BALLET DE PSYCHÉ OU DE LA PUISSANCE DE L'AMOUR

Manuscrit recueilli par Philidor L'Aîné

COMPOSITEUR

Jean-Baptiste LULLY (et autres)
LIBRETTISTE

Isaac de Bensérade
 
    

 

Ballet en deux parties (LWV 6), à vingt-sept entrées, sur un livret d'Isaac de Bensérade, dansé par le roi au Louvre le 16 janvier 1656, repris les 17, 23 et 30 janvier, ainsi que le 16 février et le 18 mars 1656.

Le Roi incarna trois rôles : le Printemps, un Follet, Pluton ; les quatre allégories de la Crainte, le Soupçon, le Désespoir et la Jalousie étaient tenues par Anna Bergerotti, Tagliavacca, Munier Saint-Helme et la signora Tondi.

La musique, de Lully et Jean-Baptiste Boësset, est perdue (dont un concert italien de Lully). Giacomo Torelli participa à la réalisation des décors.

La première partie décrit les beautés et les délices du Palais de l'Amour, la seconde voit l'Amour divertir la belle Psyché par la représentation d'une partie des merveilles qu'il a produites.

La Bibliothèque de l'Arsenal conserve un exemplaire imprimé par R. Ballard en 1656. Le livret comporte une scène italienne ajoutée par Lully, où l'on voit les passions amoureuses se lamenter devant le trône de Pluton. La Bibliothèque nationale détient le manuscrit recueilli par Philidor l'Aîné en 1705.

 

Le Ball. est de Benserade, il fut dansé par Louis XIV. en 1656, & est divisé en deux parties ; dans la premiere sont représentés les délices du palais de l'Amour, & dans la seconde l'Amour lui-même y divertit Psiché, par la représentation des merveilles qu'il produit. (de Léris - Dictionnaire des Théâtres)

 

 Synopsis

Première partie

Le palais d’Amour paraît dans le fond du théâtre avec des bois et des paysages des deux côtés

La Constance, qui mène à ce palais, chante le récit initial : Amants, qui commencez à pousser des soupirs.

Puis viennent treize entrées. D’abord quatre Vents ; puis le Printemps, qui, précédé de Zéphyre et de Flore, les chasse. Le Printemps, c’était le jeune roi; il était accompagné de quatre nymphes, qui étaient les duchesses de Mercoeur et de Créquy, Mlle de Mancini et Mlle de Manneville. Ici, de nouveau, un intermède chanté : Zéphyre et Flore célèbrent la venue du Printemps, accompagnés par un choeur. Troisième entrée : elle est de trois couples, Bacchus et Gérès, Pomone et Vertumne, Triptolème et Lislée, accompagnés d’une dryade. Quatrième entrée : la Discorde, la Tristesse, la Crainte et la Jalousie essayent en vain de pénétrer dans le palais d’Amour. Puis Cupidon paraît : c’est le duc de Villeroy, ce jeune compagnon qui restera l’ami de Louis XIV. Trois peintres sont transportés dans le palais pour y satisfaire la vue par leurs ouvrages ; sept musiciens y viennent pour charmer l’ouïe. Cornus, dieu des festins, y vient pour le plaisir du goût ; quatre parfumeurs pour celui de l’odorat. Enfin pour flatter le cinquième sens, « réservé à l’Amour dans la possession légitime de la belle Psyché », elle arrive, accompagnée de la Beauté et des Grâces. Psyché est Mlle de Gramont. Alors les magiciennes, Médée, Circé, Alcine et Armide, amènent leurs amants Jason, Ulysse, Roger et Renaud pour servir l’Amour « par la force de leurs charmes, s’il faut en ajouter aux siens ». Six esprits follets de leur suite et parmi eux le roi, qui paraît pour la seconde fois, se réjouissent de servir l’Amour. Enfin, treizième entrée, le Silence, la Discrétion et le Secret viennent loger dans le palais de Cupidon.

Deuxième partie

La Gloire chante le récit initial. Puis l’on voit tour à tour quatre dieux amoureux, Momus avec six insensés d’amour, Talestris, reine des Amazones, qui aime Alexandre (elle était représentée par Monsieur, frère du roi), Marc-Aubine et Cléopâtre, huit gladiateurs donnés par le Romain à la reine d’Egypte, six esclaves mores, pareillement donnés, les bacchantes (figurées par des hommes) qui déchirent Orphée, Neptune épris de Thétis, des chasseurs amoureux, les quatre éléments du monde qui subsiste par l’amour. A ce moment un antre s’ouvrait, Pluton (qui était le roi lui-même) paraissait environné de la Crainte, du Soupçon, du Désespoir et de la Jalousie ; et ces démons des passions amoureuses faisaient un concert sur des paroles italiennes et soutenu de divers instruments. Ce concert était l’ouvrage de Lully. Pluton et les démons de cour dansaient alors pour témoigner que l’Amour inspire la gaieté jusqu’aux enfers. Enfin les Heures paraissent et excitent l’impatience de l’Amour à qui elles semblent des siècles; elles se hâtent donc, et l’entrée de l’Hymen (Monsieur) et de tous les plaisirs achève le ballet.

(Histoire du Théâtre lyrique - Henri Bidou)

 

 

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