Le compositeur
COMPOSITEUR
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Georg Friedrich HAENDEL
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LIBRETTISTE
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Nicola Francesco Haym, d'après Philippe
Quinault
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DATE
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DIRECTION
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EDITEUR
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NOMBRE
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LANGUE
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FICHE
DETAILLEE
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1992
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Marc Minkowski
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Erato
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2
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italien
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DVD
ENREGISTREMENT
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ÉDITION
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DIRECTION
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ÉDITEUR
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FICHE
DÉTAILLÉE
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2004
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2005
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Wolfgang Katschner
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Arthaus Musik
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Dramma tragico per
musica (HWV 9) achevé le 19
décembre 1712, créé à Londres, au Queen's
Theatre, le 10 janvier 1713, pour dix représentations jusqu'au
17 février, et deux autres les 17 mars, 18 avril et 11
mai.
Revenu à Londres à
l'été 1712, après avoir obtenu un congé
de l'Électeur de Hanovre, Haendel avait à coeur
d'effacer l'insuccès du Pastor
fido. Nicola Haym avait repris le
livret écrit pour Lully par Philippe Quinault, conservant la
division en cinq actes (seul opéra de Haendel de ce
type).
Haendel dédia l'oeuvre
à Lord Burlington (*), alors
âgé de dix-huit ans. Il s'installa pendant trois ans
dans la résidence que ce dernier avait construire hors des
murs de Londres, sur le site actuel de Picadilly.
(*) Richard Boyle, troisième
comte de Burlington (1694 - 1753), architecte néoclassique et
mélomane, surnommé « l'Aimé des Muses
»
La distribution réunissait
le castrat soprano Valeriano Pellegrini, dit Valeriano, soprano
castrato (Teseo), Elisabetta Pilotti-Schiavonetti, dite
la Pilotti, soprano (Medea), Francesca Margherita de l'Epine,
dite la Margherita, soprano (Agilea), Maria Gallia, soeur de la
précédenete, soprano (Clizia), Valentino Urbani, dit
Valentini, castrat alto (Egeo), Jane Barbier, alto (Arcane),
Richard Leveridge, basse (Ministro di Minerva).
Teseo connut un vif succès, auquel
contribuèrent les costumes neufs, les décors et
machinereies, mais ne connut que treize représentations,
jusqu'au 11 mai 1714.
On raconte que la nuit de la
seconde représentation, le directeur du théâtre,
Owen McSwiney, s'enfuit en Italie en emportant la caisse. Les
chanteurs, non payés, décidèrent de continuer
les représentations à leurs frais. Swiney fut
remplacé par John James Heidegger, qui collabora longtemps
avec Haendel.
Le 21 janvier 1713, la machinerie
céda, obligeant à annuler la
représentation.
Le 11 mai 1713, la
dernière représentation fut donnée au profit de
Haendel, et agrémentée de nouveaux airs ainsi que d'un
divertissement au clavecin composé pour l'occasion.
Teseo ne fut jamais repris par Haendel.
Personnages : Teseo (Thésée), Medea
(Médée), Agilea (Aeglé), Egeo (Egée),
Clitia (Cleone), Arcane (Arcas)
Synopsis
Acte I
Le temple de Minerve. On
entend une symphonie martiale ainsi que le fracas des armes des
combattants
Une guerre civile dévaste
Athènes. Réfugiée dans le temple de Minerve,
Agilea prie la déesse. Elle aime Teseo, jeune héros
d'origine inconnue, et s'inquiète auprès de sa
confidente Clitia du sort du héros, parti combattre dans les
rangs des Athéniens. Clitia, encore bouleversée, ne
peut la renseigner sur l'issue du combat.
Arcane vient leur annoncer que le
sort des Athéniens n'est pas encore tranché. Le roi
Egeo lui a demandé de veiller sur la princesse et sa
confidente. Instruite de la résistance énergique mais
périlleuse qu'oppose Teseo aux ennemis du roi, Agilea ne peut
dissimuler son inquiétude, et charge Clitia de questionner
Arcane. Clitia demande à Arcane de retourner voir quel est le
sort du jeune héros. Arcane croit que teseo est son rival,
mais se soumet à sa volonté, d'autant que Clitia lui
promet de récompenser bientôt son amour.
Des cris de victoire retentissent
: le sort des armes est favorable aux Athéniens. Le roi Egeo
entre, ivre de gloire, et annonce que c'est Agilea qui deviendra
reine, à la place de Medea qu'il avait promis
d'épouser. Restée seule,
désespérée, Agilea proclame son amour pour Teseo
et son mépris pour un destin royal.
Acte II
Le palais d'Egée, roi
d'Athènes
Dans le palais, Medea fait part
à Fedra de son inclination nouvelle pour Teseo. Elle chante
son infortune : le dieu de l'amour trouble sans cesse le repos de sa
vie. Entrent Egeo et sa suite. Il annonce à Medea
qu'après avoir longtemps différé le jour de son
mariage avec elle, il a pris la décision de lui faire
épouser son fils qu'il a secrètement fait élever
à Trézène. Medea décline l'offre : elle
exige teseo, ce que le roi, lui-même épris d'Agilea, lui
concède. Arcane met en garde le roi contre Teseo, paré
de la gloire militaire, dont les Athéniens souhaitent faire
leur roi.
Une place
d'Athènes
Le peuple accorde un triomphe
à Teseo, qui le congédie après l'avoir
remercié, car il s'apprête à rendre visite au
souverain. Medea le met en garde : Egeo le soupçonne de
trahison. Elle seule, Medea, pourrait apaiser la colère
royale. Teseo remet son sort entre les mains de la magicienne, et lui
avoue qu'il n'aime qu'Agilea. Restée seule, Medea chante sa
jalousie et son désir de vengeance.
Acte III
Le camp de
Teseo
Arcane et Clintia
échangent des serments d'amour. Clintia annonce à sa
maîtresse, Agilea, la venue auprès d'elle de Teseo. Le
héros paraît et chante le bonheur de retrouver sa
bien-aimée. Agilea presse Teseo d'intervenir auprès du
roi pour changer son dessein de l'épouser. Teseo la quitte
à la recherche du roi.
Medea fait alors irruption et
affronte la jeune femme. Celle-ci lui confie son amour pour Teseo.
Medea se révèle : pour se venger d'Agilea, elle se
livre à des enchantements et transporte la scène aux
Enfers où les Furies viennent torturer Agilea.
Acte IV
Arcane fait au roi le
récit des sortilèges de Medea. Egeo jure de se venger.
Un lieu
infernal
Medea conjure la jeune femme
d'épouser le roi, mais la jeune femme préfère
mourir plutôt que de renoncer à son amour. La magicienne
fait alors paraître Teseo, endormi et conduit par des spectres.
Medea choisit de vouer le héros à la mort plutôt
que de le voir à sa rivale. Agilea se rend : elle
épousera le roi pour épargner la vie de son amant.
Medea renvoie les êtres démoniaques et transforme en un
instant la scène en une île enchantée.
Une île
enchantée
Medea touche Teseo de sa baguette
magique : celui-ci écoute les paroles d'Agilea qui lui annonce
qu'elle ne l'aime plus. Mais les pleurs de la belle contredisent ses
paroles. Teseo la console en lui confiant son secret : le roi n'est
autre que son père. Medea a entendu et reparaît
aussitôt : elle se dit attendrie par le spectacle de l'amour
touchant de Teseo pour Agilea et décide de faire le bonheur de
Teseo à qui elle rend son épée. Les deux amants
chantent leur bonheur.
Acte V
Le palais
d'Egeo
Tourmentée par la
jalousie, Medea prépare sa vengeance : elle a
décidé la mort de Teseo et confie au roi une coupe
remplie de poison.
Entrent les futurs époux,
accompagnés du cortège de leurs noces. Le roi propose
d'oublier les querelles passées et de boire à la
concorde retrouvée. Teseo tire son épée et,
avant de porter la coupe à ses lèvres, jure
fidélité au souverain. Stupéfait, celui-ci
reconnaît le glaive qu'il avait jadis laissé à
son fils en signe de reconnaissance. Egeo arrache la coupe des mains
du héros et avoue le crime qu'il était sur le point de
commettre. Medea s'enfuit. Le roi scelle l'union de Teseo et
d'Agilea, de Clizia et d'Arcane. Sur un char tiré par des
dragons, Medea paraît pour la dernière fois et jette un
sort mortel aux Athéniens. Minerve intervient pour briser le
sort funeste jeté par Medea et assurer Athènes de sa
protection. Le choeur final chante l'harmonie
retrouvée.
Représentations :
- Londres - RCM Britten
Theatre - 16 octobre 2009 - Malvern, Festival Theatre - 28 octobre 2009 - Exeter, Northcott Theatre - 4 novembre 2009 - Bath, Theatre Royal - 10 novembre 2009 - Cambridge, Arts Theatre - 18 novembre 2009 - English Touring Opera - dir.
Michael Rosewell - mise en scène William Oldroyd -
décors Adam Wiltshire - avec Paula Sides (Clizia), Lina
Markeby (Arcane), Derek Lee Ragin (Egeo), Claire Booth (Agilea),
Anne-Marie Gibbons (Teseo), Claire Ormshaw (Medea)
- Stuttgart -
Staatstheater - 2, 06, 10, 13, 22, 30 mai, 6, 13, 26
juin, 1er, 8, 18 juillet , 27 septembre 2009 - dir. Konrad
Junghänel - mise en scène et décors Igor
Bauersima - costumes Johanna Lakner - video Georg Lendorff -
lumières Reinhard Traub - dramaturgie Angela Beuerle - avec
Franco Fagioli (Teseo), Jutta Böhnert (Agilea), Helene
Schneiderman (Medea), Kai Wessel (Egeo), Olga Polyakova (Clizia),
Matthias Rexroth (Arcane), Mark Munkittrick (Priester der Minerva)
- nouvelle production
- Berlin - Komische
Oper - 28 février, 4, 15, 29 mars, 14 avril 2009
- en allemand (Theseus) - dir.
Alessandro de Marchi - mise en scène Benedikt von Peter -
décors Natascha von Steiger - costumes Katrin Wittig -
lumières Franck Evin - dramaturgie Werner Hintze - video
Bert Zander, Robert Lehninger - avec Elisabeth Starzinger (Teseo),
Robin Johannsen (Agilea), Stella Doufexis (Medea), Karolina
Andersson (Clizia), Hagen Matzeit (Egeo)
- Berlin - Komische
Oper - 10, 15, 24 février, 3, 14, 22, 29 mars, 5
avril, 23 juillet 2008 - en allemand (Theseus) - dir.
Alessandro de Marchi - mise en scène Benedikt von Peter -
décors Natascha von Steiger - avec Elisabeth Starzinger
(Teseo), Marina Rebeka (Agilea), Stella Doufexis (Medea), Karolina
Andersson (Clizia), Hagen Matzeit (Egeo), David DQ Lee (Arcane) -
nouvelle production

- Opéra de
Nice - 18, 20, 22 mars 2007- Ensemble Baroque de Nice -
Choeur de l'Opéra de Nice - dir. Gilbert Bezzina - mise en
scène, décors, costumes, lumières Gilbert
Blin - avec Jacek Laszczkowski (Teseo), Brigitte Hool (Agilea),
Aurelia Legay (Medea), Pascal Bertin (Egeo), Valérie Gabail
(Clizia), Damien Guillon (Arcane), Sandrine Martin (Minerva), -
nouvelle production


- Diapason -
juin 2007 - 22 mars 2007
"Il y a quatre ans, Gilbert
Bezzina ramenait à la vie Rosmira fedele, ultime opéra
de Vivaldi, dans un dispositif inspiré de la machinerie
d’époque du château de Drottningholm. Il s’attaque cette
année à une oeuvre presque aussi rare et plus ardue
encore : Teseo (1712), sixième ouvrage scénique de
Haendel, d’autant moins commode que bourré
d’originalité. Inspiré d’un livret de Quinault, il en
conserve la coupe en cinq actes (fait unique chez le Saxon), il
renonce à l’air de sortie au profit du « couple d’airs
», ne fait appel qu’à des voix hautes (quatre sopranos,
deux altos) et réserve à l’orchestre une partition
inhabituellement contrapuntique, où les vents
(particulièrement le hautbois) ont la part belle. Bezzina ci
préserve l’intégrité (contrairement à
Minkowski chez Erato), restituant le dernier air d’Agilea et la
ravissante sicilienne avec flûtes d’Arcane mais il ne
s’interdit pas de déplacer certains morceaux, afin de limiter
les changements de décor. Changements qui s’effectuent
d’ailleurs à vue, selon la technique du « palais à
volonté » adoptée par Gilbert Blin : toiles
peintes, portants, faux lustres, nuages, dragons, machines, costumes
empanachés (merveilleux !) ravissent les yeux, sans cependant
que la dimension théâtrale soit aussi bien servie que
l’aspect esthétique. Pareillement. Bezzina (qui dirige du
violon) flatte davantage couleurs et textures que le rythme, lequel
embarrasse parfois l’orchestre (notamment dans
l’Ouverture).
La jeune distribution trouve
ses meilleurs et moins bons éléments dans le couple
principal. Le meilleur : l’Agilea de Brigitte Hool, projection,
élocution et virtuosité superlatives, malgré un
chant parfois ampoulé. Le pire : l’indéfendable Teseo
de Jacek Laszczkowski, tout en coups de glotte et aigus
hurlés, privé de cantabile comme de médium.
Entre ces extrêmes, la Medea sensuelle mais peu rompue au style
baroque (vocalises et cadences bâclées) d’Aurélia
Legay, la Clizia agile mais au timbre et à la diction brumeux
de Valérie Gabail, et deux falsettistes bien chantants mais
souvent mous d’accent (surtout Pascal Bertin, qui rate
l’entrée d’Egeo), Damien Guillon rendant mieux justice au
rôle malaisé d’Arcane. Une production ambitieuse et
applaudie, qui mérite des encouragements."
- Nice Premium
- 19 mars 2007
"Quels sont les
ingrédients pour susciter le succès d’une production
lyrique ? Une musique et des voix portées par une mise en
scène. Si tout s’accorde, la magie opère. Non seulement
sur le public mais sur les artistes eux-mêmes. Ce fut bien le
cas, vendredi dernier, pour la répétition
générale de « Teseo », le troisième
opéra composé par George Frederich Haendel et
créé à Londres le 10 janvier
1713.
Le public a été
charmé sinon conquis dès la première
scène - et pourtant la spécialiste des
sortilèges Medea n’apparaît qu’au second acte ! Il lui a
suffi d’écouter les lamentations dues au transport amoureux
d’Agilea qui attend, dévorée par l’angoisse, des
nouvelles du guerrier « Teseo » dont elle est
éprise. Rôle magnifiquement interprété
d’un bout à l’autre par Brigitte Hool dont la pureté
cristalline de la voix semble la remplir d’aise lors des morceaux de
virtuosité musicale imposés par le compositeur. Ces
« fioritures » exaltées de l’amour, notamment dans
l’air « Justi Dei » donnent aussi l’occasion
d’apprécier dès l’origine l’interprétation
admirable du rôle d’Arcane par Damien Guillon. Son aria sur la
souffrance inquiète d’un amour jaloux envers la dame de
compagnie d’Agilea a littéralement plongé la salle dans
un moment partagé d’intensité dramatique, donnant le
signal des premiers applaudissements cathartiques destinés
à faire passer l’émotion. Le héros Teseo, dont
la partition est souvent chantée par une mezzo-soprano, nous
fait découvrir une tessiture à l’exceptionnelle
hauteur. Les aigus de Jacek Laszczkowki, plus soufflés que
criés, susurrés même à l’oreille du
public, procurent à ce dernier la sensation d’une profondeur
de l’âme, d’une sincérité inégalable
auquel il ne reste pas insensible.
C’est dire si ce premier acte
élevait le niveau d’exigence. On pouvait légitimement
craindre l’éventualité d’une rupture, d’un
décrochage au cours des quatre actes suivants. Au point aussi
de nous faire oublier qu’une répétition
générale laisse aux artistes la liberté de ne
pas donner la pleine puissance de leur voix. Celle, au départ
plus hésitante, du roi Egeo est venue nous le rappeler. Mais
l’amoncellement de sombres nuages annonce bientôt l’apparition
tumultueuse de Medea et de sa colère vengeresse. L’appel de la
magicienne trahie aux Furies et autres monstres infernaux pour punir
Agilea dans le troisième acte accélère le drame
et projette l’auditoire dans un monde maléfique, sorte de
« continent noir » du féminin trompé. L’amour
finira toutefois par triompher non sans un ultime complot
d’empoisonnement déjoué par la découverte d’une
filiation entre le héros et le roi. Et l’intervention de la
déesse Minerve dans un strict parallélisme des formes
puisque sa divinité est centrale dans les tout premiers
instants de l’opéra. Avant la chute définitive du
rideau, le duo d’amour entre Teseo et Agilea « Cara !, Caro !
» offrira en cadeau à l’assistance le point orgasmique de
l’infinie douceur des sonorités vocales
élaborées par Haendel. Accouplement dans une
étonnante et complexe proximité, de deux voix
particulièrement hautes mais suffisamment distinctes pour
permettre leur mutuelle consécration. Osmose totale avec le
public et, notons-le comme une preuve positive, avec des musiciens de
la fosse d’orchestre qui, lorsqu’ils ne jouaient pas, se tournaient
comme subjugués eux aussi, vers la scène ou semblaient
se soumettre à l’esprit voluptueux des arias. Les artistes
eux-mêmes donnèrent le sentiment d’être sous
l’empire de l’œuvre et montèrent naturellement en puissance
vocale.
La mise en scène repose
davantage sur la gestuelle - notamment celle des poignards
menaçants une Agilea enchaînée - et sur les
mimiques qui viennent compléter un jeu d’acteurs d’une
exceptionnelle richesse expressive. On regrettera la statue de
Minerve en « carton-pâte » du premier acte, seule
fausse note si l’on ose dire, parmi les incontestables efforts de
mécaniques scéniques qui semblent scrupuleusement
suivre le livret original : apparition finale de Medea dans un char
tiré par des dragons, feu mis au palais, transformation des
enfers en jardin paradisiaque dès le renoncement d’Agilea
à son amour pour Teseo.
Et même si l’action se
déroule dans l’Antiquité grecque, les costumes
dix-huitième avec force binettes poudrées (les
perruques au temps de Louis XIV) traduisent
l’irrémédiable influence française - les
trompettes finales de l’intervention divine font immanquablement
penser au Te Deum - qui pesa sur le travail de
réécriture du librettiste de Haendel inspiré par
le « Thésée » de Lully.
XXVème Anniversaire
brillamment réussi pour l’Ensemble Baroque dirigé par
Gilbert Bezzina qui revient à l’Opéra de Nice
après deux ans d’absence. Haendel n’avait pas
été joué localement depuis bien plus longtemps.
Le public niçois ne doit donc pas bouder cette nouvelle
production et l’indescriptible plaisir qu’il sera susceptible d’en
retirer."
"Gilbert Blin s'est plus d'une
fois attelé à recréer les ouvrages
abordés dans le respect et, parfois, la reconstitution des
conditions qu'ils connurent à leur époque ; de fait,
son abord de la Rosmira fedele de Vivaldi dans cette même
maison fut plutôt heureuse, l'on s'en souvient. Pourtant, sans
doute parce que ce Teseo ne présente pas du tout de ressorts
dramatiques comparables à ceux de cet ouvrage, peut-être
également parce que la rhétorique de sa musique n'est
plus la même, la recette ne fonctionne pas. On ne discutera pas
ici le bienfondé de cette conception : il va sans dire que
nous accordons pleine confiance à l'honnêteté
intellectuelle et aux recherches du maître d'œuvre, ainsi qu'au
savoir-faire et à la culture de ses complices Elisabeth
Trubert pour les costumes et Caroline Constantin aux peintures ; mais
on s'interrogera tout de même sur le curieux chemin qui conduit
cette volonté manifeste d'authenticité à
réaliser un tel spectacle dans un théâtre qui ne
s'y prête pas. Au bout du compte, le spectacle ne convainc
pas.
Ce soir, la fosse de
l'Opéra de Nice abrite l' Ensemble Baroque de Nice que dirige
le violoniste Gilbert Bezzina. Une nouvelle déception nous
attend, car la musique de Händel, plus architecturée - on
pourrait dire préméditée - que celle de Vivaldi,
ne permet guère qu'on y conduise une équipe de
chanteurs de l'archet. Aussi l'orchestre est-il trop peu tonique,
accusant par ailleurs de nombreux soucis de justesse dans ses cordes,
semble coupé du plateau, et la lecture parait statique et sans
relief, oubliant jusqu'à certaines inspirations dansées
de la partition, comme vieillarde et
anémiée.
Fort heureusement, il y a les
voix, bien qu'elles rencontrent des difficultés dans le trop
discret soutien instrumental. Si l'on oubliera vite l'âcre
Minerva de Sandrine Martin, on saluera l'attachant Arcane du jeune
Damien Guillon dont le chant, tout en s'affirmant fiable, brillant et
expressif - dans l'acception baroque qu'on en peut relever - promet
beaucoup. De même Valérie Gabail donne-t-elle une
efficace Clitia, Brigitte Hool réservant à la
très convoitée Agilea une ornementation concluante.
Dans le rôle-titre, Jacek Laszczkowski parait s'égarer :
où sont passés la fiabilité à toute
épreuve de son Cesare de Catone in Utica (2001, Tourcoing), le
brio et la maestria de son Armindo de Rosmira fedele (2003, Nice) ?
Son Teseo accuse des attaques brutales, voire disgracieuses, dans les
récitatifs, un haut-médium incertain, un
bas-médium hasardeux et un aigu certes toujours aussi payant -
comme en témoigne l'enthousiasme du public - mais conduit sans
souplesse. Quant à Egeo, Pascal Bertin en livre une
interprétation autrement nuancée, dans un impact
généreux. Enfin, la Medea d'Aurélia Legay
demeurera longtemps dans notre mémoire, magicienne d'une verve
expressive et d'une présence rare, au jeu toujours subtil
(quel plaisir quand le moindre mouvement de sourcil, aussi discret
qu'il soit, transmet une intention qui enrichi la situation !), et
à la voix chaudement colorée.
- Goethe Theater Bad
Lauchstädt - 12, 13 juin
2004 - Händelfestspiele Halle - Potsdam - Schlosstheater - 8, 10, 11 juillet 2004 - Bury St. Edmunds - Royal Theatre - 3, 4 septembre 2004 - Londres - Britten Theatre - 7, 8 septembre 2004 - reprise de la production
de 2003 - Lautten Compagney Berlin - dir. Wolfgang Katschner -
avec Thomas Diestler, Johnny Maldonado (contre-ténors),
Miriam Meyer (Clizia), Sharon Rostorf-Zamir (soprano), Jörg
Waschinski (Teseo), Maria Ricciarda Wesseling (Medea)
- Festival de
Halle - Bad Laüchstädt - Goethe
Theater - 7, 9, 12, 14, 15 juin
2003 - Hanovre - Festwochen Herrenhausen - 28, 29 juin 2003 -
Bayreuth - Markgräfliches
Opernhaus - Bayreuther
Barock 2003 - 19, 20 septembre 2003 - Schwetzingen, Schlosstheater - 27 septembre 2003 - Winterthur - 25,
26 octobre 2003 - Schloßtheater Potsdam
Sanssouci - 1er, 2, 7, 8, 9
novembre, 7, 13, 14 décembre 2003 - Lautten Compagney -
Studenten der Martin-Luther-Universität Halle - dir. Wolfgang
Katschner - mise en scène Axel Köhler - décors
Stephan Dietrich - dramaturgie Dörte Reisener - avec
Jörg Waschinski, soprano/Jacek Laszczkowski (Teseo), Maria Ricciarda Wesseling/Cecile van de
Sant (Medea), Sharon Rostof-Zamir, soprano (Agilea), Miriam Meyer,
soprano (Clizia), Johnny Maldonado, contre-ténor/Martin
Wölfel (Egeo), Artur Stefanowicz, contre-ténor/Thomas
Diestler (Arcane), Mathias Ott (Messaggiero di Minerva)

"Le décor - de simples
panneaux coulissants aux reflets métalliques moirés -,
qui permet des perspectives variées, ainsi que l'apparition et
la disparition des accessoires et des personnages, semblait
constituer un cadre idéal pour le déroulement de
l'opéra. De plus, la plupart des costumes évoquent un
XVIlIe siècle élégant et
stylisé, complété par des cuirasses et des
casques grecs en cuir. Medea est superbement vêtue d'une robe
entièrement recouverte de crin noir, comme prolongement de sa
chevelure, et se voit obligée de porter de longs gants
dissimulant le sang qui tache irrémédiablement ses
mains. Hélas de ce passionnant opéra, le metteur en
scène a fait une succession de gags et de situations
ridicules, plus ou moins bien servie par une exécution
musicale inégale. L'ensemble berlinois Lautten Compagney
accompagne de façon vivante et engagée, mais les
prestations vocales laissent à désirer,
particulièrement celles des trois contre-ténors (Teseo,
Egeo et Arcane). De la franche rigolade, des ricanements ou de
l'ennui - selon les goûts de chacun -, mais à peu
près aucune émotion. Un spectacle sans grand
intérêt." (Opéra International - octobre
2003)
- Opéra de Lille
- 13 janvier 1992 -
Palais Garnier - 14 janvier 1992 - version de concert - Les
Musiciens du Louvre - dir. Marc Minkowski - avec Eirian James
(Teseo), Della Jones (Medea), Julia Gooding (Agilea), Derek Lee
Ragin (Egeo), Jeffrey Gall (Arcane), Catherine Napoli
(Clizia)
"Della Jones, pour qui
le verbe est un théâtre permanent, "incarne" le
rôle, même en concert...Dans le rôle travesti de
Teseo, Eirian James faisait valoir un timbre bien placé et une
belle virtuosité, tandis que la voix de Julia Gooding
apparaissait insuffisament timbrée et aux prises avec la
justesse. Charmante, un peu pâle, la Clizia de Catherine
Napoli, trop maniérés l'Egeo de Derek Lee Ragin et
l'Arcane de Jeffrey Gall." (Opéra International -
février 1992)
- Athènes -
Odéon d'Hérode Atticus - 5 août 1985 - Bach English Festival -
dir. Jean-Claude Malgoire - mise en scène Tom Hawkes -
costumes Terence Emery - avec Zehava Gal (Teseo), Claire Primrose
(Medea), Marilyn Hill Smith (Agilea), R.M. Oliver, Linda Russell,
Patricia Walker, L. Black
- Halle - Festival
Haendel - 1981 - dir. Volker
Rohde - mise en scène Martin Schneider - décors
Bernd Leistner - costumes Jutta Harnisch - chorégraphie
Hans-Herbert Hoffmann
- Halle - Festival Haendel - 1978 - Handelfestspielorchester Landestheater
Halle - dir. Volker Rohde - mise en scène Martin Schneider
- décors Bernd Leistner - costumes Jutta Harnisch -
chorégraphie Hans-Herbert Hoffmann
- Halle - Festival Haendel - 1977 - Handelfestspielorchester Landestheater
Halle - dir. Volker Rohde - mise en scène Martin Schneider
- décors Bernd Leistner - costumes Jutta Harnisch -
chorégraphie Hans-Herbert Hoffmann
- Festival de
Göttingen - 1947 - première reprise
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