LA SERVA PADRONA

COMPOSITEUR

Giovanni Battista PERGOLESI
LIBRETTISTE

Gennaro Antonio Federico
 
ORCHESTRE
I Virtuosi di Roma
CHOEUR

DIRECTION
Renato Fasano

Uberto
Sesto Bruscantini

Serpina
Renata Scotto

DATE D'ENREGISTREMENT
janvier 1960
LIEU D'ENREGISTREMENT

ENREGISTREMENT EN CONCERT

EDITEUR
Ricordi - BMG
COLLECTION

DATE DE PRODUCTION
août 2001
NOMBRE DE DISQUES
1
CATEGORIE
ADD

Critique de cet enregistrement dans :

"Solistes inégalés, notamment une Scotto de vingt-six printemps, dont les aigus acidulés, ravageurs, couronnent un médium de toute beauté. Hors mode".

"L'interprétation est ici juste et pleine d'esprit et le chant impeccable. Sesto Bruscantini a la longueur de voix qui convient, et la clarté du timbre de la jeune Renata Scotto est idéale."

"Composé par Pergolèse en 1733, le double intermezzo la serva padrona est resté célèbre dans l'histoire de la musique pour avoir déclenché la querelle des bouffons. Ce n'est pas pour autant que sa musique est bien connue du mélomane. Les intermezzi étaient conçus comme des parenthèses au sein d'une soirée consacrée à la tragédie, des respirations nécessaires dans la mesure où les situations comiques précédemment présentes à l'intérieur de l'opéra seria en avaient été progressivement évincées. Celui-ci ne fait pas exception à la règle, puisqu'à sa création il était intercalé entre les actes de il prigioniero superbo, opéra seria du même auteur.

Les intermezzi étaient par essence des spectacles brefs (dans le cas présent, 41 minutes), mettant en scène peu de personnages (ici, deux chanteurs et un rôle muet), un effectif musical réduit (un quatuor à cordes) et se rattachant du point de vue dramatique à la commedia dell' arte. Le langage employé, écrit ou musical, se démarquait de la langue savante de l'opéra seria par sa simplicité, simplicité qui ne veut pas dire facilité. Dans le cas de la serva padrona, le livret de Gennaro Antonio Federico est écrit en vers de bonne facture, et fait preuve d'une recherche sur les sons par l'emploi de jeux de mots et d'onomatopées (Stizzoso, mio stizzoso, ou encore : con te si sta, e qua e là, e su e giu, e si e no ! Ah ? Che ? No ? Eh ? Ma ? ? ne reconnaît-on pas là l'ancêtre de la basse-bouffe ?).

Le discours musical quant à lui respecte l'alternance récitatif-aria, quatre des cinq airs et les deux duos étant da capo. Un seul des récitatifs est accompagné, au moment crucial où Uberto prend conscience de son amour pour Serpina. Les autres sont presque plus des parties récitées que des parties chantées, avec un soutien rarissime du quatuor à corde.

Les chanteurs de l'époque de la création n'étaient pas des virtuoses du bel canto, mais des chanteurs-acteurs. La présente réédition d'un enregistrement de 1960 nous donne le bonheur d'entendre deux interprètes qui sont aussi bons chanteurs qu'acteurs, pour une version quasi-parfaite de l'ouvrage. Sesto Bruscantini, technicien hors pair et nature comique affirmée, est impayable dans le rôle du barbon. Comme à son habitude, il ne force pas le trait, privilégiant toujours la musique. Serpina convient bien à Renata Scotto, son timbre léger, sa vivacité s'exprimant avec bonheur. La légèreté de la direction de Renato Fasano fait le reste, nous nous envolons pour 41 minutes de joie et de fraîcheur.

Le comique des situations échappe probablement aux auditeurs contemporains, mais est-ce le talent de Pergolèse, est-ce celui des interprètes, est-ce la combinaison des deux ? on dirait qu'il passe comme un souffle gracieux, comme un voile pudique sur l'oeuvre. Uberto et Serpina ne sont-ils pas amoureux, sans se l'avouer, depuis le début ? leurs intrigues ne sont-elles qu'un mouvement de recul devant des sentiments interdits puisqu'ils appartiennent à des classes sociales différentes ? ne laissent-ils pas finalement parler leur amour réciproque ?"

"Issue du catalogue Ricordi, indisponible en France depuis un certain nombre d'années...la version de référence de la Serva Padrona"..."Renata Scotto dans la première phase de sa carrière fait admirer son soprano léger parfaitement homogène, avec déjà quelques stridences, qui séduisent cependant"..."La diction est parfaite, les effets vocaux font mouche"..."Une idéale Serpina, à laquelle répond un Sesto Bruscantini toujours parfait"..."L'orchestre est un peu sage...mais la direction de Fasano est suprêmement élégante."

"Revoici au catalogue cette miniature de quarante minutes dans sa meilleure version. Vivante et astucieuse, la baguette de Renato Fasano n'a pas attendu la vague baroque pour apporter une direction authentique"..."L'enregistrement est un miracle d'équilibre et de fraîcheur"..."Dégourdie, charmeuse et maîtresse femme, napolitaine jusqu'au bour des doigts, diction pointue, voix mutine, la jeune Scotto est le frais trublion de cette farce. Sesto Bruscantini est non moins parfait en victime misogyne et bourrue."

"Saluons le retour de la meilleure version jamais enregistrée. En connivence avec les Virtusoi di Roma alors pétulants, les deux solistes demeurent inégalés. Une Scotto de vingt-six printemps dont les aigus acidulés sont ici ravageurs, couronnant un médium lyrique de toute beauté. Un Bruscantini hors pair, dont la volubilité, le mordant et la rondeur portent idéalement un texte plus que jamais savoureux."

 

 

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