L'ALIDORO

COMPOSITEUR

Leonardo LEO
LIBRETTISTE

Gennarantonio Federico
     

Commedia per musica, sur un livret en trois actes de Gennarantonio Federico, représenté au Teatro dei Fiorentini de Naples, durant l'été 1740.

 

 

 

Représentations :

 

"Pour ouvrir sa saison 2008, Reggio Emilia a choisi de proposer, pour la première fois dans les temps modernes, L'Alidoro de Leonardo Leo (1694-1744), en coproduction avec La Cappella della Pietà dei Turchini de Naples et le Teatro Petruzzelli de Bari.

Dans ce répertoire napolitain du XVIIIe siècle qu’Antonio Florio explore sans relâche depuis plusieurs années, cette commedia per musica sur un texte de Gennarantonio Federico, datée de 1740, marque une étape importante dans l’évolution de l’opera buffa. Par rapport aux livrets de la période 1700-l720, les personnages ne s’expriment plus seulement en dialecte napolitain (maintenu néanmoins pour le couple « plébéien » et pour les deux « bourgeois » parvenus, Giangrazio et Marcello), mais également en italien (très exactement en toscan). Parallèlement, c’est tout le style musical de l’opera seria qui fait son entrée, sans que le compositeur perde pour autant de vue le filon « populaire », en puisant notamment dans le folklore local.

L’intrigue s’articule autour de deux thèmes : le travestissement censé faciliter la conquête amoureuse (Luigi/Alidoro se déguise en femme de chambre), et l’agnition (dans la tragédie classique, la reconnaissance d’un personnage après une longue séparation), qui permet au couple formé par Luigi et Faustina de couronner une relation au départ compromise par leurs origines sociales contrastées.

Depuis Le zite 'n galera de Leonardo Vinci (1722), justement tiré de l’oubli par Antonio Florio, on connaît les difficultés propres à ce répertoire éminemment particulier. Elles tiennent aussi bien à la longueur des ouvrages (quatre heures environ, en règle générale) qu’aux longs passages en dialecte et à une forme de comique indirect dont on a perdu les codes au fil des siècles, reposant sur des «gags », des allusions érotiques, des jeux de mots et des invectives pas toujours compréhensibles pour les spectateurs d’aujourd’hui.

La mise en scène d’Arturo Cirilio écarte délibérément toute reconstitution historique et toute actualisation. L’action se déroule dans un dispositif dépouillé : un décor unique de Massimo Bellando Randone, auquel de savants éclainages et quelques accessoires (des sièges, une table, du linge séchant au soleil) apportent un minimum de variété. C’est aux acteurs d’imposer le rythme dramaturgique et de faire sentir la présence du théâtre, avec des effets puissamment soulignés (sur ce plan, le meilleur élément de la distribution est incontestablement l’impayable Giuseppe De Vittorio). Dommage qu’un mime envahissant vienne régulièrement perturber le déroulement du spectacle... Les costumes, quant à eux, ainsi que certaines attitudes, renvoient inévitablement aux figurines de Capodimonte.

A l’exception de quelques défaillances du côté des vents, La Cappella della Pietà dei Turchini se montre techniquement impeccable, mais Antonio Florio ne peut masquer le caractère discontinu de la partition qui alterne faiblesses et éclats virtuoses dignes du meilleur Haendel. Les chanteurs de La Cappella se montrent égaux à eux-mêmes, avec les qualités et les défauts qu’on leur connaît depuis longtemps, notamment à travers leurs disques. Leur premier mérite est de compenser comme ils le peuvent l’inertie de l’action."

 

 

 

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