -
mise en scène John Copley - décors John Conklin -
costumes Michael Stennett - avec Sarah Connolly (Ariodante), Amy
Burton (Ginevra), Lisa Saffer (Dalinda), Bejun Mehta (Polinesso),
Jeffrey Reynolds (Odoardo), John McVeigh (Lurcanio), Sanford
Sylvan (King of Scotland)
"Dans la vision de John
Copley, Ariodante devient une démonstration d'art baroque
à son zénith, tempérée par quelques
trouvailles destinées à flatter l'oeil contemporain.
Les interprètes évoluent avec grandeur et
majesté, et prennent des poses pour chanter leurs airs, comme
s'ils se trouvaient sous le regard d'un peintre, impression
renforcée par les somptueux costumes de Michael Stennett,
inspirés par les toiles de Tiepolo. Les décors de John
Conklin (des panneaux sombres frangés d'or au premier plan,
une ouverture révélant de curieuses architectures
déformées à l'arrière) vont et viennent,
évoquant les grandes machineries baroques, mais sans jamais
chercher à les recréer de manière
littérale.
Musicalement, la
représentation souffre de la présence dans la fosse de
Jane Glover, incapable d'imposer une vision d'ensemble aux longues
aria de Haendel : les contrastes de tempo entre l'exposition d'un
thème et sa reprise da capo passent complètement
inaperçus. Les nombreuses coupures n'arrangent rien, surtout
lorsqu'elles concernent justement les da capo ! Certains chanteurs
réussissent pourtant à s'imposer, à commencer
par le contre-ténor Bejun Mehta, au timbre radieux, aux
attaques arrogantes, au phrasé sensible et varié, dans
le rôle du "méchant" Polinesso. Avec sa voix très
claire, Amy Burton évoque un peu trop une poupée de
cire au premier acte, mais sa Ginevra s'humanise ensuite. En Dalinda,
le second soprano, Lisa Saffer, habillée comme une aristocrate
de Gainsborough, déploie un charme piquant et une
agilité vocale sans reproches.
Distribuée dans l'alto
d'Ariodante, Sarah Connolly est davantage un soprano court, au
phrasé exquis dans "Scherza, infida", mais privé
d'ardeur virile. En Lurcanio, le ténor John McVeigh se fait
remarquer par ses qualités dramatiques, le baryton Sanford
Sylvan, tant apprécié dans la mu-sique contemporaine,
rapprochant un peu trop le roi d'Ecosse d'un ecclésiastique.
Son chant procure peu de plaisir, mais sa technique réussit le
miracle de nous faire oublier qu'il ne possède an rien les
qualités de l'emploi." (Opéra International - novembre
1999)
- Opéra de Dallas
- 20, 22, 24, 28 novembre 1998 - dir. Jenkins - mise en
scène Copley - avec Grissom, Williams, Vivica Genaux, Brian
Asawa, Francis, Langan
- Festival Haendel de
Halle - 5 juin 1997 - Les Musiciens du Louvre - dir.
Marc Minkowski - avec Magdalena Kozena, Gillian Webster, Veronica
Cangemi, Toby Spence
- Théâtre de
Poissy - 16 janvier 1997 -
Cargo de Grenoble -
11 janvier 1997 - dir. Marc Minkowski - avec
Lynne Dawson (Ginevra), Anne Sofie von Otter (Ariodante), Ewa
Podles (Polinesso), Veronica Cangemi (Dalinda), Richard Croft
(Lurcanio)
"Sans décor ni
costumes, mais par une mise en espace discrète et efficace,
et, surtout, une superbe distribution...Ann Sofie von Otter
prête sa silhouette longiligne et sa voix fragile...avec une
grande rigueur stylistique et un engagement dramatique
total...Peut-on rêver contraste plus parlant avec Ewa Podles,
à la voix noire et tonitruante...Lynne Dawson prête son
timbre lumineux, sa technique, son charme, sa sensibilité
à Ginevra." (Opéra International - mars
1997)
- Londres - Covent Garden -
English National Opera - 11, 15,
17, 22, 24, 30 mai, 4 juin 1996 - dir. Ivor Bolton - mise en
scène David Alden - avec Ann Murray, Joan Rodgers,
Christopher Robson, Lesley Garrett, Paul Nilon, Howell, Le
Brocq
- Göttingen -
Händel Festspiele
- 1er, 3, 5 6 juin
1995 - dir. Nicholas McGegan - mise en scène Drew Minter -
décors Scott Blake - costumes Bonnie Krüger - avec
Lorraine Hunt (Ariodante), Juliana Gondek (Ginevra), Lisa Saffer
(Dalinda), Jennifer lane (Polinesso), Rufus Müller
(Lurcanio), Nicolas Cavallier (Il Re di Scozia)
"La réalisation
proposée au Festival Haendel de Göttingen, sous la
baguette de son directeur Nicholas McGegan, si elle ne rend pas
l'opéra méconnaissable, ne lui rend pas vraiment
justice. Dans des décors hideux, dus sans doute à des
problèmes de moyens (mais pourquoi plusieurs toiles peintes
bâclées, là où deux ou trois, mieux
réalisées, auraient suffi ?), Drew Minter, ici metteur
en scène, propose une direction d'acteur influencée par
son travail avec Peter Sellars dans Giulio Cesare ; parfois un peu
hystérique ou maladroitement symbolique, elle a au moins le
mérite de servir l'action à peu près clairement.
Face à l'une des partitions les plus inspi-rées de
Haendel, la direction de McGegan a, elle aussi, ce niveau de
mérite : voilà une restitution intégrale, probe
et musicale. Mais cela ne saurait suffire : trop de tempi uniformes,
trop de détachement dramatique, trop d'aimables colorations
orchestrales, là où l'on attendrait rage, flamme,
larmes et éclats de rire. Ainsi, Lorraine Hunt, d'une superbe
vaillance déchirée, serait un Ariodante exceptionnel
sous une autre baguette, qui saurait par exemple trouver une libre
respiration et un vrai sens pathétique dans l'intense "Scherza
infida", laissant s'épanouir son tempérament de
tragédienne. Et pourtant, la mezzo bouleverse et
éblouit plus d'une fois, forte incarnation, pleine de
prestance dans les récitatifs, très virtuose
malgré quelques accrocs dans les grands airs à
coloratures...Dans le rôle fragile, pathétique et
racé de Ginevra, Juliana Gondek ne brille pas, quant à
elle, par son élégance, mais par un réel
engagement dramatique, qui fait en partie oublier les tensions, les
imprécisions et les fautes de goût de son chant, ainsi
que le manque de juvénilité du personnage qu'elle
interprète. Au contraire, Lisa Saffer est une Dalinda
crédible, voix acide, mais gracieuse dans les ornements, et
émouvante, malgré un format un peu réduit, dans
sa déploration au troisième acte. Le reste de la
distribution déçoit plus nettement." (Opéra
International - octobre 1995)
- Cardiff - Welsh National
Opera - 26 février 1994 - Birmingham - 18 mars 1994 - Southampton - 14 avril 1994 - Bristol - 21 avril 1994 - dir. Marc
Minkowski - mise en scène David Alden - avec Mellor, Jones,
Palmer, Waters, Cross, Umberto Chiummo
- Londres - English National
Opera -
Coliseum - 28 avril, 1er, 5, 7, 12, 15, 18,
21 et 28 mai, 3, 7 et 10 juin 1993 - dir. Nicholas McGegan - mise
en scène David Alden - avec Amanda Roocroft (Ginevra), Ann
Murray (Ariodante), Lesley Garrett (Dalinda), Christopher Robson
(Polinesso), Paul Nilon (Lurciano), Michael Druiett (King of
Scotland), McDougall
"Point d'instruments
anciens...mais une formation moderne, dirigée avec une
fermeté, une vigueur qui excluent toute
précipitation...Le plateau est superbe...Ann Murray conjugue
dans le rôle-titre l'éclat et la tendresse, le brillant
et l'humanité. Ginevra trouve en Amanda Roocroft une soprano
à l'aigu d'une liquidité, d'une luminosité et
d'une beauté stupéfiantes...Christopher Robson apporte
au sinistre Polinesso une noirceur subtilement teintée de
suavité...Lesley Garrett offre l'une de ses meilleures
incarnations en Dalinda...Le seul point faible reste la basse Michael
Druiett, roi d'Ecosse foncièrement ennuyeux...David Alden
impose aux chanteurs d'invraisemblables contorsions et des mouvements
d'une lenteur...Il faut rendre hommage au chef d'orchestre et aux
solistes, capables de transcender des conditions aussi
précaires pour donner vie au sombre drame de
Haendel."
- Santa Fé
- 1987 - avec Tatiana Troyanos (Ariodante), Benita
Valente (Ginevra), Janice Hall (Dalinda)
- Genève - Grand
Théâtre - 5, 8, 11, 14, 17, 20 et 23 février 1986 -
dir. Kraemer - mise en scène Pier Luigi Pizzi - avec
Danièle Borst, Rolandi, Tatiana Troyanos, James Bowman,
Dale, Dean
- Théâtre des
Champs Elysées - 25, 28, 30 mars, 1er
et 9 avril 1985 - Orléans - 12 et 14 avril
1985 - Lausanne
-9 et 11 mai 1985 - La Grande
Ecurie et la Chambre du Roy - dir. Jean-Claude Malgoire - reprise
de la production de Pier Luigi Pizzi (mise en scène,
décors et costumes) de 1981 - avec Françoise
Destembert (Dalinda), Jenny Drivala (Ginevra), Zehava Gal
(Ariodante), Andrew Dalton (Polinesso), Georges Gautier
(Lurcanio), Grégory Reinhart (le Roi) - Co-production
Théâtre des Champs Elysées, Teatro Alla Scala,
Opéra de Paris.
"Pizzi, en recadrant l'histoire déjà
resserrée sur elle-même, l'enferme en une âpre
colonne conique s'ouvrant en cercles symboliquement
concentriques...Pour meubler un volume qui eut englouti chacun des
acteurs, il leur adjoint une ombre, serviteurs muets et
noirs...Andrew Dalton a campé un Polinesso sans grande
envergure vocale et dramatique...Gregory Reinhart proposait du Roi un
personnage sans consistance ni grandeur. De toute la distribution,
seule Zehava Gal sur vraiment dépasser et la lettre et
l'esprit de la partition." (Opéra International - mai
1985)
- Grand Théâtre
de Nancy - 7, 9, 11 octobre
1983 - dir. Cyril Diederich - mise en
scène Pier Luigi Pizzi - avec Christine Barbaux (Ginevra),
Henri Ledroit (Polinesso), Zehava Gal (Ariodante), Tibère
Raffali (Lurcanio), Grégory Reinhart (le Roi d'Ecosse),
Françoise Destembert (Dalinda) - reprise d'une production
de la Piccolo Scala de 1981
- Opéra International -
décembre 1983
"Regarder ce
spectacle...procure...une satisfaction immédiate des sens,
flattés par une harmonie parfaite"..."Pizzi n'est jamais aussi
à l'aise que dans l'univers baroque"..."Face à une
partition redoutable, les interprètes ont fait de leur mieux,
même si Henri Ledroit sait beaucoup mieux, d'ordinaire, jouer
d'une voix au grain rare"..."Face au Roi autoritaire (Grégory
Reinhart), toujours remarquable musicien, Françoise Destembert
et Christine Barbaux ont fait étinceler leurs timbres
adamantins"..."Tous formaient une équipe jeune, dynamique et
homogène, sous la baguette alerte et vivace de Cyril
Diederich."
- Opéra International - octobre 1983
- Ariodante - Un chef d'oeuvre méconnu de Haendel
- Milan - Piccola
Scala - 8, 10, 13, 14, 15, 16, 18, 20 avril 1982 - dir.
Alan Curtis - mise en scène Aliberti - avec Browne/Carolyn
Watkinson, Valerie Masterson/Kriek, Bonfanti, Gall/York, Gavazzi,
Malta, Luccardi, Palacio/Cosotti
- Milan - Piccola
Scala - 28 mars 1981 - Edimbourg - Nancy - Théâtre des Champs
Élysées - dir. Alan Curtis - mise en
scène Pier Luigi Pizzi - avec Carolyn Watkinson, Lella
Cuberli
- Londres - Handel Opera
Society - 1974 - version anglaise de Brian Towell -
dir. Charles Farncombe - avec Maureen Lehane (Ariodante), Janet
Price, Patricia O'Neill, James Bowman, Philip Langridge, Bryan
Rayner-Cook
- Halle - Festival
Haendel - 1972 -
Handelfestspielorchester Landestheater Halle - dir. Thomas
Sanderling - mise en scène Wolfgang Kersten - décors
Bernd Leistner - costumes Eleonore Kleiber - chorégraphie
Marion Schurath
- Halle - Festival
Haendel - 1971 -
Handelfestspielorchester Landestheater Halle - dir. Thomas
Sanderling - mise en scène Wolfgang Kersten - décors
Bernd Leistner - costumes Eleonore Kleiber
- New York - Carnegie
Hall - mars 1971 - Orchestre de l'Opéra de
Vienne - Choeur de l'Académie de Vienne - dir. Stephen
Simon - avec Sophia Steffan (Ariodante), Judith Raskin, Patricia
Wise, Morley Meredith, John Stewart
- Birmingham - Barber
Institute of Fine Arts - 7, 9 mai
1964 - dir. Anthony Lewis - avec Janet Baker (Ariodante),
Jacqueline Delman, Patricia Clark, Johanna Peters, Kenneth Bowen,
Donald McIntyre, Keith Urwin
- Berlin - Opéra
d'Etat de Berlin Est - 13 avril 1959 - version
allemande de Heinz Rückert et Wlatraut Levin - Prague - 1959 - Halle - Festival Haendel - 1959 - Production du Deutsche Staatsoper Berlin
- dir. Horst Tanu Margraf - mise en scène Heinz
Rückert - décors et costumes Rudolf Heinrich - avec
Gerhard Unger (Ariodante), Jutta Vulpius, Martin Ritzmann, Theo
Adam, Kurt Rehm, Sona Cervena, Walter Grossmann
- Stuttgart -
Landestheater - 28 septembre 1926 - première
reprise - version allemande de A. Rudolph - décors de Willi
Baumeister
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