SILLA

ou Lucio Cornelio Silla

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

Giacomo Rossi, d'après Plutarque

ENREGISTREMENT
EDITION
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DETAILLEE
2000
2005
Denys Darlow
Somm
2
italien

 Opéra composé en avril/mai 1713 (HWV 10), dédié au duc d'Aumont, alors ambassadeur de France en Angleterre. Vraisemblablement créé le 2 juin 1713, lors d'une unique représentation au Queen's Theatre de Haymarket, ou en privé à Burlington House. Haendel réutilisa une partie de la musique dans Amadigi di Gaula.

 L'oeuvre fut attribuée à tort à Giovanni Bononcini.

 

Personnages : Metella, soprano, Lepido, soprano, Flavia, soprano, Celia, soprano, Silla, mezzo-soprano, Claudio, mezzo-soprano, Il Dio, basse, Scabro, basse

 

  "Nous avons peu de certitudes en ce qui concerne sa création. L'unique exemplaire imprimé du livret de Giacomo Rossi porte le titre L. C. Silla et ne comporte ni les noms des chanteurs, ni de traduction anglaise. Il est daté du 2 juin 1713 et commence par une longue dédicace au duc d'Aumont, nommé ambassadeur de France par Louis XIV à la fin de l'année précédente. On pense que Silla aurait pu être créé soit lors d'une unique représentation au Queen's Theatre de Haymarket, soit en privé à Burlington House, résidence du comte au service duquel Haendel a été attaché de 1712 à 1716. Il se peut aussi que Silla n'ait pas du tout été créé alors, hypothèse accréditée par la réutilisation d'une partie de la musique dans Amadigi.

Portrait irrévérencieux et provocateur d'un souverain absolu ou attaque visant les frasques du duc de Marlborough, le livret de Silla s'inspire de Plutarque, pour nous conter les aventures de Lucius Cornelius SilIa (138-78 av. J-C.). Après avoir ordonné des massacres et consolidé sa position et la réforme de la République romaine, le dictateur s'est retiré du pouvoir et a paisiblement fini ses jours dans sa résidence de campagne.

Dans le livret de Rossi, Silla est marié à Metella, femme aimante et fidèle, et n'en fait pas moins des avances aussi bien aux femmes de ses amis (Flavia, épouse du tribun Lepido) qu'aux filles de ses officiers (Celia). Il ne recule devant aucune exaction pour arriver à ses fins, encouragé en cela par un dieu qui lui est apparu en rêve. Le retrait historique du dictateur se prête ici parfaitement à l'application de la convention du lieto fine...La partition, recèle quelques moments particulièrement intéressants. C'est le cas notamment de la scène où Silla s'endort et où une divinité lui apparaît en rêve. Lorsqu'il se réveille, il reprend partiellement l'air chanté précédemment parle dieu." (Opéra International - avril 2001)

 

 

Représentations :

 

 

 

Silla à Karlsruhe

"Ce qui frappe d'emblée dans SiIla, outre sa brièveté (deux heures en tout), c'est l'absence de complexité du livret, sans méandres ni intrigues secondaires, tout entier focalisé sur les exactions du personnage principal, dictateur romain dépeint ici comme un pervers polymorphe, imprévisible et libidineux. La fluidité des enchaînements et la découpe souvent assez simple des airs autorisent en définitive un traitement moderne de l'oeuvre, presque vériste, et ici la transposition de l'action dans le monde de la pègre, avec mafieux en costume croisé à rayures et fusils mitrailleurs constamment disponibles dans les placards, fonctionne bien. Silla devient un chef de bande omnipotent, que la trahison progressive de ses sbires mène jusqu'à la chute. On peut parfois reprocher au spectacle, emprisonné entre des murs de béton nu, avec juste une tête géante de statue antique au centre, un certain déficit d'imagerie, le renouvellement visuel reposant essentiellement sur le jeu des protagonistes et la pertinence des costumes (à l'élégance recherchée mais pas toujours seyante). Cela dit, quelques très beaux effets de théâtre (notamment le cauchemar de Silla) et l'absence de temps mort viennent racheter le tout...Au sein d'une distribution ravagée par la grippe, Charles Humphries incarne un Silla abject à souhait. Relativement sombre, avec des colorations expressives bien utilisées, la voix suit. L'autre falsettiste Gunther Schmid réussit un parcours honorable, malgré son indisposition et un costume impossible. Côté féminin, en dépit des qualités expressives de la Metella de Susanne Cornelius et du professionnalisme de Netta Or, accourue en dernière minute, c'est surtout la soprano Johanna Stojkovic qui retient l'attention : le timbre est splendide, et la vocalisation non seu-ement véloce, mais toujours musicale et agréable à l'oreille. En fosse, à l'ancienne cette fois, sous la baguette experte d'Andreas Spering, même les instrumentistes des Deutsche Haendel Solisten semblent en net progrès. (Opéra International - avril 2003)

 

 

"Première mondiale, Silla n'ayant jamais été représenté du vivant de Haendel, puis étant tombé dans l'oubli...Tous les rôles - ou presque - sont destinées à des voix de femmes et de castrats. D'où un registre tiré vers l'aigu...Christian Daumas a très habilement choisi de décliner à fond les plaisirs du stéréotype et de la convention...Les six protagonistes - trois hommes et trois femmes - sont d'emblée couplés par le jeu des costumes...L'ensemble est parfaitement servi par une formation instrumentale légère, mais efficace, et un ensemble de soslistes solide et homogène, parmi lesquelles on remarque particulièrement la présence vocale et scénique de Raphaelle Farman." (Opéra International - décembre 1990)

 

 

 

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