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RODELINDA,
Regina de' Longobardi
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COMPOSITEUR
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Georg Friedrich HAENDEL
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LIBRETTISTE
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Antonio Salvi / Nicola Francesco Haym
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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1998
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2005
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William Christie
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Warner Vision France
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2003
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2005
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Ivor Bolton
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Farao Classics
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Opéra (HWV 19) en trois
actes, sur un livret de Nicola Francesco Haym, violoncelliste,
poète et compositeur (1678 - 1729), adapté de celui
d'Antonio Salvi, lui même inspiré de la pièce
Pertharite, roi des
Lombards, de Pierre Corneille
(1652).
Achevé le 20 janvier 1725,
il fut créé à Londres, au King's Theatre de
Haymarket, le 13 février 1725, lors de la sixième
saison de la Royal Academy, pour quatorze représentations
jusqu'au 6 avril. La distribution réunissait Francesca
Cuzzoni, soprano (Rodelinda), Francesco Bernardi , dit
Il Senesino, alto castrato (Bertarido), Anna Vicenza Dotti, alto
(Eduige), Andrea Pacini, alto castrato (Unulfo), Francesco Borosini,
tenore (Grimoaldo), Giuseppe Maria Boschi, basso (Garibaldo).
Elle fut reprise dès la
fin de la même année, avec huit représentations
du 18 décembre 1725 au 11 janvier 1726. Le ténor Luigi
Antinori remplaçait Francesco Borosini dans le rôle de
Grimoaldo, et le castrat alto Antonio Baldi Andrea Pacini dans celui
d'Unulfo. Haendel avait ajouté quatre nouvelles arias et un
nouveau duo.
Rodelinda fut reprise en mai 1731, à la fin de la
seconde saison de la Nouvelle Académie, pour huit
représentations du 4 au 29 mai, avec une distribution
réunissant la soprano Anna Maria Strada del Pò
(Rodelinda), le castrat alto Francesco Bernardi, dit Senesino
(Bertarido), le ténor Annibale Pio Fabri, dit Balino (Grimoaldo),
la contralto Antonia Maria Merighi (Eduige), la contralto Francesca
Bertolli (Unulfo), la basse Giovanni Giuseppe Commano
(Garibaldo).
Rodelinda fut le premier opéra seria de Haendel
recréé au XXe siècle
(en 1920).
La reine Rodelinda, dont l'époux Bertarido
passe pour mort, est contrainte d'accepter la main de l'usurpateur
Grimoaldo qui menace, si elle refuse, de tuer son fils. Le
traître Garibaldo, qui inspire au tyran ses mauvais desseins
tout en espérant lui-même monter sur le trône,
convoite Eduige, soeur de Bertarido et fiancée
délaissée de Grimoaldo. Bertarido se croit un moment
trahi par Rodelinda, mais lorsque la fidélité de
celle-ci lui apparaît, il est emprisonné et
menacé de mort par Grimoaldo. Bertarido s'évade,
Grimoaldo est saisi par le remords, Garibaldo est tué.
Bertarido retrouve son épouse et son trône (Fayard -
Guide de l'opéra).
"Il suffit de savoir qu'autour
de Rodelinda, épouse fidèle et femme salvatrice (une
Andromaque doublée d'une Fidelio avant la lettre), convergent
les enjeux d'amour, de pouvoir ou de mort, sous les traits d'une
galerie de personnages. Epoux banni présumé
défunt à la reconquête de son royaume
(Bertarido), tyran usurpateur briguant la couche nuptiale
(Grimoaldo), l'un flanqué d'Unulfo, l'autre de Garibaldo -
amis intègres et conseillers plus ou moins vertueux ; Eduige
(la femme antidote), sœur aimante de l'ancien roi, amante du nouveau
roi vainqueur, aux deux, fidèle et félone à la
fois." (Le Monde - 31 janvier 2002)
Synopsis
détaillé
A sa mort, le roi de Lombardie
a partagé son royaume entre ses deux fils, donnant Milan
à Bertarido et Pavie à Gundeberto. Les frères se
font la guerre pour leur héritage ; Gundeberto avec l'aide de
sa soeur Eduige et de Grimoaldo, à qui il a promis Eduige en
mariage comme récompense. Gundeberto est tué dans des
circonstances qui laissent supposer une trahison, et Grimoaldo s
'empare des deux trônes. Bertarido s'échappe en Hongrie,
laissant son épouse Rodelinda et son fils, Flavio,
derrière lui, et persuade le roi de Hongrie de confirmer sa
mort dans une lettre à Grimoaldo. Entre-temps, ce dernier est
tombé amoureux de Rodelinda, la veuve de
Bertarido.
Acte I
Rodelinda pleure la mort de sort
mari bien-aimé. Grimoaldo lui propose de la faire remonter sur
le trône en l'épousant, lui confessant qu'il l'aimait
déjà, avant la nouvelle de la mort de Bertarido.
Indignée, elle refuse sa proposition.
Le duc Garibaldo, l'allié
de Grimoaldo, compatit avec la position de son maître et
propose au roi de le laisser s'occuper de l'intransigeance de
Rodelinda et de l'amour d'Eduige, dont il ne veut plus.
Eduige reproche Grimoaldo
d'être fier et distant depuis son ascension au trône.
Grimoaldo lui répond que, comme elle avait
dédaigné ses avances lorsqu'il était de statut
plus humble, elle doit aujourd'hui comprendre qu'il refuse
d'épouser une femme qui l'avait ouvertement
méprisé.
Eduige blâme Garibaldo, qui
prétend l'aimer, de ne pas avoir pris sa défense. Il
promet de venger l'insulte qu'elle a souffert mais elle décide
de déclarer à Grimoaldo elle-même qu'elle aime
Garibaldo et qu'il peut offrir son coeur traître à
quelqu'un d'autre s'il le désire.
Laissé seul, Garibaldo
révèle qu'il est amoureux du pouvoir qu'Eduige pourrait
lui donner (tant que Flavio est mineur, c'est elle qui est la
souveraine légitime de Milan et, personnellement, la
souveraine de Pavie) mais qu'il n'éprouve rien pour la dame
elle-même. Il a délibérément
prétendu qu'il était amoureux afin de réaliser
ses desseins égoïstes.
Au pied de son propre
cénotaphe, Bertarido, déguisé, lit
l'épitaphe: "Bertarido était roi ; conquis par
Grimoaldo il s'enfuit ; il gît dans les terres des Huns. Paix
à son âme et à ses cendres". Il fait appel
à son amour pour le consoler.
Son ancien conseiller, Unulfo
(qui est resté à la cour de l'usurpateur), le rejoint
et lui réaffirme sa loyauté. Bertarido lui demande des
nouvelles de sa femme et de son fils. Unulfo lui déclare qu'il
ne leur a pas annoncé la survie de Bertarido pour qu'ils ne
risquent pas de le trahir. Rodelinda et Flavio arrivent et Unulfo a
du mal à empêcher Bertarido de se précipiter vers
eux. Les deux hommes se cachent alors que Rodelinda pleure au pied du
monument.
Garibaldo vient trouver Rodelinda
et lui déclare de nouveau qu'elle peut être reine si
elle le désire. Bertarido entend le refus indigné de
son épouse. Garibaldo s'empare alors de Flavio et menace
Rodelinda de tuer son fils si elle n'obéit pas. Rodelinda est
forcée d'accepter, mais elle déclare qu'elle est
convaincue que ce chantage est l'idée de Garibaldo et pas de
son maître, et qu'une fois reine, son premier acte sera de
faire exécuter Garibaldo.
Garibaldo informe Grimoaldo du
consentement de Rodelinda, et du fait qu'elle a l'intention de le
faire exécuter. Grimoaldo lui garantit sa protection dans un
échange surpris par Bertarido et Unulfo. Le roi en exil est
tourmenté par ce qu'il considère comme la faiblesse de
son épouse, qui a cédé trop facilement. Il
décide de rester dissimulé pour tester la constance de
son épouse, car il pense que si elle savait qu'il était
vivant, sa fidélité n'aurait pas de mérite.
Unulfo s'en va, espérant trouver une preuve rassurante de la
constance de Rodelinda et laisse Bertarido à fulminer contre
sa faiblesse.
Acte II
Garibaldo réitère
son amour pour Eduige, lui rappelant qu'elle a perdu son statut royal
et la possibilité d'un mariage royal. Elle accepte de
l'épouser.
Rodelinda annonce a sa
belle-soeur qu'elle a accepté d'épouser Grimoaldo.
Eduige révèle qu'elle a aidé Grimoaldo à
accéder au trône et que son amour pour lui s'est
transformé en furie car il l'a rejetée. Elle jure de se
venger et de transformer sa couronne royale en une couronne
funéraire.
Unulfo et Garibaldo sont
présents lorsque Rodelinda accepte l'offre de mariage de
Grimoaldo. Elle lui demande d'exaucer un voeu. Il la devance en
acceptant d'exaucer n'importe quel voeu sauf celui de
l'exécution de Garibaldo. Elle se retourne contre lui, le
traite de vil criminel et lui dit qu'il peut prendre son fils et le
tuer, et mourir lui-même dans l'infamie. Comment peut-elle
être la mère de l'héritier légitime et
l'épouse du tyran usurpateur ?
Grimoaldo confesse à
Unulfo et Garibaldo que la fidélité implacable de
Rodelinda n'a fait qu'intensifier son amour pour elle. Unulfo est
horrifié en entendant Garibaldo encourager son maître
à prendre Rodelinda au mot et à tuer l'enfant,
prétextant qu'elle finira par céder. Grimoaldo
réaffirme son amour et disparaît. Garibaldo
déclare à Unulfo que le seul moyen de conserver son
royaume usurpé est de régner par la terreur et la
cruauté et non par la compassion. Laissé seul, le seul
réconfort d'Unulfo est qu'il peut offrir une certaine
consolation à Bertarido.
Ailleurs, Bertarido se lamente.
Eduige l'entend et reconnaît la voix de son frère.
Lorsqu'elle le confronte, il déclare qu'il n'est pas son
frère. Il ne peut plus être Bertarido, l'homme qui avait
richesses, amis, un royaume, des domestiques, dont il ne reste que
des souvenirs. Eduige lui répond qu'elle avait
été trompée quand elle a contribué
à sa défaite, mais que Rodelinda l'a vengé.
Bertarido lui confie qu'il ne veut pas retrouver ses possessions :
tout ce qui compte pour lui sont son épouse et son
fils.
Unulfo arrive pour s'apercevoir
que l'identité de Bertarido a été
découverte, et il lui annonce la nouvelle de la
fidélité de son épouse. Eduige, se rendant
compte que sa propre ascension au trône est maintenant une
possibilité, après le refus de Rodelinda et la
renonciation apparente de son frère au royaume, accepte de
l'aider à libérer Rodelinda et Flavio.
Unulfo va trouver Rodelinda et
lui révèle la vérité sur Bertarido. Ils
sont réunis et il lui demande pardon pour l'avoir
suspectée d'infidélité. Grimoaldo, surprenant
leur réunion, en conclut que Rodelinda a pris un amant. Il
l'accuse de lubricité et pour lui épargner ces
insultes, Bertarido révèle son identité.
Grimoaldo leur suggère de faire leurs adieux : il va tuer
Bertarido, car il est soit son ennemi de guerre, soit son rival
amoureux. Avant qu'ont l'emmène, Bertarido et Rodelinda se
disent adieu, dans une scène pleine
d'émotion.
Acte III
Eduige demande conseil à
Unulfo après le nouveau tour que viennent de prendre les
événements. Comme Bertarido lui a été
confié, ne peut-il pas l'aider à s'échapper?
Elle lui donne la clé d'un passage secret qui relie la prison
et le jardin privé de Grimoaldo. Lui ayant promis de la
retrouver plus tard avec Rodelinda et Flavio et de garantir leur
évasion, elle espère ainsi se faire pardonner ses
desseins sur le trône de Bertarido.
Garibaldo tente de calmer
Grimoaldo, qui ne parvient pas à trouver la paix. Soit
Bertarido ment, auquel cas c'est un imposteur, soit le roi de Hongrie
les a trompés, mais, quoi qu'il en soit, sa mort va
résoudre ce dilemme. Grimoaldo ne peut se résoudre
à tuer le bien-aimé de Rodelinda, mais Garibaldo lui
répond qu'il ne trouvera pas la paix tant qu'il ne l'aura pas
tué. L'usurpateur n'arrive toujours pas à se
décider.
Bertarido languit en prison, se
demandant si c'est le Destin ou l'Amour qui a été le
plus cruel. Dans l'obscurité, une main inconnue lui jette une
arme. Il reprend courage. Ayant entendu quelqu'un entrer dans
l'obscurité, il attaque et blesse Unulfo par erreur, alors
qu'il est venu mettre le plan d'évasion en action.
Interrompant les excuses de son attaquant, Unulfo lui demande de
changer de vêtements et de le suivre par le passage secret
d'Eduige. Ils entendent des pas et sortent rapidement.
Malheureusement, les nouveaux arrivants sont Eduige, Rodelinda et
Flavio qui, découvrant les vêtements ensanglantés
de Bertarido, imaginent le pire.
Dans le jardin, Unulfo quitte
Bertarido pour partir à la recherche d'Eduige, Rodelinda et
Flavio. Bertarido se cache en attendant leur retour. Grimoaldo arrive
dans le jardin, torturé par la jalousie, la colère,
l'amour et le remords, et incapable de trouver la paix. Il s'allonge
pour s'endormir, espérant échapper à ses
démons.
Garibaldo arrive et,
découvrant le roi endormi, lui vole son arme. Lorsque
Grimoaldo se réveille, Garibaldo tente de le tuer mais il est
repoussé par Bertarido au moment où Rodelinda et son
fils entrent. Après avoir tué le meurtrier en
puissance, Bertarido rend son arme à Grimoaldo. Apprenant la
part d'Unulfo et d'Eduige dans l'évasion de Bertarido,
Grimoaldo leur pardonne, prend Eduige comme épouse et avec
elle le trône de Pavie, et rend celui de Milan à son
souverain légitime.
(livret du Glyndeboune
Festival Opera)
http://site.operadatabase.com.site.hmt-pro.com/modules.php?name=Downloads&d_op=viewdownload&cid=68&min=10&orderby=titleA&show=10 (en italien et en français)
http://www.dicoseunpo.it/dicoseunpo/H_files/Rodelinda.pdf
Représentations :
- Opéra de Portland
- 8, 10, 14, 16 février 2008 - dir. George
Manahan - mise en scène Helena Binder - avec Jennifer
Aylmer (Rodelinda), Jennifer Dawn Hines (Bertarido), Robert
Breault (Grimoaldo), Valerian Ruminski (Garibaldo), Gerald
Thompson (Unulfo)
- Buenos Aires
Lirica - Teatro
Avenida - 1er, 3, 5, 7, 9 juin 2007 - dir.
Juan Manuel Quintana - mise en scène Ivan Alexandre -
décors Santiago Elder - costumes Eduardo Lerchundi -
lumières Eli Sirlin - avec Claudia Pereira (Rodelinda),
Evelyn Ramírez (Bertarido), Jaime Caicompai (Grimoaldo),
Vanesa Mautner (Eduige), Gabriela Ciprinani Zec (Unulfo), Norberto
Marcos (Garibaldo)


- Beaune - Cour des Hospices
- 30 juin 2006 - Gabrieli Consort and Players - dir.
Paul McCreesh - avec Karina Gauvin, soprano (Rodelinda), Daniel
Taylor, alto (Bertarido), Caitlin Hulcup, mezzo (Eduige), Anna
Burford, mezzo (Unolfo), Paul Agnew, ténor (Grimoaldo),
Alan Ewing, basse (Garibaldo)
- Diapason - septembre 2006 - Haendel
pocket
"Onze violons, un seul basson,
pas même un luth : Paul McCreesh divise par deux l'orchestre de
Haendel. Il divise aussi les élans, les accents, les lignes,
le souffle. Du souffle, Karina Gauvin n’en manque pas. Cette Rornilda
ou cette Morgana de rêve, est-elle pourtant Rodelinda ?
Contient-elle des larmes et des veines assez chaudes pour que prenne
vie la fille haendélienne d’Andromaque ? Un jour procahin,
sous d’autres cieux peut-être, ce que ne saurait espérer
son compatriote Daniel Taylor, ange pur absolument étranger
aux vertiges de Bertarido. La jeune mezzo australienne Caitlin Hulcup
a beau prêter à Eduige le charme discret de la
bourgeoisie lombarde, Paul Agnew au faux vilain Grimoaldo son
indiscutable musicalité, et le solide Alan Ewing au vrai
vilain Garibaldo sa basse rugissante, Rodelinda s’étiole.
Question d’échelle apparemment. Ces archets phrasent trop
court pour fixer une mélodie. Ces gosiers colorent trop peu
pour que surgisse un personnage. Ces sentiments relèvent trop
de la bonne volonté pour que s’allume une passion. Et ces
affreuses bâches en plastique dispersent trop le son pour que
les Gabrieli Players méritent le nom d’orchestre (quand, mais
quand les autorités permettront-elles au nombreux public de
Beaune de recevoir la musique dans un décor digne des murs et
des toits alentours ?). Ce Haendel de poche ne ferait aucun mal au
Pastor fido, mais Rodelinda..."
- Altamusica
- 30 août 2006 - Rodelinda abbandonata
"Le miracle de l’Alcina
d’ouverture du précédent Festival de Beaune,
transcendée par un quatuor vocal de rêve, ne se sera
donc pas reproduit dans Rodelinda, décharnée par le
geste décidément étranger à la
sensualité haendélienne de Paul McCreesh. L’astre de
l’envoûtante Karina Gauvin, seule rescapée au milieu
d’un désert belcantiste, n’en aura brillé qu’avec plus
d’éclat.
De février 1724
à février 1725, la Royal Academy of Music de Haendel,
installée au King’s Theatre de Haymarket, connut sa
période la plus faste. Francesca Cuzzoni régnait en
effet sur la scène londonienne en prima donna assoluta pour
quelques mois encore, et se vit offrir coup sur coup ses trois plus
beaux rôles, Cléopâtre de Giulio Cesare, Asteria
de Tamerlano et surtout le rôle-titre de Rodelinda, sans doute
le plus humain, car épouse et mère, avant que
d’être reine.
Aujourd’hui insurpassable, et
de ce fait trop peu employée – grâce soit rendue
à Anne Blanchard, directrice artistique du Festival de Beaune,
de sa fidélité –, dans les emplois de grand soprano
haendélien, Karina Gauvin offre pour sa prise de rôle
une authentique leçon de bel canto. Timbre pulpeux et clair,
trille miraculeux, attaques franches mais toujours sensuelles,
ornementation inventive mais jamais pléonastique, ce sont les
plus rares vertus de la Cuzzoni, consignées par Charles Burney
d’après le témoignage du flûtiste et
théoricien Johann Joachim Quantz, que ressuscite la soprano
québécoise. Et de ce chant nourri du legato le plus pur
naît l’expression la plus juste et la plus intense, des plus
infimes variations du vibrato à ces couleurs si savamment
dosées qui, au-delà de l’art, sont les signes les plus
subtils de la mise à nu de l’âme.
Malheureusement, Karina
Gauvin, merveilleusement entourée dans l’Alcina d’ouverture de
la précédente édition du festival, prêche
ici dans le désert. Exceptons tout de même Paul Agnew
qui, à force d’intelligence dramatique et musicale, triomphe
d’un timbre de plus en plus mat et d’une couleur bien peu italienne
dans un rôle composé pour Francesco Borosini, qui par
ses dons phénoménaux participa à redorer le
blason d’une voix de ténor occultée par la
suprématie des castrats depuis près d’une
siècle.
Haendel n’en offrit pas moins
au fidèle – et parfois caractériel – Senesino un
rôle à la hauteur de son prestige et de ses
qualités expressives sans égales. La première
scène de Bertarido, couronnée par l’étreignant
Dove sei, amato bene ?, est à cet égard l’une des plus
simplement bouleversantes jamais imaginées par le caro
Sassone. Le contre-ténor Daniel Taylor n’y répond que
par un timbre livide et une placidité rythmique
indéfendable, que ne peuvent compenser quelques sursauts de
vivacité dans les pages les plus virtuoses, où sa voix
retrouve une certaine assise dans des aigus insolents, mais un rien
forcés.
Ses tentatives
d’allègement au détour d’un ou deux récitatifs
se révélant particulièrement infructueuses, Alan
Ewing se contente de rugir le traître Garibaldo d’une voix
tonitruante, quand le rôle exige davantage
d’ambiguïtés et d’ironie perverse. Enfin, l’Eduige de
Caitlin Hulcup et l’Unulfo d’Anne Burford se débattent comme
elles peuvent dans des vocalités qui les condamnent à
écraser des voix non sans qualités, mais insensibles
aux courbes haendéliennes.
Il est vrai que la direction
corsetée de Paul McCreesh, définitivement
étranger au théâtre, interdit aux phrasés
de s’épanouir, et pour tout dire de chanter. D’autant que
l’effectif rachitique de ses Gabrieli Consort and Players agit comme
une loupe sur la moindre défaillance – et nombreuses elles
sont, dans l’acoustique de la cour des Hospices qui, de
surcroît, ne pardonne rien.
L’astre éclatant de
sensualité de Karina Gauvin, à contre-courant de ce
Haendel sec et avare de couleurs, n’en aura donc eu que plus de
mérite à briller sur une soirée à
laquelle aura manqué, outre l’italianità indissociable
de l’opera seria, même londonien, cette morbidezza
crépusculaire qui est l’essence même de Rodelinda,
jusque dans le sublime duo Io t’abraccio où, faute de
Bertarido, la soprano québécoise aura dialogué
avec les étoiles."
- Halle - 14 juin
2006 - dir. Michael Schneider - mise en scène et
décors Per Boysen - première recréation
scénique de la version de 1725/1726
- New York - Metropolitan
Opera - 2, 6, 10, 13, 19 mai 2006 - dir. Patrick
Summers - avec Renée Fleming (Rodelinda), Stephanie Blythe
(Eduige), Andreas Scholl (Bertarido), Christophe Dumaux / Theodora
Hanslowe (Unulfo), Kobie van Rensburg (Grimoaldo), John Relyea /
Oren Gradus (Garibaldo)


- Munich - Opern-Festspiele
- 20, 24, 27 mars 2006 - Opern
Festspiele - 13 juillet 2006 - dir. Ivor Bolton - mise
en scène David Alden - décors Paul Steinberg -
costumes Buki Shiff - lumières Pat Collins -
chorégraphie Beate Vollack - avec Susan Gritton
(Rodelinda), Michael Chance (Bertarido), Paul Nilon (Grimoaldo),
Cynthia Jansen (Eduige), Christopher Robson (Unulfo), Umberto
Chiummo (Garibaldo)
- Halle - 26
février 2006 - dir. Michael Hofstetter - mise en
scène, décors, costumes Peer Boysen -
chorégraphie Ralf Rossa
- Vienne - Konzerthaus -
Festival Resonanzen - 29 janvier 2006 - Il Complesso
Barocco - dir. Alan Curtis - avec Emma Bell (Rodelinda), Sonia
Prina (Bertarido), Steve Davislim (Grimoaldo), Eufemia Tufano
(Eduige), Vito Priante (Garibaldo), Hilary Summers (Unulfo)
- Londres - Barbican Hall
- 1er février 2006 - Il Complesso
Barocco - dir. Alan Curtis - avec Simone Kermes (Rodelinda), Sonia
Prina (Bertarido), Steve Davislim (Grimoaldo), Eufemia Tufano
(Eduige), Vito Priante (Garibaldo), Hilary Summers (Unulfo)
- Opéra de Dallas
- 27, 29 janvier, 1er, 4 février 2006
- dir. Graeme Jenkins - mise en scène John Copley -
décors John Conklin - costumes Peter J. Hall - avec Ruth
Ann Swenson (Rodelinda), Ewa Podles (Bertarido), Richard Croft
(Grimoaldo), Christophe Dumaux (Unulfo), Mary Phillips (Eduige),
Philip Cutlip (Garibaldo)
- Bilbao - Teatro Arriaga
- 11 novembre 2005 - version de concert
dramatisée - Il Complesso Barocco - dir. Alan Curtis - avec
Emma Bell, David Hansen, Filippo Adami, Eufemia Tufano, Gerald
Thompson, Konstantin Wolff
- Toronto - Hummingbird
Centre for the Performing Arts - 18, 20, 22, 26, 28, 30
octobre 2005 - dir. Harry Bicket - mise en scène Tim Albery
- décors, costumes Dany Lyne - Danielle de Niese
(Rodelinda), Michael Colvin (Grimoaldo), Lawrence Zazzo
(Bertarido), Robert Gleadow (Garibaldo), Marie-Nicole Lemieux
(Edwige), Daniel Taylor (Unulfo)

- Opéra de San
Francisco - 17, 21, 25, 29 septembre, 8 octobre 2005 -
dir. Roy Goodman - mise en scène David Alden -
décors Paul Steinberg - costumes Buki Schiff -
lumières Pat Collins - chef de choeur Ian Robertson - avec
Catherine Naglestad (Rodelinda), David Daniels (Bertarido), Paul
Nilon / Kobie van Rensburg (Grimoaldo), Phyllis Pancella (Eduige),
Gerald Thompson (Unulfo), Umberto Chiummo (Garibaldo) -
Coproduction avec Bayerische Staatsoper, Munich

- Bautzen -
Deutsch-Sorbisches Volkstheater Bautzen - 29, 31
juillet, 2 août 2005 - dir. Philip Hesketh - avec Sophie
Bevan, Richard Scott, Ben Johnson, Stephen Jeffery, David
Sheringham, Veronica Stalberg
- Opéra de
Baugé (Loire-Atlantique) - 29, 31 juillet, 2
août 2005 - dir. Philip Hesketh - avec Sophie Bevan,
soprano, Richard Scott, contre-ténor, Ben Johnson,
ténor, Stephen Jeffery, baryton, David Sheringham,
contre-ténor, Veronica Stalberg, mezzo-soprano
- Opéra de Halle
- 3, 5, 10 juin 2005 - nouvelle production - dir.
Michael Hofstetter - mise en scène, décors, costumes
Peer Boysen - chorégraphie Ralf Rossa - avec Romelia
Lichtenstein (Rodelinda), Kai Wessel (Bertarido), Barbara de Koy
(Flavio), Michael Smallwood (Grimoaldo), Ulrike Schneider
(Eduige), Raimund Nolte (Garibaldo)

- New York - Metropolitan
Opera - 2, 6, 11, 15, 18, 22, 27 décembre 2004,
1er, 6 janvier 2005 - dir. Harry Bicket - mise en
scène Stephen Wadsworth - décors Thomas Lynch -
costumes Martin Pakledinaz - lumières Peter Kaczorowski -
avec Renée Fleming (Rodelinda), Stephanie Blythe (Eduige),
David Daniels / David Walker (Bertarido), Bejun Mehta (Unulfo),
Kobie van Rensburg (Grimoaldo), John Relyea / Oren Gradus
(Garibaldo), Zachary Vail Elkinf (Flavio, rôle muet) -
nouvelle production


- Diapason - mars 2005 - 27 décembre
2004
"Rodelinda est pour
Renée Fleming une prise de rôle, qui lui permet de faire
valoir d'indéniables arguments techniques - trilles parfaits,
vocalises étourdissantes. Mais, alors que la voix, somptueuse,
capiteuse, parfois sourde, laisse entrevoir des replis cachés,
des rondeurs opulentes, pourquoi surcharger la ligne de broderies
douteuses, pourquoi ces accents guerriers, cette gestuelle agressive,
inappropriés même pour la farouche reine des Lombards ?
Autour de l'astre, brillent deux étoiles : Stephanie Blythe,
Eduige robuste, au caractère bien trempé, et Bejun
Mehta, merveilleux Unulfo, timbre et style inégalables. Seul
le Bertarido de David Daniels laisse sceptique, la délicatesse
de ses phrasés ne suffisant pas à compenser un volume
trop faible. La direction atone de Harry Bicket manque quant à
elle de contrastes et de force dramatique, la matière
instrumentale se révélant trop épaisse pour
laisser affleurer la poésie et le nerf de la partition. Dans
le même esprit, la production de Stephen Wadsworth,
représentant une campagne lombarde du XVIIIe siècle,
frappe surtout par son opulence."
- Classica - février 2005 - 28 novembre
2004
"C'est du Met, du pur Met ",
me disait Renée Fleming après la générale
de Rodelinda. Décors fastueusement réalistes, avec une
place de la Renaissance italienne, des tours crénelées,
une bibliothèque à deux étages, une prison au
fond d'une cave, etc. On amène tout à coup un cheval;
et aussi un tabouret (!), pour permettre au chanteur pas trop
rassuré de se hisser sur le canasson et de gagner directement
la coulisse. " C'est la seule façon de faire passer Haendel
aux Américains. " Renée Fleming n'a pas une très
haute idée des compétences musicales de ses
compatriotes, tout en étant elle-même très
américaine, dans le soin qu'elle met à paraître
toujours lisse, souriante, aimable, et jusque dans sa manière
de chanter, soigneuse, polie, ravissante. Plaire, on sent que c'est
le mot d'ordre là-bas, et elle l'applique avec la bonne
volonté d'une élève soucieuse de ne pas tromper
son public. Elle s'est expliquée là-dessus dans son
autobiographie récemment parue, soulignant et en même
temps déplorant cette soumission de l'artiste américain
aux lois du marché. Le miracle, c'est que, malgré ce
qui nous semble des limites à l'épanouissement d'une
voix, celle-ci est si belle qu'elle triomphe aisément de nos
vieux préjugés européens. Voilà du chant
pur, un déploiement effusif, un art de la caresse sonore et de
l'enchantement élégiaque, comme il n'y en a pas
aujourd'hui d'égaux dans le monde. Les airs de
déploration sont ceux qui conviennent le mieux à
Renée Fleming ; elle est trop policée pour
réussir pleinement dans la véhémence; mais,
lorsqu'il s'agit d'exprimer la douleur, l'angoisse de la
séparation ou de la mort, elle est sans rivale. On pense
à ce que fut Kiri Te Kanawa, et certains accents
évoquent même l'autre Renée, la grande et
irremplaçable Tebaldi. Parmi les autres interprètes de
cette Rodelinda trop mollement dirigée par Harry Bicket, les
deux contre-ténors se sont distingués, David Daniels et
Bejun Mehta."
- Opéra International - janvier 2005 -
6 décembre 2004
"A sa quatrième
tentative, le Met a enfin réussi une nouvelle production d'un
opéra de Haendel (au cours des vingt dernières
années, il y a bien eu quelques belles représentations
isolées de Rinaldo, Giulio Cesare et Samson, mais pas assez
pour compenser des directions d'orchestre catastrophiques, des
éditions médiocres et une incohérence
dramatique...). Cette Rodelinda change tout, en commençant
là où cela compte le plus : dans la fosse. Le travail
méticuleux de Harry Bicket, nouveau venu face aux musiciens
phénoménaux de l'Orchestre du Met, donne une
sonorité d'ensemble fraîche et vive, ainsi qu'un
élégant travail dans les sections avec continuo (Bicket
lui-même est au clavecin, peut-être placé trop
loin de certaines positions scéniques pour permettre aux
chanteurs de l'entendre : quelques récitatifs paraissent un
peu trop hauts, y compris de la part de chanteurs dont l'intonation
est parfaite lorsqu'ils sont accompagnés par l'orchestre). Le
chef britannique a fini par couper plus de numéros qu'il
n'aurait voulu, mais n'a tronqué aucun air et a obtenu de tous
ses principaux interprètes, sauf une, des ornements
raffinés et de bon goût. La reine de Lombardie (et du
Met) est en effet un peu à part. Le public peut être
reconnaissant à Renée Fleming de son
intérêt pour le rôle-titre, sans lequel les neuf
représentations de Rodelinda auraient été
impensables. Elle s'y montre assez sensationnelle et, dans les
limites de son personnage scénique (on ne peut moins
sanguinaire), joue de manière émouvante. Son registre
aigu, d'une beauté rare, remplit tout le théâtre
on aimerait en dire autant du registre médian, faible et
occlus Lorsque Fleming chante avec netteté, comme dans
"Ritorna, o caro" et, avec le Bertarido remarquablement expressif et
mélodieux de David Daniels, dans "Io t'abbraccio ",
le résultat est somptueux. Mais le
plus souvent, elle s'abandonne à des attaques en glissando,
des roucoulements articulés sans précision et des
salves d'ornementations excessives, lourdes et clinquantes. Comme ses
collègues, n'aurait-elle pu comprendre que le mieux est ennemi
du bien et s'en tenir à une simple cantilène, pour
créer un contraste avec les passages de bravoure ? Bejun Mehta
chante merveilleuse-ment les trois airs d'Unulfo. Son "Fra tempeste"
coulant et agréable, suivi de l'étonnant "Con rauco
mormorio" de Daniels, phrasé avec une sensibilité
dynamique d'une grande précision, confirme l'art du
contre-ténor. En attendant le Giulio Cesare de février
qui l'attend à Denver, Stephanie Blythe paraît à
la fois héroïque et élégante, et rend
l'ambiguë Eduige sympathique. Kobie van Rensburg, nouveau venu
au sein de la compagnie, est un Grimoaldo exceptionnel sur le plan
dramatique et - à l'instar d'Eric Tappy -, d'une grande
beauté vocale malgré une voix de ténor qui n'est
pas particulièrement belle, mais souple et expressive. John
Relyea (Garibaldo) a l'air proprement menaçant et fait montre
de ses qualités de cavalier (sic !) ses fioritures sont
bonnes, mais ni le grave ni l'aigu de sa voix de basse ne sont
particulièrement séduisants.
L'équipe de production
(des artistes nouveaux au Met, à l'exception de Martin
Pakledinaz, dont les costumes riches et somptueux donnent a tous les
interprètes une allure exceptionnelle) triomphe avec un
étonnant décor représentant la campagne lombarde
au XVIIIe siècle (Thomas Lynch), disposé en segments
qui s'enchaînent horizontalement, sous les superbes
éclairages de Peter Kaczorowski. Comme pour son Serse avec la
même équipe, Stephen Wadsworth a créé tout
un monde florissant sur scène, faisant un usage imaginatif du
petit Flavio muet (Zachary VaiI Elkind, bon comédien) et
donnant à chaque personnage un visage humain, de
manière vivante et compréhensible."
- Forum Opera - 11 décembre 2004
"Au Metropolitan Opera de New
York, on reconnaît une authentique diva (ou un vrai divo)
à ce que la maison monte des ouvrages rien que pour elle,
sûre de remplir sur son nom (le théâtre
n'étant pratiquement pas subventionné, il ne peut pas
se permettre de faire fi des voeux du public et encore moins de ceux
de ses sponsors). Renée Fleming peut revendiquer
fièrement ce statut : après Il Pirata en 2002, le
Metropolitan monte en effet pour elle cette Rodelinda, effort
d'autant plus louable que les ouvrages de Haendel n'y sont pas
fréquents ; leur liste se limite à Rinaldo (pour
Marilyn Horne il y a 20 ans), puis Samson (pour Jon Vickers) et,
enfin, Giulio Cesare. Les spectacles montés dans de telles
conditions ne sont habituellement pas fastueux ; cette fois, le
théâtre new-yorkais n'a pas lésiné sur les
moyens, signe que les choses changent pour Haendel à New-York
(une reprise est d'ailleurs déjà programmée
d'ici deux ans).
La production de Stephen
Wadsworth tranche avec ce qu'on a l'habitude de voir lorsque sont mis
en scène des ouvrages baroques : en dépit d'une
légère transposition (à l'époque de
Haendel, c'est-à-dire un petit millier d'années plus
tard), le parti pris général est plutôt
réaliste. Une bibliothèque élisabéthaine,
des étables (et un vrai cheval qui emporte John Relyea), un
jardin, une chambre somptueuse... Tous ces lieux,
exécutés en durs, s'enchaînent sans solution de
continuité : si un protagoniste quitte la bibliothèque,
le décor bouge avec lui jusqu'à ce qu'il arrive dans le
jardin ou plus loin dans les étables (du point de vue du
spectateur, le chanteur fait du sur place et ce sont les
décors qui se meuvent d'un bloc vers la gauche ou la droite).
Nous avons même droit "au coup de l'ascenseur" pour la visite
en sous-sol des prisons ! Hormis cet aspect spectaculaire, les
décors, costumes et éclairages évoquent
plutôt le travail d'un Ponnelle. La direction d'acteurs est
intelligente, sans excès théâtraux : Wadsworth
réussit à nous rendre humains des personnages un peu
stéréotypés, c'est la principale qualité
de cette mise en scène.
Star de la soirée,
Renée Fleming aborde Rodelinda avec ses qualités et
défaut habituels : beaucoup d'investissement personnel, des
variations inventives, une ligne de chant parfaite et des aigus
généreux. Au passif, on retrouvera le même
maniérisme : ports de voix "jazzy" sortis de Porgy and Bess,
notes prises un peu bas pour renforcer l'effet dramatique et une
tendance à surjouer chaque mot, un peu fatigante à la
longue ; on aimerait fois un peu plus de simplicité et de
naturel. Des réserves sans doute mineures pour qui n'entend
pas cette chanteuse trop régulièrement. Kobie van
Rensburg n'est pas en reste en termes d'engagement dramatique. Sur le
plan vocal, c'est une autre affaire, malgré des vocalises
impressionnantes : le chanteur s'essouffle vite, écorchant pas
mal de notes. Enfin, son timbre très particulier ne fait pas
nécessairement l'unanimité. Stephanie Blythe continue
de marcher sur les traces de Marylin Horne, avec une voix plus
projetée toutefois que celle de son illustre
devancière. Vocalises impeccables, registre étendu et
voix riche en harmoniques, c'est absolument magnifique. La voix de
David Daniels m'a semblé avoir quelque peu
évolué ces dernières années : le chanteur
a gagné en volume et en projection, mais l'émission est
un peu moins cristalline ; dramatiquement, son Bertarido est d'une
grande force émotionnelle, culminant dans la bouleversante
scène de la prison. Bejun Mehta se hisse au même niveau,
avec une voix plus pure qui contraste à merveille avec celle
de son collègue : là aussi, un chant quasi parfait.
Plus en retrait, John Relyea vaut surtout par sa prestance et son
aptitude à monter à cheval.
Augmenté de quelques
instruments anciens, l'orchestre du Metropolitan sait presque se
transformer en formation baroque (disons qu'il se rapproche de la
sonorité de l'Ensemble Orchestral de Paris, avec des couleurs
un peu plus variées). La direction de Harry Bicket est
à l'écoute du plateau, élégante et vive,
mais manque parfois un peu de mordant. Pour finir, un coup de chapeau
au théâtre lui-même : y a-t-il d'autres salles de
cette dimension dont l'acoustique s'adapte aussi bien à Wagner
qu'à Haendel ? "
- Munich - Opern-Festspiele
- 20, 23, 26, 30 octobre 2004 - dir. Ivor Bolton - mise
en scène David Alden - décors Paul Steinberg -
costumes Buki Shiff - lumières Pat Collins -
chorégraphie Beate Vollack - avec Susan Gritton
(Rodelinda), Michael Chance (Bertarido), Paul Nilon (Grimoaldo),
Sara Mingardo (Eduige), Christopher Robson (Unulfo), Umberto
Chiummo (Garibaldo)

- Viterbo - Chiesa di Santa
Maria della Verità - Festival Barocco 2004 - 10
septembre 2004 - Il Complesso Barocco - dir. Alan Curtis
- Munich - Opern-Festspiele
- 23, 27 juillet 2004 -
dir. Ivor Bolton - mise en scène David Alden -
décors Paul Steinberg - costumes Buki Shiff -
lumières Pat Collins - chorégraphie Beate Vollack -
avec Dorothea Röschmann (Rodelinda), Michael Chance
(Bertarido), Paul Nilon (Grimoaldo), Felicity Palmer (Eduige),
Christopher Robson (Unulfo), Umberto Chiummo (Garibaldo)
- Festival de Glyndebourne
- 12, 17, 20, 25, 30 juin, 6, 9, 18, 23, 25, 28, 31
juillet 2004 - Orchestra of the Age of Enlightenment - dir.
Emmanuelle Haïm - mise en scène Jean-Marie
Villégier - décors Nicolas De Lajartre/Pascale
Cazales - costumes Patrice Cauchetier - lumières Bruno
Boyer - avec Emma Bell (Rodelinda), Marijana Mijanovic
(Bertarido), Timothy Robinson (Eduige), Jean Rigby (Grimoaldo),
Matthew White (Unulfo), Paul Gay (Garibaldo)
- Darmstadt - Grosses Haus -
Hessisches Staatstheater - 24 avril, 5, 8 mai 2004 -
dir. Raoul Grüneis - mise en scène Rosamund Gilmore -
décors et costumes Carl Friedrich Oberle - avec Mary Anne Kruger (Rodelinda),
Gerson Luiz Sales (Bertarido), Ralf Simon (Grimoaldo), Werner
Volker Meyer (Garibaldo), Tijana Grujic (Eduige)
- Munich - Staatsoper
- 17, 20, 22 septembre 2003 - dir. Ivor Bolton - mise
en scène David Alden - décors Paul Steinberg -
costumes Buki Shiff - lumières Pat Collins - avec Dina
Kuznetsova / Dorothea Röschmann (Rodelinda), Michael Chance
(Bertarido), Paul Nilon (Grimoaldo), Felicity Palmer (Eduige),
Christopher Robson (Unulfo), Umberto Chiummo (Garibaldo)
- Munich - Nationaltheater
- Opern Festspiele - 28 juin 2003, 2, 5, 9 juillet 2003
- dir. Ivor Bolton - mise en scène David Alden -
décors Paul Steinberg - costumes Buki Shiff -
lumières Pat Collins - avec Dorothea Röschmann
(Rodelinda), Michael Chance (Bertarido), Paul Nilon (Grimoaldo),
Felicity Palmer (Eduige), Christopher Robson (Unulfo), Umberto
Chiummo (Garibaldo) - nouvelle production
"Même s'il s'agit d'un
opéra de dimensions ambitieuses, qui fut créé
par nombre des chanteurs les plus prestigieux de son époque,
cette musique brillante mais d'inspiration inégale, et
inévitablement répétitive, aura rarement paru
aussi perdue que dans le grand vaisseau du Nationaltheater, sous la
direction brutale d'Ivor Bolton, devant un public poli, parfois
amusé par la mise en scène, mais souvent
indifférent. Difficile de ne pas somnoler en début de
soirée, anesthésié par un interminable
enchaînement d'airs stéréotypés,
chantés toujours devant le même mur de briques qui barre
toute l'avant-scène. Ensuite, le spectacle offre davantage
à voir, notamment quelques dispositifs d'une
monumentaiité certaine. Mais, comme souvent dans les
productions de David Alden, affleure ici une constante fascination
pour le décor disgracieux, encombrant, choisi pour sa fonction
de repoussoir, comme s'il fallait mettre le spectateur mal à
l'aise pour le rendre plus réceptif. Mais réceptif
à quoi quelques gags minables, une gestique inexistante, une
caractérisation à l'emporte-pièce digne au mieux
d'une bande dessinée pour adultes, un approfondissement du
sujet et de son contexte historique proche du nul absolu. On pourrait
appeler cela le paradoxe anglo-munichois, ou comment faire passer un
vide vertigineux pour une nouvelle esthétique...
Passons.
Q uant à distribuer un
ouvrage aussi exigeant, il aurait mieux valu rester modeste, en
allégeant les rôles principaux, voire en supprimant les
airs des personnages secondaires, plutôt que d'infliger un tel
festival de timbres opaques et de vocalisations ululantes. Felicity
Palmer n'est plus que l'ombre d'elle-même, Christopher Rohson,
excellent comédien, s'obstine à se servir de l'une des
voix de sopraniste les plus déplaisantes qui se puissent
trouver aujourd'hui, et le pauvre Michael Chance bataille
jusqu'à l'asphyxie avec les airs de Bertarido, redoutables
morceaux de bravoure écrits pour le castrat Senesino et dont
il ne peut donner qu'une très vague idée. Umberto
Chiummo joue les méchants avec classe, et Dorothea Roschmann
est une Rodelinda de haut vol, qui tient la distance sans sourciller.
Mais la soirée est décidément bien trop longue
pour se nourrir d'aussi peu." (Opéra International - octobre
2003)
- Théâtre du
Châtelet - 29 janvier, 1er, 4 et 7
février 2002 - Orchestra of the Age of Enlightenment - dir.
William Christie - mise en scène Jean-Marie
Villégier, Jonathan Duverger - décors Nicolas de
Lajartre et Pascale Cazalès - costumes Patrice Cauchetier -
lumières Bruno Boyer - avec Anna Caterina Antonacci /Emma
Bell (Rodelinda), Jean Rigby (Eduige), Andreas Scholl (Bertarido),
Kurt Streit (Grimoaldo), Umberto Chiummo (Garibaldo), Artur
Stefanowicz (Unulfo)

- Opéra International - mars 2002 -
représentation du 29 janvier 2002
"Un spectacle baroque criant
de vérité...Actrice extraordinaire, Anna Caterina
Antonacci campe une mémorable Rodelinda, son chant
révélant dans les moments de douceur, une belle
émotion et une rare intelligence de musicienne...Andreas
Scholl, de son côté, est un Bertarido de luxe,
évoquant les fastes du Senesino, grâce à une
émission parfaitement contrôlée et une ligne
de morbidezza unique. A leurs côtés, Kurt Streit et
Umberto Chiummo...ont parfaitement caractérisé les
personnages de Grimoaldo et Garibaldo."
- Classica - mars 2002 -
représentation du 4 février 2002
"La musique parle
d'elle-même...La scénographie de Lajartre et
Cazalès nous plonge dans un décor de film où
lumières et couleurs font penser à l'univers
d'Agatha Christie. Pourtant, point de suspense...Andreas Scholl
interprète un Bertarido idéal de langueur, d'un
style impeccable à défaut de grand volume
sonore...L'interprétation d'Emma Bell se distingue par des
cantabili particulièrement réussis...La grande
déception vient de l'orchestre, tellement
dégagé de l'exécution...plat et
indifférent."
- Libération
- Au Châtelet, l'oeuvre difficile de
Haendel est une bonne surprise - 4 février 2002
"Seconde production du
festival de Glyndebourne invitée par Jean-Pierre Brossman
au Châtelet, après un Fidelio raté, Rodelinda
est une bonne surprise. Ou presque, dans la mesure où,
dévoilée dans le temple lyrique du Sussex en 1998,
et aussitôt captée en vidéo et diffusée
sur le câble français, cette production n'est pas
inconnue des mélomanes.
On peut avoir des
réserves sur le Haendel de William Christie ou de Marc
Minkowski, reste qu'ils sont aujourd'hui les deux chefs les plus
engagés au monde à défendre ces opéras
techniquement si difficiles, et à s'être le plus
longuement penchés sur les questions musicologiques et
stylistiques posées par leur exécution sur
instruments d'époque. Le disque est une chose, le concert,
lui, pose de véritables défis: dans la fosse du
Châtelet, l'Orchestra of the Age of Enlightenment ne joue
pas beaucoup plus juste que la plupart des ensembles baroques
d'aujourd'hui. Dès les premières mesures, les cordes
sont prises en défaut par la baguette alerte et
serrée du chef.
Kurt Streit royal. Les
vocalistes, aussi superbes de son et de style soient-ils,
souffrent également. Déjà entendue sous la
baguette d'Abbado, Muti et René Jacobs, la très
belle Anna Caterina Antonacci rame un peu dans un rôle-titre
trop bas pour elle, à moins que les portamentos dont elle
semble abuser fassent partie des indications stylistiques
données par Christie. Andreas Scholl, que l'on tient avec
David Daniels pour l'un des deux meilleurs contre-ténors de
sa génération, connaît également des
passages de registre délicats. Mais passé le premier
acte, hormis des coloratures impossibles, Antonacci et Scholl font
des étincelles. Le ténor Kurt Streit ouvre le feu au
second acte: richesse du timbre, legato rayonnant, fluidité
du phrasé, son Grimoaldo est royal.
Renvoyant subtilement au
noir et blanc de Marcel Lherbier, l'écrin crypto-symboliste
conçu par Jean-Marie Villégier contribue beaucoup
à l'enchantement. La perfection dans Haendel est
impossible, ce Rodelinda n'en emporte pas moins
l'adhésion."
- Altamusica - 29 janvier 2002 - Haendel
se fait une toile
- ConcertoNet - 29 janvier 2002
"Seconde production du
Festival de Glyndebourne, Rodelinda procure cette fois un plaisir
sans partage et restera sans doute comme l’une des plus belles
réussites de l’opéra baroque de ces dernières
années. Tiré d’une pièce de Corneille,
Pertharite, le nœud de l’intrigue consiste en un terrifiant
marché puisque l’héroïne Rodelinda
décide d’offrir sa main à Grimoaldo, qui a
chassé son époux (Bertarido) du trône,
à la condition qu’il tue son fils sous ses yeux !
Tourmenté au plus profond de lui par l’impossibilité
de tuer l’enfant de celle qu’il veut épouser, Grimoaldo,
après moult péripéties dont le retour de
Bertarido que tous croyaient mort, trouvera la voie du salut en
refusant le trône et en abandonnant toute haine. La
variété des émotions à exprimer, de la
douleur du deuil à la plus folle espérance, du
sentiment de trahison à l’amour le plus pur, exige des
talents d’acteur et des capacités d’expression hors du
commun. Au sein d’une excellente distribution, dominent, sans
surprise, Anna Caterina Antonacci et Andreas Scholl. La soprano
italienne, active dans les répertoires italien et baroque,
possède les couleurs et la sentimentalité qu’exige
le premier ainsi que la virtuosité et la pureté
d’expression que requiert le second. Une réussite absolue
et un enchantement de tous les instants. Le contre-ténor
allemand abordait la scène lyrique avec cette production et
l’on espère que ce ne sera qu’un début ! La douceur
de son timbre, la sûreté de son émission font
chavirer la salle de bonheur. William Christie, comme d'habitude,
se révèle parfait, et l'Orchestre de l'Age des
Lumières est idéalement à son
aise.
La mise en scène
remarquable fait l’unanimité, tout le monde applaudit
l’idée de jouer Rodelinda dans l’univers hollywoodien du
film noir et blanc muet des années 20. Mais, osons une
hypothèse, si finalement cette transposition n’était
qu’un subterfuge, une diversion, pour que notre intellect (qui
veut répondre à la question où sommes nous ?)
se raccroche à quelque chose et que le véritable
objectif de Jean-Marie Villégier était en fait
d’arriver à une épure la plus poussée
possible pour toucher, à l’état brut, nos
perceptions ? S’il avait dit «je vais faire des tons gris,
une pénombre permanente, aucun mouvement de lumière,
des gestes lents et des poses appuyées», les gens
aurait dit «mais quelle horreur !», avec la
référence cinématographique, ça passe
comme une lettre à la poste ! Il n’y a pas
véritablement de transposition ici, mais seulement un cadre
formel qui permet à Villégier de composer sa mise en
scène comme un grand maître classique dessine au
fusain, chaque trait est nécessaire et porte une
émotion. Un geste, un contre-jour, une pose et tout est
dit. Crions au génie !"
- Opéra International - janvier 2002
- Jean-Marie Villégier - Rodelinda de Glyndebourne
à Paris
- Le Monde - 31 janvier 2002 - La belle
Rodelinda, cernée par l'amour et la mort dans un monde
hors du temps
"Qu'on se rassure, il y a
bien un spectacle dans la salle, mais il agit par distanciation,
séduit par détours. Jusque dans le traitement
comique, irrésistiblement décalé (un peu
à la Buster Keaton) qui affleure çà et
là : ainsi le roi exilé reprenant la situation en
main sous l'habit d'un Arsène Lupin mâtiné de
Zorro ! Qu'on se rassure, il y a aussi un orchestre dans la fosse,
des chanteurs sur la scène. La direction de William
Christie à la tête du remarquable Orchestra of the
Age of enlightenment a elle aussi adopté le parti de la
sensation contre celui du sentiment. Chaleureux et vivant comme
ces pierres au soleil, chaudes à la main une fois la nuit
venue. Quant aux chanteurs, ils forment une pléiade de
premier ordre, scéniquement beaux comme des stars de
cinéma. A la très belle Rodelinda d'Anna Caterina
Antonacci, la palme de la plasticité scénique, elle
dont ramage et plumage sont à l'unisson : une voix au
timbre parfois monolithique, mais rompue à toutes les
exigences vocales. Royale. En prétendant prédateur,
le Grimoaldo de Kurt Streit s'améliore de bout en bout : un
peu vert de timbre et dur de ligne dans les vocalises au premier
acte, il ne cessera de gagner en prestance, en acuité, en
profondeur. Magnifique bête de scène, le
séditieux Garibaldo d'Umberto Chiummo, cynique et joueur,
affirme une vraie superbe vocale et un timbre idoine. L'Eduige de
Jean Rigby, scéniquement parfaite en mondaine de luxe,
manque cependant un peu d'abattage et souffre d'une projection
parfois insuffisante dans le medium. Quant aux deux comparses
contre-ténors, on saluera la très sensible
interprétation d'Artur Stefanowicz en Unulfo, ange gardien
du malheureux roi Bertarido incarné par un Andreas Scholl
lumineux et tragique à la fois. Vocalises à couper
le souffle, legato de rêve, éblouissement de
couleurs, de dynamiques, d'intentions, le roi Scholl n'a jamais
quitté un instant sa couronne. Moment magique, le duo
d'adieu qui l'unit à Rodelinda à l'acte II et passe
dans un souffle, à l'instar de ces trois heures de musique
écoutées comme en rêve."
- Festival de Glyndebourne
- 20, 23, 26 octobre 2001 - Woking - 1er novembre 2001 -
Norwich - 8 novembre 2001 -
Milton Keynes - 15 novembre
2001 - Plymouth - 22 novembre
2001 - Oxford - 29 novembre
2001 - Stoke-on-Trent - 6
décembre 2001 - Glyndebourne Touring Opera orchestra,
Glyndebourne chorus - dir. Emmanuelle Haïm - avec Emma Bell
(Rodelinda), Stephen Rooke (Grimoaldo), Jonathan Best (Garibaldo),
Jean Rigby (Eduige), Robin Blaze (Bertarido), Matthew White
(Unulfo), Aaron Fulthorpe (Flavio)
- Cheltenham - International
Festival of Music - 7, 8 juillet 2000 - Festival de Buxton - 16, 19, 23
juillet 2000 - dir. Cummings - mise en scène Conway - avec
H. Williams, Howard, J.P. Kenny, Sears, Johnston
- Göttingen
- Festival Haendel - 8, 11, 13 juin 2000 - Concerto
Köln - dir. Nicholas McGegan - mise en scène Igor
Folwill - décors Manfred Kaderk - costumes Andreas Meyer,
Wolfgang Scharfenberger - lumières Peter Sandvoß -
avec Dominique Labelle (Rodelinda), Robin Blaze (Bertarido), Ian
Parton (Grimoaldo), Ewa Wolak (Eduige), Cécile van de Sant
(Unulfo), Andrew Foster (Garibaldo), Arne Kolb / Fabian Lindhorst
(Flavio)
- Festival de
Glyndebourne - 13, 16, 19, 22, 25, 27 juin, 2, 10, 12,
15, 18, 20, 23 juillet 1999 - dir. Charles Mackerras / Harry
Bicket - mise en scène Jean-Marie Villégier -
décors Nicolas de Lajatre - costumes Patrice Cauchetier -
lumières Bruno Boyer - avec Anna Caterina Antonacci / Lisa
Milne (Rodelinda), Jean Rigby (Eduige), Umberto Chiummo
(Garibaldo), Andreas Scholl (Bertarido), Artur Stefanowicz
(Unulfo), Kurt Streit (Grimoaldo)
- Dublin - Opera Theatre
Company - 1999
- Festival de Glyndebourne
- 13, 17, 19, 22, 25, 27 juin, 3,
5, 12, 14, 20, 24 juillet 1998 - Festival International de Musique
et d'Art Lyrique de Montreux Vevey - 3 septembre 1998 (version de
concert) - Orchestra of the Age of Enlightenment - dir. William
Christie - mise en scène Jean-Marie Villégier - avec
Anna Caterina Antonacci / Lisa Milne (Rodelinda), Andreas Scholl
(Bertarido), Kurt Streit (Grimoaldo), Louise Winter (Eduige),
Artur Stefanowicz (Unulfo), Umberto Chiummo
(Garibaldo).
- Opéra International - octobre 1998 - compte-rendu de la
représentation du 5 juillet 1998
"La nouvelle production mise en scène par
Jean-Marc Villégier tient du miracle"..."Rodelinda est
présentée sans coupures, avec un orchestre et des
solistes jouant et chantant dans la tonalité d'origine, tout
en parvenant à faire ressortir la dimension tragique de
l'opera seria haendelien"..."Jean-Marie Villégier a
situé l'action dans une dictature fasciste des années
1930"..."De toute évidence, Anna Caterina Antonacci se sent
parfaitement à l'aise dans le personnage de Rodelinda"..."Pour
ses débuts fort attendus à l'opéra, le
falsettiste Andreas Scholl a littéralement
stupéfié l'auditoire par sa maîtrise technique,
par son raffinement, par la dignité et la
sincérité de son jeu"..."William Christie parvient
à une réussite dans les passages lyriques et
dramatiques."
- Diapason - septembre 1998 - 19 juin 1998
"La vertu scénique et
dramatique est maigre, et Jean-Marie Villégier a eu dix fois
raison de ne pas y substituer des manières décoratives.
Archisobriété donc...Guère d'action...Une
physiquement superbe Antonacci, palpable, agissante, et de timbre
pénétrant...un très bon Kurt Streit en
Grimoaldo, un remarquable contre-ténor Artur Stefanowicz en
Unulfo. Mais c'est le Bertarido d'Andreas Scholl, pour ses
débuts à la scène qui fait sensation."
- Festival Haendel de
Karlsruhe - Kleines Haus - 19
février 1998 - dir. Trevor Pinnock - mise en scène
Ulrich Peters - avec Claron McFadden (Rodelinda), David Cordier
(Bertarido), Douglas Nasrawi (Grimoaldo), Pamela Santos (Eduige),
Lawrence Zazzo (Unulfo), Raimund Nolte (Garibaldo)
"La conception très
particulière des rapports humains qu'affiche Ulrich Peters
apparaît brutale...mais souligne opportunément la
barbarie médiévale"...Les superbes tenues
dessinées par Götz Lanzelot Ficher, toutes de cuirs et de
fourrures extravagantes"..."le décor, sorte de palais
partiellement effondré"..."Trevor Pinnock, debout devant son
clavesin qu'il maltraite sans ménagement, dirige sans
s'encombrer de beaucoup de subtilités"..."A part Lawrence
Zazzo, intéressant second falsettiste, aucun chanteur ne s'en
tire vraiment bien"..."Claron McFadden est une Rodelinda attachante,
mais ne peut en aucun cas rivaliser avec les belcantistes de
renom..." (Opéra International - mai 1998)
- Halle - Festival
Haendel - 8 et 9 juin 1996 - dir.
Schneider - mise en scène Gangneron
- Halle - Festival Haendel
- 1991 - reprise en version de
concert de la production du Festival de Göttingen 1990 - La
Stagione Frankfurt - dir. Michael Schneider
- Festival d'Aldeburgh
- 14 juin 1985 - dir. Stuart
Bedford - mise en scène Basil Coleman - avec Brian Gordon,
contre-ténor (Bertarido), Robert Chavner,
contre-ténor (Unulfo), Alisson Hagley (Rodelinda), Paul
Nilon, ténor (Grimaldo, Gerald Finley
(Garibaldo)
- Colmar - 2 mai 1985 - dir. Philippe Herreweghe - avec
Zanetti, Florentin, Perraguin, Sulle, Darras, Aubin, Ragon, Paya,
Tréguier
- Cambridge Handel Opera
Group - 1985
- Amsterdam - 23, 26 septembre, 4, 9, 10 octobre 1983 -
La Hague - 28 septembre 1983 - dir. Masson - mise en
scène Bradley - avec Canne Meijer, Van Nes, Crook, Van der
Berg
- Cardiff - 1982
- en anglais - dir. Smith - avec Murphy, Martin, Oliver, Morton,
Y. Jones, Smythe, Savory
- Amsterdam- 30 juin 1973 - dir. Richard Bonynge - avec Joan
Sutherland, Hélène Tourangeau, Elkins, van der Berg,
Tappy, Canna-Meijer
- Halle - Festival
Haendel - 1970 -
Handelfestspielorchester Landestheater Halle - dir. Thomas
Sanderling - mise en scène Wolfgang Kersten - décors
et costumes Rolf Klemm
- Halle - Festival
Haendel - 1969 -
Handelfestspielorchester Landestheater Halle - dir. Thomas
Sanderling - mise en scène Wolfgang Kersten
- Londres - Sadlers
Wells - Handel Society - 26 juin 1959 - dir. Charles
Farncombe - avec Joan Sutherland, Janet Baker, Margreta Elkins,
Raymond Herincx, Patricia Kern
- RAI de Turin -
8 janvier 1959 - dir. Vernizzi - avec Rizzoli, Carturan,
Prandelli, Bruscantini, Mazzini, Clabassi
- Radio de
Stuttgart - 15 mars 1938 - dir. Carl Leonhardt - avec
Cäcilie Reich, Gerhard Hüsch, Fritz Krauss, Emma Mayer,
Hans Ducrue
- Northampton -
Massachussets - Smith College - 9 mai 1931-
première exécution aux États Unis, en
anglais
- Göttingen
- 26 juin 1920 - première reprise d'un opéra de
Haendel à l'époque moderne - en allemand -
adaptation Oskar Hagen (rôle de Bertarido transposé
d'une octave pour baryton)
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