LA FINTA CAMERIERA OVERO DON CALASCIONE

La Fausse Suivante ou Don Calascione à la mode grotesque

(1752)

COMPOSITEUR

Gaetano LATILLA
LIBRETTISTE

Giovanni Barlocci d'après G.A. Federico

DATE
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
DISPONIBLE
FICHE DETAILLEE
2000
Antonio Florio
Opus 111
2
italien
oui

 Reprise de "Gismondo", à Rome en 1738, et remanié sous le nom de "La Finta Cameriera", inspiré du succès de La Serva Padrona de G.B. Pergolesi. L'oeuvre sera rejouée sous diverses appellations : Don Calascione, Il Gismondo, La Finta Comtessa, La Giardiniera Contessa.

 

Pancrazio, veuf et seigneur de Florence, est tout excité par les préparatifs du mariage de sa fille Erosmina avec Don Calascione, prétendant venant de Rome. Après ce mariage, il a l’intention de prendre pour épouse sa femme de chambre Alessandra. Cette dernière est en réalité un gentilhomme du nom de Giocondo travesti en camérière pour approcher Erosmina dont il est amoureux. A son arrivée, Don Calascione jette son dévolu sur Bettina, la servante, puis sur la camérière qui l’émoustille. A la première entrevue avec son prétendant, Erosmina feint l’évanouissement et disparaît dans le tumulte général.

Pancrazio réussit à convaincre Don Calascione de s’armer de patience. En attendant, il continue à faire la cour à Bettina. Moschino, le soupirant de Bettina surprend leur jeu. Tous deux s’épanchent sur le sort des amoureux trompés. Filindo, frère de Don Calascione est de son côté tombé amoureux d’Erosmina et demande à la camérière d’intercéder en sa faveur. De son côté, Don Calascione rêve de la servante, de la camérière...et de Dorina , la jardinière ! Sa libido galopante est révélée à Pancrazio qui se soucie de trouver un nouveau mari à sa fille pour que son propre mariage avec Alessandra / Giocondo puisse avoir lieu.

Filindo est le nouvel futur époux choisi par Pancrazio pour sa fille. Celle-ci espère l’arrivée de ce Giocondo décrit par Alessandra et dont elle est amoureuse en rêve. Alessandra lui annonce une surprise. Devant l’urgence de la situation, la camérière fait tomber son déguisement et se présente en gentilhomme. Tous croient à une farce de mauvais goût de la part de la camérière. Quand enfin toute la petite société est mise au courant de la véritable identité du travesti, le maître de céans doit en prendre son parti. Il bénit l’union de sa fille avec Giocondo. (Opéra de Besançon)

 

"La finta cameriera, ovvero Don Calascione connaît, à partir de 1737, plusieurs remaniements, sous différents titres (Don Calascione, Latilla Il Gismondo, La Giardiniera contessa...), à Londres, Bruxelles, Hambourg et, surtout, Paris, où Latilla sera l'un des protagonistes de la célèbre Querelle des Bouffons, en 1752. Le livret de Giovanni Barlocci juxtapose avec maestria de distingués aristocrates avec quelques représentants du petit peuple de Naples : le calascione, d'ailleurs, est une espèce de luth, très utilisé dans la musique populaire entre le XVIe et le XVIIIe siècle, sur lequel les chanteurs de rue accompagnaient leurs récits, souvent vulgaires et déclamés en dialecte.

Le génie de Latilla est d'avoir su faire cohabiter l'esthétique populaire et le goût le plus raffiné, en distribuant les rôles principaux tantôt à des acteurs-chanteurs de comédie, tantôt à des sopranistes rompus aux règles les plus rigoureuses du bel canto baroque. Dans cette intrigue fertile en rebondissements, proche des meilleures "Fausse suivante" et "Finta giardiniera" de l'époque, sa musique sonne originale et moderne, surtout au premier acte, riche d'invention et d'une verve irrésistible." (Opéra International - octobre 1997)

 

Pour en savoir plus :

 

 

"Farce érotique à la napolitaine sur une musique enlevée - Reprise pour la première fois en France depuis 1752, l'oeuvre de Gaetano Latilla est l'un des fleurons de cet art napolitain qui, issu de la commedia dell'arte, ne néglige pas d'emprunter à l'opera seria. Musique enlevée, inventive, expressive et généreuse, qui comporte de vraies beautés"..."une mise en scène de Christophe galland intimiste, privilégiant une vision poétique"..."un plateau vocal de bonne tenue, dominé par Roberta Invernizzi, une Finta Cameriera qui possède à la fois un timbre, une tessiture et un vrai sens expressif. La Bettina de Roberta Andalo séduit par son engagegemnt et l'aisance de ses aigus, le Filindo de Frabcesca Russo-Ermolli par sa virtuosité. Seule Emmanuela Galli en Erosmina nous laisse un peu sur notre faim : son timbre chaud est agréable, mais gâté par une émission peu naturelle et une absence totale de legato"..."La Cappella justifierait à elle seule le succès du spectacle..."

"Comment animer cette succession d’arias da capo souvent très longs ? Le décor de Denis Fruchaud, stylisé, simple, et élégant, joue sur la suggestion : derrière ces portes et ces fenêtres, tout peut arriver. Le propos de Galland, en revanche, est plus diffus, et repose, en définitive, sur le jeu des comédiens. Il s’agit de caractériser les trois catégories sociales et théâtrales qui s’affrontent dans ces deux actes. Il y a d’abord les personnages grotesques avec, au premier chef, Don Pancrazio, père et barbon, sensible au charme d’une suivante qui est en réalité l’amoureux travesti de sa fille, et Don Calascione, qui doit épouser la dite fille mais ne réussit pas à cacher son cœur d’artichaut, qui s’effeuillera finalement pour la jardinière, Dorina. Il y a aussi les figures populaires, qui se limitent en fait aux domestiques, et enfin les amoureux. En tête Erosmina et Giocondo, qui s’est fait engager comme suivante sous le nom d’Alessandra, Filindo, frère de Giocondo, qui soupire devant Erosmina.

Quand on possède des chanteurs-acteurs de la trempe de ceux qui composent la bande à Florio, l’entreprise ne devrait pas poser de problèmes. Lorsque Giuseppe Naviglio (Calascione) et surtout Giuseppe di Vittorio (roi de la mimique et du geste aérien, désopilant en jardinière Dorina), occupent le plateau, la salle ne cache pas son hilarité. Roberta Invernizzi campe Gioconda avec charme et sensualité, Emanuela Galli est quelque peu timide en Erosmina. Il arrive pourtant que certaines voix flirtent un peu avec la justesse et qu’à l’orchestre, les instruments en fassent autant, les cors, entre autres. Mais Florio entraîne son monde dans un tourbillon auquel il est bien difficile de résister." 

"On peut faire confiance à Antonio Florio et ses complices pour mettre en valeur les multiples facettes d'une partition qui flirte avec l'opera seria sans jamais oublier ses racines populaires". 

"L'opéra le plus représenté à Paris à l'occasion de la Querelle des Bouffons"..."Le succès parisien de La Finta Cameriera à l'Académie royale de musique en 1752 ne fit que couronner une fortune de presque vingt ans de représentations, de la création à Rome en 1738 jusqu'à une reprise à Livourne en 1760"..."L'opéra de Latilla révèle une technique de composition très variée et complexe"..."On remarquera surtout la très large palette de solutions utilisée pour l'écriture des airs, et une richesse instrumentale assez rare pour un opéra napolitain des années 1730".

 

 

La Finta cameriera

"Le metteur en scène, Christophe Galland, restitue cet univers avec bonheur : il sera difficile d'oublier le savant jeu de travestissements, où Giocondo (Roberta lnvernizzi), amoureux d'Erosmina (Emanuela Galli), de-vient la servante Alessandra, courtisée par un Don Calascione (Giuseppe Naviglio), aux ardeurs incontrôlables. Donna, qui épousera à la fin Calascione, est chantée par le sopraniste Giuseppe de Vittorio, et le jeune Filindo, aimé d'Erosmina, par Daniela del Monaco... en un manège d'une troublante et irrésistible ambiguïté, comme les affectionnait la culture du Settecento. A la tête de la formation baroque, La Pietà dei Turchini, Antonio Fiorio évolue avec aisance dans cette partition dense et parfois imprévisible, soutenant avec efficacité une équipe de solistes pleins de bonne volonté, mais pas tou-ours en mesure de restituer les flamboyances d'une vocalità perdue. Leur jeu, heureusement, a su conférer un certain relief à une soirée à marquer d'une pierre blanche."(Opéra Internaational - octobre 1997)

 

 

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