RODELINDA,

Regina de' Longobardi

Rodelinde, reine des Lombards

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

Antonio Salvi / Nicola Francesco Haym

ENREGISTREMENT
ÉDITION
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DETAILLEE
1938
2002
Oskar Hagen
Hänssler
2
allemand
1959
2008
Heribert Esser
Hamburger Archiv
2
allemand
1964

-
Brian Priestman
Westminster

-

-
1964
2007
Brian Priestman
Estro Armonico
3
italien
1959
1999
Charles Farncombe
Opera d'oro
2
anglais
1959
2003
Charles Farncombe
Living Stage
2
anglais
1959
2010
Charles Farncombe
Andromeda
2
anglais
1973
1995
Richard Bonynge
Bella Voce
2
italien
1985
1987
Richard Bonynge
Decca
2
italien
1990
1991
Michael Schneider
Deutsche Harmonia Mundi
3
italien
1996
1998
Nicholas Kraemer
Virgin Veritas
3
italien
2000
2000
Nicholas McGegan
Göttinger Händel-Gesellschaft
3
italien

2002
Carl Leonhardt
Hänssler
1 (extraits)
italien
2004
2005
Alan Curtis
DG/Archiv Produktion
3
italien

DVD

ENREGISTREMENT
ÉDITION
DIRECTION
ÉDITEUR
FICHE DÉTAILLÉE
1998
2005
William Christie
Warner Vision France
2003
2005
Ivor Bolton
Farao Classics

2012
Harry Bicket
Decca

Opéra (HWV 19) en trois actes, sur un livret de Nicola Francesco Haym, violoncelliste, poète et compositeur (1678 - 1729), adapté de celui d'Antonio Salvi, lui même inspiré de la pièce Pertharite, roi des Lombards, de Pierre Corneille (1652).

Achevé le 20 janvier 1725, il fut créé à Londres, au King's Theatre de Haymarket, le 13 février 1725, lors de la sixième saison de la Royal Academy, pour quatorze représentations jusqu'au 6 avril. La distribution réunissait Francesca Cuzzoni, soprano (Rodelinda), Francesco Bernardi , dit Il Senesino, alto castrato (Bertarido), Anna Vicenza Dotti, alto (Eduige), Andrea Pacini, alto castrato (Unulfo), Francesco Borosini, tenore (Grimoaldo), Giuseppe Maria Boschi, basso (Garibaldo).

Elle fut reprise dès la fin de la même année, avec huit représentations du 18 décembre 1725 au 11 janvier 1726. Le ténor Luigi Antinori remplaçait Francesco Borosini dans le rôle de Grimoaldo, et le castrat alto Antonio Baldi Andrea Pacini dans celui d'Unulfo. Haendel avait ajouté quatre nouvelles arias et un nouveau duo.

Rodelinda fut reprise en mai 1731, à la fin de la seconde saison de la Nouvelle Académie, pour huit représentations du 4 au 29 mai, avec une distribution réunissant la soprano Anna Maria Strada del Pò (Rodelinda), le castrat alto Francesco Bernardi, dit Senesino (Bertarido), le ténor Annibale Pio Fabri, dit Balino (Grimoaldo), la contralto Antonia Maria Merighi (Eduige), la contralto Francesca Bertolli (Unulfo), la basse Giovanni Giuseppe Commano (Garibaldo).

Rodelinda fut le premier opéra seria de Haendel recréé au XXe siècle (en 1920).

La reine Rodelinda, dont l'époux Bertarido passe pour mort, est contrainte d'accepter la main de l'usurpateur Grimoaldo qui menace, si elle refuse, de tuer son fils. Le traître Garibaldo, qui inspire au tyran ses mauvais desseins tout en espérant lui-même monter sur le trône, convoite Eduige, soeur de Bertarido et fiancée délaissée de Grimoaldo. Bertarido se croit un moment trahi par Rodelinda, mais lorsque la fidélité de celle-ci lui apparaît, il est emprisonné et menacé de mort par Grimoaldo. Bertarido s'évade, Grimoaldo est saisi par le remords, Garibaldo est tué. Bertarido retrouve son épouse et son trône (Fayard - Guide de l'opéra).

 

"Il suffit de savoir qu'autour de Rodelinda, épouse fidèle et femme salvatrice (une Andromaque doublée d'une Fidelio avant la lettre), convergent les enjeux d'amour, de pouvoir ou de mort, sous les traits d'une galerie de personnages. Epoux banni présumé défunt à la reconquête de son royaume (Bertarido), tyran usurpateur briguant la couche nuptiale (Grimoaldo), l'un flanqué d'Unulfo, l'autre de Garibaldo - amis intègres et conseillers plus ou moins vertueux ; Eduige (la femme antidote), s\9Cur aimante de l'ancien roi, amante du nouveau roi vainqueur, aux deux, fidèle et félone à la fois." (Le Monde - 31 janvier 2002)

 

 Synopsis détaillé

A sa mort, le roi de Lombardie a partagé son royaume entre ses deux fils, donnant Milan à Bertarido et Pavie à Gundeberto. Les frères se font la guerre pour leur héritage ; Gundeberto avec l'aide de sa soeur Eduige et de Grimoaldo, à qui il a promis Eduige en mariage comme récompense. Gundeberto est tué dans des circonstances qui laissent supposer une trahison, et Grimoaldo s 'empare des deux trônes. Bertarido s'échappe en Hongrie, laissant son épouse Rodelinda et son fils, Flavio, derrière lui, et persuade le roi de Hongrie de confirmer sa mort dans une lettre à Grimoaldo. Entre-temps, ce dernier est tombé amoureux de Rodelinda, la veuve de Bertarido.

Acte I

Rodelinda pleure la mort de sort mari bien-aimé. Grimoaldo lui propose de la faire remonter sur le trône en l'épousant, lui confessant qu'il l'aimait déjà, avant la nouvelle de la mort de Bertarido. Indignée, elle refuse sa proposition.

Le duc Garibaldo, l'allié de Grimoaldo, compatit avec la position de son maître et propose au roi de le laisser s'occuper de l'intransigeance de Rodelinda et de l'amour d'Eduige, dont il ne veut plus.

Eduige reproche Grimoaldo d'être fier et distant depuis son ascension au trône. Grimoaldo lui répond que, comme elle avait dédaigné ses avances lorsqu'il était de statut plus humble, elle doit aujourd'hui comprendre qu'il refuse d'épouser une femme qui l'avait ouvertement méprisé.

Eduige blâme Garibaldo, qui prétend l'aimer, de ne pas avoir pris sa défense. Il promet de venger l'insulte qu'elle a souffert mais elle décide de déclarer à Grimoaldo elle-même qu'elle aime Garibaldo et qu'il peut offrir son coeur traître à quelqu'un d'autre s'il le désire.

Laissé seul, Garibaldo révèle qu'il est amoureux du pouvoir qu'Eduige pourrait lui donner (tant que Flavio est mineur, c'est elle qui est la souveraine légitime de Milan et, personnellement, la souveraine de Pavie) mais qu'il n'éprouve rien pour la dame elle-même. Il a délibérément prétendu qu'il était amoureux afin de réaliser ses desseins égoïstes.

Au pied de son propre cénotaphe, Bertarido, déguisé, lit l'épitaphe: "Bertarido était roi ; conquis par Grimoaldo il s'enfuit ; il gît dans les terres des Huns. Paix à son âme et à ses cendres". Il fait appel à son amour pour le consoler.

Son ancien conseiller, Unulfo (qui est resté à la cour de l'usurpateur), le rejoint et lui réaffirme sa loyauté. Bertarido lui demande des nouvelles de sa femme et de son fils. Unulfo lui déclare qu'il ne leur a pas annoncé la survie de Bertarido pour qu'ils ne risquent pas de le trahir. Rodelinda et Flavio arrivent et Unulfo a du mal à empêcher Bertarido de se précipiter vers eux. Les deux hommes se cachent alors que Rodelinda pleure au pied du monument.

Garibaldo vient trouver Rodelinda et lui déclare de nouveau qu'elle peut être reine si elle le désire. Bertarido entend le refus indigné de son épouse. Garibaldo s'empare alors de Flavio et menace Rodelinda de tuer son fils si elle n'obéit pas. Rodelinda est forcée d'accepter, mais elle déclare qu'elle est convaincue que ce chantage est l'idée de Garibaldo et pas de son maître, et qu'une fois reine, son premier acte sera de faire exécuter Garibaldo.

Garibaldo informe Grimoaldo du consentement de Rodelinda, et du fait qu'elle a l'intention de le faire exécuter. Grimoaldo lui garantit sa protection dans un échange surpris par Bertarido et Unulfo. Le roi en exil est tourmenté par ce qu'il considère comme la faiblesse de son épouse, qui a cédé trop facilement. Il décide de rester dissimulé pour tester la constance de son épouse, car il pense que si elle savait qu'il était vivant, sa fidélité n'aurait pas de mérite. Unulfo s'en va, espérant trouver une preuve rassurante de la constance de Rodelinda et laisse Bertarido à fulminer contre sa faiblesse.

Acte II

Garibaldo réitère son amour pour Eduige, lui rappelant qu'elle a perdu son statut royal et la possibilité d'un mariage royal. Elle accepte de l'épouser.

Rodelinda annonce a sa belle-soeur qu'elle a accepté d'épouser Grimoaldo. Eduige révèle qu'elle a aidé Grimoaldo à accéder au trône et que son amour pour lui s'est transformé en furie car il l'a rejetée. Elle jure de se venger et de transformer sa couronne royale en une couronne funéraire.

Unulfo et Garibaldo sont présents lorsque Rodelinda accepte l'offre de mariage de Grimoaldo. Elle lui demande d'exaucer un voeu. Il la devance en acceptant d'exaucer n'importe quel voeu sauf celui de l'exécution de Garibaldo. Elle se retourne contre lui, le traite de vil criminel et lui dit qu'il peut prendre son fils et le tuer, et mourir lui-même dans l'infamie. Comment peut-elle être la mère de l'héritier légitime et l'épouse du tyran usurpateur ?

Grimoaldo confesse à Unulfo et Garibaldo que la fidélité implacable de Rodelinda n'a fait qu'intensifier son amour pour elle. Unulfo est horrifié en entendant Garibaldo encourager son maître à prendre Rodelinda au mot et à tuer l'enfant, prétextant qu'elle finira par céder. Grimoaldo réaffirme son amour et disparaît. Garibaldo déclare à Unulfo que le seul moyen de conserver son royaume usurpé est de régner par la terreur et la cruauté et non par la compassion. Laissé seul, le seul réconfort d'Unulfo est qu'il peut offrir une certaine consolation à Bertarido.

Ailleurs, Bertarido se lamente. Eduige l'entend et reconnaît la voix de son frère. Lorsqu'elle le confronte, il déclare qu'il n'est pas son frère. Il ne peut plus être Bertarido, l'homme qui avait richesses, amis, un royaume, des domestiques, dont il ne reste que des souvenirs. Eduige lui répond qu'elle avait été trompée quand elle a contribué à sa défaite, mais que Rodelinda l'a vengé. Bertarido lui confie qu'il ne veut pas retrouver ses possessions : tout ce qui compte pour lui sont son épouse et son fils.

Unulfo arrive pour s'apercevoir que l'identité de Bertarido a été découverte, et il lui annonce la nouvelle de la fidélité de son épouse. Eduige, se rendant compte que sa propre ascension au trône est maintenant une possibilité, après le refus de Rodelinda et la renonciation apparente de son frère au royaume, accepte de l'aider à libérer Rodelinda et Flavio.

Unulfo va trouver Rodelinda et lui révèle la vérité sur Bertarido. Ils sont réunis et il lui demande pardon pour l'avoir suspectée d'infidélité. Grimoaldo, surprenant leur réunion, en conclut que Rodelinda a pris un amant. Il l'accuse de lubricité et pour lui épargner ces insultes, Bertarido révèle son identité. Grimoaldo leur suggère de faire leurs adieux : il va tuer Bertarido, car il est soit son ennemi de guerre, soit son rival amoureux. Avant qu'ont l'emmène, Bertarido et Rodelinda se disent adieu, dans une scène pleine d'émotion.

Acte III

Eduige demande conseil à Unulfo après le nouveau tour que viennent de prendre les événements. Comme Bertarido lui a été confié, ne peut-il pas l'aider à s'échapper? Elle lui donne la clé d'un passage secret qui relie la prison et le jardin privé de Grimoaldo. Lui ayant promis de la retrouver plus tard avec Rodelinda et Flavio et de garantir leur évasion, elle espère ainsi se faire pardonner ses desseins sur le trône de Bertarido.

Garibaldo tente de calmer Grimoaldo, qui ne parvient pas à trouver la paix. Soit Bertarido ment, auquel cas c'est un imposteur, soit le roi de Hongrie les a trompés, mais, quoi qu'il en soit, sa mort va résoudre ce dilemme. Grimoaldo ne peut se résoudre à tuer le bien-aimé de Rodelinda, mais Garibaldo lui répond qu'il ne trouvera pas la paix tant qu'il ne l'aura pas tué. L'usurpateur n'arrive toujours pas à se décider.

Bertarido languit en prison, se demandant si c'est le Destin ou l'Amour qui a été le plus cruel. Dans l'obscurité, une main inconnue lui jette une arme. Il reprend courage. Ayant entendu quelqu'un entrer dans l'obscurité, il attaque et blesse Unulfo par erreur, alors qu'il est venu mettre le plan d'évasion en action. Interrompant les excuses de son attaquant, Unulfo lui demande de changer de vêtements et de le suivre par le passage secret d'Eduige. Ils entendent des pas et sortent rapidement. Malheureusement, les nouveaux arrivants sont Eduige, Rodelinda et Flavio qui, découvrant les vêtements ensanglantés de Bertarido, imaginent le pire.

Dans le jardin, Unulfo quitte Bertarido pour partir à la recherche d'Eduige, Rodelinda et Flavio. Bertarido se cache en attendant leur retour. Grimoaldo arrive dans le jardin, torturé par la jalousie, la colère, l'amour et le remords, et incapable de trouver la paix. Il s'allonge pour s'endormir, espérant échapper à ses démons.

Garibaldo arrive et, découvrant le roi endormi, lui vole son arme. Lorsque Grimoaldo se réveille, Garibaldo tente de le tuer mais il est repoussé par Bertarido au moment où Rodelinda et son fils entrent. Après avoir tué le meurtrier en puissance, Bertarido rend son arme à Grimoaldo. Apprenant la part d'Unulfo et d'Eduige dans l'évasion de Bertarido, Grimoaldo leur pardonne, prend Eduige comme épouse et avec elle le trône de Pavie, et rend celui de Milan à son souverain légitime.

(livret du Glyndeboune Festival Opera)

 

http://site.operadatabase.com.site.hmt-pro.com/modules.php?name=Downloads&d_op=viewdownload&cid=68&min=10&orderby=titleA&show=10 (en italien et en français)

http://www.dicoseunpo.it/dicoseunpo/H_files/Rodelinda.pdf

 

Représentations :

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=uTvUXUzNB18

 

 

 

 

 

 

 

 

"Cette Rodelinda est incontestablement une des plus grandes réussites de l'histoire du Festival. Le mérite en revient autant aux qualités de la production qu'à celles de l'exécution musicale. Le décor de Tiziano Santi représente une lande dévastée par quelque cataclysme, où subsistent les vestiges d'une civilisation technologiquement avancée. Une humanité en haillons, réduite au stade animal, y ploie sous le joug de puissants seigneurs, dont Rodelinda et son époux Bertarido entendent bien libérer leur peuple.

Les costumes de Claudia Pernigotti définissent clairement le rang et le rôle de chacun, la mise en scène de Rosetta Cucchi transformant l'intrigue en une métaphore de la lutte des hommes contre toutes les formes de servitude. La touche est toujours légère, cherchant d'abord à mettre en exergue la force dramatique de chaque numéro de la partition. L'exploit, surtout, est que l'on n'a jamais l'impression d'assisster à une succession d'airs sans aucun lien les uns avec les autres, mais bien à un authentique drame en musique.

Délaissant pour deux soirs son ensemble I Barocchisti, Diego Fasolis fait sonner l'Orchestra Internazionale d'Italia comme une formation spécialisée dans le baroque. Il donne tout leur relief aux accompagnati, au jeu contrapuntique, aux variations de nuances et de couleurs.

Inattendue dans Haendel, Sonia Ganassi campe une Rodelinda d'un raffinement extrême, avec un timbre moiré et, surtout, une manière parfaitement naturelle de s'immerger dans cette vocalità très particulière, dont elle traduit tout le potentiel expressif. Habile dans les passages virtuoses, la mezzo italienne se surpasse dans les plus pathétiques, tel l'admirable « Ombre, piante, urne funeste » de l'acte 1.

Également bien connu sur le plan international le contre-ténor Franco Fagioli est un Bertarido de haut lignage, capable de faire re\vivre de manière crédible les fastes du légendaire castrat Senesino. Virtuose dans « Vivi, tiranno !». il déploie dans les airs lents des trésors de poésie. Inoubliable. à cet égard, le duo avec Rodelinda qui conclut le deuxième acte.

Lc ténor Paolo Fanale possède une voix fraîche, qui se plie sans problème à la tessiture centrale et aux coloratures de Grimoaldo. Gezim Myshketa prête à Garibaldo une basse sonore et bien timbrée, malgré un certain manque d'homogénéité dans l'aigu. L'Eduige de Marina De Liso et l'Unulfo d'Antonio Giovannini complètent dignement."

 

 Jennifer Aylmer

 

 

 

"Onze violons, un seul basson, pas même un luth : Paul McCreesh divise par deux l'orchestre de Haendel. Il divise aussi les élans, les accents, les lignes, le souffle. Du souffle, Karina Gauvin n\92en manque pas. Cette Rornilda ou cette Morgana de rêve, est-elle pourtant Rodelinda ? Contient-elle des larmes et des veines assez chaudes pour que prenne vie la fille haendélienne d\92Andromaque ? Un jour procahin, sous d\92autres cieux peut-être, ce que ne saurait espérer son compatriote Daniel Taylor, ange pur absolument étranger aux vertiges de Bertarido. La jeune mezzo australienne Caitlin Hulcup a beau prêter à Eduige le charme discret de la bourgeoisie lombarde, Paul Agnew au faux vilain Grimoaldo son indiscutable musicalité, et le solide Alan Ewing au vrai vilain Garibaldo sa basse rugissante, Rodelinda s\92étiole. Question d\92échelle apparemment. Ces archets phrasent trop court pour fixer une mélodie. Ces gosiers colorent trop peu pour que surgisse un personnage. Ces sentiments relèvent trop de la bonne volonté pour que s\92allume une passion. Et ces affreuses bâches en plastique dispersent trop le son pour que les Gabrieli Players méritent le nom d\92orchestre (quand, mais quand les autorités permettront-elles au nombreux public de Beaune de recevoir la musique dans un décor digne des murs et des toits alentours ?). Ce Haendel de poche ne ferait aucun mal au Pastor fido, mais Rodelinda..."

"Le miracle de l\92Alcina d\92ouverture du précédent Festival de Beaune, transcendée par un quatuor vocal de rêve, ne se sera donc pas reproduit dans Rodelinda, décharnée par le geste décidément étranger à la sensualité haendélienne de Paul McCreesh. L\92astre de l\92envoûtante Karina Gauvin, seule rescapée au milieu d\92un désert belcantiste, n\92en aura brillé qu\92avec plus d\92éclat.

De février 1724 à février 1725, la Royal Academy of Music de Haendel, installée au King\92s Theatre de Haymarket, connut sa période la plus faste. Francesca Cuzzoni régnait en effet sur la scène londonienne en prima donna assoluta pour quelques mois encore, et se vit offrir coup sur coup ses trois plus beaux rôles, Cléopâtre de Giulio Cesare, Asteria de Tamerlano et surtout le rôle-titre de Rodelinda, sans doute le plus humain, car épouse et mère, avant que d\92être reine.

Aujourd\92hui insurpassable, et de ce fait trop peu employée \96 grâce soit rendue à Anne Blanchard, directrice artistique du Festival de Beaune, de sa fidélité \96, dans les emplois de grand soprano haendélien, Karina Gauvin offre pour sa prise de rôle une authentique leçon de bel canto. Timbre pulpeux et clair, trille miraculeux, attaques franches mais toujours sensuelles, ornementation inventive mais jamais pléonastique, ce sont les plus rares vertus de la Cuzzoni, consignées par Charles Burney d\92après le témoignage du flûtiste et théoricien Johann Joachim Quantz, que ressuscite la soprano québécoise. Et de ce chant nourri du legato le plus pur naît l\92expression la plus juste et la plus intense, des plus infimes variations du vibrato à ces couleurs si savamment dosées qui, au-delà de l\92art, sont les signes les plus subtils de la mise à nu de l\92âme.

Malheureusement, Karina Gauvin, merveilleusement entourée dans l\92Alcina d\92ouverture de la précédente édition du festival, prêche ici dans le désert. Exceptons tout de même Paul Agnew qui, à force d\92intelligence dramatique et musicale, triomphe d\92un timbre de plus en plus mat et d\92une couleur bien peu italienne dans un rôle composé pour Francesco Borosini, qui par ses dons phénoménaux participa à redorer le blason d\92une voix de ténor occultée par la suprématie des castrats depuis près d\92une siècle.

Haendel n\92en offrit pas moins au fidèle \96 et parfois caractériel \96 Senesino un rôle à la hauteur de son prestige et de ses qualités expressives sans égales. La première scène de Bertarido, couronnée par l\92étreignant Dove sei, amato bene ?, est à cet égard l\92une des plus simplement bouleversantes jamais imaginées par le caro Sassone. Le contre-ténor Daniel Taylor n\92y répond que par un timbre livide et une placidité rythmique indéfendable, que ne peuvent compenser quelques sursauts de vivacité dans les pages les plus virtuoses, où sa voix retrouve une certaine assise dans des aigus insolents, mais un rien forcés.

Ses tentatives d\92allègement au détour d\92un ou deux récitatifs se révélant particulièrement infructueuses, Alan Ewing se contente de rugir le traître Garibaldo d\92une voix tonitruante, quand le rôle exige davantage d\92ambiguïtés et d\92ironie perverse. Enfin, l\92Eduige de Caitlin Hulcup et l\92Unulfo d\92Anne Burford se débattent comme elles peuvent dans des vocalités qui les condamnent à écraser des voix non sans qualités, mais insensibles aux courbes haendéliennes.

Il est vrai que la direction corsetée de Paul McCreesh, définitivement étranger au théâtre, interdit aux phrasés de s\92épanouir, et pour tout dire de chanter. D\92autant que l\92effectif rachitique de ses Gabrieli Consort and Players agit comme une loupe sur la moindre défaillance \96 et nombreuses elles sont, dans l\92acoustique de la cour des Hospices qui, de surcroît, ne pardonne rien.

L\92astre éclatant de sensualité de Karina Gauvin, à contre-courant de ce Haendel sec et avare de couleurs, n\92en aura donc eu que plus de mérite à briller sur une soirée à laquelle aura manqué, outre l\92italianità indissociable de l\92opera seria, même londonien, cette morbidezza crépusculaire qui est l\92essence même de Rodelinda, jusque dans le sublime duo Io t\92abraccio où, faute de Bertarido, la soprano québécoise aura dialogué avec les étoiles."

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=kxeoJ3v2TZA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Rodelinda est pour Renée Fleming une prise de rôle, qui lui permet de faire valoir d'indéniables arguments techniques - trilles parfaits, vocalises étourdissantes. Mais, alors que la voix, somptueuse, capiteuse, parfois sourde, laisse entrevoir des replis cachés, des rondeurs opulentes, pourquoi surcharger la ligne de broderies douteuses, pourquoi ces accents guerriers, cette gestuelle agressive, inappropriés même pour la farouche reine des Lombards ? Autour de l'astre, brillent deux étoiles : Stephanie Blythe, Eduige robuste, au caractère bien trempé, et Bejun Mehta, merveilleux Unulfo, timbre et style inégalables. Seul le Bertarido de David Daniels laisse sceptique, la délicatesse de ses phrasés ne suffisant pas à compenser un volume trop faible. La direction atone de Harry Bicket manque quant à elle de contrastes et de force dramatique, la matière instrumentale se révélant trop épaisse pour laisser affleurer la poésie et le nerf de la partition. Dans le même esprit, la production de Stephen Wadsworth, représentant une campagne lombarde du XVIIIe siècle, frappe surtout par son opulence."

"C'est du Met, du pur Met ", me disait Renée Fleming après la générale de Rodelinda. Décors fastueusement réalistes, avec une place de la Renaissance italienne, des tours crénelées, une bibliothèque à deux étages, une prison au fond d'une cave, etc. On amène tout à coup un cheval; et aussi un tabouret (!), pour permettre au chanteur pas trop rassuré de se hisser sur le canasson et de gagner directement la coulisse. " C'est la seule façon de faire passer Haendel aux Américains. " Renée Fleming n'a pas une très haute idée des compétences musicales de ses compatriotes, tout en étant elle-même très américaine, dans le soin qu'elle met à paraître toujours lisse, souriante, aimable, et jusque dans sa manière de chanter, soigneuse, polie, ravissante. Plaire, on sent que c'est le mot d'ordre là-bas, et elle l'applique avec la bonne volonté d'une élève soucieuse de ne pas tromper son public. Elle s'est expliquée là-dessus dans son autobiographie récemment parue, soulignant et en même temps déplorant cette soumission de l'artiste américain aux lois du marché. Le miracle, c'est que, malgré ce qui nous semble des limites à l'épanouissement d'une voix, celle-ci est si belle qu'elle triomphe aisément de nos vieux préjugés européens. Voilà du chant pur, un déploiement effusif, un art de la caresse sonore et de l'enchantement élégiaque, comme il n'y en a pas aujourd'hui d'égaux dans le monde. Les airs de déploration sont ceux qui conviennent le mieux à Renée Fleming ; elle est trop policée pour réussir pleinement dans la véhémence; mais, lorsqu'il s'agit d'exprimer la douleur, l'angoisse de la séparation ou de la mort, elle est sans rivale. On pense à ce que fut Kiri Te Kanawa, et certains accents évoquent même l'autre Renée, la grande et irremplaçable Tebaldi. Parmi les autres interprètes de cette Rodelinda trop mollement dirigée par Harry Bicket, les deux contre-ténors se sont distingués, David Daniels et Bejun Mehta."

"A sa quatrième tentative, le Met a enfin réussi une nouvelle production d'un opéra de Haendel (au cours des vingt dernières années, il y a bien eu quelques belles représentations isolées de Rinaldo, Giulio Cesare et Samson, mais pas assez pour compenser des directions d'orchestre catastrophiques, des éditions médiocres et une incohérence dramatique...). Cette Rodelinda change tout, en commençant là où cela compte le plus : dans la fosse. Le travail méticuleux de Harry Bicket, nouveau venu face aux musiciens phénoménaux de l'Orchestre du Met, donne une sonorité d'ensemble fraîche et vive, ainsi qu'un élégant travail dans les sections avec continuo (Bicket lui-même est au clavecin, peut-être placé trop loin de certaines positions scéniques pour permettre aux chanteurs de l'entendre : quelques récitatifs paraissent un peu trop hauts, y compris de la part de chanteurs dont l'intonation est parfaite lorsqu'ils sont accompagnés par l'orchestre). Le chef britannique a fini par couper plus de numéros qu'il n'aurait voulu, mais n'a tronqué aucun air et a obtenu de tous ses principaux interprètes, sauf une, des ornements raffinés et de bon goût. La reine de Lombardie (et du Met) est en effet un peu à part. Le public peut être reconnaissant à Renée Fleming de son intérêt pour le rôle-titre, sans lequel les neuf représentations de Rodelinda auraient été impensables. Elle s'y montre assez sensationnelle et, dans les limites de son personnage scénique (on ne peut moins sanguinaire), joue de manière émouvante. Son registre aigu, d'une beauté rare, remplit tout le théâtre on aimerait en dire autant du registre médian, faible et occlus Lorsque Fleming chante avec netteté, comme dans "Ritorna, o caro" et, avec le Bertarido remarquablement expressif et mélodieux de David Daniels, dans "Io t'abbraccio ", le résultat est somptueux. Mais le plus souvent, elle s'abandonne à des attaques en glissando, des roucoulements articulés sans précision et des salves d'ornementations excessives, lourdes et clinquantes. Comme ses collègues, n'aurait-elle pu comprendre que le mieux est ennemi du bien et s'en tenir à une simple cantilène, pour créer un contraste avec les passages de bravoure ? Bejun Mehta chante merveilleuse-ment les trois airs d'Unulfo. Son "Fra tempeste" coulant et agréable, suivi de l'étonnant "Con rauco mormorio" de Daniels, phrasé avec une sensibilité dynamique d'une grande précision, confirme l'art du contre-ténor. En attendant le Giulio Cesare de février qui l'attend à Denver, Stephanie Blythe paraît à la fois héroïque et élégante, et rend l'ambiguë Eduige sympathique. Kobie van Rensburg, nouveau venu au sein de la compagnie, est un Grimoaldo exceptionnel sur le plan dramatique et - à l'instar d'Eric Tappy -, d'une grande beauté vocale malgré une voix de ténor qui n'est pas particulièrement belle, mais souple et expressive. John Relyea (Garibaldo) a l'air proprement menaçant et fait montre de ses qualités de cavalier (sic !) ses fioritures sont bonnes, mais ni le grave ni l'aigu de sa voix de basse ne sont particulièrement séduisants.

L'équipe de production (des artistes nouveaux au Met, à l'exception de Martin Pakledinaz, dont les costumes riches et somptueux donnent a tous les interprètes une allure exceptionnelle) triomphe avec un étonnant décor représentant la campagne lombarde au XVIIIe siècle (Thomas Lynch), disposé en segments qui s'enchaînent horizontalement, sous les superbes éclairages de Peter Kaczorowski. Comme pour son Serse avec la même équipe, Stephen Wadsworth a créé tout un monde florissant sur scène, faisant un usage imaginatif du petit Flavio muet (Zachary VaiI Elkind, bon comédien) et donnant à chaque personnage un visage humain, de manière vivante et compréhensible."

"Au Metropolitan Opera de New York, on reconnaît une authentique diva (ou un vrai divo) à ce que la maison monte des ouvrages rien que pour elle, sûre de remplir sur son nom (le théâtre n'étant pratiquement pas subventionné, il ne peut pas se permettre de faire fi des voeux du public et encore moins de ceux de ses sponsors). Renée Fleming peut revendiquer fièrement ce statut : après Il Pirata en 2002, le Metropolitan monte en effet pour elle cette Rodelinda, effort d'autant plus louable que les ouvrages de Haendel n'y sont pas fréquents ; leur liste se limite à Rinaldo (pour Marilyn Horne il y a 20 ans), puis Samson (pour Jon Vickers) et, enfin, Giulio Cesare. Les spectacles montés dans de telles conditions ne sont habituellement pas fastueux ; cette fois, le théâtre new-yorkais n'a pas lésiné sur les moyens, signe que les choses changent pour Haendel à New-York (une reprise est d'ailleurs déjà programmée d'ici deux ans).

La production de Stephen Wadsworth tranche avec ce qu'on a l'habitude de voir lorsque sont mis en scène des ouvrages baroques : en dépit d'une légère transposition (à l'époque de Haendel, c'est-à-dire un petit millier d'années plus tard), le parti pris général est plutôt réaliste. Une bibliothèque élisabéthaine, des étables (et un vrai cheval qui emporte John Relyea), un jardin, une chambre somptueuse... Tous ces lieux, exécutés en durs, s'enchaînent sans solution de continuité : si un protagoniste quitte la bibliothèque, le décor bouge avec lui jusqu'à ce qu'il arrive dans le jardin ou plus loin dans les étables (du point de vue du spectateur, le chanteur fait du sur place et ce sont les décors qui se meuvent d'un bloc vers la gauche ou la droite). Nous avons même droit "au coup de l'ascenseur" pour la visite en sous-sol des prisons ! Hormis cet aspect spectaculaire, les décors, costumes et éclairages évoquent plutôt le travail d'un Ponnelle. La direction d'acteurs est intelligente, sans excès théâtraux : Wadsworth réussit à nous rendre humains des personnages un peu stéréotypés, c'est la principale qualité de cette mise en scène.

Star de la soirée, Renée Fleming aborde Rodelinda avec ses qualités et défaut habituels : beaucoup d'investissement personnel, des variations inventives, une ligne de chant parfaite et des aigus généreux. Au passif, on retrouvera le même maniérisme : ports de voix "jazzy" sortis de Porgy and Bess, notes prises un peu bas pour renforcer l'effet dramatique et une tendance à surjouer chaque mot, un peu fatigante à la longue ; on aimerait fois un peu plus de simplicité et de naturel. Des réserves sans doute mineures pour qui n'entend pas cette chanteuse trop régulièrement. Kobie van Rensburg n'est pas en reste en termes d'engagement dramatique. Sur le plan vocal, c'est une autre affaire, malgré des vocalises impressionnantes : le chanteur s'essouffle vite, écorchant pas mal de notes. Enfin, son timbre très particulier ne fait pas nécessairement l'unanimité. Stephanie Blythe continue de marcher sur les traces de Marylin Horne, avec une voix plus projetée toutefois que celle de son illustre devancière. Vocalises impeccables, registre étendu et voix riche en harmoniques, c'est absolument magnifique. La voix de David Daniels m'a semblé avoir quelque peu évolué ces dernières années : le chanteur a gagné en volume et en projection, mais l'émission est un peu moins cristalline ; dramatiquement, son Bertarido est d'une grande force émotionnelle, culminant dans la bouleversante scène de la prison. Bejun Mehta se hisse au même niveau, avec une voix plus pure qui contraste à merveille avec celle de son collègue : là aussi, un chant quasi parfait. Plus en retrait, John Relyea vaut surtout par sa prestance et son aptitude à monter à cheval.

Augmenté de quelques instruments anciens, l'orchestre du Metropolitan sait presque se transformer en formation baroque (disons qu'il se rapproche de la sonorité de l'Ensemble Orchestral de Paris, avec des couleurs un peu plus variées). La direction de Harry Bicket est à l'écoute du plateau, élégante et vive, mais manque parfois un peu de mordant. Pour finir, un coup de chapeau au théâtre lui-même : y a-t-il d'autres salles de cette dimension dont l'acoustique s'adapte aussi bien à Wagner qu'à Haendel ? "

 

 Dorothea Röschmann

 

 

 

 

 

 

 

 

"Même s'il s'agit d'un opéra de dimensions ambitieuses, qui fut créé par nombre des chanteurs les plus prestigieux de son époque, cette musique brillante mais d'inspiration inégale, et inévitablement répétitive, aura rarement paru aussi perdue que dans le grand vaisseau du Nationaltheater, sous la direction brutale d'Ivor Bolton, devant un public poli, parfois amusé par la mise en scène, mais souvent indifférent. Difficile de ne pas somnoler en début de soirée, anesthésié par un interminable enchaînement d'airs stéréotypés, chantés toujours devant le même mur de briques qui barre toute l'avant-scène. Ensuite, le spectacle offre davantage à voir, notamment quelques dispositifs d'une monumentaiité certaine. Mais, comme souvent dans les productions de David Alden, affleure ici une constante fascination pour le décor disgracieux, encombrant, choisi pour sa fonction de repoussoir, comme s'il fallait mettre le spectateur mal à l'aise pour le rendre plus réceptif. Mais réceptif à quoi quelques gags minables, une gestique inexistante, une caractérisation à l'emporte-pièce digne au mieux d'une bande dessinée pour adultes, un approfondissement du sujet et de son contexte historique proche du nul absolu. On pourrait appeler cela le paradoxe anglo-munichois, ou comment faire passer un vide vertigineux pour une nouvelle esthétique... Passons.

Q uant à distribuer un ouvrage aussi exigeant, il aurait mieux valu rester modeste, en allégeant les rôles principaux, voire en supprimant les airs des personnages secondaires, plutôt que d'infliger un tel festival de timbres opaques et de vocalisations ululantes. Felicity Palmer n'est plus que l'ombre d'elle-même, Christopher Rohson, excellent comédien, s'obstine à se servir de l'une des voix de sopraniste les plus déplaisantes qui se puissent trouver aujourd'hui, et le pauvre Michael Chance bataille jusqu'à l'asphyxie avec les airs de Bertarido, redoutables morceaux de bravoure écrits pour le castrat Senesino et dont il ne peut donner qu'une très vague idée. Umberto Chiummo joue les méchants avec classe, et Dorothea Roschmann est une Rodelinda de haut vol, qui tient la distance sans sourciller. Mais la soirée est décidément bien trop longue pour se nourrir d'aussi peu." (Opéra International - octobre 2003)

 

Anna Caterina Antonacci

 

 

 

 

Dominique Labelle dans Rodelinda

 

 

 Anna Caterina Antonacci et Andreas Scholl à Glyndebourne

 "La nouvelle production mise en scène par Jean-Marc Villégier tient du miracle"..."Rodelinda est présentée sans coupures, avec un orchestre et des solistes jouant et chantant dans la tonalité d'origine, tout en parvenant à faire ressortir la dimension tragique de l'opera seria haendelien"..."Jean-Marie Villégier a situé l'action dans une dictature fasciste des années 1930"..."De toute évidence, Anna Caterina Antonacci se sent parfaitement à l'aise dans le personnage de Rodelinda"..."Pour ses débuts fort attendus à l'opéra, le falsettiste Andreas Scholl a littéralement stupéfié l'auditoire par sa maîtrise technique, par son raffinement, par la dignité et la sincérité de son jeu"..."William Christie parvient à une réussite dans les passages lyriques et dramatiques."

"La vertu scénique et dramatique est maigre, et Jean-Marie Villégier a eu dix fois raison de ne pas y substituer des manières décoratives. Archisobriété donc...Guère d'action...Une physiquement superbe Antonacci, palpable, agissante, et de timbre pénétrant...un très bon Kurt Streit en Grimoaldo, un remarquable contre-ténor Artur Stefanowicz en Unulfo. Mais c'est le Bertarido d'Andreas Scholl, pour ses débuts à la scène qui fait sensation."

 

Rodelinda à Karlsruhe

"La conception très particulière des rapports humains qu'affiche Ulrich Peters apparaît brutale...mais souligne opportunément la barbarie médiévale"...Les superbes tenues dessinées par Götz Lanzelot Ficher, toutes de cuirs et de fourrures extravagantes"..."le décor, sorte de palais partiellement effondré"..."Trevor Pinnock, debout devant son clavesin qu'il maltraite sans ménagement, dirige sans s'encombrer de beaucoup de subtilités"..."A part Lawrence Zazzo, intéressant second falsettiste, aucun chanteur ne s'en tire vraiment bien"..."Claron McFadden est une Rodelinda attachante, mais ne peut en aucun cas rivaliser avec les belcantistes de renom..." (Opéra International - mai 1998)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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