COMPOSITEUR
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Georg Friedrich HAENDEL
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LIBRETTISTE
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d'après Silvio Stampiglia
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DATE
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DIRECTION
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EDITEUR
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NOMBRE
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LANGUE
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FICHE
DETAILLEE
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1966
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Horst-Tanu Margraf
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Berlin Classics
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1
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allemand
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1985
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Rudolph Palmer
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Vox Classics
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2
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italien
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1999
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Wladyslaw Klosiewicz
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Pro Musica Camerata
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2
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italien
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2003
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Andreas Spering
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CPO
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2
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italien
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Avant-dernier opéra
de Haendel, en trois actes (HWV 41), commencé le 9 septembre
1738, abandonné, puis terminé en 1740,
créé au Lincoln's Inn Fields, à Londres, le 22
novembre 1740, pour l'ouverture de la saison.
La distribution réunissait
Elisabeth Duparc, dite La
Francesina, soprano (Rosmene), Miss
Edwards, soprano (Clomiri), Giovanni Battista Andreoni, alto castrato
(Tirinto), Henry Theodore Reinhold, basse (Argenio), William Savage,
basse (Imeneo). Le rôle-titre était
interprété par une basse et non un castrat.
La création fut un
échec (deux représentations seulement).
Le 24 mars 1742, Haendel en
proposa en revanche une version de concert au New Music Hall, sur
Fishamble Street, à Dublin, qui eut un grand succès.
Cette version comportait de nombreuses coupures, mais aussi deux
arias et deux duos nouveaux.
Personnages : Clomiri (soprano),
Rosmene (soprano), Tirinto (mezzo-soprano), Argenio (basse), Imeneo
(basse)
"L'histoire est à la fois simple, commune et
particulière. Il s'agit d'un trio amoureux, une femme
(Rosmene) devant choisir entre ses deux prétendants, celui
qu'elle aime (Tininto) et celui à qui elle doit la vie sauve
(Imeneo). La distribution est complétée par Argenio, le
père de Rosmene, figure du devoir et qui la pousse donc
à choisir Imeneo, et Clomiri, la promise
délaissée de celui-ci. Les amants rivaux laissent peser
tout le poids du choix sur les épaules de Rosmene,
épreuve qui la mène à la folie. Elle se tourne
alors amoureusement vers Tirinto... et lui annonce qu'elle choisit
Imeneo.
Bien que les choeurs, présents à
chaque acte, soient tout acquis à la cause d'lmeneo, la
situation de départ semblait devoir conduire vers le lieto
fine conventionnel qui aurait vu se recomposer les deux couples
originels. La réjouissance finale est bien présente,
sous forme d'un choeur - d'ailleurs précédé d'un
duo de Rosmene avec Tininto et non avec Imeneo -
célébrant le Devoir et non l'Amour. Avec son
acuité habituelle, Haendel le compose dans un Mi mi-neur
particulièrement mélancolique." (Opéra
International - octobre 2003)
Représentations :
- Varsovie - Warszawska
Opera Kameralna - 27, 31
octobre, 3 novembre 2009 - Chamber Choir of the Warsaw Chamber
Opera - Period Instruments Ensemble of the Warsaw Chamber Opera -
Musicae Antiquae Collegium Varsoviense - dir. Wladyslaw Klosiewicz
- mise en scène Ryszard Peryt - scénographie Andrzej
Sadowski - avec Wojciech Gierlach (Imeneo), Jacek Laszczkowski
(Tirinto), Olga Pasiecznik (Rosmene), Marta Boberska (Clomiri),
Andrzej Klimczak (Argenio)
- Dublin - Gaiety
Theatre - 20, 22, 24, 26 novembre
2005 - RTE Concert Orchestra - dir. Laurent Wagner - mise en
scène David Bolger - décors, costumes Monica Frawley
- avec Daniel Belcher (Imeneo), Wilke te Brummelstroete (Tirinto),
Netta Or (Rosmene), Susannah Haberfeld (Clomiri), Wojciech
Gierlach (Argenio) - version de Dublin
"Après le
succès rencontré l’an passé avec Orfeo
edEuridice de Gluck, le même tandem chef-metteur en
scène s’est attaqué à Imeneo, l’avant-dernier
opéra italien de Haendel, que le compositeur en personne
était venu diriger en concert à Dublin, en 1742, deux
ans après la création londonienne. Le scénario
nous montre Rosmene (soprano), partagée entre Tirinto (alto),
qu’elle aime et dont elle est aimée, et Imeneo (basse), auquel
elle est promise par son père Argenio (basse). Après
moult déchirements et hésitations, Rosmene finira par
épouser Imeneo (qui l’avait sauvée des griffes des
pirates), le happy end ne consacrant pas, pour une fois, la
réunion du primo uomo et de la prima donna. Pouvait-il en
aller autrement dans une oeuvre à laquelle le rôle de
basse donnait son titre?
Laurent Wagner convainc
nettement moins ici que dans Gluck, manquant tour à tour de
nervosité et de souplesse, à la tête d’un
orchestre souvent embarrassé et lourd. Quant au
chorégraphe David Bolger, il semble également moins
inspiré par cet opéra sans péripétie
dramatique, qui s’apparente souvent à une
sérénade. En situant l’intrigue à notre
époque, dans les coulisses d’un théâtre où
un opéra baroque est en train de se monter, il nous raconte en
fait une tout autre histoire, proche du prologue d’Ariadne auf Naxos.
Argenio est ainsi présenté comme le metteur en
scène — ou peut-être le chef ? —, mais cette clé
de lecture ne fonctionne pas de bout en bout. Quant au
déchirement amoureux de Rosmene, Bolger lui donne une
connotation bien différente, en assumant pleinement le fait
que Tirinto — destiné à l’origine à un castrat
et repris à Dublin par une mezzo-soprano — est chanté
par une femme. Refusant les codes habituels
(Opéra Magazine -
janvier 2006 - 26 novembre 2005)
- Varsovie - Opéra de Chambre de Varsovie - 18, 19
octobre 2004 - dir. Wladyslaw Kloziewicz - mise en scène et
décors Ryszard Peryt - scénographie Andrzej Sadowski
- avec Wojciech Gierlach (Imeneo), Jacek Laszczkowski (Tirinto),
Olga Pasiecznik (Rosmene), Marta Boberska (Clomiri), Andrzej
Klimczak (Argenio)
"Dans le cadre de l'Ode
to Europe conçue par Stefan Sutkowski dans un esprit
d'intégration, l'intendant et directeur artistique de
l'Opéra de Chambre de Varsovie offre un riche panorama des
cultures musicales des vingt-cinq nations nouvellement unies.
L'hommage rendu à Haendel comportait le populaire Rinaldo et
le méconnu Imeneo, présentés dans des
productions dues l'une et l'autre à la collaboration du
metteur en scène Ryszard Peryt et d'Andrzej Sadowski, auteur
du décor et des costumes, artistes également
signataires du cycle complet des opéras mozartiens.
Fidèles à leur esthétique inspirée de
l'univers pictural et de la gestuelle baroques, ils atteignent
à une traduction extrêmement vivante et communicative
des oeuvres sans avoir besoin de recourir àla moindre
actualisation ni Verfremdung à la mode en Allemagne. Il faut
dire que la lecture musicale de Wladyslaw Klosiewicz, au pupitre de
la formation réunissant l'Ensemble instrumental de musique
ancienne de l'opéra de Chambre et le Musicae Antiquae
Collegium Varsoviense, s'harmonise dans sa constante
plasticité avec l'aspect visuel du spectacle et fait ressortir
autant le coloris instrumental que les subtiles fluctuations
mélodiques. Tenant également le clavecin italien, le
chef s'avère un interprète en tous points magistral du
discours baroque.
A l'exception du succès
triomphal qu'il valut à son compositeur lors des
exécutions concertantes qu'il en donna à Dublin en
langue anglaise sous le titre Hymen, Imeneo, créé
à Londres en 1740, fut dès sa première un
échec et ne tarda pas à tomber dans un oubli dont le
sortit en 1980 la publication de l'édition critique d'Anthony
Lewis. Plus resserrée que la plupart des opéras de
Haendel, l'oeuvre offre maints traits distinctifs inhabituels, tels
que la diversité des formes de récitatifs ainsi que des
ensembles de solistes, dont le trio " Consolami mia bene ", en
conclusion du second acte, constitue l'exemple le plus exquis. La
distribution, comptant seulement cinq chanteurs, vise à une
concentration convenant à une intrigue que l'on pourrait
résumer par le combat entre le devoir de reconnaissance et
d'amour, conflit qui n'est pas sans évoquer, par l'absence de
péripéties secondaires, la pureté formelle de la
tragédie classique. Rosmene, déchirée entre la
voix de sa conscience et l'impulsion de son coeur, trouve dans la
soprano Olga Pasiecznik une interprète qui allie une technique
sans faille ainsi qu'une sensibilité grâce auxquelles
elle rend brillamment justice aux exigences de virtuosité
comme d'expressivité. Peut-être plus étonnant
encore dans un rôle requérant moins souvent la
vélocité que l'art du legato et la douceur, le
sopraniste Jacek Laszczkowski (bientôt Nerone de Monteverdi au
Palais Garnier) révèle en Tirinto une suprême
musicalité qui fait notamment de la scène initiale un
moment magique d'intériorité. Le rôle-titre est
tenu avec fermeté par le baryton Wojciech Gierlach, et Maria
Bobeska en Clomiri (soprano) ainsi qu'Andrzej Klimmczak en Argenio
(basse) déploient une éloquence ne laissant aucun
aspect de leurs rôles inexploité." (Opéra
International - décembre 2004)
- Glimmerglass
(Grande-Bretagne) - 17, 19, 23, 29, 31 juillet, 3, 6,
9, 15, 19, 21 août 2004 - dir. William Lacey - mise en
scène Christopher Alden - décors Marsha Ginsberg -
costumes Doey Luethi - lumières Adam Silverman - avec John
Tessier (Imeneo), Michael Maniaci (Tirinto), Amanda Pabyan
(Rosmene), Craig Phillips (Argenio), Megan Monaghan (Clomiri)
"Glimmerglass a souvent
été la scène de grands succès
haendeliens, même lorsque le festival affichait un opéra
aussi peu prometteur que Partenope. Dans une présentation de
ChristopherAlden, Imeneo interrompt hélas cette succession de
réussites : à vrai dire, on n'avait encore jamais vu
représentation de Haendel plus dénuée de joie...
D'habitude plus malin, Alden développe ici un plat concept qui
ratisse tous les clichés de l'Amérique du XIXe
siècle : à une allure d'escargot, des femmes
frustrées, neurasthéniques et suicidaires y affrontent
des hommes psycho-rigides et dépressifs. Le décor de
Marsha Ginsburg, le toit assez miteux d'une belle demeure de
Nouvelle-Angleterre (on pense à the Mount, la villa d'Edith
Wharton), est magnifiquement éclairé par Adam Silverman
: il n'est pas en cause. En revanche, ces poses stylisées
comme des daguerréotypes, ces costumes peu flatteurs, cette
atrophie générale n'ont rien à voir avec la
musique d'Imeneo.
Reste une fosse suffisamment
spirituelle et stylée, que dirige William Lacey. Mais le
pupitre de violons n'est pas à son meilleur et les cadences
imposées aux chanteurs manquent de variété.
Parmi ces derniers, citons Amanda Pabyan (Rosmene) et Megan Monaghan
(Clomiri), deux sopranos clairs et sains, aptes à la
fioritura, mais qui n'ont pas la stature des chanteuses haendeliennes
passées du festival (Lisa Saffer, Joyce Guyer et Christine
Brandes). Dans le rôle-titre, un bon musicien, John Tessier :
timbre sans charme, pourtant, et italien très insuffisant.
Bientôt Cherubino àPittsburgh, le remarquable sopraniste
Michael Maniaci incarne, lui, un Tirinto accompli et très
impliqué émotionnellement. Avec Pabyan, il chante
pourtant le merveilleux duo de renoncement, "Perle parte del tormento
", raide comme la justice sur un divan, sans que jamais leurs regards
ne se croisent. Alden a dû avoir peur que le public ne soit
ému..." (Opéra International - octobre 2004 - 15
août 2004)
- Halle -
Opernhaus - 9 juin 2004 - reprise
de la production de 2003 - dir. Uwe Grodd
- Halle -
Opernhaus - 4, 6, 8, 14 juin 2003
- Händelfestspielorchester - dir. Uwe Grodd - mise en
scène Michael McCaffery - décors, costumes Frank
Philipp Schlößmann - avec Ulrike Schneider (Tirinto),
Alexandra Coku (Rosmene), Martina Rüping (Clomiri), Otto
Katzameier (Imeneo), Gregory Reinhart (Argenio)
"Ce soir, grande
inquiétude à l'Opernhaus : Madame Ulrike Schneider est
souffrante, et ne pourra pas assumer la prestation attendue. On ne
trouve personne pour un remplacement de dernière minute, pas
même une chanteuse qui déchiffrerait depuis la fosse,
servant de support au jeu de scène de la soprano hors service.
Le chef de l' Orchestre du Festival Händel, Uwe Grodd, annonce
au public avant le lever de rideau la béquille imaginée
pour ne pas avoir à annuler la représentation. Mon
allemand étant ce qu'il est, j'ai cru ne pas comprendre, ou
qu'il s'agissait d'une plaisanterie, lorsqu'il expliqua que la
souffleuse remplacerait Mme Schneider et dirait le texte de son
rôle, Tirinto, et en costume s'il vous plait !… En une
répétition, cet après-midi, le chef opéra
quelques coupures dans l'accompagnement des recitativi, ainsi que sur
la plupart des arie de Tirinto, dont il n'a gardé que la
conclusion des da capi, ce qui permet de rendre compte à la
fois de la structure de la pièce et du climat de ces airs. Le
surtitrage poursuivant son déroulement pendant la musique, le
public ne sera pas perturbé dans sa compréhension de
l'action et de la dramaturgie. La souffleuse connaît
parfaitement les déplacements, les intentions de jeu, la
gestuelle de ce spectacle : elle est donc, à priori, la mieux
appropriée pour une telle improvisation. Cela n'enlève
rien à son courage, son mérite, et son talent, une
vraie présence scénique ayant su par endroit faire
oublier le handicap de cette soirée, ni à
l'ingéniosité des adaptations du chef. Nous les
remercions d'avoir réussi à mener à bien cette
représentation d'Imeneo, et félicitons toute
l'équipe de s'être prêtée au jeu. Par un
orage violent, le ciel a manifesté une certaine malveillance
que la bonne volonté de tous a vaincue, puisque vents, nuages
et tempêtes étaient partis à la fin du dernier
acte ; l'exploit de Regina Karpinski (la souffleuse) a-t-il
séduit Borée ?…
Dès l'Ouverture, Uwe
Grodd a fait entendre un Haendel où l'équilibre entre
la vivacité, la hargne, la morsure des attaques, et la
majesté au grand souffle d'un phrasé toujours
élégant, était assez heureux. Si nous y
entendions naturellement quelques traces vivaldiennes, une
parenté avec Bach et un avant-goût de classicisme
lorgnant, toute proportion gardée, vers les symphonies de
Haydn, venaient enrichir une interprétation bien
pensée. D'ailleurs, lorsque l'orchestre joua en entier la
partie instrumentale de Sorge nell'alma mia sans la voix de Tirinto
(acte 2), la salle le salua chaleureusement par des applaudissements
nourris, On aura remarqué cependant de fréquents soucis
de justesse dans les soli de violon (principalement dans l'aria de
Rosmene au premier acte, Ingrata mai non fu). En revanche, le
très beau travail de Katrin Wittrisch au clavecin durant
Simplicetta, la saetta… (Rosmene, Acte 2 scène 2)
mérite qu'on l'en félicite.
La mise en scène de
Michael McCaffery situe l'action dans un large salon d'architecture
classique, orné d'une tapisserie exotique, et
agrémenté de chaises telles qu'on en peut rencontrer
dans les caprices orientalistes des châteaux anglais du milieu
du XVIIIème siècle. La chinoiserie est ici très
présente, mais sans reconstitution. Les motifs floraux
débordent des murs et envahissent les portes, invitant
plutôt à la fantaisie. La société de
l'époque est montrée comme grotesque et chichiteuse,
arborant des perruques monstrueuses et de poudreux maquillages (le
chœur et Argenio). L'ouvrage délaisse quelque peu les grands
thèmes baroques d'affirmation du pouvoir, de lutte pour
l'obtenir et le maintenir, et s'apparente déjà au drame
bourgeois. Aussi la scénographie imaginée est-elle
à même d'en rendre compte. On aura remarqué un
soin particulier du détail, du moindre geste, avec la
construction de chaque personnage, tant pour une cohérence
psychologique que pour servir une esthétique
réussie.
Mis à part quelques
problèmes de justesse et de coordination du chœur, le plateau
vocal n'était pas en reste. Il affichait de bons moyens, mais
pas toujours utilisés à bon escient. On constata une
tendance commune à trois des artistes de ce soir, que l'on
pourrait peut-être imputer au besoin de se rassurer en faisant
du son pour rester sûrs malgré le manquement d'un
partenaire important. Ainsi la Rosmene de Alexandra Coku
s'efforca-t-elle à chanter tous les recitativi, et à
offrir généreusement des décibels à une
salle assez réduite dans ses dimensions, en oubliant qu'elle
travaillait avec un orchestre baroque et non avec la fosse d'Elektra.
Un résultat fort inégal : des aigus presque
criés, des vocalises complètement
détimbrées, donnant l'impression d'une cohabitation de
deux techniques antagonistes en une seule personne. Même
désagrément avec Otto Katzameier qui fait de la voix
pour un Imeneo sans style au jeu racoleur, détimbrant la
plupart des aigus et alourdissant les vocalises, rendues poussives,
telles qu'on les entendit dans Esser mia dovra la bella tortorella
à l'acte 1, ou fâcheusement nasillardes à l'acte
suivant dans Chi scherza colle rose un di si pungera. Enfin, la basse
Gregory Reinhart chanta un Argenio braillard du début à
la fin, sans aucune nuance, et en exagérant son vibrato :
c'est curieux lorsqu'on l'a entendu dans d'autres productions offrir
un travail d'une toute autre qualité (récemment L'Argia
de Cesti, The Rake's Progress ou encore K… de Philippe Manoury). Il
arriva ce qu'inévitablement il arrive à force d'appui
inconsidéré : son aria en début de l'acte 2, Su
l'arena di barbara scena, fut terriblement bas. Le plus choquant
reste que chacun de ces chanteurs possède un timbre
intéressant…
Dieu merci, Clomiri
était confié à Martina Rüping dont le
phrasé assez mozartien convenait parfaitement au rôle.
Dès son V'e un infelice, che per te muore, elle fit preuve
d'un chant intelligent et dosé tout en offrant un timbre
clair, présent autant que souple. Les vocalises furent d'une
propreté irréprochable et le personnage
rafraîchissant et attachant, d'une fort belle présence
en scène comme en témoigna la fin du spectacle qui le
révélait désemparé au point de se
trancher les veines, ni vu ni connu, dans la liesse
générale. Bref, Martina Rüping, Michael McCaffery,
et Uwe Grodd nous ont charmés."
- Opéra International - octobre
2003
Imeneo n'appelle pas de grands
déploiements dc moyens scéniques. Michael McCaffery
représente la deliziosa demandée par le livret sous
forme d'un sobre salon XVIIIe siècle,
composé d'un plafond et de trois murs dotés de quelques
moulures et peints de motifs floraux. Espace unique et pourtant
changeant - diverses ouvertures peuvent être pratiquées
dans ces éléments -, permettant des jeux de
lumière suivant idéalement l'évolution des
passions. Nous aurions sans doute aimé que la basse Gregory
Reinhart ait moins recours à la nuance forte, mais la
distribution n'en est pas moins excellente. Les prestations de la
soprano Alexandra Coku et surtout de la mezzo Ulrike Schneider -
chant naturel et stylé, diction impeccable - méritent
particulièrement d'être soulignées. De plus, les
da capo sont intéressants et variés, bien
réalisés, et l'excellence de l'Orchestre du Festival se
révèle d'un impact étonnant. Au final, nous
avons donc assisté à une réussite
exceptionnelle, par la qualité de toutes ses composantes et de
leur combinaison, tout dans la mise en scène allant dans le
sens du livret et de la musique, réalisant cette alchimie rare
que l'on nomme opéra. Haendel est trop rarement traité
ainsi, et sa ville natale lui a offert le plus bel hommage
possible."
- La Corogne - Teatro
Rosalia Castro - 6, 7 juin 2003 -
production de l'Opéra de Chambre de Varsovie - Musicae
Antiquae Collegium Varsoviense - dir. Wladylaw Klosiewicz - mise
en scène Ryszard Peryt - avec Paisiecznik, Boberska,
Gierlach, Jacek Laszczkowski, Klimczak
- Cologne - 2002
- Capella Augustina - dir. Andreas Spering - avec Kay Stiefermann
(Imeneo), Locky Chung (Argenio), Johanna Stojkjovic (Rosmene),
Siri Karoline Thornhill (Clomiri), Ann Hallenberg (Tirinto)
- Théâtre de
Varsovie - Musicae Antiquae
Collegium Varsoviense - dir. Wladyslaw Kloosiewicz - avec Jacek
Laszczkowski (Tirinto), Olga Pasiecznik (Rosmene), Marta Boberska
/ Justyna Stepien (Clomiri), Andrzej Klimczak (Argenio),
- Clermont-Ferrand - Maison
des Congrès et de la Culture - 26 février
1999 - Orchestre Régional d'Auvergne - dir. Philippe Hui -
mise en scène Juliens - avec Bou, Geoffroy-Dechaume, Labry,
Mayo, Medioni
- Dobøí - 21 et 22 février 1998 - version de
concert - Wladislaw Hall,
Château de Prague - 17 mai
1998 - version semi-scénique - Moravský Beroun - Eglise de l'Exaltation of
la Sainte Croix - 28 juin 1998 -
version de concert - Kromìøí 24 septembre 1998 - version de concert -
Czech Handel Society - Academica Praha - dir. Ondøej
Macek
- Chautauqua Institution
- 1991 - mise en scène
Chas Rader-Shiebe
- Karlsruhe - Festival
Haendel - 23 février au 8
mars 1989 - dir. Charles Farncombe - mise en scène Wolfgang
Quetes - décors Heinz Balthes - costumes Ute
Frühling
- Halle - Festival
Haendel - 1988 - Opéra de
Chambre de Moscou - dir. Boris Pokrowcki
- Halle - Festival
Haendel - 1976 -
Handelfestspielorchester Landestheater Halle - dir. Thomas
Sanderling - mise en scène Heinz Runge - décors et
costumes Joachim Bober
- Halle - Festival
Haendel - 1975 -
Handelfestspielorchester Landestheater Halle - dir. Thomas
Sanderling - mise en scène Heinz Runge - décors et
costumes Joachim Bober
- Halle - Festival
Haendel - 1974 - Goethe Theater -
Handelfestspielorchester Landestheater Halle - dir. Thomas
Sanderling - mise en scène Heinz Runge - décors et
costumes Joachim Bober
- Halle - Festival
Haendel - 1973 -
Handelfestspielorchester Landestheater Halle - dir. Thomas
Sanderling - mise en scène Heinz Runge
- Halle - Festival
Haendel - 1961 -
Handelfestspielorchester du
Landestheater Halle - dir. Horst Tanu Margraf - mise en
scène Kurt Hübensthal - décors et costumes
Rolf Döge - chorégraphie Henn Haas
- Halle - Festival Haendel
- 1960 - Première reprise -
Handelfestspielorchester du Landestheater Halle - dir. Horst Tanu
Margraf - mise en scène Kurt Hübenthal - décors
et costumes Rolf Döge - chorégraphie Henn Haas
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