Cinquième des
Intermezzi composés par J. A. Hasse au cours des années
1726 à 1730, à 28 ans, alors qu'il se trouvait à
Naples en qualité de "maître surnuméraire de la
chapelle royale". Les deux actes, chantés par deux acteurs,
sur des mélodies simples, s'intercalaient entre les trois
actes des opera seria.
Il fut exécuté le 11 janvier 1747, dans
une troisième version, au Hoftheater de Dresde,
intercalé dans le dramma per musica Semiramide
riconosciuta.
L'intermezzo fut joué sous divers noms : Don
Tabarrano, Scintilla e Don Tabarano, Der in sich selbst
verliebte Narcissus.
La Contadina astuta, pasticcio adapté de
La Contadina et de Il Tutore, comprenant un duo extrait
de Il Flaminio de Pergolesi, fait partie des oeuvres
faussement attribuées à ce dernier.
Argument
La fuite de son amant Lucindo conduit Scintilla
(personnage non chantant) à envisager d'épouser son
prétendant fortuné, le bellâtre Don Tabarano
qu'elle a passé son temps à essayer d'escroquer. Corbo,
le valet de ce dernier, s'efforce d'avertir son maître qu'il
est en train de se faire duper par la rusée Scintilla dont il
s'est vainement amouraché, mais ses efforts sont rendus
inefficaces par son incapacité à parler.
"La Contadina" fait partie des plus grands
succès de Johann Adolf Hasse. Cet intermezzo, haut en
couleurs, dû (paradoxalement) à l'un des maîtres
de l'opera seria, fut donné pendant plus de dix ans sur toutes
les scènes italiennes... (Alapage)
"Le canevas utilise le sempiternel duel entre
un vieux patron idiot (ici un fermier) et une malicieuse jeune fille
; comme il se doit, un projet matrimonial est l'objet du
débat. Contrairement à la Serva padrona de
Pergolèse, la Contadina voit la victoire du vieux
concupiscent. (Opéra International - mars 1994)
"Que Johann Hasse, le grand prêtre de l'opera
seria si fidèle aux livrets de Métastase, se soit
investi dans des intermezzos comiques constituera peut-être une
surprise pour beaucoup. Pourtant, pendant ses années
d'apprentissage à Naples, Hasse écrivit environ une
douzaine d'intermezzos et au moins un opéra comique entier en
plus des opéras sérieux qui établirent sa
renommee dans toute l'Italie. La Contadina fut
représentée pour la première fois en 1728
(coiffant ainsi au poteau La Serva padrona de cinq ans) au
théâtre San Bartolomeo entre les actes d'Il Clitarco de
Pietro Scarlatti. Cette oeuvre démontre de façon
convaincante non seulement à quel point Hasse avait
assimilé le style napolitain, mais aussi qu'il était
déjà un maître doué pour l'écriture
dramatique avant l'âge de trente ans. L'histoire, qui montre
comment Don Tabarano est dupé par une Scintilla sans
scrupules, est élégamment habillée par une
musique délicieuse qui se conforme aux habitudes du genre :
une écriture orchestrale qui évite la complexité
pour laisser la ligne mélodique exercer ses charmes, des arias
qui vont du pur buffo à l'habile parodie du style serio, dont
Scintilla chante deux exemples. Mais ce sont avant tout la
vivacité de l'esprit et du rythme qui font de La Contadina un
tel délice." (Goldberg - avril 2004)
Représentations
:
Amsterdam - Bach Festival
- salle Felix Meritis - 14 septembre 2002 - Ensemble
Baroque Il Settecento - avec Barbara Hannigan (Scintilla), Marc
Pantus (Tabarano)
Opera Incanto -
1991 - dir. Fabio Maestri - mise en scène S. Piacenti -
avec Susana Rigacci, Romano Franceschetto