Le compositeur
COMPOSITEUR
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Georg Friedrich HAENDEL
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LIBRETTISTE
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William Congreve
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2007
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2009
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William Christie
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Decca
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The Story of Semele,
oratorio profane (HWV 58), sur un sujet - les amours de Jupiter et
Sémélé - tiré des Métamorphoses
d'Ovide. Le livret résulte d'une adaptation - sans doute de
Newburg Hamilton - d'un masque de William Congreve (1670-1729)
écrit pour John Eccles (1707), augmenté d'autres textes
de Congreve et de Pope.
Haendel commença la
composition le 4 juin 1743, compléta l'acte I le 13 juin,
l'acte II, le 20 juin, et termina l'instrumentation le 4 juillet. Il
avait délaissé l'opéra italien depuis 1741,
c'est pendant l'été 1743 qu'il renonça,
après avoir tout d'abord donné son accord, à
donner suite à la proposition de Charles Sackville, comte de
Middlesex, d'écrire un ou deux opéras pour la compagnie
d'opéra portait son nom et qui cherchait à
séduire les Londoniens.
L'oeuvre fut créée,
à Londres, au Covent Garden, le 10 février 1744,
à la manière d'un
oratorio, avec Elisabeth Duparc,
dite la Francesina
(*) (Semele, l'Augure), la
mezzo-soprano Esther Young (Ino, Junon), la soprano Christina Maria
Avoglio (Iris), le ténor John Beard (Jupiter et Apollon), le
contre-ténor Daniel Sullivan (Athamas), la basse Frederick
Thomas Reinhold (Cadmus, le Grand-Prêtre, Somnus).
Mrs Delaney écrivit :
la Francesina s’est extrêmement
améliorée, ses notes sont plus distinctes, et il y a
quelque chose de tout à fait surprenant dans ses ornements.
Elle fut très applaudie et la salle était pleine, mais
non pas bondée.
Semele ne fut exécuté que quatre fois,
jusqu'au 22 février. L'oeuvre suscita des commentaires
élogieux, mais aussi des oppositions, ne serait-ce qu'en
raison de la date de son exécution, pendant le
carême.
Les personnages de Cupidon et de
l'Augure fut retirés par Haendel avant la
création.
Remaniée, l'oeuvre fut
reprise le 1er décembre 1744 au King's Theatre pour deux
concerts. Les rôles d'Ino et Junon, tenus par Esther Young lors
de la création, furent dissociés entre
Mlle Robinson (Ino) et la jeune mezzo italienne Caterina
Galli (Junon). Athamas fut chanté par le castrat Angelo Maria
Monticelli.
Elle ne fut reprise par la suite
que le 19 mars 1762, à Covent Garden, avec de nombreuses
coupures.
L'oeuvre fut
éditée en février/mars 1744 par l'éditeur
John Walsh, sauf les récitatifs. La première
édition complète fut publiée par Samuel Arnold,
en 1788. Semele fut ajoutée par Friedrich Chrysander à
son édition en 1860.
(*) soprano française,
instruite en Italie, embauchée en 1736 par l'opéra de
la Noblesse, qu'elle quitta en 1738 pour chanter dans Faramondo et
Serse. Elle créa le rôle de Semele, puis chanta dans
Saul, l'Ode à saint Cécile, Hercules,
Belshazzar.
Personnages : Apollon (ténor), Junon (contralto), Iris
(soprano), Semele, fille de Cadmus (soprano), Ino, sa soeur
(contralto), Cadmus, roi de Thèbes (basse), Athamas, prince de
Béotie (contre-ténor), Cupidon (soprano), un Augure
(soprano), un Prêtre (basse)
Congreve décrit
l'argument, tiré des Métamorphoses d'Ovide : Après les amours de Jupiter avec Europe, fille
d’Agenor, roi de Phénicie, il met
de nouveau en fureur Junon avec une nouvelle liaison dans la
même famille ; c’est-à-dire avec
Sémélé, nièce d’Europe et fille de
Cadmus, roi de Thèbes. Sémélé est sur le
point d’épouser Athamas ; ce mariage est prêt à
être célébré dans le temple de Junon,
déesse des mariages, quand Jupiter sous le signe de mauvais
présages interrompt la cérémonie; il transporte
ensuite Sémélé dans une demeure privée
préparée pour elle. Junon, après de nombreux
stratagèmes, prend la forme et la voix d’Ino, soeur de
Sémélé; grâce à ce
déguisement et à des insinuations habiles, elle
parvient à lui faire demander une requête à
Jupiter, qui, étant accordée, doit provoquer sa ruine
complète.
Le livret fut
complété par des choeurs et des arias. Des
hypothèses ont été émises pour l'auteur
des modifications : Newburgh Hamilton, qui avait
réalisé des travaux semblables pour Haendel avec des
poèmes anglais de Dryden (Alexander’s Feast) et Milton
(Samson) ; ou James Miller, l’auteur de Joseph and His Brethren que Haendel mit également en musique au cours
des mois d’août et septembre 1743.
L’adaptateur allongea le livret
de l’opéra avec des textes empruntés à d’autres
poèmes de Congreve : les airs supplémentaires de
Sémélé “The
morning lark” et “My racking thoughts” sont tous deux extraits de l’élégie
To Sleep; le récitatif d’Ino “O’er many states”
provient de sa traduction de l’Hymn
to Venus homérique; la
majeure partie du choeur “O terror
and astonishment !” provient de
Of Pleasing : an epistle to Sir
Richard Temple. “But hark ! the heav’nly sphere turns
round” chanté par Ino, est
extrait de l’ode On Mrs Arabella
Hunt, singing, qui entre-temps avait
été cité dans l’Ode to Mr Handel On his Playing on the
Organ (1722) de Daniel Prat. Seuls
trois nouveaux textes ne proviennent pas d’oeuvres de Congreve : il
semble que “Despair no more shall
wound me” d’Athamas et le
choeur final “Happy, happy shall we
be” furent spécialement
écrits, tandis que le célèbre air de Jupiter
“Where’er you walk” est une adaptation de la pastorale Summer d’Alexander
Pope. (d'après la notice
Chandos)
Synopsis
(en deux actes)
Acte I
Cadmus, ses deux filles, Semele
(soprano) et Ino, et Athamas sont réunis dans le temple de
Junon, où des prêtres offrent un sacrifice en l'honneur
du mariage prochain de Semele et d'Athamas. Un signe d'approbation de
la déesse ayant été perçu, Cadmus et
Athamas prient Semele de ne pas retarder la cérémonie
plus longtemps. Mais dans un aparté, Semele déclare son
amour à Jupiter (ténor) et lui demande de l'aider
à échapper à cette union. Ino, soeur de Semele,
est également d'humeur chagrine, car elle est
passionnément éprise d'Athamas, qui ne reconnaît
pas ses sentiments.
Soudain, le tonnerre
éclate au loin. Les prêtres en tirent un mauvais
présage, et tous fuient le temple sauf Athamas et Ino. Ino
tente d'exprimer son amour, mais Athamas prend ses paroles pour un
simple témoignage de sympathie. Cadmus revient leur annoncer
qu'il a vu Semele se faire enlever et transporter vers les cieux par
un aigle énorme en lequel les prêtres ont reconnu nul
autre que Jupiter. Les prêtres encouragent Cadmus à
tarir ses larmes et à célébrer. Descend alors du
firmament le chant de Semele, qui raconte qu'elle est comblée
par un plaisir et un amour éternels.
Junon envoie la déesse
Iris découvrir où Jupiter a emmené Semele.
À son retour, Iris lui décrit le lieu de retraite de sa
rivale. Furieuse, Junon jure de se venger sur Semele et sa
descendance. Elle résout d'invoquer les pouvoirs de Somnus
(basse), dieu du Sommeil, pour faire tomber de lassitude les
paupières du dragon vigilant qui garde l'entrée de la
demeure de Semele.
Acte II
Se réveillant d'un
rêve heureux, Semele accueille Jupiter qui arrive. Les amants
échangent des serments de tendresse, mais Jupiter sent bien le
mécontentement de Semele, qui lui avoue la solitude dont elle
est la proie en son absence. Craignant qu'elle ne désire
accéder à l'immortalité, Jupiter tente de
distraire Semele en envoyant chercher sa soeur Ino, qui est
transportée à Olympe par deux zéphyrs. À
l'arrivée d'Ino, les deux soeurs s'embrassent, et les
retrouvailles se concluent par un tableau dans lequel le choeur et
les deux soeurs chantent les joies de la musique.
Junon se rend à la caverne
de Somnus pour y réveiller le dieu du Sommeil. Pour vaincre
les hésitations de Somnus, elle doit lui promettre les faveurs
de sa nymphe favorite, Pasithéa. Le dieu du Sommeil convient
alors de jeter sur Jupiter un sort qui fera apparaître dans ses
rêves une vision si belle et si séduisante de Semele
qu'il ne pourra s'empêcher d'accomplir toutes les
volontés de son amante. Somnus est également
chargé d'endormir Ino et les sentinelles afin de permettre
à Junon d'entrer dans la demeure de Semele sous les traits de
sa soeur.
Semele est seule dans sa chambre
lorsque Junon arrive, déguisée en Ino et tenant
à la main un miroir magique dans lequel Semele se verra plus
ravissante que jamais. Grâce à cet artifice, Junon
parvient à éveiller la vanité de Semele et
à lui tendre un piège. Elle lui conseille d'interdire
son lit à Jupiter tant qu'il ne lui aura pas fait le serment
de réaliser tous ses souhaits. Elle lui recommande ensuite
d'exiger que Jupiter lui apparaisse sous sa forme naturelle de
"redoutable dieu du Tonnerre", car ce n'est de cette façon que
Semele pourra atteindre à l'immortalité. Semele
remercie Junon, qui se retire, exultant.
Jupiter entre dans la chambre de
sa maîtresse, ivre d'amour, mais Semele repousse ses avances
jusqu'à ce qu'il se soit engagé à accomplir
toutes ses volontés. Lorsque Semele demande à son amant
de lui apparaître sous ses traits de dieu du Tonnerre, il tente
de lui faire renoncer à cette idée, mais en vain.
Jupiter est bouleversé, car il sait que même s'il
adoucit son tonnerre et sa foudre autant qu'il en est capable, sa
présence sous forme divine tuera Semele. Semele voit alors
Jupiter descendre du ciel entouré d'un nuage émettant
éclairs et coups de tonnerre. Elle s'aperçoit
aussitôt qu'elle est perdue, victime de sa propre
vanité, et est rapidement consumée par les flammes.
De retour à Thèbes,
Ino raconte la mort de Semele à Cadmus et aux prêtres et
leur annonce que Jupiter lui a ordonné d'épouser
Athamas. Apollon, dieu de la Prophétie, apparaît sur le
mont Cithéron pour déclarer à la foule
assemblée qu'un phénix naîtra des cendres de
Semele. Il s'agira de Bacchus, dieu du Vin, qui apportera à
tous le bonheur éternel.
Synopsis
détaillé (en trois
actes)
Acte
I
Le temple de Junon, à
Thèbes. Près de l'autel se trouve une statue en or de
la déesse. Les prêtres portent leurs vêtements de
cérémonie. Des flammes s'élèvent de
l'autel et on voit la statue de Junon s'incliner.
Sémélé,
fille du roi Cadmus, est fiancée à Athamas, prince de
la Béotie voisine, mais elle aime secrètement Jupiter
qui lui est apparu sous un déguisement.
(1) Le prêtre proclame que
Junon a accepté un sacrifice, et la foule assemblée se
réjouit (Lucky omens bless our
rites). Son père et son
fiancé prient Sémélé de ne pas retarder
la cérémonie de mariage plus longtemps ; elle supplie
les dieux de l'aider dans cette situation difficile (Oh Jove, in pity teach me which to
choose).
Dans la scène suivante,
qui est parfois coupée, Sémélé exprime
son chagrin (The morning
lark) et Athamas son amour pour elle
(Hymen, haste, thy torch prepare
!). Ino craint que sa soeur ne
cède aux prières d'Athamas, dont elle est
également éprise. Semele la presse de lui confier
toutes ses pensées. Cadmus sermonne Ino (Why dost thou thus untimely grieve ?) qui lui répond. Sémélé
et Athamas interviennent, si bien que l'aria de la basse se
transforme en un magnifique quatuor. Le feu s'éteint sur
l'autel, et le peuple accueille avec terreur ce signe du
mécontentement divin (Avert
these omens, all ye powers). La
flamme renaît et la statue s'incline. Mais quand elle
s'éteint à nouveau le peuple sait que ce n'est plus la
colère de Junon, mais celle de Jupiter qui se manifeste. La
foule paniquée se précipite hors du temple
(Cease your vows, 'tis impious to
proceed). Cadmus, escorté de
sa suite, entraîne Sémélé ; Athamas et Ino
restent seuls.
(2) Ino avoue à Athamas
l'amour qu'elle lui porte. Athamas est prêt à se
sacrifier pour elle. Duo (You've
undone me). (3) Cadmus revient avec
sa suite et annonce à Athamas avoir vu un aigle enlever
Sémélé. (4) Tous pleurent sa disparition
jusqu'au moment où les prêtres saluent Cadmus et lui
annoncent que la faveur de Jupiter est descendue sur sa famille
(Hail Cadmus, hail
!) - explication qui ne souffre
aucune contradiction, car Sémélé émerge
d'un nuage pour les rassurer dans une aria magnifique
(Endless pleasure, endless love
Semele enjoys above).
Acte II
Sinfonia
Un paysage agréable
clos par une montagne tapissée de forêts et où
jaillissent des cascades. Junon et iris apparaissent : Junon dans un
char tiré par des paons, Iris sur un arc-en-ciel. Les deux
soeurs descendent de leur engin et se renccontrent
(1) Junon a chargé sa
soeur Iris de retrouver Sémélé. Iris lui montre
le palais que Jupiter a fait construire pour
Sémélé, près de Cythère. Junon se
répand en invectives contre Semele, et crie vengeance. Iris
lui raconte comment Jupiter a entouré sa nouvelle favorite de
protections, dont deux dragons féroces. Dans une aria
vigoureuse et déterminée (Hence, hence, Iris hence away), Junon dit à sa soeur qu'elles vont demander
à Somnus, le dieu du Sommeil, de sceller par le sommeil les
yeux de ces dragons, et qu'ensuite elle se vengera.
Un appartement dans le palais
de Semele. Elle dort ; des Amours et des Zéphyrs
attendent
(2) Cupidon vient chanter l'aria
Come, Zephyrs, come while Cupid
sings qui est omise dans les
partitions pour voix - de même que le rôle de Cupidon
était carrément supprimé dans l'adaptation du
livret de Congreve - et dont Haendel a utilisé la
première partie dans Hercules (How blest the maid !). Semele s'éveille, et chante l'un des airs
les plus fameux de Haendel (Oh sleep,
why dost thou leave me?).
(3) Les Amours font rentrer
Jupiter auprès de Sémélé ; il lui jure
son amour avec lyrisme (Lay your
doubts and fears aside).
Sémélé répond par l'aria ornée
(With fond desiring), dont le refrain est chanté par le choeur
des Amours et des Zéphyrs. Sémélé se
plaint, et Jupiter la presse d'exprimer les voeux qu'il pourrait
satisfaire. Quand elle évoque la différence
fondamentale qui les sépare, lui un dieu, et elle une
mortelle, il s'inquiète du tour que prennent ses
pensées et cherche en hâte à l'en distraire
(I must with speed amuse
her). Ils se retirent, et le choeur
commente (Now Love, that everlasting
boy, invites to revel). Jupiter
revient et annonce son intention d'offrir la compagnie d'Ino à
Semele. Il les installera toutes deux en Arcadie. Si cette aria
sereine (Where'er you
walk) a valeur de présage, on
peut espérer que les deux soeurs connaîtront la
félicité en ce lieu.
Transportées dans un
cadre bucolique, Sémélé et Ino s'embrassent. Des
bergers et bergères se joigent à elles. Les deux soeurs
s'assoient et contemplent les jeux champêtres
(4) Ino raconte son voyage, et
comprend qu'elle s'est rendue en un lieu saint à la demande
expresse de Jupiter (But hark ! the
Heavenly sphere turns round). Elle
chante un duo avec Semele (Prepare,
then, ye immortal choir), laissant
au choeur le soin de conclure (Bless
the glad earth with heavenly lays).
Acte III
La grotte de Somnus. Le Dieu
du Sommeil est étendu sur sa couche. On entend une douce
symphonie. Puis la musique change de rythme
(1) Entrée de Junon et
d'Iris : elles vont demander à Somnus son aide pour
écarter les obstacles accumulés par Jupiter autour de
Semele. La lente aria de Somnus (Leave me loathsome light) - pièce d'une grande beauté qui le
caractérise parfaitement - se termine par ce vers
évocateur : Oh murmur me again
to peace. Junon sait comment le
stimuler. En effet, à la seule mention du nom de
Pasithéa, il renaît à la vie (More sweet is that name than a soft purling
stream). Junon dévoile son
plan : Jupiter doit être éloigné de
Sémélé par des rêves, les dragons doivent
être calmés d'un coup de baguette de plomb, et Ino doit
s'endormir afin que Junon prenne sa forme pour apparaître
devant Sémélé. L'amoureux Somnus, à qui
elle promet Pasithéa, lui accorde tout ce qu'elle demande dans
le duo : Obey my will.
Sémélé
dans ses appartements
(2) (3) Junon, sous l'apparence
d'Ino, complimente Sémélé pour se beauté
et lui demande si Jupiter lui a accordé l'immortalité.
Elle présente un miroir magique à
Sémélé, qui s'y contemple avec admiration. Son
aria bravura (Myself I shall
adore), avec son effet
d'écho, montre comment Haendel savait faire d'une idée
frivole un air d'une grâce et d'une beauté
suprêmes. Junon conseille à Sémélé
de repousser les faveurs de Jupiter tant qu'il ne lui promettra pas
l'immortalité et qu'il n'apparaîtra pas sous sa forme
divine, et non en simple mortel comme il l'a fait jusqu'ici. Car
Junon sait qu'à la seule vue du dieu,
Sémélé mourra. Celle-ci, crédule,
l'embrasse (Thus let my thanks be
paid). Junon, entendant Jupiter
approcher, se retire.
(4) Jupiter entre, veut embrasser
Sémélé. Elle le regarde aimablement, mais
s'éloigne un peu de lui. Jupiter confie à
Sémélé que, dans un rêve, elle l'a
repoussé; son aria (Come to my
arms, my lovely fair) est d'une
extrême ardeur ; mais elle ne faiblit pas et s'en tient
à sa résolution (I ever
am granting, you always complain).
Jupiter lui donne se parole
d'accomplir son désir, quel qu'il soit. Elle demande à
le voir dans toute sa splendeur divine. Il manifeste sa consternation
par des fioritures agitées (Ah, take heed what you press), mais elle insiste, mettant autant d'emphase dans
ses vocalises (No, no, I'll take no
less).
(5) Jupiter, resté seul,
déplore dans un récitatif bouleversant les
conséquences inévitables de son serment.
(6) Junon célèbre
son triomphe imminent (Above measure
is the pleasure).
Sémélé
songeuse, est étendue sous un dais. On entend une "symphonie
funèbre". Sémélé lève les yeux et
voit Jupiter descendant sur un nuage Des éclairs
éclatent de tous côtés et on entend le tonnerre
gronder dans l'air.
(7) Sémélé
réalise trop tard que cette vision la brûle
mortellement, et expire (Ah me ! too
late I now repent).
Lorsque le nuage où
trônait Jupiter arrive juste au dessus du dais sous lequel
Sémélé se reprosait, un éclair fend
soudainement le ciel, et le tonnerre se met à gronder.
Sémélé et son palais disparaissent, tandis que
Jupiter remonte rapeidement au ciel. On voit le nomt Cythère
se détacher en arrière-plan d'un paysage
plaisant.
(8) A la cour de Cadmus, le
choeur commente cette histoire d'amour et de mort qu'Ino vient de
rapporter (Oh terror and
astonishment, Nature to each allots his proper sphere). Elle révèle aussi que, selon une
prophétie, elle doit épouser Athamas. Celui-ci,
respectueux des convenances, s'en réjouit (Despair no more shall wound me).
Un nuage éclatant
descend et s'arrête sur le Mont Cythère. Le nuage
s'ouvre et laisse apparaître Apollon, asis tel un Dieu
Prophétique
Apollon déclare qu'un
phénix naîtra des cendres de
Sémélé, qqui témoignera d'un dieu plus
grand que l'Amour et qui empêchera pour toujours les soupirs et
les chagrins. Le choeur se réjouit (Happy, happy shall we be).
(d'après Tout
l'Opéra - Kobbé - Robert Laffont)
"Avec Semele, Handel a tenté de proposer un
opéra anglais. Jusque là, à Londres, il
s'était consacré presque exclusivement à
l'écriture d'oratorios. Le Jugement de Paris,
opéra-masque en 1 acte de Thomas Arne, créé en
1740 d'après un texte de Congreve, pourrait lui avoir
suggéré Sémélé, texte
également de Congreve qui n'avait pas encore été
donné sur scène. Handel n'avait alors vraisemblablement
pas eu connaissance de la partition d'Eccles.
Semele prend sa source dans
Ovide, et Congreve a choisi de traiter le sujet de la façon la
plus humaine possible, restant très proche du cynisme
légèrement amusé d'Ovide. Rien ne pouvait mieux
convenir à Handel, lui permettant de se laisser aller et de
nous donner le plus charmant opéra amoureux qu'il ait jamais
écrit. L'orchestration est très souple, sans grands
effets imitatifs ; la légèreté cherche
visiblement à bien situer le cadre d'idylle champêtre de
l'action, et lui enlever toute grandiloquence inutile. Rarement
Handel a été aussi parfaitement dans le droit fil de la
mélodie purcellienne. Faut-il le dire ?
Sémélé fut un échec complet. Soit que le
goût des anglais se fût profondément
modifié dans le demi-siècle qui sépare l'ouvrage
de la mort de Purcell, soit plutôt que George Frideric
n'eût pas été très conscient de ce
qu'attendait son nouveau public. Ses propos amoureux ne furent pas du
goût des abonnés qui attendaient leurs concerts
traditionnels du Carême et Sémélé irrita
les " supporters " de l'opéra italien. Il y eut 4
représentations en février 1744, puis 2 en
décembre comprenant quelques changements et ajouts (les
allusions sexuelles les plus explicites furent modifiées) mais
Sémélé ne fut plus jamais redonné du
vivant de Handel. Le bon bourgeois londonien ne fut pas
forcément enchanté lorsqu'on remplaça l'oratorio
auquel il avait pris goût par une tragi-comédie
musicale, qui semblait prendre très à la
légère toute préoccupation morale…" (Présentation Les Musiciens du Louvre -
février 2004)
"Pour rappel, l’histoire de
Sémélé est issue du texte des
Métamorphoses d’Ovide, un fond d’inspiration de taille pour
les auteurs et compositeurs du XVIIe et XVIIIe siècle. Sous sa
forme originale, en 1744, le livret portera tout d’abord le nom de
« The Story of Semele », et l’œuvre sera
représentée sans mise en scène et sans
changement de décor. A mi-chemin entre l’oratorio et
l’opéra, la partition s’offre comme un jeu mythologique, une
occasion rêvée pour Haendel de donner libre cours
à sa verve théâtrale, oscillant entre ironie et
rigueur." (Concertclassic)
- Livret - Renascence
Editions
http://darkwing.uoregon.edu/%7Erbear/congreve1.html
http://opera.stanford.edu/iu/libretti/semele.htm
http://www.dicoseunpo.it/dicoseunpo/H_files/Semele.pdf
(en anglais et en italien)
Représentations :
- Londres - Sir Jack Lyons
Theatre - 16, 18, 20, 23 novembre
2009 - Royal Academy of Music Baroque Orchestra - dir. Charles
Mackerras - mise en scène Anna Sweeny - décors,
costumes Michael Holt - lumières Leonard Tucker
- Essen - Aalto
Theater - 4, 9 octobre, 1er, 18
novembre 2009, 30 janvier 2010 - dir. Jos van Veldhoven - mise en
scène Dietrich Hilsdorf - décors Dieter Richter -
costumes Renate Schmitzer - dramaturgie Norbert Grote - avec Uwe
Stickert (Jupiter/Apollon), Marcel Rosca (Kadmos), Matthias
Rexroth (Athamas), Michael Haag (Somnus), Ieva Prudnikovaite
(Juno), Marion Thienel (Iris), Christina Clark (Semele),
Marie-Helen Joël (Ino)
- Bruxelles -
Théâtre de la Monnaie - 8, 10, 12, 18, 20, 22, 24, 27, 29 septembre
2009 - Les Talens Lyriques - dir. Christophe Rousset - mise en
scène Zhang Huan - décors Zhang Huan - costumes Han
Feng - lumières Wolfgang Göbbel - chorégraphie
Su Jie - chef de choeur Piers Maxim - avec Jeremy Ovenden
(Jupiter), Nathan Berg (Cadmus / Priest), Ying Huang (Semele),
Ning Liang (Juno / Ino), David Hansen (Athamas), Kurt Gysen
(Somnus), Sabina Puertolas (Iris) - nouvelle coproduction avec The
KT Wong Foundation - National Centre for the Performing Arts
(Beijing)
- Milwaukee - Pabst
Theater - 27, 28 février,
1er mars 2009 - dir. Jane Glover - mise en scène John La
Bouchardière - avec Jennifer Aylmer (Semele), Robert
Breault (Jupiter), Sandra Piques Eddy (Juno/Ino) , Jason Abrams
(Athamas), Jason Hardy (Somnus/Cadmus)

- Victoria - Pacific Opera -
Canada - 12, 14, 17, 19, 21
février 2009 - dir. Timothy Vernon - mise en scène
Wim Trompert - décors, costumes Brian Perchaluk -
lumières Ereca Hassell - avec Nathalie Paulin (Semele),
Benjamin Butterfield (Jupiter), Anita Krause (Juno, Ino), Scott
Belluz (Athamas), Nathaniel Watson (Somnus, Cadmus), Anne Grimm
(Iris)
- Zürich -
Opernhaus - 9, 15, 17, 20, 22, 24
janvier 2009 - La Scintilla - dir. William Christie - mise en
scène Robert Carsen - décors, costumes Patrick
Kinmonth - chef de choeur Jürg Hämmerli -
chorégraphie Elaine Tyler-Hall - avec Cecilia Bartoli
(Semele), Charles Workman (Jupiter, Apollo), Birgit Remmert
(Juno), Anton Scharinger (Cadmus, Somnus), Liliana Nikiteanu
(Ino), Christiane Kohl (Iris), Thomas Michael Allen
(Athamas)
- Essen - Aalto
Theater - 25, 31 mai, 3, 5, 8,
13, 25, 28 juin, 18, 21 septembre, 5, 29 octobre 2008 - Opernchor
des Aalto-Theaters - Extrachor des Aalto-Theaters - Statisterie
des Aalto-Theaters - Essener Philharmoniker - dir. Jos van
Veldhoven - mise en scène Dietrich Hilsdorf - décors
Dieter Richter - costumes Renate Schmitzer - lumières
Jürgen Nase - dramaturgie Norbert Grote - avec Marcel Rosca
(Kadmos), Franco Fagioli (Athamas), Michael Haag (Somnus), Barbara
Kozelij (Juno), Christina Clark (Iris), Olga Pasychnik (Semele) -
Marie-Helen Joël (Ino) - Uwe Stickert (Jupiter) - nouvelle
production

- Opéra de Boston -
Etats Unis - 2, 3, 5 janvier 2008
- Boston Baroque Orchestra and Chorus - dir. Martin Pearlman -
mise en scène Sam Helfrich - décors Andromache
Chalfont - avec Lisa Saffer (Semele), Margaret Lattimore (Juno),
Scott Ramsay (Jupiter), Paula Murrihy (Ino), Amanda Forsythe
(Iris), David Kravitz (Somnus/Cadmus)

- Northington - Winchester -
Grange Park Opera - 1er juillet 2007 - dir. Christian
Curnyn - avec Edward Lyon (Jupiter), Hilary Summers (Juno), Gail
Pearson (Iris), Brindley Sherratt (Cadmus), Rosemary Joshua
(Semele), Hilary Summers (Ino), Stephen Wallace (Athamas)
- Halle - Opernhaus
- 9 juin 2007 -
Händelfestspielchor - Händelfestspielorchester Halle -
dir. Marcus Creed - avec Friederike Holzhausen (Semele), Marcus
Ullmann (Jupiter), Ulrike Schneider (Juno), Alexander Schneider
(Athanas), Dirk Schmidt (Cadmus), Antje Gebhardt (Iris), Annette
Reinhold (Ino)
- Kloster Eberbach
(Rheingau) - 27 mai 2007 -
Heidelberg
(Peterskirche) - 28 mai 2007-
Junge Kantorei
- Opéra de
Zurich - 14, 17, 19, 21, 24, 26,
28 janvier, 2, 4, 6, 8 février 2007- La Scintilla - dir.
William Christie - mise en scène Robert Carsen -
décors, costumes Patrick Kinmonth - chef de choeur
Jürg Hämmerli - lumières Robert Carsen et Peter
van Praat - chorégraphie Philippe Giraudeau - avec Cecilia
Bartoli (Semele), Charles Workman (Jupiter), Birgit Remmert
(Juno), Anton Scharinger (Cadmus/ Somnus), Liliana Nikiteanu
(Ino), Isabel Rey (Iris), Thomas Michael Allen (Athamas) -
nouvelle production

"Après Piacere
(Il Trionfo) et Cleopatra (Giulio Cesare), Cecilia Bartoli a donc
élu la sensuelle Semele pour sa troisième prise de
rôle haendélienne, toujours à Zurich, avec cette
fois William Christie au pupitre. Le joli spectacle de Carsen est la
simple reprise, arrangée, de celui d’Aix 1996,
également vu à Gand, Cologne, Londres et Anvers
à la fois épuré et superficiel, virtuose et vain
dans le déploiement du choeur, efficace dans son
érotisme chic mais avare de magie dans ce chef-d’oeuvre
nocturne — symptomatique, la scène de Somnus, massacrée
par le numéro comique greffé par Carsen. Le revoir fait
mesurer toute l’intelligence et la sensibilité de celui de
McVicar, certes imparfait (Théâtre des
Champs-Elysées, 2003).
Dans la fable morale de
Haendel, Semele n’est guère qu’une gamine qui veut tout et que
rien ne comble, pas même l’amour du dieu des dieux. En 1996, la
mise en scène était taillée sur mesure pour la
véloce Rosemary Joshua, Semele d’Aix et de presque toutes les
reprises, Lolita ambitieuse à croquer dans sa nuisette en
satin. Bartoli lui apporte une autre profondeur, son énergie
unique, presque monstrueuse et dans le même temps à
fleur de peau, enfantine : sa Semele n’est pas l’objet du
désir, elle est le désir même. Le feu. Tout
fascine dans l’évolution du personnage, la crainte,
l’émerveillement, l’ardeur, la vanité, la
colère, l’ultime prise de conscience. Tout force
l’évidence dans cette incarnation et ce chant
magnétiques, le crépitement de « Myself I shall
adore » comme l’ouragan de « No, no ! I’ll take no less
», la brise d’un « Endless pleasure » joué
toutes jambes dehors comme l’abandon lascif de « O sleep »,
caresse d’un fauve toujours prêt à sortir ses griffes.
Les prises de risques sont inouïes (pourquoi des trilles
d’orfèvre, dans les traits de « With fond desiring
», et partout ailleurs ces effets de notes
répétées si sonores, sans battement ?), mais
quelle imagination, quelle intelligence, qui donne un sens à
chaque vocalise, qui rend chaque note
nécessaire.
Autour de la diva, un
écrin inégal, nettement moins soigné que dans Il
Trionfo et Giulio Cesare. Christie ne trouve pas ses marques face
à l’orchestre baroque maison (La Scintilla, en toute petite
forme) et le choeur de l’Opernhaus fait ce qu’il peut
(c’est-à-dire beaucoup) dans un répertoire qui ne lui
est guère familier (et une oeuvre qui le surexpose, et une
mise en scène qui l’éparpille en permanence...).
Charles Workman compose un Jupiter attachant mais peu charismatique,
magnifique de ligne et de mezzo voce dans « Wherever you
walk» mais dépassé par les pyrotechnies de «
I must with speed ». La caricature de Junon voulue par Carsen
réussit à Birgit Remmert, timbre dur, phrasé
pauvre, aigu pénible, actrice impressionnante. Le choix d’un
ténor aigu et non d’un contre-ténor pour Athamas
(Thomas Michael Allen) ne convainc pas — un timbre à ce point
dépourvu de charme est-il le prix à payer pour trouver
la juste tessiture d’un personnage si tendre? Mais le pire vient avec
Io, figure essentielle confiée à madame Nikiteanu, qui
semble avoir tout oublié de l’art du chant, à commencer
par l’idée même de justesse. Restent Isabel Rey, Iris
acrobate, Anton Scharinger, Cadmus trop véhément (et
Somnus... de rêve), mais peu importe en vérité :
la soirée repose sur les épaules de Bartoli. On en sort
transporté, impatient de la retrouver en DVD."
- ResMusica - 25 janvier 2007 - Cecilia
Bartoli, extra-ordinaire !
"D’une porte monumentale, un
tapis rouge traverse la pièce aux murs et sol bleu-nuit. Dans
cette simplicité du décor (Patrick Kinmonth) qui ne
sera habillé que d’un lit immense ou de chaises
alignées, Robert Carsen reprend le spectacle qu’il avait
brillamment montré en 1996 au Festival d’Aix-en-Provence.
L’histoire qu’il raconte reste fondamentalement la même.
Sémélé, jeune femme insatisfaite, renonce
à son mariage pour espérer gagner l’immortalité
des Dieux. Pour se faire, elle séduit Jupiter au grand dam de
sa femme Junon qui rusera pour faire échouer cet amour.
Opposant le sérieux des humains à l’insouciance des
dieux, Robert Carsen propose la toute puissance céleste en
caricaturant avec brio Junon sous la forme d’une hypothétique
reine de la Blanche Albion avec son sac, ses lunettes et ses tenues
de campagne d’une élégance douteuse et d’un Jupiter en
Prince Consort, tristounet et séducteur. Dirigeant ses
chanteurs avec talent, les éclairant superbement, le climat
créé autour de cette farce olympienne concerne chacun
des protagonistes qui, à l’aise dans des attitudes qui leur
sont propres, potentialisent l’intrigue.
Au centre du récit :
Cecilia Bartoli (Sémélé). Que peut-on encore
dire d’elle ? Quels mots pour son art ? Quels superlatifs pour son
talent ? Quelle expression pour ne pas tomber dans les formules
galvaudées ? Parce qu’elle est plus qu’une chanteuse et plus
qu’une actrice, elle mérite le qualificatif de :
Extra-ordinaire. Littéralement. Cecilia Bartoli est une
artiste, un être, une femme extra-ordinaire. On sait sa
générosité artistique. On sait son
jusqu’au-boutisme. On sait son sérieux, son intelligence, sa
sensibilité, sa musicalité. On sait son bagage
d’émotions et d’enthousiasme communicatifs. On sait le courant
qu’elle fait passer par-delà la scène. On sait tout
cela, mais, le miracle, l’inimaginable, l’extraordinaire se reproduit
à chaque fois.
À Zurich, son
investissement artistique, vocal et personnel dans cette
Sémélé de Händel se révèle
au-dessus de toutes attentes. Extra-ordinaire sa manière
d’être, de donner, de se donner. Extra-ordinaire sa
préparation à cette œuvre qu’elle chante dans un
anglais parfaitement maîtrisé. Extra-ordinaire la
dimension de son chant se situant bien au-delà de l’expression
vocale. Ce n’est plus une voix, ce n’est plus un jeu de scène,
c’est un corps habité qui sonne et résonne sur la
musique. On la croît envoûtée par la musique alors
que c’est elle qui envoûte la musique. Se donnant corps et
âme au personnage de cette femme insatisfaite à la
recherche de l’immortalité, fragile de tendresse, superbe de
noblesse ou terrifiante de colère, Cecilia Bartoli passe d’un
état à l’autre avec une authenticité, un
vécu qui donne l’envie de se fondre dans son amour, de
l’accompagner dans son aristocratie, ou de la suivre dans ses fureurs
hystériques. Elle donne à son personnage une
humanité, tour à tour douloureuse, heureuse ou
enjouée qui nous ramène à nos propres
émotions.
Succombant aux avances de
Jupiter, le superbe phrasé de Cecilia Bartoli emporte son
monde dans les délices d’un mutin Endless pleasure, endless
love... Puis, du lit où elle s’éveille comme à
regrets, ses pianissimi sublimes exhalent un magnifique O sleep, why
dost thou leave me… Mais, ce sont ses «numéros» des
2e et 3e actes qui remportent les suffrages. Si dans «With fond
desire», elle séduit Jupiter avec des improvisations
musicales d’une rare élégance, c’est lorsqu’elle
reçoit la visite de Junon qu’elle sort ses plus beaux atours
vocaux dans une scène d’anthologie aussi bien
théâtrale que musicale. Se mirant dans le miroir que lui
tend Junon, ses incroyables vocalises touchent à ce que l’art
vocal produit de plus sublime. Cinq minutes, dix minutes, quinze
minutes ? Combien cet air a-t-il duré ? Sauf Junon qui,
lassée du discours, d’un geste regardait sa montre, personne
ne peut le dire. Mais plus encore, personne ne veut que cesse son si
beau bavardage. Puis, parce que Jupiter lui refuse
l’immortalité, Bartoli-Sémélé entre dans
une scène de colère aussi hystérique qu’avaient
été sublimes de douceur ses précédents
délires amoureux. Arpentant la scène en jetant les
cadeaux qu’elle venait de recevoir, envoyant d’un coup de pied les
énormes cartons qui les contenaient, les shootant à
l’autre bout de la scène avec une fureur terrifiante,
gravissant le lit, repoussant rageusement Jupiter qui tente de la
calmer, son No, no ! I’ll take no less… est un monument de
théâtre lyrique. Triomphe immédiat d’un public
captivé qui reçoit encore la phrase de
Sémélé mourante Oh help, oh help – I can no more
lancée dans un souffle qui porte en lui toute la
générosité de l’artiste.
Certes, Cecilia Bartoli est le
catalyseur de cette production. Elle transcende ses collègues,
les entraîne dans tous les excès. À commencer par
l’étonnante soprano Isabelle Rey (Iris). Désopilante de
bouffonnerie en dame de compagnie de Junon, ses cascades, ses chutes,
ses mimiques, sa gestuelle hilarante la montre sous un jour qu’on ne
connaissait guère à ce membre de la troupe de
l’Opéra de Zurich. Chantant tout aussi bien qu’elle joue la
comédie, elle semble avoir trouvé là, le
rôle de sa carrière ! Juchée sur de talons
démesurés, la déjà haute taille
mezzo-soprano allemande Birgit Remmert (Junon) souligne sa valeur
hiérarchique. Solide, la technique vocale aguerrie, la diction
irréprochable, cette Junon « qui se la joue » est
théâtralement magnifique de ridicule. Le ténor
Charles Workman (Jupiter/Apollon) n’a pas l’extravagance
scénique de Rockwell Blake, le Jupiter d’Aix-en-Provence.
Aussi Robert Carsen en fait un personnage plus secret, plus
réservé, plus peureux que l’était son
prédécesseur. Reste que le ténor semble
être particulièrement à l’aise dans cette
tessiture. Comme libéré d’une certaine dureté
dans le timbre qu’on lui avait remarqué (voir notre critique
de La Clémence de Titus à Genève), sa voix
retrouve une douceur jusqu’ici inconnue. Il se paie même le
luxe d’offrir quelques superbes pianissimi. Parce que leurs
rôles sont moins en vue, la soprano Liliana Nikateanu (Ino) et
la basse Anton Scharinger (Cadmus/Somnus) passent plus
inaperçus même si leurs prestations restent au niveau de
ceux de leurs collègues. À noter enfin, le chant
très subtilement énoncé du ténor
américain Thomas Michael Allen (Athamas). Le tableau de cette
réussite ne serait pas complet sans mentionner la
beauté de l’Orchestre «La Scintilla» de
l’Opéra de Zurich offrant une assise de qualité aux
protagonistes de la scène. Se souciant grandement des
chanteurs, la direction de William Christie, laisse à
l’expression improvisée une plage de souplesse musicale de
grande qualité. Le public zurichois ne s’y est pas
trompé et a réservé un triomphe rare à
cette production qui, à dix ans d’intervalle, n’a pas pris une
ride. Toujours aussi vivant, aussi hilarant, toujours aussi
intelligent, il n’est pas vain de qualifier ce spectacle comme : le
spectacle d’une vie ! "
- Opéra
Magazine - mars 2007
Feu d’artifice
haendélien à l’Opéra de Zurich affi chant pour
la première fois la Semele mise en scène par Robert
Carsen pour les débuts très attendus de Cecilia Bartoli
dans le rôle-titre. Nous n’avions pas revu cette
réjouissante production depuis sa création au Festival
d’Aix-enProvence, en 1996. Alors que les < « electures
» modernes se démodent souvent très vite, la
malicieuse, brillante et drolatique transposition de l’action dans
l’actuelle cour d’Angleterre sonne plus percutante que jamais, les
événements tragiques survenus entre-temps, notamment la
disparition de Lady Di pourchassée par les paparazzi,
conférant une acuité encore plus grinçante et
plus amère à la satire sociale.
Cecilia Bartoli, qui
réserve l’essentiel de ses apparitions scéniques
àl’Opéra de Zurich, aux dimensions idéales pour
sa voix, fait fi de tous les a priori d’une Semele forcément
blonde et au timbre de soprano, et triomphe par une maestria et une
virtuosité à donner le vertige. Le résultat est
d’autant plus impressionnant que la diva ne s’exprime pas dans sa
langue maternelle mais dans celle des deux William (Shakespeare et
Congreve, l’auteur du livret). Le texte, parfaitement
articulé, ne lui pose aucun problème, tant elle a
adapté la partition à sa vocalità et le
caractère de l’héroïne (moins glamour que
d’ordinaire et d’une sensualité plus plantureuse et plus
terrienne) à sa personnalité extravertie. La
façon dont elle s’est approprié l’air « No! no! I
'll take no less », en jouant avec les notes dans des cascades
de vocalises insensées, a laissé la salle béate
d’admiration.
Le reste de la distribution
féminine souffre un peu d’un voisinage aussi explosif, surtout
l’Ino de Liliana Nikiteanu, la Juno de Birgit Remmert tirant
bénéfice de l’impayable parodie d’Elizabeth II
imaginée par Carsen. Charles Workman est un Jupiter
élégant et stylé, parfait d’aisance, et Anton
Scharinger est impeccable en Cadmus et Somnus. L’ensemble La
Scintilla (l’orchestre de chambre de l’Opéra de Zurich) n’a
rien à envier aux meilleures formations baroques
internationales".
- New York City Opera
- 13, 15, 17, 23, 28, 30
septembre, 4 octobre 2006 - dir. Antony Walker - mise en
scène Stephen Lawless - décors et costumes Anthony
Baker - lumières Pat Collins - chorégraphie Claire
Glaskin - avec Elizabeth Futral (Semele), Vivica Genaux
(Juno/Ino), Robert Breault (Jupiter/Apollo), Matthew White
(Athamas), Sanford Sylvan (Somnus/Cadmus), Constance Hauman
(Iris)

- Tucson - TCC Music
Hall - 20, 21, 22 janvier 2006 -
Phoenix - Symphony Hall
- 26, 27, 28, 29 janvier 2006 -
dir. Joel Revzen - mise en scène Chas Rader-Shieber -
décors et costumes David Zinn - lumières Lenore
Doxsee - avec Maureen O'Flynn / Lisa Saffer (21, 26, 28 janvier)
(Semele), David Walker (Athamas), Stephanie Blythe (Juno/Ino),
Daniel Montenegro / Scott Ramsay (21, 26, 28 janvier) (Jupiter),
Heather Buck (Iris), John Cheek (Cadmus/Somnus/Priest)

- Gand - Vlaamse Opera
- 13, 16, 18, 21, 23 décembre 2005 - Anvers - 4, 6, 8, 10, 12, 14 janvier
2006 - dir. Michael Hofstetter - mise en scène Robert
Carsen - décors, costumes Patrick Kinmonth -
lumières Peter Van Praet - chorégraphie Philippe
Giraudeau - chef de choeur Kurt Bikkembergs - avec Laura Claycomb
(Semele), Marlin Miller (Jupiter), Sara Fulgoni (Juno), Laura
Nykänen (Ino), Simon Kirkbride (Cadmus), Graeme Danby
(Somnus), Nicola Marchesini (Athamas), Janis Kelly (Iris) -
coproduction avec Festival d'Aix-en-Provence - English National
Opera

- Long Beach Opera
- 2005 - Musica Angelica Baroque Orchestra - dir.
Andreas Mitisek - mise en scène Isabel Milenski - avec
Caroline Worra (Semele), Benjamin Brecher (Jupiter), Cynthia
Jansen (Juno)

- Glasgow - Scottish
Opera - 19, 22, 26
février, 1er, 4 mars 2005
- Edinburgh Festival
Theatre - 17, 19 mars 2005 - en
anglais - dir. Christian Curnyn - mise en scène Yannis
Kokkos - décors, costumes Yannis Kokkos - lumières
Giuseppe di Iorio - avec Michael George
(Cadmus/Somnus/Grand-Prêtre de Junon), Arnon Zlotnik
(Athamas), Lisa Milne (Semele), Susan Bickley (Ino / Juno), Kate
Royal (Iris), Jeremy Ovenden (Jupiter)

- English National Opera -
London Coliseum - 18, 20, 23, 26
novembre, 1er, 16, 18 décembre 2004 - ENO Orchestra and
Chorus - dir. Laurence Cummings - mise en scène John La
Bouchardière d'après Robert Carsen - décors,
costumes Patrick Kinmouth - chorégraphie Philippe Giraudeau
- lumières Jean Kalman - avec Robin Blaze (Athamas), Iain
Paterson (Cadmus), Anne Marie Gibbons (Ino), Janis Kelly (Iris),
Patricia Bardon (Juno), Ian Bostridge (Jupiter), Carolyn Sampson
(Semele), Paul Reeves (Somnus)

- British Youth Opera
- septembre 2004 - mise en scène Annilese
Miskimmon - avec Elizabeth Watts (Semele), Julia Riley (Ino),
Philip Gerrard (Somnus), Lucy Whitbourn (Pasithea)

- Théâtre des
Champs Elysées - 4, 6, 8,
10, 12, 14 février 2004 - Bruxelles - Palais des Beaux-Arts - 17 février 2004 - Oviedo - Teatro Campeador - 23 février 2004 (version de concert) -
Les Musiciens du Louvre - dir. Marc Minkowski - mise en
scène David McVicar - décors Tanya McCallin -
costumes Brigitte Reiffenstuel - lumières Paule Constable -
chorégraphie Andrew George - avec Richard Croft,
ténor (Jupiter), David Pittsinger, basse (Cadmus / Somnus),
Annick Massis, soprano (Semele), Charlotte Hellekant,
mezzo-soprano (Ino), Sarah Connolly, mezzo-soprano (Juno), Claron
McFadden, soprano (Iris), Stephen Wallace, contre-ténor
(Athamas), Marion Harousseau, soprano (Cupidon), Andrew Tortise,
ténor (Apollon)
- Diapason - avril 2004 - Caprices des
dieux
"...Lorsque le rideau s'ouvre
sur un décor dont le classicisme n'a d'égal que la
retenue du jeu des protagonistes et la prudence d'un choeur
relégué au rang de simple témoin, on se demande
si l'on ne s'est pas trompé d'ouvrage... L'acte I, il est
vrai, expose (les cir-constances, les personnages, leurs
désirs), et ce n'est qu'au II que commencent les choses
sérieuses. De fait, dès que Junon paraît,
l'intrigue prend enfin son rythme, les rapports entre dieux et
mortels se dessinent avec la vérité et la finesse qui
révèlent un art du théâtre
supérieur. Que valent, alors, quelques fautes de goût
(le strip-tease final du choeur, inutile) face à de sublimes
instants (la métamorphose de Junon, la mort de Semele),
signatures d'un spectacle perfectible, mais passionnant ? Annick
Massis, que l'on entend enfin à Paris dans un rôle
à la mesure de ses moyens, n'a pas, a priori, le profil de
bombe sexuelle que l'on peut voir en Semele. Mais si "The morning
Lark" ne la montre guère à son meilleur, c'est à
cause d'un tempo trop rapide et d'un pupitre de violons s'autorisant
quelques libertés avec la justesse et la précision
rythmiques. Car, sidérante de naturel dans l'abandon de "O
sleep, why dost thou leave me" (malgré, cette fois, un solo de
violoncelle à l'intonation hasardeuse), elle triomphe ensuite
des airs les plus virtuoses ("Myself I shall adore", "No, no! I'll
take no less") avec un panache qui n'appartient qu'aux grandes.
D'elle ou de Richard Croft (Jupiter), on se gardera bien de dire qui
est le plus phénoménal. Alliant des aigus
stratosphériques à un grave de baryton, celui-ci se
joue de toutes les chausse-trappes, atteint des sommets
d'émotion dans l'élégie ("Where'er you walk") et
au III, le face-à-face qui oppose le maître de l'Olympe
à sa bien-aimée n'est cligne que de l'affrontement
entre Tosca et Scarpia ! Abordant la longue déploration de
"Turn, hopeless lover", Charlotte Hellekant (Ino) descend au plus
profond des abîmes dépressifs, même si le
phrasé gagnerait à davantage de legato (et en
dépit, là encore, d'un violoncelle quelque peu
languissant). Nous gratifiant du "Hence, Iris, away" le plus
ébouriffé qui se puisse imaginer. Sarah Connolly est
irrésistible de machiavélisme sous la défroque
de cette duègne de junon. Quant à david Pittsinger, il
fait valoir dans le double rôle de Cadmue et de Somnus, les
séductions d'un bronze somptueux. Le reste de la troupe ests
ans faibnlesse, avec une mention particulière pour la jeune
Marion Harousseau (Cupido à qui l'on a restitué sosn
air) : dix-huit printemps et un abattage sacrément
culotté !
Les portant tous à la
victoire, MarccMinkowski prouve une fois encore qu'il n'a pas son
pareil, parmi les chefs haendeliens, pour faire palpiter un drame,
créer des suspens et des climax. "
- Le Monde de la Musique - 8 février
2004 - La clef des songes - La première audition
à Paris de Semele, confiée à Marc Minkowski
et David McVicar, s'est imposée comme une des grandes
réussites du cycle Haendel au Théâtre des
Champs-Elysées
"David McVicar circonscrit
l'action dans une salle circulaire et blanche, sobrement
habillée des belles lumières de Paule Constable. Cet
opéra-oratorio, privé de mise en scène à
sa création, n'en réclame pas davantage : les pulsions
des personnages bien plus que leurs actions tendent les ressorts
dramatiques. Semele espère l'immortalité de sa liaison
avec Jupiter. Le sommeil joue par ailleurs un rôle fondamental.
Chacun en appelle à son pouvoir pour assouvir ses envies et
redistribuer les rôles. Histoire vécue ou
rêvée ? La mise en scène entretient le doute, la
musique fait palpiter les personnages.
Dès le premier accord,
noir et menaçant, Marc Minkowski fait vrombir son orchestre et
annonce le drame à venir. Durant tout le spectacle, les
Musiciens du Louvre soufflent le chaud et le froid, attisent le
désir, entretiennent la colère. Une distribution de
haute volée contribue à cette réussite : Annick
Massis incarne une Sémélé radieuse, plus
ingénue et irresponsable que sensuelle et calculatrice. La
Junon furibonde de Sarah Connolly n'aura aucune pitié pour
cette humaine rivale. Epoux volage, Richard Croft, magistral,
révèle l'ambiguïté de Jupiter inquiet des
aspirations de sa nouvelle conquête. Ino, soeur de
Sémélé et amoureuse contrariée, trouve en
Charlotte Hellekant une interprète sensible. La jeune Marion
Harousseau, Cupidon omniprésent, fait montre d'une
impressionnante aisance scénique et vocale."
- Libération - 12 février 2004
- « Semele » crescendo
"Véritable temple du
baroque parisien depuis quelques années, le
Théâtre des Champs-Elysées aligne, après
Agrippine et Serse, une nouvelle production haendelienne : Semele,
d'après les Métamorphoses d'Ovide. Dans la fosse, Marc
Minkowski dirige ses Musiciens du Louvre-Grenoble, internationalement
reconnus pour leurs enregistrements Haendel de
référence. Choeurs admirables. Sur le plateau, David
McVicar met en scène cette histoire de fille du roi de
Thèbes destinée au prince Athamas, mais qui, craquant
pour Jupiter, affronte la vengeance fatale de Junon...Le premier
acte, certes d'exposition, est hyper gavant, et cela malgré la
direction toujours aussi engagée, spirituelle et
poétique de Minkowski. Annick Massis ne semble pas plus
à l'aise dans ses vocalises de femme-oiseau que dans ce
décor léché, entre néo-XVIIIe et
années 30, évoquant un spectacle de Robert Carsen. Mais
McVicar, à force de découpes lisses, habillées
de lumières ultra-stylisées, réussit une
succession de tableaux au charme onirique. Parvenue dans le domaine
des dieux, Annick Massis s'humanise, projette son timbre pur, avec
une rare sensibilité, jusque dans une sublime scène de
mort.
Le Jupiter de Richard Croft
n'est pas mal non plus, jouant avec une insolente aisance d'un timbre
de ténor doré, puissant et sophistiqué, pour
incarner le tombeur grand-style qui entraîne Semele dans
l'alcôve orientalisante des étreintes coupables. Cuir et
SF. On pense souvent à Ken Russel - et à l'école
de costumiers anglais, de Derek Jarman à Sally Potter - pour
le personnage de Cupidon en rose seventies, cannes et lunettes, tel
le héros adolescent de Tommy, que chante impeccablement Marion
Harousseau. Mais aussi pour la Junon très cuir et SF de la
Britannique Sarah Connolly, dont la musicalité est
indissociable d'un profond sens de la caractérisation
dramatique.
De la basse David Pittsinger
(Cadmus) au contre-ténor Stephen Wallace (Athamas), le reste
de la distribution contribue à donner vie et chair à
l'ovni haendelien, et au mélange d'académisme et
d'hyperréalisme des images de David McVicar, pour un
résultat en définitive assez
envoûtant."
- Les Echos - 9 février 2004 -
Début en douceur mais apothéose triomphale pour
une production qui parvient au juste équilibre entre
rigueur, émotion et fantaisie
"« Semele », ouvrage
hybride et pour cela fascinant, opéra italien dans des airs
ornés à profusion, oratorio dans les nombreux choeurs
qui les encadrent. Le sujet est mythologique et profane : Semele,
fille du roi de Thèbes, Cadmus, est destinée au prince
Athamas, mais elle est éprise de Jupiter. Elle s'attire ainsi
la colère de Junon, dont la vengeance lui sera fatale. Mais,
avant de disparaître, la princesse aura donné le jour
à Bacchus. La morale, en filigrane, est un appel à la
vertu. L'opéra, dont William Congreve a écrit le livret
en s'inspirant des «Métamorphoses» d'Ovide, est un
feu d'artifice.
Avec « Agrippina »,
le metteur en scène David McVicar jouait ouvertement la carte
de l'humour face à des personnages déjantés.
« Semele » ne lui permet aucune outrance, si ce n'est un
clin d'oeil final où Ino, la soeur de Semele, extrait d'un
landau non pas un poupon dodu... mais une bouteille bien pansue
qu'elle s'empresse de partager avec Athamas, qu'elle aimait, et avec
Cupidon (un rôle coupé par le compositeur avant la
création mais que Minkowski, comme John Eliot Gardiner l'avait
fait dans son enregistrement Teldec, a rétabli), jeune
adolescent tout de rose pailleté vêtu, que sa vue
défaillante oblige à arborer canne et
lunettes.
Pour le reste, dans le strict
décor XVIIIe de Tanya
McCallin, une coupe de mur cylindrique surmontée d'une tribune
(hommage à l'architecte anglais Christopher Wren ?), les jeux
sont également partagés : des postures stylisées
pour les choristes, plus de souplesse pour les solistes, histoire de
les rendre plus humains jusque dans leurs mesquineries. Les
lumières de Paule Constable créent l'atmosphère.
L'univers des hommes baigne dans une blancheur idéale. Au
deuxième acte, le sol, à peine surélevé,
est constellé d'étoiles, le plateau envahi par un bleu
irréel : pas de doute, on est chez les dieux.
Une part de rêve - Le
mauvais sort s'acharna sur la première : Marion Harousseau
(Cupidon), en proie à une maladie bénigne mais sauvage,
pourrait-elle tenir son rôle ? Elle mima son air du premier
acte, que chanta Claron McFadden, au bord des coulisses. Au
deuxième, momentanément rétablie, elle montra
que sa jolie voix n'avait pas souffert et folâtra
délicieusement. C'est vrai qu'il fallut un certain temps pour
que la soirée prenne son envol. Mais les actes II et III
rassurèrent les haendeliens les plus dubitatifs, même si
le contre-ténor Stephen Wallace campe un Athanas un peu
pâle et si Charlotte Hellekant (Ino) demeure, elle aussi,
vocalement en retrait.
Sarah Connolly prend plaisir
à composer une Junon vipérine et sifflante, David
Pittsinger est à la fois Cadmus, roi autoritaire, et Somnus,
dieu du sommeil, « obtus », selon Iris, et grognon.
Etonnant Richard Croft ! A un timbre de ténor robuste et
corsé, à une musicalité raffinée, il
ajoute une sensibilité de comédien qui lui permet de
dessiner un Jupiter ambigu, drapé dans son orgueil divin mais
aussi effondré du sort réservé à celle
qu'il aime. Annick Massis est Semele, femme oiseau ; avec un panache
irrésistible, qui lui permet de surmonter des vocalises
effrénées, des airs longs et virtuoses que son timbre
lumineux transfigure, et une poésie
éthérée dans sa scène de sommeil. Marc
Minkowski, ses choeurs (somptueux) et ses Musiciens du
Louvre-Grenoble recueillent leur part de triomphe. Toujours aussi
vivante, colorée, nuancée, primesautière dans
l'allégresse et d'une infinie tendresse dans le lyrisme, la
direction du chef ne se contente pas d'animer la partition et de lui
donner du chic et de l'allure ; elle lui restitue cette rare
émotion et cette part de rêve qui en font l'une des plus
touchantes d'Haendel."
- Res.musica - 9 février 2004
"Après un Sirœ assez
décevant en version de concert dans ce même
théâtre, on pouvait être en droit d’attendre de ce
Semele un plaisir équivalent à celui que nous avait
procuré le superbe Serse, mais hélas, le miracle
n’allait pas se reproduire. Pourtant, Semele, qui occupe une place
à part dans l’œuvre du caro Sassone est loin d’être un
ouvrage mineur. Lors de sa création en oratorio à
Covent Garden, le 10 février 1744, c’était rien moins
que la célèbre soprano française Elisabeth
Duparc dite « la Francesina » qui y chantait le
rôle-titre et le ténor John Beard, celui de Jupiter.
Après six représentations, l’œuvre tomba dans l’oubli
et ce n’est qu’en 1925 qu’elle fut à nouveau
représentée à Cambridge. Plus tard, en 1969,
elle fut donnée au Caramor Festival de New York avec, entre
autres, Beverly Sills, Léopold Simoneau et Julius Rudel au
pupitre. Au disque, il en existe au moins deux versions de
référence : celle de John Eliott Gardiner avec Anthony
Rolfe Johnson et Norma Burrowes, chez Erato (1983), et, plus
récemment celle de John Nelson, avec John Aler, Kathleen
Battle, Samuel Ramey et l’immense Marilyn Horne dans les rôles
d’Ino et de Junon, chez DG (1990).
Par ailleurs, Semele comporte
des pages très célèbres, que bien des chanteurs,
toutes voix confondues, ont mis à leur répertoire :
l’air de Jupiter, « Where’er you walk », celui de Semele
« O sleep, why dost thou leave me », sans compter ce
morceau de bravoure qu’est le « Hence, hence, Iris hence away
», chanté par Junon et devenu le cheval de bataille de
bien des mezzos et en particulier de Marilyn Horne qui en donna
à plusieurs reprises une interprétation
époustouflante.
David Mc Vicar est un metteur
en scène très en vogue dont la renommée est
assez surévaluée par rapport à ses réels
mérites, comme c’est souvent le cas lorsqu’il s’agit de
phénomènes de mode. Le moins qu’on puisse dire, c’est
qu’il ne retrouve pas ici la verve de sa lecture souvent discutable,
mais néanmoins cohérente — pour peu qu’on en accepte le
postulat de base — de l’Agrippina du même compositeur. Il est
vrai que Semele, œuvre hybride située à mi-chemin entre
l’opéra et l’oratorio, qui fut qualifiée par ses
détracteurs d’ » opéra paillard », n’est
guère facile à monter en version scénique.
Pourtant la difficulté, lorsqu’elle stimule la
créativité, peut parfois engendrer des merveilles. Dans
le cas présent, bien au contraire, le propos de Mc Vicar est
d’emblée assez flou et part un peu dans tous les sens.
Après un premier acte monolithique se déroulant dans un
espace intemporel et froid occupé par une sorte de
demi-coupole blanche très dépouillée dans le
style néo-classique de Riccardo Bofill, les personnages
étant vêtus d’élégants costumes
XVIIIème d’une couleur sable rappelant Hogarth,
l’arrivée chez Jupiter au deuxième acte se
concrétise, certes, par un contraste puissant, mais non
abouti.
De cet univers plutôt
raffiné, on passe à un cadre d’une esthétique
douteuse, curieux mélange de night-club, de bordel pour
nouveaux riches ou de plateau-télé pour show de
variétés du samedi soir : rideau rouge clinquant —
évoquant plus le music-hall que l’opéra —
éclairages bleus, roses ou parme avec un sol
étoilé rappelant la voûte céleste, Iris et
Junon étant affublées de robes à paniers
scintillantes et d’éventails à plumes qui les font
ressembler à des drag-queens meneuses de revue, le sommet du
mauvais goût étant atteint avec la tenue en lurex
doré de Jupiter. Si l’on ajoute que le lit rond, recouvert du
même rouge que le rideau et parsemé de coussins
orientaux en lamé, fait plus penser à celui d’une
hétaïre décadente qu’à la couche du Roi de
l’Olympe et que le chœur, dont les membres, vêtus d’un smoking
unisex, se voient contraints à une gestuelle frôlant le
ridicule, pour finalement se livrer à la fin de l’opéra
à un mini strip-tease (procédé
éculé, déja utilisé mille et une fois
dans plus d’une mise en scène branchée), on comprendra
que le metteur en scène britannique et son équipe ont
manqué d’inspiration, à une exception près.
Car, reconnaissons-le, la
seule vraie bonne idée de toute la représentation est
de faire apparaître le personnage de Cupidon, supprimé
d’ailleurs par Haendel lui-même peu de temps après la
création de l’œuvre et rétabli par Marc Minkowski pour
la circonstance, en petit marquis habillé de rouge, aveugle
comme il se doit — l’Amour ne l’est-il pas toujours un peu ? Ce dieu
ambigu et séduisant, qui promène avec nonchalance sa
grâce lascive tout au long de l’opéra, est
présent de manière lancinante, tel un leitmotiv,
surtout lors des rencontres entre Semele et Jupiter. Ce dernier,
incorrigible séducteur, n’hésite d’ailleurs pas
à le lutiner quelque peu quand il saute dans son lit, et
lorsque les relations entre les deux amants s’enveniment, l’Amour
chancelle et tombe à terre...C’est aussi ce ravissant Cupidon
qui initiera Ino et Semele aux plaisirs de l’opium....
Il est tout à fait
regrettable que le reste de la production n’ait pas été
à la hauteur de cette jolie vision, pour le coup tout à
fait réussie. Mais finalement, les mises en scène plus
ou moins ratées étant devenues le lot habituel du
spectateur d’opéra, on aurait pu se consoler avec une
distribution vocale de haut niveau. Hélas, là non plus,
nos attentes ne furent pas comblées, en particulier pour ce
qui est de la distribution féminine, la déception
majeure venant du rôle-titre.
Annick Massis qui fut une
délicieuse comtesse du Comte Ory en 2003 à
l’Opéra-Comique, ne parvient jamais tout à fait,
malgré des qualités évidentes de style, de
musicalité et une technique quasiment parfaite, à
habiter ce personnage fascinant, sorte de « super Manon »
ou de Poppée au petit-pied, guignant en lieu et place du
pouvoir politique et de l’ascension sociale, rien moins que
l’immortalité. Il manque à cette interprète le
brillant, l’audace, le grain de folie qui auraient de surcroît
donné du piquant au déroulement général
de l’action. Là où un sérieux abattage et une
bonne dose d’arrogance auraient été nécessaires,
nous ne trouvons que joliesse, un raffinement parfois à la
limite du maniérisme et de la miévrerie, et une
caractérisation globalement un peu terne. De plus, on ne
ressent guère la transformation qui fait de cette demoiselle
de noble famille encore prude, mais certainement rouée, une
jeune femme sensuelle et ambitieuse, tellement comblée par les
faveurs de Jupiter qu’elle en deviendra inconsciente du danger et
sera elle-même l’instrument de sa propre perte. Pourtant,
Semele est un rôle en or, qui a fasciné plus d’une
chanteuse célèbre. Le fait que Beverly Sills s’en soit
emparé n’est pas un hasard et on peut également
rêver de ce que pourrait en faire, par exemple, une artiste de
la trempe de Natalie Dessay. Comparativement, Charlotte Hellekant,
qui chante le rôle d’Ino, la sœur de Semele, censée lui
tenir lieu de faire-valoir, est autrement plus convaincante, tant par
son chant très habité que par sa belle présence
scénique, même si l’instrument n’est pas d’une
qualité exceptionnelle. Sarah Connolly, à la voix
engorgée, sans grande projection et au timbre monochrome, ne
donne pas une interprétation convaincante du rôle de
Junon, poussé par ailleurs jusquà la caricature par
David Mc Vicar, qui décidément ne nous épargne
aucun poncif. Son « Hence, Hence, Iris Hence away » tombe
par conséquent à plat et il suffit de
réécouter Marilyn Horne pour entendre toute la
différence. Sans aller jusqu’à de tels sommets, une
Marie-Nicole Lemieux, qui récemment a triomphé dans la
même salle en « Orlando » de Vivaldi, eût
été infiniment plus à la hauteur. L’Amour fut
doublement blessé en ce soir du 6 février, car la
délicieuse Marion Harousseau, prévue dans Cupidon, et
remarquée à Poissy en 2002 en Amour — déja —
dans l’Orphée et Eurydice de Gluck, étant souffrante,
ce fut l’assistante du metteur en scène, Hanna Landa, qui en
fut l’incarnation scénique, et Claron Mac Fadden, qui chantait
également Iris, qui en assura la partie vocale. Inutile de
préciser que le résultat s’en trouva d’autant plus
affadi que cette artiste à la voix petite et un peu aigre est
bien loin de posséder la fraîcheur et la suavité
de la jeune soprano qui n’avait pu assumer que partiellement le
rôle le soir de la première. D’après les
échos que nous en avons eu, il semble qu’elle ait
été absolument formidable lors de la
générale.
Fort heureusement, les
prestations masculines sont de meilleur niveau : en tête, le
magnifique Jupiter de Richard Croft, au style à la fois
puissant et raffiné, dont la forte et inquiétante
présence fait penser à un Don Giovanni à la fois
pervers, autoritaire et un peu distrait. Il est, de plus, quasiment
le seul à posséder le « métal Haendelien
» plutôt terni chez ses partenaires... David Pittsinger,
distribué dans le rôle de Cadmus, Roi de Thèbes,
et aussi celui de Somnus, Dieu du Sommeil, est doté d’une
prestance majestueuse et d’une voix musicale et richement
colorée, doublée d’ une impeccable ligne de chant. On
aurait souhaité un Athamas plus vaillant en la personne du
contre-ténor Stephen Wallace dont l’émission
confidentielle et le timbre sans grand relief sont cependant
contrebalancés par un style élégant. Enfin,
l’Apollon prometteur d’Andrew Tortise est de très bonne tenue.
Etait-ce un coup du sort ?
Toujours est-il que Les Musiciens du Louvre ont semblé moins
brillants que d’habitude. Il y eut à plusieurs reprises des
décalages entre les chœurs et l’orchestre, et ce dernier sonna
souvent un peu étouffé et étriqué, bien
loin de sa splendeur habituelle et ce, malgré l’énergie
développée par Marc Minkowski, toujours aussi dynamique
et passionné. Il convient d’ailleurs de s’interroger sur
l’adéquation de la fosse et de la scène dans ce cas
précis, et se demander si Marc Minkowski, dont le sens
dramatique est généralement si sûr, a
été totalement libre de choisir ses chanteurs. Compte
tenu de la déclaration faite par David Mc Vicar lors une
récente interview dans la presse, spécifiant qu’il
« tient toujours à participer étroitement au choix
de la distribution » et qu’il « se réserve le droit
de refuser un chanteur s’il ne correspond pas à son
idée », on peut en douter, surtout si l’on compare avec
l’extraordinaire Hercules de Poissy, autrement plus flamboyant.
Quand cessera donc la
dictature des metteurs en scène à l’opéra ?
Maria Callas, et après elle Teresa Berganza, Julia Varady et
bien d’autres, ne se sont-elles pas employées à
répéter que « tout est dans la musique » ?
Décidément, il est des spectacles qui nous font
préférer les versions de concert... "
- Concertclassic - 8 février 2004
"Envers et contre le
désir du compositeur, force est de constater que l’œuvre se
prête parfaitement à une adaptation scénique… Par
contre, celle de David McVicar, pourtant généralement
ingénieux, est ici plus que décevante. Concentrique et
sans aucun apparat, le deux ex machina a du mal à se faire
voir, la conception étant à la limite un rien trop
simpliste (mise en espace du chœur en diagonale ou en
hémicycle, les différents plans de perspective sont
travaillés, les volumes ressortent, mais sans imagination).
C’est passe-partout. Cela dit, cette considération n’aurait
sans doute pas lieu d’être si l’interprétation globale
ne souffrait d’inégalités déconcertantes… Ce
soir là, la fosse était bien en deçà de
la palette vocale.
Dès les
premières mesures de l’ouverture, l’auditeur devrait avoir
compris. Celui qui au disque est dit-on «
indétrônable », Marc Minkowski, se démasque
en live… A l’imprécision des attaques (et pourtant, une
ouverture de Haendel, ce n’est pas la fin du monde !), s’ajoutent les
décalages, multipliant les différences de dynamiques
entre les solistes instrumentaux et la partie continuiste. Et c’est
sans compter le ridicule d’une baguette qui passe de la main gauche
à la droite, pour soudain tenter de diriger l’ornementation
des chanteurs, ou le récit d’une voix, accompagnée d’un
clavecin en retard. Et c’est là qu’on se dit que la gloire du
Maestro doit beaucoup à ses judicieux choix de distribution…
En effet, les rôles
titres de Sémélé et Jupiter sont ici sans
égaux. Incarnant le personnage central (et ô combien
sensuel) de la mortelle éprise du dieu, Annick Massis a
véritablement déclenché l’enthousiasme. Justesse
de style, richesse du son et diction exceptionnelle se sont joint
à sa naturelle expressivité pour nous camper une
Sémélé à la hauteur de ces pages. Quant
à Richard Croft, après une première apparition
sans faste, il a offert à la dame un écho de choc.
Ebouriffant de virtuosité (en particulier dans le
troisième acte), il a également donné le change
au niveau de l’émotion.
En ce qui concerne les
rôles secondaires, si Hellekant, MacFadden et Connoly sont
remarquables (surtout dans leur récits), c’est David
Pittsinger, avec son Somnus si prégnant qu’il faut sortir du
lot. Le drame, vécu de l’intérieur prend avec lui toute
son ampleur, tant tout semble s’animer autour de lui. Si l’on oublie
l’Athamas (incarné par Stephen Wallace), assez faible
vocalement, mais dont les airs ont été fort
heureusement tronqués par le chef, et le Cupidon, assez
vulgaire, soutenu par Marion Harousseau, les voix brillèrent
de tout feu durant le spectacle. C’est l’essentiel
dira–t-on."
- Le Monde - 8 février 2004 -
Bonheur et tragédie de Sémélé,
aimée de Jupiter, poursuivie par Junon - 7
février 2004
"Pauvre
Sémélé ! A se laisser aimer par Jupiter, que de
sombres démêlés avec l'irascible Junon.
C'était couru : la petite le paiera de sa vie. Mais de ce sang
mêlé, naîtra, plus puissant que l'amour, le dieu
Bacchus. Ecrite sur un livret de William Congreve, auteur de
comédies anglais, d'après Les Métamorphoses
d'Ovide, Sémélé sera créée le 10
février 1744 au Covent Garden de Londres, il y a juste 260
ans. Une bagatelle en regard du désir d'immortalité
dont s'est entichée la fille du roi Cadmus,
préférant à son terrestre fiancé,
Athamas, l'enlèvement par Jupiter jusqu'au nid d'aigle du mont
Cithéron, où la poursuivra la vindicte de
Junon.
Sémélé,
qui mêle opéra (trame tragi-comique, virtuosité
et machineries) et oratorio (grands chœurs contrapuntiques, absence
de scénographie), occupe une place à part dans le cycle
Haendel lancé en l'an 2000 par le Théâtre des
Champs-Elysées, qui a vu cette saison la reprise de
l'Agrippina de René Jacobs et David McVicar, et une nouvelle
production de Serse par William Christie avec Anne-Sofie von
Otter.
L'indisposition
annoncée de Marion Harousseau aurait pu n'être
qu'anecdotique si le (petit) rôle de Cupido, rétabli ici
par Marc Minkowski (Haendel l'avait supprimé), n'était
scéniquement de première importance. Mini-marquis de
Sade maniant la canne comme au music-hall ou en aveugle œdipien des
chemins, Cupido suivra pas à pas Jupiter et
Sémélé. Après un premier acte vocalement
assuré par Claron McFadden, il recouvrera sa jolie voix pour
en appeler à l'amour : "Come Zephyrs, come." Le premier acte
avait fait craindre le pire : costumes bourgeois aux pastels discrets
à la Hogarth, décors en demi-cercle façon
oratorio, chaises en rang d'oignon soigneusement renversées
par la fureur jupitérienne et direction d'acteurs pour le
moins illustrative (Sémélé battant des ailes
dans l'"Air de l'alouette" comme une Olympia dans la charmille).
Heureusement l'arrivée des dieux, la vindicte de Junon en
Cruella de l'Olympe, l'érotisme donjuanesque d'un Jupiter
vénitien fumant le cigare après l'amour,
l'ingénuité libertine de Sémélé en
bas et déshabillé sur courtepointe de velours rouge,
tout cela opère une bienheureuse distanciation, dont
l'intérêt se soutiendra jusqu'à la fin. Fin
magistrale : la mort de Sémélé. Une mort d'une
effrayante douceur, l'infortunée défaillant le long
d'un manteau d'hermine sous le baiser suave de la transcendance
révélée : la fin de Don Giovanni s'il avait
consenti au "Pentiti !".
D'une distribution quasi sans
failles, dotée de chœurs superbes, on retiendra bien sûr
la Sémélé d'Annick Massis, toute de blondeur
sémillante, parfois un peu tendue dans l'aigu et les voltes
vocalisantes ; les imprécations de Junon avec une Sarah
Connolly capable d'éructer et de caresser ; les charmes haut
perchés de Stephen Wallace (Athamas) ; ceux, plus chaleureux,
de Claron McFadden (Iris) ; l'Ino en mal d'amour de Charlotte
Hellekant avec son look d'institutrice anglaise. Mais on ne pourra
s'empêcher de comprendre la passion jalouse de Junon pour le
Jupiter de Richard Croft : timbre superbe, aisance, musicalité
- le ténor américain est tout simplement magnifique
dans la ferveur comme dans l'élégie, il est à
lui seul l'expression même de l'amour humain.
Quant à la
première apparition de Marc Minkowski dans la fosse du
Théâtre des Champs-Elysées, c'est une
indéniable réussite. Sans se départir de sa
vitalité légendaire, le chef baroqueux œuvre avec
sobriété dans la demi-teinte, servant ici avec bonheur
la paradoxale conjugaison d'une étonnante richesse expressive
et d'une dramaturgie sans concession."
- Operabase -
L'Atelier du chanteur - 4 février 2004
"Le rideau de cette Semele se
lève sur une étrange impression de
déjà-vu : on retrouve le même décor blanc
de salon classique, les mêmes chaises disposées comme
pour une cérémonie, les mêmes invités en
queue-de-pie entrant peu à peu, la femme en robe de
soirée attendant l'arrivée de personnages plus
importants. On se dit alors : "Quelle belle vie que celle de metteur
en scène, on trouve une idée puis on se promène
autour du monde en l'appliquant à telle ou telle oeuvre, mais
tout de même, David McVicar aurait pu renouveler un peu son
approche depuis son Saul munichois du printemps dernier!". On
s'étonne juste que le programme ne le crédite pas de
cette production, mais ce n'est finalement pas étonnant,
puisque la mise en scène en était signée
Christof Loy ! Amusant plagiat donc, hommage à un
collègue dont McVicar ne s'explique pas dans le programme mais
peut-être ailleurs. Ce traitement identique met en valeur les
parallèles entre les deux oeuvres. Saul et Semele ont tous
deux été créés sous forme d'oratorio, et
les raisons qui font désigner maintenant Semele comme un
opéra ne sont pas limpides.
Le choeur a dans les deux
oeuvres la place d'un choeur d'oratorio. Il a ainsi inspiré
à Christof Loy l'idée de le mettre en scène
comme un choeur en habit dans une salle de concert classique. Mais la
structure des deux oeuvres les rapproche aussi, avec cette
cérémonie initiale et cette libération finale,
où les choristes en tenue de soirée se
dépenaillent progressivement et prennent leurs aises à
même le sol, à Paris comme à Munich. Entre le
début et la fin identiques, David McVicar ne respecte pas
totalement le parti-pris de Christof Loy mais les choristes
apparaissent toujours en choristes d'oratorio, parfois sur le balcon
en corniche (ou la corniche en balcon) du décor unique
néoclassique de Tanya McCallin, vaguement inspiré de
Palladio, Ledoux ou directement du Panthéon de Rome. Ce
décor est varié par les superbes lumières de
Paule Constable et par l'inclinaison d'une partie circulaire du
plateau central. Si l'on ajoute le rayon de lumière qui trace
au troisième acte un cercle plus petit et la trappe elle aussi
circulaire qui engloutit Semele, ce plateau présente à
peu près les proportions d'un ancien disque vinyle 33 tours,
ce qui est donc le second hommage de la soirée
!
La mise en scène tient
la route de bout en bout et les chanteurs approchent la
qualité du travail de troupe réalisé à
Munich, même si moins d'interactions sont ici demandées
aux choristes, qui doivent par contre exécuter une sorte de
gestuelle conventionnelle avec leurs mains. Ces choristes sont
musicalement et vocalement stupéfiants d'ensemble, d'harmonie,
d'autorité, d'équilibre, de qualité de timbre.
Leur netteté d'attaque et leur
homogénéité sont incroyables de la part d'un
choeur français et auraient été inimaginables il
y a encore dix ans. Leur diction anglaise ne déparerait pas
non plus dans une cathédrale britannique. Le rapport entre
leurs consonnes et leurs voyelles est idéal et ils chantent
avec autant de précision et de tranquillité que s'ils
avaient la partition devant eux sur des pupitres. Comme les solistes,
ils bénéficient de la respiration formidablement juste,
à la fois rigoureuse et libre que Marc Minkowski communique
à la musique en la vivant plus qu'en ne la dirigeant.
L'orchestre est remarquable ainsi que son violoncelle solo
!
Vocalement, le plateau est
superbe et équilibré. Charlotte Hellekant et Marion
Harousseau ajoutent leurs dons de comédiennes à leurs
talents vocaux : la première en amoureuse timide et
binoclarde, genre "meilleure amie servant de faire-valoir"; la
seconde en Cupidon dont la canne d'aveugle est devenue canne de
meneuse de revue, en costume rouge à paillettes et maquillage
de poupée japonaise. Sa voix, mystérieusement disparue
au premier acte (où Claron McFadden la remplace vocalement)
est tout aussi mystérieusement réapparue au second
acte, où elle est d'emblée bien timbrée et bien
conduite. Ses attaques aiguës en sons droits sont sans doute
aussi intentionnelles que les ports de voix assortis à sa
gestuelle de cabaret - qui convient particulièrement bien
à son bel air "New desire I'll inspire". Amusant clin d'oeil
final, où Cupidon entre en scène en poussant dans un
landau le fruit des amours de Jupiter et Semele : Bacchus, sous la
forme d'un magnum de vin - voire un jéroboam !
Sarah Connolly est une Junon
particulièrement bien caractérisée, de son
maquillage outrancier à sa voix affirmée aux graves
sonores. Le procédé consistant à faire jouer et
bouger les lèvres à Ino quand Junon chante après
avoir pris son apparence fonctionne bien. Stephen Wallace pourrait
lui s'affirmer un peu plus, mais le rôle d'Athamas n'y incite
peut-être pas. David Pittsinger a une noblesse et une
autorité magnifiques, qui renforce encore la parenté de
cette oeuvre avec les oratorios anglais de Händel. Richard Croft
trace un portrait étonnant mais convaincant d'un Jupiter qui
ne déparerait pas chez Offenbach. Si deux aigus sont un peu
bouchés dans son premier air, l'air doux et
élégiaque "Where'er you walk" convient bien au beau
médium de sa voix.
Le rôle écrasant
d'Annick Massis suffirait peut-être à la situer un peu
à part, mais elle se distingue aussi de manière moins
flatteuse : par un anglais moins idiomatique que celui de ses
collègues, qui nuit parfois à sa ligne vocale et au
rayonnement de sa voix ; par une raideur physique presque
inquiétante (problèmes de dos?); par des aigus souvent
tirés, dont sont peut-être responsables ce même
manque de souplesse et parfois de connexion profonde,
parallèlement à une dureté un peu fixe de
l'expression, qui est aussi une relative fixité des
articulateurs, et par là des résonateurs dont ils
constituent les parois. Certes, cette gestuelle trace un portrait
juste d'une Semele qu'on aurait peut-être envie de gifler dans
la vie réelle, mais une chanteuse ne doit-elle pas trouver
aussi dans son personnage de quoi se mettre en valeur et mettre en
valeur sa voix ? Dans son premier air par exemple, certains aigus
sont ouverts et lâchés, quittant la ligne vocale et le
corps. Certaines attaques graves sont un peu grossies. Certaines
consonnes sont l'occasion d'une déperdition de souffle et
d'une rupture de la ligne vocale. Ses reprises de souffle manquent
souvent de profondeur et les réattaques suivantes s'en
ressentent. Les vocalises manquent un peu de "focus", qu'elle ne
trouve que dans le médium sur des voyelles fermées.
L'ensemble de cet air en est rendu un peu laborieux et ennuyeux. Au
second acte, "O sleep" est superbe avec son accompagnement par le
continuo, classiquement évocateur du thème du sommeil.
La voix d'Annick Massis blanchit à nouveau dans son duo avec
Ino. Au troisième acte, sa voix est étonnamment mieux
connectée dans le passage qu'elle chante à genoux.
Auparavant, "Myself I shall adore" sonne aigre, mais il est vrai
qu'elle y vocalise presque uniquement sur [i]! Dans l'air "No, no,
I'll take no less", la légèreté de son placement
lui permet des colorature d'une vélocité
hallucinante.
Après toutes les
turpitudes du livret, la morale conservatrice est quand même
tirée par le choeur : il importe que chacun reste à sa
place !"
- Buxton - 7, 11, 14, 19 juillet 2003 - dir. Harry
Christophers - mise en scène Stephen Langridge -
décors, costumes George Souglides - lumières John
Bishop - avec Thomas Randle (Jupiter), Helen Williams (Semele),
William Purefoy (Athamas), Catherine Wyn-Rogers (Juno / Ino),
Michael George (Cadmus / Somnus), Dewi Wyn (Apollo)
- Opéra Royal de
Londres - 25, 28 juin 2003, 2, 5,
8, 11 juillet 2003 - dir. Charles Mackerras- mise en scène
John Copley - décors Henry Bardon - costumes David Walker -
avec Ruth Ann Swenson (Semele), Robin Blaze (Athamas), Stephanie
Blythe (Ino/Juno), John Relyea (Cadmus, Somnus), Kurt Streit
(Jupiter), Sally Matthews (Iris), Edgaras Montvidas
(Apollo)
"Cette production,
conçue par John Copley, date de 1982 : elle recrée
méticuleusement une vision magique très
XVIIIème de la mythologie grecque ; les beaux décors
baroques d'Henry Bardon et les costumes de David Walker,
élégants et aux couleurs vives, sont toujours aussi
agréables à l'oeil. Les composantes érotiques de
la musique sont très présentes, mais l'humour n'est pas
en reste, ces deux caractéristiques étant bien mises en
avant dans le spectacle. La soprano américaine Ruth Ann
Swenson, qui avait endossé le rôle-titre dans la reprise
de 1996, est une charmante Semele. Après "Endless pleasure,
endless love", qu'elle chante avec beaucoup de charme, elle se
révèle excellente dans "My self I shall adore". Sa
compatriote, la mezzo Stephanie Blythe, dont l'étendue va du
contralto grave au soprano aigu, affronte les imprécations
jalouses et vengeresses de Junon avec bravoure, se glissant avec
autant d'aisance dans la peau d'Ino, amoureuse d'Athamas. Son duo
avec Semele à la fin de l'acte II est tout simplement exquis.
Le ténor Kurt Streit, séduisant Jupiter, exécute
son air "Where'er you walk" avec une grande douceur et une apparente
sincérité : il n'est que la victime de la machination
ourdie par sa femme... Le contre-ténor britannique Robin
Blaze, qui effectuait ses débuts au Covent Garden dans
Athamas, est impeccable stylistiquement, et parvient à donner
de l'épaisseur à un personnage peu drama-ique. Le
baryton-basse John Relyea se dédouble de façon
convaincante en roi Cadmus et en Somnus, dieu du Sommeil (ce dernier
étant un personnage purement comique).
Les choeurs ont droit à
de belles pages dans cet ouvrage, et le Royal Opera Chorus les chante
avec un plaisir évident. L'orchestre est en grande forme, sous
la baguette de Charles Mackerras, qui avait dirigé cette
production lors de son inauguration, puis lors des différentes
reprises...Un plaisir infini...c'est bien là le thème
de la Semele de Haendel."
- Bâle -
Theater Basel - mai 2003 - dir. Konrad Junghänel - mise en
scène Karin Beier - décors Marion Menziger, costumes
Maria Roers - avec Maya Boog (Semele), Andreas Karasiak (Jupiter),
Rita Ahonen (Ino, Juno), Lynton Black (Cadmus, Somnus), Kai Wessel
(Athamas)
"Bien qu'écrit sur un
livret d'opéra, Semele a été créé
par son auteur sous la forme d'un oratorio. Sa première
réalisation scenique a été tentée
à Cambridge en 1925, à Londres en 1954 seulement. Dans
sa nouvelle production, le Théâtre bâlois adopte
un parti pris de théâtralisation extrême, en
coupant une quarantaine de minutes de musique et en réduisant
le nombre des chanteurs. Le résultat a de quoi faire
frémir les puristes, mais la réalisation compte
certainement au nombre des plus fortes tentées ces
dernières années dans le répertoire baroque.
Karin Beier transpose l'intrigue dans un univers de bureaux
ultramodernes. Ainsi le mariage de Semele et d'Athamas est
célébré au milieu de rayonnages d'une blancheur
éclatante, ou s'empilent des classeurs bourrés de
documents. L'apparition de Jupiter est accompagnée d'un
véritable cataclysme suggéré par
l'écroulement du décor, comme s'il fallait
suggérer que le monde des dieux et des passions
incontrôlées n'est que l'envers du nôtre. La
scène est alors inondée et devient le miroir
inversé de l'action scénique.
Konrad Junghänel veille
donner de la partition une interprétation riche en contrastes.
Les intermèdes purement symphoniques ou les récitatifs
sont traités comme autant d'éléments de musique
de scène et visent moins à séduire l'oreille
qu'à rendre l'action explicite. Faisant foin de tout scru-pule
musicologique (les récitatifs sont quasiment réduits
à quelques interjections), le chef obtient de l'orchestre et
des choeurs un débit nerveux, voire heurté, même
dans les passages plus directement sensuels, comme la fameuse
invocation au Sommeil ou le duo de Semele avec sa soeur. Maya Boog se
surpasse dans le rôle-titre ; elle chante ses airs avec une
sûreté de style, un aplomb dans la vocalise et une
diversité d'inflexions qui forcent l'admiration. Andreas
Karasiak incarne un Jupiter noble, dont le timbre éclatant se
coule sans peine dans le profil orné de ses airs. Le style
réservé et racé de Rita Ahonen fait merveille
dans le double rôle de Juno et Ino, ces deux femmes jalouses
prêtes à tout pour sauver leurs intérêts.
Par contre, Lynton Black, tour à tour Cadmus puis Somnus,
souligne presque à l'excès la similitude
d'écriture vocale entre ces deux personnages, pourtant fort
dissemblables au plan dramatique ; néanmoins, son
phrasé impeccable et son sens raffiné du legato ne
sauraient être mis en cause ici. Kai Wessel campe un Athamas
tres présent scéniquement, mais avec un timbre
plutôt ingrat qui ne convainc pas entièrement dans cette
musique. Enthousiaste, le public de la première a fait
fête à l'ensemble de la dis tribution, metteur en
scène y compris ; le fait est assez rare pour mériter
la mention. (Opéra International - juillet/août
2003)
- Sydney - City Recital Hall
- Angel Place - décembre 2002 - Pinchgut Opera -
dir. Antony Walker - Sirius Ensemble - dir. Anna McDonald et Erin
Helyard - Choeur Cantillation - mise en scène Justin Way -
décors Samantha Paxton - lumières Bernie Tan - avec
Anna Ryberg (Semele), Sally-Anne Russell (Juno/Ino), Angus Wood
(Jupiter), Stephen Bennett (Cadmus/Somnus), Tobias Cole
(Athamas)
- Graz - Opernhaus
- 23 mars 2002
- Chicago Opera Theater
- 2002 - dir. Errol Girdlestone - mise en scène
Christopher Cowell - décors Bridget Kimak - lumières
Joel Moritz - avec Nathalie Paulin (Semele), Michael Colvin
(Jupiter), Elizabeth Turnbull (Juno), Anita Krause (Ino), Kelli
Harrington (Iris), David Dong Qyu Lee (Athamas), Ricardo Herrera
(Cadmus/Somnus)

- Opéra de Cologne
- 27, 29 octobre, 2, 14, 18, 22, 25, 29 novembre, 2, 7,
15, 21, 25, 28 décembre 2001, 1er janvier 2002 -
Gürzenich-Orchester - Kölner Philharmoniker - dir.
Nicholas Kok - mise en scène Robert Carsen - décors
Patrick Kinmonth - chorégraphie Philippe Giraudeau -
lumières Peter van Praet - dramaturgie Ian Burton - avec
Rosemary Joshua (Semele), Katherine Kuhlmann (Juno), Katja Boost
(Ino), Claudia Rohrbach (Iris), Daniel Kirch (Jupiter, Apollo),
Ryland Angel (Athamas), Andrew Collis (Cadmus, Somnus), Karl Huml
(Priest)
- Anchorage Opera
- 2000 - mise en
scène Chas Rader-Shiebe - avec Paul Houghtaling
(Somnus)
- Opéra de San
Francisco - 1er, 4, 7, 10, 15, 19, 22, 25
novembre 2000 - dir. Charles Mackerras / Lacey - mise en
scène Copley - avec Ruth Ann Swenson (Semele), Dahl, Sarah
Connolly (Ino, Juno), Christine Brandes (Iris), Brian Asawa
(Athamas), John Mark Ainsley (Jupiter), John Relyea (Somnus)
- Londres - English National
Opera - 19, 24, 28, 30 avril, 5, 7, 13, 15, 18, 21, 25,
28 mai 1999 - dir. Harry Bicket - mise en scène Robert
Carsen - avec Rosemary Joshua, Sarah Connolly, Susan Bickley,
Janis Kelly, John Mark Ainsley, Wallace, J. Connell
- Innsbruck - Festwochen der
alten Musik - 16, 18, 20 et 22 août 1998 - dir.
René Jacobs - mise en scène Herrmann - avec Rosemary
Joshua, York, Borden, Graham Pushee, Francis, Tomasson, Bowen
- Opéra des
Flandres - Gand - 8, 11, 15, 17 et 19
février 1998 - Anvers -
26, 28 février, 3, 6 et 8
mars 1998 - Grenoble
- 21 février 1998 -
(version de concert) - dir. Marc Minkowski - mise en scène
Robert Carsen - avec Rosemary Joshua (Semele), Charles Workman
(Jupiter), Della Jones (Juno), Sara Fulgoni (Ino), Roberto Balconi
(Athamas), Gidon Saks (Cadmus, Somnus), Kathleen Brett
(Iris)
"Cet oratorio,
rebaptisé opéra, retrouve la mise en scène
conçue pour le Festival d'Aix-en-Provence, en 1996, par Robert
Carsen"..."A l'exception du rôle-titre, la distribution vocale
est entièrement différente de celle que dirigeait
William Christie. Rosemary Joshua apparaît toujours des plus
crédibles"..."Plus intéressé par par le drame
que par le badinage, Minkowski trouve ses meilleurs moments dans les
récits accompagnés"..."Quelle joie de retrouver Della
Jones dans un rôle qu'elle a définitivement
marqué. Le médium s'est terni, la voix s'est durcie,
mais la diction, la précision rythmique, l'ivresse de
l'ornementation du personnage sont là"..."Le jeune
ténor américain Charles Workman campe un Jupiter des
plus considérables, avec un timbre sobre et ferme, une
projection parfaite, et une technique de chant
époustouflante". (Opéra International - mai
1998)
- Berlin - Deutsche
Staatsoper - 23, 26 novembre, 3, 6 décembre 1997
- dir. René Jacobs - mise en scène, décors et
costumes K.-E. et U. Herrmann - avec Janet Williams (Semele), Iris
Vermillion 5junon), Dorothea Röschmann (Iris, Ino), Kobie van
Rensburg, Brian Asawa (Athamas), T. Tomasson (Cadmus), Wallace
- Spolète - Festival
des deux mondes - Teatro Caio Melisso - 1997 - reprise
de la production de 1996 - avec Jeffrey Francis (Jupiter), Maria
Costanza Nocentini (Semele)
- Berlin - Deutsche
Staatsoper - 3, 6, 9, 12, 14 et 19 octobre 1996 - dir.
René Jacobs - mise en scène, décors et
costumes K.-E. et U. Herrmann - avec Janet Williams (Semele), Iris
Vermillion (Junon), Dorothea Röschmann (Iris, Ino, Cupidon),
J. Francis (Jupiter, Apollo), Brian Asawa (Athamas), T. Tomasson
(Cadmus, Somnus)
- Festival d'Aix en
Provence - Théâtre
de l'Archevêché - 16, 19, 21, 23, 26 et 28 juillet
1996 - création scénique en France - Les Arts
Florissants - dir. William Christie - mise en scène
Robert Carsen - décors Patrick Kinmonth - costumes Jean
Kalman - avec Reinhard Hagen (Cadmus), Rosemary Joshua (Semele),
Charlotte Hellekant (Ino), Michael Chance (Athamas), Sophie
Marin-Degor (Iris), Rockwell Blake (Jupiter), Kathleen Kuhlmann,
Willard White (Somnus)
"Le spectacle est
réjouissant, limpide, soutenu, inspiré, prodigue
sans débordement, tour à tour pédagogique et
ravageur...Nous sommes à Aix, au meilleur Aix...Altier
à son inimitable façon, Rockwell Blake cède sous
Jupiter ; mais Rosemary Joshua connaît entre ses bras les
élans, les faveurs, les chagrins d'une vraie
Sémélé, nymphe véloce, orgueilleuse
candide, amante irrésistible. Mention spéciale pour le
numéro de Janis Kelly (Iris) et pour la pure émotion de
la soirée : Charlotte Hellekant, à qui le rôle
secondaire d'Ino doit de vivre enfin..."
"Robert Carsen ne se prive pas
de transposer l'action plus près de nous dans le temps,
évoquant une famille régnante qui ne cesse aujourd'hui
de faire les beaux jours des paparazzi et de la presse à
scandale. Ainsi Junon, habillée en reine d'Angleterre,
découvre-t-elle, barrant la une des tabloïds, les titres
qui suscitent sa fureur : "Jupiter and Semele : It's official!".
Carsen s'en donne à coeur joie. Il établit ainsi une
complicité avec son public, avec des clins d'oeil, des gags
aussi, multiplie les situations érotiques, souligne d'un trait
acéré l'ironie dramatique, qui est le nerf de Semele.
C'est une saga de série B télévisée, qui
aurait pu s'appeler "Pouvoir, sexe et argent", si elle n'était
pas transfigurée par la satire sociale. Mais Carsen maintient
en même temps l'équilibre entre l'esprit de la
comédie, et les scènes nombreuses où l'emportent
les brûlures du coeur et l'expression de la douleur, ainsi que,
plus rares mais magiques, les moments de pure poésie, avec le
personnage d'Ino et la scène du sommeil...William Christie a
rassemblé autour de lui une équipe solidaire, d'une
excellente cohésion, néanmoins dominée par deux
interprètes féminines. La soprano Rosemary Joshua,
étonnante incarnation du rôle de Semele, sensuelle et
fort peu vêtue, est un plaisir des yeux. L'oreille n'est pas en
reste, avec un très joli timbre et une technique
aisée...Dans le rôle plus en retrait de la soeur, Ino,
on admire aussi la contralto Charlotte Hellekant, merveilleuse de
musicalité, à qui l'on doit quelques moments de pure
émotion. Junon, en reine d'Angleterre virago (Kathleen
Kuhlmann) et sa suivante (Janis Kelly), sont traitées en
personnages burlesques, mais la répétition de l'effet
comique peut finir par lasser, d'autant que, livrée à
ses imprécations véhémentes, Kathleen Kuhlmann
semble en retrait, techniquement et stylistiquement, sur ses
partenaires.
Les hommes font ce qu'on
attend d'eux : Michael Chance (Athamas), Rockwell Blake (Jupiter),
que le public espérait pour sa flamboyante virtuosité,
mais dont on se souviendra plus encore par la délicatesse et
la tendresse de son air du second acte, Where'er you walk", et, avec
une mention spéciale, Willard White (Somnus) et Reinhard Hagen
(Cadmus). Il faut souligner la part essentielle que jouent les
choeurs, aussi excellents chanteurs qu'à l'aise sur la
scène, et un orchestre des Arts florissants aux couleurs
dorées et d'une grande propreté d'exécution.
Parfois trop distant et monochrome dans son approche, William
Christie sait se faire émouvant dans les moments de tendresse
rêveuse et de mystère de la partition, comme la
description par Ino de l'harmonie des sphères, à la fin
du deuxième acte, ou les scènes de sommeil, au
début de l'acte III." (Opéra International - septembre
1996)
- Opéra
International - juillet/août 1996 - Festival
d'Aix en Provence - Solo Semele
- Spolète - Festival
des deux mondes - Teatro Caio Melisso - 26 juin, 3, 5,
9, 11, 13 juillet 1996 - dir. Rinaldo Alessandrini - mise en
scène Fabio Sparvoli - décors Roberto Pergelli -
costumes Natasha Carcano - avec Joyce Di Donato (Ino), Iride
Martinez (Semele), Johnny Maldonado (Athamas), Welborn,
Hammarstrom, Sedov, Herbert Eckhoff (Cadmus)

- Londres - Covent Garden
- 19, 26 février, 1er, 4, 6, 8 mars
1996 - dir. Charles Mackerras - mise en scène John Copley -
décors Henry Bardon - costumes David Walker - avec Ruth Ann
Swenson (Semele), Judith Howarth (Iris), Felicity Palmer (Juno,
Iro), Michael Chance (Athamus), Philip Langridge (Jupiter), Peter
Rose (Cadmus, Somnus), T. Robinson (Apollo)
"Cette reprise de Semele, dans
la production imaginée par John Copley, en 1982, est un
véritable enchantement...En l'espace de quatorze ans, les
goûts du public ont évolué : il exige davantage
d'audace, et John Copley, revenu pour l'occasion, a su mieux
qu'auparavant faire ressortir l'humour paillard de la pièce.
Débutant à Covent Garden, Ruth Ann Swenson chante
Semele avec style, Mackerras ayant ajouté à son
intention d'ambitieuses fioritures...Différenciant à la
perfection les deux rôles qu'elle interprète (Ino, soeur
de Semele, et la déesse Juno), Felicity Palmer ne sacrifie
jamais la qualité de la ligne de chant aux exigences
dramatiques des personnages, tandis que Philip Langridge, tout en
préservant l'autorité de Jupiter, n'hésite pas
à faire du roi des Dieux un rôle comique. Il chante le
ravissant "Where'er You WaIk" avec une émotion prenante, son
apparition en Dieu de la Foudre, pour réduire Semele en
cendres, s'avérant tout à fait convaincante. Le
falsettiste Michael Chance est un excellent Athamus, la basse Peter
Rose assumant deux emplois, Cadmus, père de Semele, et Somnus,
Dieu du Sommeil ; si la soprano Judith Howarth n'a pas grand-chose
à chanter en Iris, elle s'en acquitte fort bien. Très
sollicités par Haendel, les choeurs se montrent à la
hauteur, même si le metteur en scène a peut-être
eu le tort de les reléguer pour l'essentiel dans la fosse.
L'orchestre du Royal Opera House enfin, est irréprochable."
(Opéra International - avril 1996)
- Halle - Händel
Festspiele - 9, 11 juin 1995 - dir. Howard Arman - mise
en scène, décors Fred Berndt - costumes R. Schill -
avec Janet Williams / Claron McFadden (Semele), Niels Giesecke
(Jupiter), Wolf-Matthias Friedrich (Cadmus), A.xelKöhler
(Athamas), Jen Klaus Wilde (Apollon), Patricia Spence / Catherine
Denley (Junon), Nathalie Paulin (Iris), Ulrike Helzel / M.
Petrasovska (Ino), S. Arman (Cupidon)
- Washington - Eisenhower
Theatre - 7, 9, 13, 16 ,
22 et 27 janvier, 2, 6, 9, 12, 15 et 18 février 1995 - dir.
Martin Pearlman - mise en scène Terleckyj - avec Harris,
Langan, Daniels
- Milwaukee- Skylight Opera
Theatre - 1994 - dir. Scott Rednour - mise en
scène Chas Rader-Shiebe - décors Judy Gailen -
costumes Susan Branch - lumières Rick Martin - avec
Christina Bouras (Semele), K. A. Bolves (Jupiter), M. Dean
(Cadmus, Somnus), J. Bentley (Junon, Ino)
- Glasgow - Royal Scottish
Academy of Music and Drama - 1994 - dir. Timothy Lole -
mise en scène et costumes David McVicar - décors
Kate Borthwick - avec Lisa Milne (Semele), Douglas Telfer
(Jupiter)
- Venise - La
Fenice - 2 avril 1991 - dir. John Fisher - mise en
scène John Copley - décors Henry Bardon - costumes
David Walker - avec Yvonne Kenny (Semele), Rockwell Blake
(Jupiter), Bernadette Manca di Lissa, James Bowman, Adelina
Scarabelli, Rodrick Kennedy, Giorgio Surjan, Salvatore
Ragonese
"Reprise d'une production
conçue pour le Covent Garden de Londres en 1982, d'une
élégance et d'une richesse exceptionnelles, surtout
dans le traitement des interventions ex machina des nombreuses
divinités. Sans jamais franchir les frontières du bon
goût, John Copley accentue la dimension érotique de
l'intrigue, dans les scènes d'amour entre Semele et Jupiter
surtout, le personnage de Somnus adoptant une tournure franchement
caricaturale. Une réussite exemplaire...Bernadette Manca di
Nissa relève le défi de la langue anglaise avec autant
d'élégance que de d'aplomb. Yvonne Kenny dessine une
Semele à la voix un peu mince, particulièrement
efficace dans les scènes de coquetterie...Le Jupiter de
Rockwell Blake est superlatif : longueur de souffle,
expressivité des vocalises, perfection du legato."
(Opéra International - mai 1991)
- Halle - Festival
Haendel - 1990 - Collegium
Instrumental Halle - Choeur de l'Université du Maryland -
dir. Paul Trevor
- Londres - Covent
Garden - 22 décembre 1988 - dir. Charles
Mackerras - mise en scène John Copley - décors Henry
Bardon - costumes David Walker - avec Yvonne Kenny (Semele),
Kathleen Kuhlmann / G. Knight (Junon, Ino), Christopher Robson
(Athamas), Anthony Rolfe-Johnson (Jupiter), Gwynne Howell (Somnus,
Dieu du Sommeil), Peter Rose / R. Earle (Cadmus, Roi de
Thèbes), R. Leggate (Apollon), J. Howarth / L. Kitchen
(Iris) - Reprise de la production créée en 1982,
pour le deux cent cinquantième anniversaire de la
création du Covent Garden.
"Les opulents décors
baroques d'Henry Bardon flirtent en permanence avec la tentation du
pastiche, sans jamais véritablement y succomber...John Copley
exploite au mieux le texte plein d'esprit, soulignant les aspects
comiques et érotiques d'une partition riche en mélodies
généreuses. Yvonne Kenny a dans la voix la
pureté et l'agilité exigées par le
rôle-titre...Anthony Rolfe-Johnson est un Jupiter tout aussi
crédible, avec un chant particulièrement ardent et
stylé. Kathleen Kuhlmann impose ses chaudes sonorités
d'alto et une aisance impressionnante. Christopher Robson chante avec
une grande sensibilité le rôle d'Athamas... Les choeurs
témoignent d'un bel enthousiasme sous la baguette d'un Charles
Mackerras à la fois soucieux de cohérence et de
lisibilité du détail." (Opéra International -
février 1989)
- Halle - Festival
Haendel - 1987 - Choeur et
Orchestre symphonique de la Radio de Berlin - dir. Dietrich
Knothe
- Conservatoire de
Châtillon - 1987 -
version de concert - dir. M. Shapiro - avec S. Patterson
(Jupiter), G. Chambers (Cadmus), D.-T. Nguyen (Athamas), M.
Jalbert (Junon), D. Rocamora
(Sémélé), S. Deguy (Ino)
- Londres - Covent
Garden - 14, 16, 21, 29 novembre 1985 - English
National Opera - dir. Charles Mackerras - mise en scène
Dalton - avec Kathleen Kuhlmann, Yvonne Kenny, Earle, Anthony
Rolfe-Johnston, Gale, Best
- Ludwigsburg -
Schlosstheater - 1985 - en
allemand - dir. Wolfgang Gönnenwein - mise en scène,
décors M. A. Marelli - avec B. Bonney (Semele), J. Rappe
(Junon), P. Salomaa (Somnus), D. van der Walt (Jupiter), M. Borst
(Ino), J. Dürmuller (Apollon), C. Brett (Athamas), A. Dohmen
(Cadmus), S. J. Langton (Iris), D. Woodward
- New York - Carnegie Hall
- 23 février 1985 - version de concert - St Luke
Orchestra - dir. John Nelson - avec Kathleen Battle (Semele),
Marilyn Horne (Juno, Ino), Samuel Ramey (Cadmus, Somnus), Rockwell
Blake (Jupiter), Jeffery Gall (Athamas), Silvia McNair (Ino), W.
MacNeil (Apollo)
- Karlsruhe - Festival
Haendel - 5 juillet 1983 - dir. Charles Farncombe -
mise en scène Jean-Louis Martinoty - décors Heiz
Balthes - costumes Walek - avec Lavender, Yang Kim, Besett,
Toivanen, Marsh, Hermann, Juon
- Londres - Covent
Garden - 14
décembre 1982 - dir. Charles Mackerras - mise en
scène John Copley - décors Henry Bardon - costumes
David Walker - avec Valerie Masterson (Semele), Kathleen Kuhlmann
(Ino, Junon), Marie McLaughlin (Iris), Robert Tear (Jupiter),
Gwynne Howell (Somnus), John York Skinner (Athanus), John
Tomlinson (Cadmus), Robin Leggate (Apollo)
- London - Royal Academy of
Music - 1982 - dir. Anthony Lewis - mise en
scène Robert Carsen - décors R. Bullwinkle - avec J.
Salmon (Jupiter), R. Knott (Cadmus), T. Wilson (Athamas), G.
Dolton (Somnus), G. Roberts (Apollon), J. Rigby (Junon), S.
Bradley (Iris), S. Bullock (Semele), S. Daley (Ino), T. Webb
(Cupidon)
- Londres - BBC -
23 février 1981 - dir. John Eliot Gardiner - avec Eidween
Harrhy (Semele), Anthony Rolfe-Johnson (Jupiter), Robert Lloyd
(Cadmus), David Thomas (Somnus), Timothy Penrose (Athamas),
Maldwyn Davies (Apollon), Della Jones (Junon, Ino), Elisabeth
Priday (Cupidon), Patricia Kwella (Iris)
- Washington - Kennedy
Center - 1980 - dir. S. Simon - mise en scène
John Copley - décors Z. Brown - avec N. Rogers (Semele), A.
Kays (Jupiter), W. Powers (Cadmus, Somnus), D. Minter (Athamas),
J. Hadley (Apollon), M. Paunova (Junon), S. J. Langton (Iris)
- Karlsruhe - Festival
Haendel - 21 juin au 6 juillet
1980 - dir. Charles Farncombe - mise en scène Jean-Louis
Martinoty - décors Heinz Balthes - costumes Maria-Luise
Walek - choeurs Albert Limbach - avec Jane Marsh (Semele), Anthony
Rolfe-Johnson (Jupiter), H. Toivanen (Cadmus), G. von Kannen
(Somnus), E. Detmer (Athamas), R. Y. Kim (Junon), C. Besett
(Iris), A. Gjevang (Ino), D. Strobel (Cupidon)
- Londres - Sadler's Wells
- 1978 - production de la Handel Opera Society - dir.
Charles Farncombe - mise en scène et décors Leif
Söderström - avec Anthony Rolfe-Johnson (Jupiter), John
York Skinner (Athamas), Michael Rippon (Somnus), Tom McDonnell
(Apollon), Sally Presant (Junon, Ino), Helen Walker (Iris), Teresa
Cahill (Semele), M. Williams (Cupidon)
- Londres - Sadler's Wells
- 1975 - production de la Handel Opera Society - dir.
Charles Farncombe / V. Meakins - mise en scène Leif
Söderström - décors D. Roos - avec Anthony
Rolfe-Johnson (Jupiter), J. Noble (Cadmus), J.A. Messana
(Athamas), M. Rippon (Somnus), S. Kale (Apollon), P. Kerne
(Junon), J. Roberts (Iris), Teresa Cahill (Semele), H. Attfield
(Ino), D. Harris (Cupidon)
- Londres - London Coliseum
- production du Sadler's Wells Opera - 1970 - dir.
Charles Mackerras - mise en scène, décors Filippo
Sanjust - avec Alexander Young / J. Brecknock (Jupiter), Stafford
Dean / G. Howell (Cadmus), James Bowman (Athamas), H. Blackburn
(Somnus), E. Belcourt (Apollon), Gillian Knight (Junon), E.
Tippett (Iris), Elisabeth Harwood / Lois MacDonall (à
partir du 21 octobre) (Semele), Georgetta Psaros (Ino), Wendy
Eathorne (Cupidon)
- New York - Caramor
Festival - 1969 - version de concert - dir. Julius
Rudel - avec Beverly Sills (Semele), Elaine Bonazzi (Junon), L.
Simoneau (Jupiter), M. Devlin / A. Berberian (Cadmus, Somnus), J.
Ferrante (Athamas)
- Cleveland - 14
décembre 1967 - dir. Shaw - avec Beverly Sills, Elaine
Bonazzi, Paul, McCoy, M. Deller, Vanni, A. Berberian
- Londres - Queen Elizabeth
Hall - 1967 - production de la Handel Opera Society -
dir. Charles Farncombe - version de concert - avec Jennifer Vyvyan
(Semele), J. Wakefield (Jupiter), J. Noble (Cadmus), G. Psaros
(Athamas), O. Brannigan (Somnus), P. Landgridge (Apollon), M.
Lehane (Junon), A. Whittingham (Iris), E. Bainbridge (Ino), M.
Smith (Cupidon)
- Londres -
Sadlers'Wells - 1964 -
production de la Handel Opera Society - dir. P. Gellhorn - mis en
scène G. Connor - décors P. Howitt - avec Elizabeth
Harwood (Semele), Helen Watts (Junon, Ino), J. Wakefield
(Jupiter), Owen Brannigan (Somnus), J. Noble (Cadmus), S. Minty
(Athamas), G. Chard (Apollon), E. Blighton (Iris), S.-B. Lee
(Cupidon)
- Halle - Festival Haendel
- 1963 - dir. Helmut Koch -
Choeur et orchestre symphonique de la Radio de Berlin
- Londres -
Sadlers'Wells - 1961 -
production de la Handel Opera Society - dir. Charles Farncombe -
mis en scène C. Graham - décors R. Pidcock - avec
Elizabeth Harwood (Semele), Monica Sinclair (Junon), John
Mitchinson (Jupiter), Owen Brannigan (Somnus), B. Drake (Cadmus),
A. Pashley (Athamas), R. Jones (Apollon), M. Smith (Iris), S.
Langford (Ino), M. Zeri (Cupidon)
- Londres -
Sadlers'Wells - 1959 -
production de la Handel Opera Society - dir. Charles Farncombe -
mis en scène A. Anderson - décors R. Pidcock - avec
Heather Harper (Semele), Monica Sinclair (Junon), John Mitchinson
(Jupiter), Owen Brannigan (Somnus), J. Noble (Cadmus), G. Burgess
(Athamas), E. Brooks (Apollon), S. Challis (Iris), Helen Watts
(Ino), M. Zeri (Cupidon)
- Evanston (Etats Unis) -
North Western University -
1959 - dir. Thor Johnson
- New York - Empire State
Music Festival - 1959 - dir. Arnold Gamson - avec
Elaine Malbin, André Turp, Lisbeth Pritchett, Kenneth
Smith, William Duval
- Londres - Chanticleer
Theatre - 1954 - Opera in Miniature - dir. Robert
Ponsonby - mise en scène Jack Phipps
- Cambridge - 10 février 1925 - première
production scénique - mise en scène, décors
Dennis Arundell - dir. C. Rootham - avec B. Steventon (Semele), J.
Dean (Jupiter), A. Richards (Cadmus, Somnus), C. Maysor (Athamas),
M. Salaman (Apollon), D. Page (Iris), M. Freeman (Junon), C. Prior
/ W. Roberts (Ino)
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