ATALANTA

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

d'après Belisario Valeriano

DATE
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DETAILLEE
1985
Nicholas McGegan
Hungaroton
3
italien
2005
Nicholas McGegan

2
italien

Opéra en trois actes (HWV 35), sur un livret, anonyme, adapté de La Caccia in Etolia de Belisario Valeriano. Haendel commence la composition le 1er avril de 1736, et termine le 22 du même mois.

Première exécution au Théâtre de Covent Garden, à Londres, le 12 mai 1736. L'opéra faisait partie de la célébration offerte pour le mariage du prince de Galles Frederick (1707 - 1751) avec Augusta, princesse de Saxe-Gotha. La distribution réunissait Anna Maria Strada del Pò, soprano (Atalanta), Gioacchino Conti dit Il Giziello, soprano castrato (*) (Meleagro), Maria Caterina Negri, alto (Irene), John Beard, ténor (Aminta), Henry Theodore Reinhold, basse (Mercurio), Gustavus Waltz, basse (Nircandro). Il y eut huit représentations.

Frederick, prince de Galles

Il y eut deux nouvelles représentations en novembre 1736, notamment le 20, pour l'anniversaire du prince de Galles.

 

(*) Gioacchino Conti, dit Il Giziello en hommage à son professeur Domenico Gizzi, né à Arpino en 1714. Il connut le succès dès 1730 dans l'Artaserse de Vinci, puis chanta à Naples, Venise, Vienne, Londres, Lisbonne. Il chanta pour Haendel de mai 1736 (Atalanta) à mai 1737 (Berenice). Il fut le seul chanteur, à Londres, à oser le contre-ut. Il mourut à Rome en 1761.

 Gioacchino Conti, dit Il Giziello

 

Argument

Meleager, roi d'Aetolia, aime Atalanta, princesse d'Arcadia, dont l'intérêt principal est la chasse, une activité qu'elle exerce sous le nom d'Amaryllis. Meleager, déguisé en berger Thyrsis, la poursuit avec succès.

 "Haendel signe là une composition délicieusement ouvragée, où une légèreté apparente cache un tragique assez puissant, où les sentiments sont tout juste effleurés pour ne point rendre lourd ce qui doit demeurer léger et pastoral" (Opéra International - décembre 1985)

 

 

Représentations :

 

 

 Dominique Labelle en Atalanta

"La thématique du Festival Haendel — les liens du compositeur avec la maison de Hanovre — est l’occasion d’entendre des oeuvres de circonstance rarement proposées au public. Tel est le cas de l’opéra pastoral Atalanta, créé à Londres en mai 1736 à l’occasion du mariage du prince de Galles, fils de George II. Atalanta et Meleagro s’aiment, Irene et Aminta, de même. L’intrigue repose donc sur les scrupules d’Irene, qui se sent obligée de mettre son amant à l’épreuve, et sur le fait qu’Atalanta, princesse de son état, croit que Meleagro n’est qu’un simple berger. L’apparente superficialité du sujet ne bride en rien l’imagination du compositeur, qui produit une partition toute de charme mais aucunement dénuée de profondeur. Le spectaculaire est aussi présent grâce à une scène de chasse, une scène de sommeil, un deus ex machina et un véritable feu d’artifice donné en conclusion de l’opéra. De plus, la prestigieuse distribution d’origine comportait notamment le jeune et très talentueux soprano Gizziello, pour qui Haendel écrivit le seul contre-ut destiné à un castrat.

La mise en scène de Catherine Turocy, directrice artistique de la New York Baroque Dance Company, propose une approche historicisante, dans des décors essentiellement constitués de belles toiles peintes qui semblent inspirées de Gainsborough. La direction d’acteurs et la gestique employée débordent de détails soulignant l’ironie des situations, les ballets s’intégrant parfaitement à l’atmosphère pastorale de l’oeuvre. Le spectacle est plus qu’agréable à regarder et le Philharmonia Baroque Orchestra, bien qu’un peu trop policé, est au moins un accompagnateur attentif sous l’excellente direction de Nicholas McGegan. Il ne manque que des chanteurs. Léger voile, vocalises nasalisées, problème de placement et de soutien des aigus, Dominique Labelle ne trouve pas vraiment ses marques et n’est sauvée que par sa musicalité. Susanne Ryden est tout aussi dépassée par les aigus de Meleagro, mais bénéficie au moins d’un médium agile et de jolis trilles. Emma Curtis ne fait entendre que des graves d’une étonnante puissance. Quant au ténor Michael Slattery, il malmène beaucoup sa ligne de chant. Le meilleur se trouve du côté des petits rôles, Nicandro et Mercurio. Le jeune baryton-basse sud-africain William Berger, en particulier, impressionne : égalité de la voix, nuances, style, musicalité, intelligence de l’interprétation et intensité de l’expression, la démonstration est magistrale."

 

 

 

 

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