SOSARME, RE DI MEDIA

ou Dionisio, re di Portogallo ou Fernando, re di Castiglia

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

d'après Antonio Salvi

ENREGISTREMENT
EDITION
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DETAILLEE
1954

Anthony Lewis
L'Oiseau Lyre
3 (LP)
italien
1954
1994
Anthony Lewis
Theorema
2
italien
1954

2001
Anthony Lewis
Operad'Oro
2
italien
1954
2005
Anthony Lewis
Urania
2
italien
1954
2006
Anthony Lewis
Andromeda
2
italien

1985
Agnieszka Duczmal
Amadeus
2
italien
1993
1994
Johannes Somary
Newport
2
italien
2005
2007
Alan Curtis
Virgin Classics
2
italien

 Opéra (HWV 30) en trois actes, achevé le 4 février 1732, créé au King's Theatre le 15 février 1732, avec une distribution réunissant Anna Maria Strada del Pò, soprano (Elmira), Francesco Bernardi dit Il Senesino, alto castrato (Sosarme), Anna Bagnolesi, alto (Erenice), Antonio Gualandi dit Il Campioli, alto castrato (Argone), Francesca Bertolli, alto (Melo), Giovanni Battista Pinacci, ténor (Haliate), Antonio Montagnana, basse (Altomaro). Dix autres représentations suivirent jusqu'au 21 mars.

Haendel avait pris soin de limiter les récitatifs qui ennuyaient le public londonien, et le succès fut au rendez-vous.

Une reprise eut lieu le 27 avril 1734, pour trois représentations, dans une version abrégée, mais avec quatre arias nouvelles.

Le livret est adapté du Dionisio, Re di Portogallo, écrit par Antonio Salvio et mis en musique par Giacomo Antonio Perti, et représenté à Pratolino en 1707. Il devait se nommer Fernando, re di Castiglia, mais fut transposé, sans doute par Matteo Noris, à la demande du roi du Portugal.

 

Personnages (version Sosarme) : Elmira, fille de Haliate, épouse promise de Sosarme (soprano), Sosarme, roi des Mèdes (mezzo-soprano), Erenice, épouse de Haliate (alto), Argone, fils de Haliate (alto), Melo, fils illégitime de Haliate (alto), Haliate, roi de Lydie (ténor), Altomaro, conseiller de Haliate (basse)  

Personnages (version Fernando) : Elvida, fille de Dionisio, épouse promise de Fernando ; Fernando, roi de Castille, futur époux d'Elvida ; Isabella, épouse de Dionisio ; Sancio, fils illégitime de Dionisio ; Alfonso, fils de Dionisio et Isabella ; Altomaro, conseiller de Dionisios ; Dionisio, roi du Portugal

 

"D'abord intitulé "Fernando, rè di Castiglia", ce "Dionisio, rè di Portogallo" acheva sa carrière sous le titre plus connu de "Sosarme, rè di Media"... Le livret original d'Antonio Salvi, le médecin et librettiste de Ferdinand III de Médicis rencontré par le jeune Haendel à Florence en 1707, attendra vingt-cinq ans pour connaître sa mise en musique londonienne. Mais en 1732, le Portugal est l'une des premières puissances européennes. Les formidables richesses minières que lui apporte le Brésil font de son souverain, Jean V un interlocuteur avec lequel on ne plaisante pas. Allié de l'Angleterre de George II, le roi portugais est à cheval sur l'étiquette et d'une susceptibilité d'autant plus grande qu'il recherche une alliance matrimoniale avec le voisin espagnol. Lorsque son ambassadeur à Londres a vent du nouvel opéra traitant des moeurs assassines des familles de Portugal et de Castille au Moyen Age, on prie ardemment le compositeur de modifier son sujet. C'est ainsi que le Dionisio originel, déjà amputé de six cent dix-huit vers par Haendel, achève sa carrière dans un Orient lointain, où les assassinats politiques restent d'un exotisme de bon aloi..." (Opéra International - mars/avril 2005)

 

  "C'est l'histoire d'un opéra italien qui devait s'intituler à l'origine "Fernando, re di Castiglia" et qui, pour des raisons de diplomatie internationale, devint "Sosarme, roi des Mèdes". Un changement historique et géographique, qui n'influe d'ailleurs en rien sur le déroulement musical et dramatique (ce dernier déjà peu tapageur et d'une intrigue extrêmement dépouillée pour l'époque). Cet ouvrage qu'Haendel composa à la suite de la création d'un Ezio métastasien, au cours de la saison d'opéra londonienne de 1731 / 1732, reçut un beau succès malgré (ou à cause de) sa structure allégée et peu orthodoxe en matière d'opera seria. Il est toujours surprenant de constater qu'Haendel se montrait capable d'imposer à une troupe de "stars" du chant italien (Senesino, la Strada, Montagnana...), un "opéra de chambre" comportant un nombre réduit d'airs (trois airs et deux duos pour le primo uomo seulement !), peu de virtuosité et une hiérarchisation théâtrale des personnages assez insolite dans un genre aussi codifié.

Sosarme déjà, était composé de multiples merveilles : tous les airs d'Elmira (et, en particulier, la saisissante aria qui termine le premier acte, "Dite pace"), l'impressionnant "Fra l'ombre" d'Altomaro, taillé à la mesure des moyens de Montagnana, les airs de Sosarme (de la douceur de "In mille dolci modi" à l'héroïsme tempéré des cors accompagnant "AIle sfere"), mais surtout l'une des plus sublimes pages haendéliennes, le duo entre Elmira et Sosarme, "Per le porte del tormento", fascinant moment d'intemporalité vocale." (Opéra International - mars 1995)

 

Représentations :

 

 

 Simone Kermes

 

 

"C'est à Alan Curtis et son Complesso Barocco que l'on doit l'exhumation de ce Sosorme rendu à ses oripeaux d'origine. Donnée en première mondiale au Sao Carlos de Lisbonne, en coproduction avec le Theater St. Gallen, cette "nouveauté" haendelienne souffre d'une mise en scène fastidieuse signée Jakob Peters-Messer. Sous prétexte de modernité, on a droit à de lourdes citations de l'Alcina de Robert Carsen, mêlées à la série télé The Sopranos. Les hommes sont habillés en De Fursac (pour le blanc), Hugo Boss (pour l'anthracite) les femmes en Ferragamo (pour la fourrure) et coiffées blond platine façon Jean Harlow. La tortueuse intrigue, où le scénographe s'égare dans les contresens, devient une affaire mafieuse avec revolvers et hommes de main. Les hommes de théâtre voulant fréquenter Haendel devraient remiser leurs DVD et fréquenter plutôt Burney et Le Président de Brosses pour nous livrer des visions un tantinet plus excitantes...

Ecrin architectural, le Sao Carlos l'est aussi pour les voix, avec ce que cela comporte de dangers. Ici, tout est audible et rien n'est truqué, de sorte que, pour les sept protagonistes, le verdict musical devient vite sans appel. En Dionisio, Stefan A. Rankl s'avère un ténor brumeux détonnant toute la soirée. La basse Vladimir Baykov, dais le rôle du traître Altomaro, possède les notes, mais devient inaudible dès que l'orchestre, pourtant peu étoffé, s'énerve. La mezzo italienne Marianna Pizzolato (Isabella) a un timbre charnu, mais peine à vocaliser correctement. Heureusement, son rôle de mère chancelante lui offre des airs majoritairement tendres,dont un "Cuor di madre ", avec violon obligé, où sa ligne de chant s'étoffe. Plus problématique, ce soir-là, fut l'Elvida de Simone Kermes. Après un hasardeux air d'entrée, la soprano révéla, en cours de représentation, un timbre accidenté dans l'élégiaque, mais joliment épanoui dans la virtuosité malgré les nombreux aigus plus attrapés au vol que généreusement donnés. Seul moment de grâce : son duo avec Lawrence Zazzo (Fernando), le fameux " Per le porte del tormento", chef-d'oeuvre de séduction baroque. Celui-ci était la star de la production. Superbe dans la mélancolie, Zazzo déçoit dans l'agilité moins cependant que l'Alfonso de Michele Andalo, deuxième contre-ténor au volume inexistant.

Rien, de toute façon, qui n'égale le véritable triomphateur de ce Dionisio, à savoir le jeune MaxEmanuei Cencic dans le rôle de Sancio, le fils retors. Hier remarqué comme Nerone dans la Poppeo de Konrad Junghänel à l'Opéra de Bâle, et aujourd'hui dans la restitution d'Andromeda liberata de Vivaldi, voici sans conteste le contre-ténor "qui monte". D'une parfaite crédibilité scénique, sa voix, puissante et sans faille du grave à l'aigu, est dotée d'une morbidezza aussi naturelle que poignante. Avec Alan Curtis et son ensemble généreux (à l'exception des cors naturels, affreux), mais à rebours de ses six acolytes, le jeune Croate reçut une ovation méritée que le Sao Carlos, amphithéâtre d'or et de velours dévolu au culte des belles voix, magnifia encore."

 

 "...Sosarme, opéra au livret peu inspiré mais à la musique parfois superbe, a droit aussi aux honneurs de la scène, avec une « mise en espace » comportant costumes et gestique « baroques ». Solistes et chef tchèques, tous inégaux, orchestre — la Cappella Accademica Prag — approximatif, gestuelle mal maîtrisée, l’ensemble est jeune, sympathique, mais totalement inabouti." (Opéra International - juillet/août 2004)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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