KING ARTHUR

or The British Worthy

COMPOSITEUR

Henry PURCELL
LIBRETTISTE

John Dryden

ENREGISTREMENT
ÉDITION
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DÉTAILLÉE
1958
1997
Anthony Lewis
Decca
2
anglais
1978

Alfred Deller
Harmonia Mundi
2
anglais
1978
2000
Alfred Deller
Harmonia Mundi
1
anglais
1984
1994
John Eliot Gardiner
WEA/Erato
2
anglais
1984
1999
John Eliot Gardiner
WEA/Erato
1 (extraits)
anglais
1984
2004
John Eliot Gardiner
Apex
1 (extraits)
anglais
1989
1990
Jacques Grimbert
Adda
2
anglais
1991

Thomas Hengelbrock
Deutsche HM

anglais
1991
1992
Trevor Pinnock
Archiv
2
anglais
1991
2003
Trevor Pinnock
Archiv
5
anglais
1991
2009
Trevor Pinnock
Brilliant Classics
1
anglais
1995
1995
William Christie
Erato
2
anglais
1995
1997
William Christie
Erato
1 (extraits)
anglais
2003
2004
Hervé Niquet
Glossa
1
anglais

DVD

ENREGISTREMENT
ÉDITION
DIRECTION
ÉDITEUR
FICHE DÉTAILLÉE
2004
2005
Nicholas Harnoncourt
Euro Arts
2009
2009
Hervé Niquet
Glossa

 

Dramatick opera, dit semi-opéra (Z 628) sur un livret de John Dryden (*)

La première représentation eut lieu au Dorset Garden's Theatre, en mai / juin 1691. La distribution comprenait, pour les rôles chantés, Charlotte Butler (Philidel, Cupidon), John Bowman (Grimbald, Prêtre).

Reprise à Drury Lane, le 2 mars 1706. King Arthur n'avait alors pas été exécutée depuis cinq ans. Distribution : Leveridge, Hughs, Ramondon, Mlle Lindsey. Danses par le couple du Ruel, Cherrier, Mlle Evans.

 

(*) John Dryden (1631-1700), historiographe du roi Charles II (1630-1685), passe pour le chef de file de la littérature de la Restauration monarchique anglaise (1660-1689). Il est l\92un des premiers poètes à célébrer le retour de Charles II après la mort du chambellan Oliver Cromwell et la démission de son fils Richard. Sa brillante carrière d\92auteur de théâtre associée à celle de poète de cour, lui vaut, en 1670, d\92être nommé Historiographe du Roi et Poète-lauréat. Il entreprend, dès 1684, la composition de sa vaste épopée du King Arthur. Sans doute s\92appuie-t-il sur un ancien récit prophétique pour plaire au monarque. On attribue à Merlin une parole à laquelle tout le Moyen Age a prêté foi : «Un fils naîtra et la brillance du soleil s\92effacera devant la pâleur de Mercure, et cela sera redoutable pour tous ceux qui le verront». Or le 29 mai 1630, jour de la naissance de Charles II, une étoile a été vue dans le ciel de Londres en plein midi... Voilà qui va donner toute sa dimension louangeuse à la pièce dont les intermèdes musicaux, c\92est entendu, seront donnés à Louis Grabu (ou Grabut), compositeur français fixé à la Cour. S\92appuyant sur des éléments issus de la légende arthurienne, Dryden mêle des inventions et d\92autres sources légendaires à quelques éléments du mythe originel. Ainsi Oswald, roi des Saxons, dont l\92existence est presque fabriquée de toutes pièces, et surtout Osmond, son mage, véritable esprit du mal. Ce nécromancien s\92oppose de toute sa puissance aux Chrétiens et à Merlin. Magie noire et magie blanche qui, pour les Anglais du XVIIe siécle, est bien proche de ressembler aux querelles du pouvoir entre l\92intolérance puritaine de Cromwell et la tolérance affichée par Charles II ! Et puis, il y a Emmeline. Jeune fille très belle et très pure, elle est la fille de Conon, vassal d\92Arthur. Elle est aveugle, comme l\92amour des mythologies antiques, et déchaîne les passions ; elle révèle tout le «sensible» des c\9Curs guerriers. Autrefois courtisée par Oswald le Saxon, elle est maintenant aimée d\92Arthur. Mais le perfide Oswald l\92enlève et tente de la ramener à lui avec l\92aide de son magicien. C\92est compter sans la puissance de l\92Amour qui inspire Arthur... qui finit d\92ailleurs par la reconquérir et, avec l\92aide de Merlin, lui rend la vue... Mais en juillet 1685, cette grande \9Cuvre à peine née suit dans le tombeau Charles II... Dryden continue à servir le nouveau monarque, Jacques II jusqu\92à son abdication, en 1688, qui entraîne le couronnement de Guillaume III, son gendre. Ce nouveau monarque, protestant avant tout, se méfie des faveurs qui avaient été largement faites aux Catholiques sous le règne de Jacques II et dont les tentatives de réforme jusque dans les arts déplaisent. Dryden, qui avait été ouvertement favorable à une refonte des styles suivant le modèle français est remercié. Il perd son titre de Poète-lauréat et la pension qui y est attachée. Déchu, l\92ancien favori se voit contraint de composer des pièces mineures, ou de circonstance. Si les tempêtes politiques se calment, les tempêtes intimes de Dryden ne font que commencer. Toutefois, au milieu de ces tourmentes, il entre en contact avec Henry Purcell dont le génie musical relève le défi d\92un style anglais toujours pris en défaut. Il écrit Le Festin d\92Alexandre et une Ode pour la Sainte-Cécile qu\92Henry Purcell met en musique. C\92est alors que l\92idée de faire ressusciter King Arthur prend forme. Durant le passage sur le trône de Jacques II, Henry Purcell a lui aussi une période de défaveur : il était relégué au rôle subalterne de claveciniste et voyait la carrière de ses rivaux «catholiques» (dont tenants des goûts français et italiens) connaître un essor sans précédent. L\92avènement de Guillaume III (1650- 1702) lui a rendu son prestige. Il compose la musique du couronnement, et chaque année écrit des odes pour l\92anniversaire de la Reine Mary. Mais il nourrit de plus grandes ambitions et souhaite se tourner vers le théâtre comme il l\92avait fait avec Didon et Énée en 1689. C\92est donc sans doute avec intérêt que Purcell a vu Dryden se rapprocher de lui. Ne représentent-ils pas tout deux, quoiqu\92une génération les sépare, le renouveau des arts anglais ? Dryden sans doute décrit à Purcell sa pièce comme un Dramatick Opera, c\92est à dire «un drame mêlé de chants». On aura beau gloser sur le fait que ce genre vient peut-être des anciennes manières de la Cour française de Louis XIII il est peu probable qu\92une influence aussi lointaine se soit fait sentir, alors que sur le continent même elle était balayée par le souffle novateur de la tragédie lyrique suivant le modèle de «Monsieur de Lully»... Tout au plus pourrait-on trouver une filiation avec la comédie-ballet (telle Le Bourgeois Gentilhomme). Mais tout cela doit s\92effacer devant un souci nouveau : faire oublier le souvenir des ambiguïtés artistiques des règnes précédents et poser les bases d\92un genre neuf et spécifiquement anglais. Alors «pour faire du neuf», il faut sans doute remonter aux souvenirs des anciens masks des Stuart, perçus dans la mémoire collective anglaise comme le parangon du divertissement aristocratique et national. Dryden alors se multiplie. Il écrit à Halifax, ancien favori du roi Jacques II qui assure-t-on est encore «bien en cour»... A la fin du printemps de 1691 King Arthur est montré au Théâtre de Dorset Garden. L\92\9Cuvre prend un ton nettement politique, particulièrement dans les derniers tableaux où l\92histoire d\92Arthur prend les couleurs d\92une requête pour une (Grande) Bretagne unifiée. Faisant fi des sortilèges maléfiques, de la tentation du radicalisme puritain, d\92une succession chaotique de plusieurs monarques aux conceptions opposées qui menaçaient de dissoudre l\92identité britannique dans des modèles continentaux importés sans ménagement, face même à un roi d\92origine hollandaise à la légitimité contestée, la glorieuse Albion chante la joie de son identité recouvrée. Comme Dryden plus de vingt ans auparavant, Purcell devient le musicien de la Restauration, l\92Orphée grand breton dont la gloire éclipse tous ses contemporains. Il affirme une identité musicale neuve entre les influences italiennes et françaises, sans même tourner le dos aux anciens tunes (chansons) traditionnels, dont on retrouve des échos dans King Arthur même.

(livret Glossa)

 

Synopsis

Arthur, roi des Bretons, et Oswald, roi saxon du Kent, veulent tous deux obtenir la main d'Emmeline, fille du duc de Cornouailles. Après avoir perdu une bataille décisive contre les Bretons, Oswald enlève Emmeline et tente, en vain, de s'en faire aimer. Entre-temps, Arthur parvient à résister aux charmes de deux sirènes et se libère des enchantements qui l'entravent. Le jour de la Saint-Georges se déroule le combat décisif entre les deux rivaux. Le magicien Osmond et un esprit de la terre soutiennent Oswald, tandis que Merlin l'enchanteur et un esprit de l'air aident Arthur et les Bretons.

Le dernier acte retrace le choc entre les deux armées. Arthur affronte Oswald en combat singulier et, après l'avoir désarmé, lui laisse la vie sauve. Emmeline épouse le vainqueur, proclamé premier d'entre les héros chrétiens. Merlin fait alors surgir de la mer les îles britanniques. Louanges à saint Georges et danse générale (Opéra International - février 1995)

 

Les principaux rôles - le roi Arthur, le roi Oswald, l'enchanteur Merlin, le magicien Osmond, Aurélius, Albanact, Guillamar, Emmeline, Mathilde - ne sont pas chantés. Les rôles de Philidel, esprit de l'Air, et Grimbald, esprit de la terre, sont parlés et chantés. Les rôles chantés sont ceux des Prêtres et chanteurs saxons, des Soldats bretons et saxons, des Bergers et bergères, des Esprits de l'air, de Cupidon, du Génie et du Peuple du Froid, de deux Sirènes, des Nymphes et Sylvains, d'Eole et des quatre Vents, de Britannia, accompagnée de Pêcheurs, de Pan et d'une Néréide, de Comus, accompagné de trois Paysans, d'Elle et de Lui, et de l'Honneur, acompagné de Héros.

 

Synopsis détaillé

Prologue

Un assez long prologue, originellement dit par Betterton, l\92un des créateurs de la pièce de Dryden, ironise sur le côté novateur du spectacle qui va être présenté et la manière dont il risque d\92être accepté... ou refusé : "Sure there\92s a Dearth of Wit in this dull Town, When silly Plays so savourly go down..."

Acte I

Le sceptre de la Grande-Bretagne doit enfin être remis entre les mains d\92Arthur et ce dernier, aidé par le magicien Merlin, a repoussé vaillamment les Saxons jusqu\92au Kent. Mais aujourd\92hui, en ce jour de la fête de Saint-Georges les compagnons d\92Arthur, tous vaillants Bretons, doivent encore livrer un combat final et décisif. Il prend alors congé de la douce Emmeline sa fiancée aveugle. Au même instant Oswald, le roi des Saxons, prépare aussi le combat. Il est aidé par le magicien Osmond et son serviteur damné Grimbald. Encore, assisté de l\92elfe Philidel, ils président, dans le temple des dieux païens Wotan, Thor et Freya, à des sacrifices pour attirer les faveurs de ces divinités guerrières : "Woden, first to thee..." Mais les certitudes de la victoire saxonne sont de courte durée. Bientôt un cri de joie des Bretons annonce que les troupes d\92Arthur sont victorieuses : "Come if you dare..."

Acte II

Oswald est alors obligé de fuir. Dans le camp des Saxons, c\92est la débandade. Même l\92elfe Philidel vient chercher refuge et salut auprès de Merlin. Ce dernier lui demande alors de protéger les Bretons contre les forces obscures déchaînées par Osmond. Grimbald, resté fidèle aux Saxons se déguise en berger et tente d\92égarer les Bretons à la poursuite des fuyards mais Philidel les protège. Cette rivalité donne lieu à des joutes musicales : "Hither this way..." Grimbald dont la voix est éraillée par le long commerce avec les vapeurs infernales est vite reconnu à son timbre incertain... il disparaît soudain, laissant Philidel, fidèle à Merlin, guider les Bretons dans la nuit... Pendant ce temps, la douce Emmeline attend Arthur. Pour tromper son ennui elle est divertie par des bergers et des bergères qui lui chantent les charmes naïfs de l\92amour : "How blest are shepherds..." C\92est alors qu\92Oswald, roi des Saxons, qui s\92est égaré, découvre le camp des Bretons... Aussitôt, il décide d\92enlever Emmeline et fait connaître cette victoire à Arthur. Blessé dans son amour le roi des Bretons lui propose de partager son royaume, pourvu que sa bien aimée lui soit rendue. Mais Oswald refuse : lui aussi a succombé aux charmes d\92Emmeline... Hors de lui Arthur en appelle aux armes.

Acte III

Les Bretons accourent immédiatement. Mais la retraite d\92Oswald, entourée de bois épais, est protégée par les puissants sortilèges du magicien Osmond. Ils ne peuvent y pénétrer. Seuls Arthur et Merlin peuvent entrer dans la forêt. Pendant ce temps Philidel, à force de ruses, finit par capturer Grimbald. Merlin alors remet à son loyal serviteur le philtre qui doit rendre la Français vue à Emmeline. Le premier objet qui se présente à sa vue est le magicien Osmond. Glacée d\92effroi Emmeline assure préférer la cécité à cette vision. Osmond insiste. Le pouvoir de l\92amour n\92est-il pas immense ? Afin de persuader la jeune fille, ce dernier use de ses pouvoirs pour lui montrer combien l\92amour peut réveiller les c\9Curs les plus glacés. Le décors de la scène change soudain pour montrer une lande gelée où règne le génie du froid. Cupidon frivole va tenter de le réchauffer : "What ho ! What ho ! Thou Genius of this isle..." Ce masque «du froid» est sans doute le plus célèbre et le plus populaire de tous les ayres écrits par Purcell. Mais cette belle démonstration tourne à l\92échec. L\92amour n\92est pas fait pour souffrir des morsures du froid infligées par le Génie... L\92acte s\92achève sur un hornpipe qui nous rappelle à d\92autres réalités. Grimbald prisonnier d\92un sort lancé par Philidel hurle son désespoir et son impuissance. Osmond va à son secours...

Acte IV

Merlin qui a retrouvé Arthur dans la forêt enchantée le prévient contre les sortilèges et les illusions d\92Osmond... Au même instant surgissent deux sirènes enjôleuses qui tentent de dérouter le vaillant roi des Bretons : "Two daughters of this aged stream are we..." Plus loin des Nymphes et des Sylphes chantent et dansent. Arthur résiste toujours. Mais il est en grand danger lorsqu\92il croit reconnaître Emmeline. Heureusement Philidel, qui avait un \9Cil rivé sur lui, montre le piège : c\92est Grimbald qui le trompe. Alors Arthur frappe de son épée le plus grand des arbres de la forêt, celui qui semble régner sur les lieux et être la source de tous les sortilèges. Au premier coup d\92épée, les enchantements cessent.

Acte V

La troupe des Bretons réussit alors à trouver le chemin du château d\92Oswald. Osmond, dont les pouvoirs sont mis en déroute tente de fuir. L\92ultime combat des souverains peut alors s\92engager loyalement. C\92est bien sûr Arthur qui triomphe. Osmond est précipité dans un sombre cachot tandis qu\92Arthur goûte la joie des retrouvailles avec sa bien aimée. Magnanime, il propose à Oswald de se joindre à lui pour contempler un ultime masque qui célèbre «la richesse, les amours et la victoire de l\92île» et propose aux Saxons et Bretons de ne former qu\92un seul peuple fier et heureux. C\92est une tempête annonciatrice d\92événements fabuleux, qui prélude à la dernière partie. Puis les cieux s\92ouvrent. Eole, dieu des vents, vient dissiper les nuages des discordes. Puis viennent les divinités heureuses Britannia, Vénus et l\92Honneur... Comme Comus, le dieu des libations et des banquets, ne veut pas être de reste, il offre aux paysans de fabuleuses ripailles en l\92honneur de riches moissons dont les bienfaits ne manqueront jamais à l\92Angleterre... Enfin, l\92Honneur, entouré des Héros de tous les temps, promet aux plus valeureux de les récompenser.

(Livret Glossa)

 

"Le Roi Arthur n'est pas, pour les puristes, un opéra mais plutôt un "opéra dramatique". En fait, il s'agit de théâtre parlé avec de nombreuses interventions musicales assez typique de l'époque élisabéthaine anglaise. Arthur le Breton et Oswald le Saxon s'y disputent la Bretagne à l'aide de leurs enchanteurs respectifs Merlin et Osmond. Pour cette vieille légende mise en vers par John Dryden, Henry Purcell a composé la plus élégante des musiques de scène où alternent drame et humour" (Fnac)

 

 

 Représentations :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Oui, ce Roi Arthur mis en scène par Shirley et Dino est drôle, très drôle, et il faudrait vraiment avoir avalé son parapluie pour ne pas s\92y amuser. D\92ailleurs, même à l\92Opéra royal de Versailles, le public est bon enfant, et quand Gilles Benizio demande au parterre de hurler à la lune comme les loups, à la corbeille de croasser comme des corbeaux et au balcon de coasser comme des grenouilles, tandis que l\92orchestre fait la meute de chiens, tout le monde se prête de bonne grâce à l\92exercice. Oui, Hervé Niquet mène son orchestre avec une énergie irrésistible ; oui, le ch\9Cur, très présent, est lui aussi plein de verve, vocale autant que scénique. Pourtant, l\92euphorie d\92ensemble ne doit pas faire oublier quelques notes discordantes.

Certains gags vont parfaitement dans le sens de la musique, et l\92on admire autant qu\92on rit quand les chevaliers d\92Arthur, sommés de nettoyer par ce chef de plateau hilarant que campe Dino en personne, se cachent la tête dans leur seau pour mieux produire l\92effet d\92écho voulu par la partition dans « Come if you dare ». En revanche, il est dommage que pour le double ch\9Cur « Hither, this way », les effectifs ne soient pas plus nettement divisés en suivants de Philidel et suivants de Grimbald : la spatialisation voulue par Purcell en est comme gommée. Enfin, et c\92est là qu\92on ne peut plus adhérer, les deux derniers morceaux avant le ch\9Cur final, où l\92inspiration du compositeur atteint des sommets, sont sacrifiés à la recherche du gag systématique. Si jusque-là, Purcell enfile les numéros guerriers, bucoliques, pittoresques ou séducteurs, il s\92élève à un tout autre niveau avec « You say \92tis love » et surtout « Fairest Isle », et il est très difficile d\92accepter qu\92une musique sublime soit gâchée par un comique soudain indésirable. Pendant l\92air de Vénus, les chevaliers ivres roulent sous la table et une dame de la Cour se cure les dents avec une fourchette, tandis que le duos soprano/basse se transforme en trio avec rivale indésirable qui ridiculise la chanteuse principale. C\92est là que trop de gags tuent le gag, et que la musique aurait dû être mieux respectée. Quant aux interventions d\92un Hervé Niquet en meneur de jeu, elles sont fort cocasses tant qu'elles se limitent à la voix parlée ; lorsqu'il s\92improvise chanteur pour deux entractes, peut-être aurait-on pu en faire l\92économie. Si les musiciens ont besoin de quelques instants pour refaire l\92accord, on préfère nettement l\92interprétation muette de « Mexico » de Francis Lopez par Gilles Benizio.

Quant à l\92équipe vocale réunie, c\92est celle-là même qui a créé le spectacle à Montpellier en juillet 2008, avant de le reprendre à Versailles déjà, en février 2011 ; seul Marc Mauillon a dû céder la place pour deux des quatre représentations à un Christophe Gay à la voix sans doute moins percutante, mais qui semble s\92être tout à fait intégré à la troupe. Les deux sopranos ont un timbre plus généreux que ce n\92est souvent le cas dans cette succession de petits rôles, mais l\92on regrette que « Fairest Isle » ait été confié à Ana Maria Labin plutôt qu'à Chantal Santon-Jeffery, dont le soprano plus sombre aurait paré de riches couleurs ce sommet de la partition. Mathias Vidal est un ténor idéalement adaptée à ce répertoire et l\92on apprécie son numéro de moine déjanté, digne de celui de Louis de Funès dans le film des Branquignols Ah les belles bacchantes. Roi Arthur hilarant, tantôt pusillanime, tantôt bourreau des c\9Curs, João Fernandes est une authentique basse mais sa voix semble ici moins bien se projeter que dans le répertoire français qu\92il sert à merveille. De manière générale, on ne donnera pas pour modèle la diction anglaise des uns et des autres, et il a heureusement été prouvé jadis que l\92on peut enchanter un public moderne en jouant dans son intégralité la pièce de Dryden pour laquelle ont été écrits les intermèdes de Purcell."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"On oublie trop souvent que, outre qu\92elle ne cessait de se jauger pour savoir qui serait le mieux en vue du Souverain et qui aurait par exemple le privilège de tenir le bougeoir au coucher de Sa Majesté, la Cour savait s\92amuser à Versailles, que la comédie allait bon train et que le roi lui-même (en tout cas pour Louis XIV) ne répugnait pas à s\92autoriser quelques facéties. Le spectacle donné ce soir dans le cadre solennel de l\92Opéra royal du château de Versailles nous l\92a rappelé, et de quelle manière !

Prenez un chef d\92orchestre rompu au répertoire baroque qui sait à l\92occasion payer de sa personne que ce soit en kilt écossais ou en typique tenue autrichienne, un ensemble de musiciens dont les qualités ne sont plus à démontrer depuis plus de vingt ans, des chanteurs qui savent s\92amuser en interprétant leurs rôles avec beaucoup de justesse, ajoutez-y un couple de comédiens-scénaristes dont le public connaît les exploits pour les avoir maintes fois vus à la télévision, saupoudrez le tout de la musique de Henry Purcell (1659-1695) et vous obtiendrez un spectacle loufoque au possible. On y croisera ainsi un régisseur de théâtre qui multiplie les gaffes (Dino, époustouflant), deux pingouins et un ours polaire, un chef d\92orchestre (Hervé Niquet, tout simplement génial) qui essaie de dompter tant bien que mal son orchestre entre une interprétation de l\92air «On a l\92béguin pour Célestin» (tiré de l\92opérette L\92Auberge du Cheval Blanc de Ralph Benatzky) et une chanson de son cru moitié italienne, moitié tyrolienne, «On aime les si bémol quand on est musicien, on aime les bagnoles quand on est italien» (sans oublier une parfaite imitation du brame du cerf au fond des bois), deux skieurs scandinaves qui traversent la scène sans s\92apercevoir qu\92ils déboulent au beau milieu d\92un spectacle... Bref, on pourrait ajouter le fameux «et un raton-laveur» à ce véritable bric-à-brac qui, au premier abord, pouvait nous inciter à la méfiance, Shirley et Dino ne s\92étant pas toujours caractérisés par la plus évidente subtilité \96 avouons à ce propos que certains gags sont un peu trop appuyés mais ce n\92est là qu\92un infime reproche.

Et pourtant, en vérité, la musique et le chant de Purcell sont parfaitement intégrés à cette histoire désopilante où le comique (on pense aux Marx Brothers mais aussi à Blake Edwards ou aux Monty Python) côtoie la poésie la plus grande. Comme l\92a très bien expliqué Hervé Niquet dans son allocution liminaire à l\92attention du public, celui-ci a donc écrit une histoire qui utilise l\92ensemble de la musique du semi-opéra en cinq actes King Arthur (1691) sans pour autant imposer au public les récitatifs de John Dryden, le librettiste. Certes, les puristes ou amateurs d\92authenticité pleine et entière pourront être déçus (le spectacle étant considérablement raccourci par rapport à l\92\9Cuvre originelle puisqu\92il dure à peine une heure quarante-cinq sans entracte) mais qu\92importe tant le résultat fut enthousiasmant.

A tout seigneur tout honneur, João Fernandes incarne un Roi Arthur des plus parfaits, usant d\92une voix chaude et d\92un sens du théâtre à toute épreuve (notamment lorsqu\92il interprète, au troisième acte, le célèbre «Air du froid», «What power art thou» ou lorsqu\92il danse avec agilité sur les tables lors du banquet concluant l\92opéra). Chacune des interventions de Mathias Vidal et Marc Mauillon, moines en robe de bure plus vrais que nature, doit également être saluée avec, au premier acte, le bel air «I call you all to Woden\92s Hall» et surtout leur duo «Com if you dare», accompagnés de superbes trompettes et de ch\9Curs non moins impliqués. Julie Fuchs et Chantal Santon-Jeffery jouent à merveille les péronnelles, que ce soit en costume d\92infirmières ou de princesses tout droit venues de l\92Orient lointain, Mélodie Ruvio étant également une musicienne à la hauteur de ses talents de comédienne. La mise en scène alterne pour sa part une grande poésie avec une verve comique incroyable: qu\92on regarde, par exemple, Arthur chevaucher son cheval dans les airs («Hither this way» au deuxième acte II) ou les soldats du roi faire le pas du patineur pour entrer sur scène (où trône notamment un réfrigérateur) au début de l\92acte III.

Les musiciens et les ch\9Curs du Concert Spirituel sont excellents, participant à cette grande farce de la plus belle manière, qu\92il s\92agisse pour eux tous de revêtir bonnets et écharpes avant d\92aborder le troisième acte (qui se passe dans les confins gelés des cieux), ou d\92accompagner Hervé Niquet dans ses chansonnettes. Car, il faut le dire, c\92est bien lui la vraie vedette de la soirée! Chansonnier, conférencier à l\92attention du public tel que pourrait l\92être le fils de Tryphon Tournesol et d\92Achille Talon, comédien mais aussi chef attentif à ses musiciens, il étonne, fait rire (ses récurrents «Y a-t-il des questions?» à l\92attention du public sont impayables), séduit et prouve l\92immensité de ses talents. Quant à Corinne et Gilles Benizio, ils illustrent également ce que peut être l\92art du cabaret dans ce qu\92il a aujourd\92hui de meilleur, leur prestation en skieurs scandinaves étant à marquer d\92une pierre blanche.

Indéniablement, une réussite totale que ce King Arthur (disponible en DVD, chez Glossa, enregistré lors des représentations de mars 2009 à l\92Opéra national de Montpellier Languedoc-Roussillon) que l\92on devrait recommander à tous ceux qui voient dans l\92opéra, qui plus est baroque, un divertissement réservé à une élite et à tous ceux qui ont le cafard: cela permettrait de faire tomber quelques idées reçues et de réduire le trou de la sécurité sociale."

 

"...Joël Suhubiette conduisit King Arthur comme un des oratorios baroques auxquels il est acccoutumé. Avec l'ensemble Jacques Moderne, il a réalisé un travail attentif et généreux où, à la théâtralité, a été préféré un esprit chambriste et intime. L'équipe de solistes vocaux s'intégra opportunément à ce choix artistique, où l'on remarqua Isabelle Poulenard, au chant toujours précis et émouvant, et Thomas Bauer, savoureux baryton-basse."

 

 Céline Scheen, Judith van Wanroij

"C\92est toujours une gageure de monter scéniquement King Arthur de Purcell, s\92agissant d\92un semi-opéra où la musique n\92a pas grand-chose à voir avec l\92histoire racontée. En effet, Purcell a composé des intermèdes musicaux destinés à accompagner une pièce de théâtre de John Dryden, à la façon des fameux masques élisabéthains ou des comédies-ballet alors en vogue en France. Pour autant, la musique de Purcell est sublime et s\92il serait complexe de restituer le spectacle dans son intégralité, d\92autant plus que nous avons perdu la pièce originale, la version de concert trouve sa cohérence en renversant l\92ordre des choses, puisqu\92un récitant résume l\92action entre les pièces musicales. Certains metteurs en scène osent toutefois s\92attaquer à ce dilemme, donnant libre cours à une fantaisie parfois débridée. Le choix de Christophe Rousset à la tête de ses Talens lyriques convient parfaitement à l\92actuelle saison toulousaine « hors les murs » pendant la fermeture pour travaux du théâtre du Capitole. C\92est donc la Halle aux grains qui accueillait cet ouvrage, début janvier pour deux soirées mémorables.

Le public a pu être déconcerté dans un premier temps par l\92aspect décousu de l\92intrigue, mais il a vite été séduit par le charme entraînant des airs purcelliens et plus encore par l\92excellence de l\92interprétation de Christophe Rousset et de ses troupes, accompagnant huit solistes de haut vol, parfaitement à l\92aise dans ce répertoire. En marge de l\92action du cycle Athuréen et de la lutte entre Bretons et Saxons, les intermèdes musicaux et chantés ne sont pas essentiels à la compréhension de l\92action dramatique, mais ils participent à la scénographie de l\92ensemble. Les personnages principaux que sont Arthur, son rival le roi saxon Oswald ou la belle Emmeline, enjeu de leur combat, n\92apparaissent pas, laissant la place aux personnages fantastiques, allégoriques et divins. Il faut plus d\92imagination à notre esprit cartésien pour goûter les apparitions d\92esprits, d\92elfes ou de Cupidon en personne, qui appartiennent à une sphère toute shakespearienne, mais quelle musique !

L\92action héroïque narre des batailles opposant des peuples, mais aussi des forces magiques bénéfiques et maléfiques, tandis que le commentaire musical parle d\92amour en intégrant une légèreté comique, voire truculente. À travers les arcanes poétiques de l\92époque, l\92ouvrage prend un ton clairement nationaliste et patriotique, le prologue faisant référence à la situation politique et sociale de l\92époque, ainsi qu\92aux paris sur les pièces de théâtre. Après tout, de l\92autre côté du Channel, les longs prologues des tragédies lyriques chantaient bien la gloire du roi Louis\85 Bretons et Saxons finissent par s\92unir pour former une nouvelle nation, la Grande-Bretagne. Or à la fin du XVIIe siècle, la Restauration anglaise devait réunir la nation autour de son souverain après la révolution de Crommwell et le roi Guillaume III d\92Orange Nassau venait des Pays-Bas.

Dans ces méandres mythiques, héroïques et poétiques, on a particulièrement apprécié le timbre et la musicalité des deux sopranos, Céline Scheen et Judith van Wanroij, d\92une belle clarté à côté de l\92alto Pascal Bertin très discret dans cette \9Cuvre. Les deux ténors Emiliano Gonzalez Toro et Magnus Staveland ne sont pas en reste, sans oublier les basses Christophe Gay et Douglas William. Le célèbre « air du froid », inspiré du « ch\9Cur des trembleurs » de Lully revient à ce jeune baryton-basse d\92une grande musicalité associée à une belle sensibilité. Tous vivent cette \9Cuvre complexe avec un bonheur partagé et les dessous retrouvent un jeu théâtral réjouissant pour le fameux « ch\9Cur des buveurs » qui perturbe quelque peu l\92hymne solennel à l\92île de Bretagne.

Sous la direction précise et enjouée de Christophe Rousset, les instrumentistes des Talens Lyriques sont à leur affaire avec de superbes sonorités. Les violons mènent le bal avec vigueur, tandis que les hautbois da caccia et les flûtes à bec donnent la couleur et que les trompettes naturelles sonnent juste. Tous ont largement mérité le triomphe que leur a fait le public toulousain, donnant en rappel un large extrait du 4e acte, célébrant les plaisirs de l\92amour."

"Ce n\92est pas la musique de Purcell qui est en cause, elle est superbe. Ce n\92est pas l\92interprétation de ce soir, inspirée et musicalement impeccable. Pourtant une pointe de frustration s\92insinuerait presque durant ce concert. Le problème vient du fait que les situations dramatiques les plus intéressantes et les personnages les plus forts ne sont pas mis en musique. Alors qu\92en France à la même époque, la tragédie est entièrement mise en musique, et surtout qu\92en Italie, l\92opéra se répand à travers toute la péninsule, on ne peut que se plaindre des limites du genre semi-opéra anglais dont King Arthur est pourtant un des plus beaux fleurons.

King Arthur, semi-opéra genre frustrant ! Le concert proposé par Christophe Rousset offre l\92intégralité de la musique écrite par Purcell pour le Semi-Opéra King Arthur crée en 1691 sur un poème de John Dryeden. La musique est intercalée dans la pièce et ne concerne que les péripéties mineures, les ballets, les divertissements et les fêtes.

L\92action est riche en péripéties et en personnages plein de couleurs. Comme cela ferait un bel opéra avec des airs variés et des récitatifs dramatiques ! La programmation de ce type d\92\9Cuvres hybrides au sein d\92une saison d\92opéra laisse un peu l\92amateur de splendeurs vocales et de drames lyriques, sur sa faim. L\92action est riche en rebondissements, deux rois puissants se disputent la même femme, Emmeline. L\92allégorie politique est évidente car la fiancée d\92Arthur est convoitée en même temps que son Île britannique par le saxon Oswald. Chaque souverain bénéficie de l\92aide d\92un puissant magicien, Merlin pour Arthur et Osmond pour Oswald. La trame religieuse est aussi présente car le camp d\92Arthur est chrétien alors que les saxons sont païens. Au final la grande Bretagne retrouve sa liberté, son Roi; et sa beauté, Emmeline épouse son héros après avoir recouvré la vue.

Le concert de ce soir est dramatisé par la présence d\92Olivier Simonnet qui résume astucieusement l\92action. Las, cet agréable diseur a un cheveu sur la langue ou un poil de barbe (sacré Merlin !) qui rend ses interventions parfois trop distanciées par un petit effet comique. Laissons les regrets de cet opéra diminué de la moitié (au moins) et écoutons une partition riche, variée en des effets majestueux, langoureux et parfois pleins d\92humour. Les moments musicaux ô combien savoureux, rappellent les ch\9Curs de Didon et Énée ou annoncent pendant quelques mesures la tristesse si profonde des Funérailles de la Reine Marie.

Une ouverture à la française pleine de grandeur ouvre une large perspective au spectacle. Ce n\92est pas le seul hommage à la cour de Louis XIV car une vaste Chaconne louant les vertus de l\92amour termine l\92acte quatre. Les ballets sont gracieux et l\92humour du duo des sirènes est assez coquin, de même que le trio alto, ténor, basse, des buveurs patriotes. Purcell s\92acquitte avec art de la musique de divertissement qui lui est demandée. Il la réalise avec brillant et diversité. Deux grands airs devenus célèbres peuvent être détachés. L\92air du génie du froid avec ses trémolos et Fairest Isle.

Dès l\92ouverture Christophe Rousset, nous propose une lecture contrastée avec un orchestre capable d\92infimes nuances et de belles couleurs. Sa direction est marquée par une grande souplesse et une parfaite élégance. Les Talens Lyriques forment un orchestre plein de vie. Les trompettes ont l\92éclat royal attendu, les vents, tant les hautbois que les flûtes, apportent une fraîcheur bucolique et les cordes ont un beau moelleux. Le continuo est très musical bénéficiant de l\92attention amicale d\92Isabelle Saint-Yves à la viole de gambe, l\92élégance de Laura Monica Pustilnik au théorbe et la souplesse de Stéphane Fuget à l\92orgue et au clavecin. Tous les chanteurs sont agréables, chantant leur texte de manière facilement compréhensible. Les voix sont jeunes et bien projetées. Les dames, Céline Scheen et Judith van Wanroij, dominent par une plus grande aisance vocale et des timbres très assortis en leur fruité acidulé. Les hommes obtiennent la palme de la théâtralité dans leur inénarrable scène de buveurs déboutonnés. Les spectateurs conquis par la beauté de cette partition ont fait un triomphe aux interprètes et ont obtenu en bis la si charmante et irrésistible Chaconne de l\92acte quatre."

"Dans tout « semi opera » donné en son intégralité, la musique tient une part secondaire. Et lorsqu'on en donne les seules pages musicales, deux solutions s'imposent : lier la musique par un résumé parlé de l'action théâtrale ; ou jouer la seule musique. Christophe Rousset a choisi la première... Pour Christophe Rousset, même sans mise en scène (mais avec un narrateur, Olivier Simonnet), King Arthur est un opéra joué et dansé. Aussi l'interprète-t-il commme s'il était dans la fosse : puissante densité sonore pourtant, vingt instmmentistes seulement pour remplir la vaste Salle Pleyel !, urgente pulsation dramaturgique, phrasés élancés et, par-dessus tout, absolue régularité métronomique dans les danses. Ajoutons-y une beauté sonore de chaque instant et une grande élégance, y compris dans la scène du poète ivre.

Le résultat fut enthousiasmant : le purcellien chevronné qui tient cette plume n'a jamais entendu King Arthur sonner aussi pleinement. Décidément, avec ses Talens Lyriques, Christophe Rousset a façonné un des plus somptueux orchestres baroques actuellement en exercice. Les huit solistes vocaux (ils assuraient également les ch\9Curs) se tinrent à cette altitude. On y distinguera Judith van Wanroij (un «Fairest Isle» en apesanteur) et Céline Scheen, Magnus Staveland (un ténor à suivre) et Douglas Williams, puissant et ironique dans le célèbre air du Génie du Froid."

 

 

 

 

 

  "Ce fut le moment le plus joyeusement déjanté du dernier festival de Radio France et Montpellier, la mise en scène par les duettistes Shirley et Dino (à la ville Corinne et Gilles Benizio) du célèbre King Arthur « semi-opéra » de Henry Purcell, joyau du patrimoine musical made in UK. Une pyramide de loufoqueries de pur style baroque/barjot avec ours polaire, pingouins, père Noël en goguette, skieurs de fond, ratons laveurs et jeux de mot à faire peur, assaisonne Purcell de poil à gratter et déclenche l\92hilarité. Le chef d\92orchestre Hervé Niquet joue à fond le jeu des dérapages, se déguise, fait le guignol tout en respectant, mais oui, une partition magnifique et en emportant ses musiciens et solistes dans les tempos ad hoc. Une reprise avec la quasi-totalité des interprètes d\92origine, un moment de détente à savourer en folie et belle, bonne musique."

 

 

"L\92intrusion dans le monde policé de l\92opéra des fantaisistes Corinne et Gille Denizio, alias Shirley et Dino, grands champions de grimaces poids lourds, pouvait faire craindre le pire. Il eut lieu mais en sens inverse dans un immense éclat de rire qui éclaboussa de bout en bout la musique de Purcell et les spectateurs de l\92Opéra Comédie. Lesquels, hilares, réservèrent une ovation debout aux interprètes et à leurs drôles de mentors.

Ce King Arthur/Roi Arthur, il est vrai, est un bien étrange monarque ! Figure centrale d\92une pièce de théâtre aux rebondissements épiques d\92un certain John Dryden, contemporain, il y a trois siècles de Henry Purcell qui lui broda une suite de commentaires musicaux pour orchestre solistes et ch\9Curs. Au total moins de deux heures de musique pour habiller cinq heures d\92actions tragi comiques de ce qu\92on appelait alors des semi-opéras. Dès lors si on peut de nos jours l\92entendre en concert ou en disque \96 Hervé Niquet l\92enregistra en 2004 chez Glossa -, il est quasi impossible d\92en voir les effets scéniques. L\92impossible n\92étant pas du goût de Niquet, chef d\92orchestre du Concert Spirituel, ensemble labellisé baroque en résidence à l\92Opéra de Montpellier, il fit appel au couple le plus déjanté du music hall pour lequel l\92impossible est une denrée carrément inconnue. Le résultat, moyennant quelques coupures et un agencement inédit des péripéties médiévales du héros, se déroule en 1h45 de délire à cheval sur les Monty Python et Helzapoppin.

Une pyramide de loufoqueries - On pourrait en faire un inventaire à la Prévert, avec un ours polaire, deux pingouins, un cerf qui brame, un père Noël en goguette, des skieurs de fond sur une banquise, des bergers hippies sur une plage, un barbecue royal, des croisés qui s\92entrecroisent, un roi de c\9Cur, deux reines d\92Ecosse ou de pique, l\92auberge du cheval blanc, un aspirateur ronfleur, des étoiles filantes, et, en lieu et place de raton laveur, des jeux de mots à faire peur\85 Gille/Dino qui intervient entre chaque tableau en use et en abuse pour ne pas « se faire appeler Arthur » (sic), il interrompt, régente, nettoie, philosophe façon café du commerce\85 Au sommet de sa pyramide de loufoqueries, le chef d\92orchestre en personne devenu aussi branque que guignol, qui se déguise à la vitesse du son, du kilt à la culotte de cuir tyrolienne, qui danse et pousse la chansonnette \96 « On a l\92béguin pour Célestin » -. L\92irrésistible métamorphose d\92Hervé Niquet en histrion de Caf\92Conc\92 vaut à elle seule le déplacement.

Un jeu délicieusement dégingandé - Et la musique dans tu ce charivari ? Ma foi, elle ne s\92en tire pas mal du tout malgré quelques cafouillis de démarrage parmi les instrumentistes et les choristes. Bien sûr, ni les uns ni les autres n\92ont l\92habitude de ce type de traitement mais prouvent en fin de compte que pour eux non plus l\92impossible n\92est pas musique et que même une soit disant panne d\92électricité ne les empêche pas de continuer à jouer - juste - dans le noir\85 Les voix sont solides, Joao Fernandes, jeune basse portugaise né au Zaïre s\92est déjà frotté à ce type de répertoire sous la direction de spécialistes comme René Jacobs, Christophe Rousset ou William et confirme ses dons, graves qui plongent et projection claire, et, en roitelet de foire, il y ajoute un jeu délicieusement dégingandé. Les sopranos (dessus), Mélodie Ruvio, Chantal Santon-Jeffery et l\92exquise Ana Maria Labin rivalisent autant de vocalises que de jeux de séduction à rebrousse poils. La palme des comiques musicaux et théâtraux revenant au couple de moinillons Marc Mauillon et Mathias Vidal, respectivement baryton et haute contre magnifiquement en voix, et, dans leurs intermèdes dansés, absolument foutraques et totalement désopilants.

De là à conclure que l\92avenir de l\92opéra se limitera à sa dérision, serait pousser trop loin le bouchon de la farce. Mais devant tant de bonne humeur, tant de trouvailles se succédant au rythme d\92un tir de mitraillette, impossible de bouder son plaisir."

"Célèbre pour son air chanté par le Génie du Froid, au troisième acte, « King Arthur », d'Henry Purcell n'est pas, au sens strict, un opéra, plutôt une musique d'accompagnement pour un texte dramatique (très long) de John Dryden, l'un des multiples épisodes de la légende arthurienne dans lequel le roi breton et très chrétien, chef des chevaliers de la Table ronde, s'oppose à Oswald, saxon et païen, et conquiert le coeur de la belle Emmeline. Partition magnifique, trop courte hélas, digne de celui que l'on surnommait l'« Orpheus Britannicus ». Hervé Niquet, fondateur et chef du Concert Spirituel, n'a jamais caché son affection pour cet ouvrage insolite, tout en reconnaissant qu'il serait impossible, aujourd'hui, de le monter sous sa forme originelle.

Alors, tant pis pour l'intrigue, dont il ne garde pas grand-chose - de toute façon, on n'y comprend goutte et tout le monde s'en moque. S'il a demandé à Corinne et Gilles Benizio de régler la mise en scène du spectacle, ce n'est pas par hasard : dès la fondation de leur compagnie Achille Tonic, ils ont conquis un public qui s'est accru grâce à la télévision et à leur duo hilarant, Shirley et Dino. Fidèles à la tradition du music-hall, ils ont le goût du travail bien fait, le sens du rythme, de l'imagination (leurs décors sont l'occasion de jolies images)... et le triomphe modeste. Sans doute les spectateurs venaient davantage pour eux que pour Purcell. Mais, s'ils donnent l'impression de tirer à la ligne dans le dernier acte - un banquet qui s'éternise -, ils ont réussi auparavant à faire s'esclaffer l'auditoire, un rire bon enfant, sans vulgarité, qui tient parfois de la blague de potache mais qui dilate la rate sans arrière-pensée. Le tableau du Froid, avec son réfrigérateur dont sortent pingouins, ours... et infirmières, est à se tordre, comme le sont les deux moines déjantés (Mathias Vidal et Marc Mauillon) sortis des Branquignols.

Les autres chanteurs (Chantal Santon-Jeffery, Ana Maria Labin, Mélodie Ruvio, Joao Fernandes) sont à l'unisson, mais pour la plupart, leur accent anglais est plus proche de celui de Maurice Chevalier ou de Mireille Mathieu que d'Oxford. Au pupitre, Niquet s'en donne à coeur joie, menant ses troupes avec dynamisme. Mieux, il joue les meneurs de revue, sollicitant la salle qui ne demande que ça, chantant (plutôt bien) un extrait de l'« L'Auberge du Cheval blanc », et donnant la réplique à Dino qui fait un numéro désopilant de régisseur. Ce n'est pourtant pas « Arthur, fox à poil dur » qu'on entend ici, c'est bien Purcell, ses couleurs, son invention perpétuelle, son génie. Une question reste posée, angoissante, taraudante, à laquelle seul l'intéressé peut apporter une réponse : que porte Niquet sous son kilt au premier acte ?"

"On l\92attendait avec hâte cette première mise en scène de Shirley et Dino, au point que même le 13h de France2 et le « 6 Minutes » de M6 en ont parlé. Une production d\92opéra citée au JT, ça doit bien arriver une fois par an \96 non, deux fois, l\92autre étant l\92esclandre annuel de notre Roberto national. Corinne et Gilles Bénizio abordent l\92opéra en parfaits candides. Mais King Arthur est-il un opéra ? Pas vraiment, partition composite, simple musique de scène \96 de 90 minutes - d\92une pièce de théâtre aujourd\92hui oubliée \96 d\92une durée de cinq heures -, ce sont divers morceaux musicaux mis à la suite les uns des autres sans grand rapport une fois le texte de John Dryden supprimé. Il a fallu donc homogénéiser tout ça, créer un fil conducteur, remodeler le synopsis. En vrais gens de théâtre, la réussite du couple Bénizio est totale. Venus du monde du cabaret grâce auquel ils se sont faits connaître, King Arthur devient une sorte de revue en cinq tableaux, entrecoupés d\92intermèdes comiques ou on voit Gilles Bénizio en machiniste interpeller les musiciens, haranguer le public et surtout faire divers numéros avec la complicité plus qu\92active d\92Hervé Niquet, qui dévoile au public un talent insoupçonné de chansonnier.

Certaines idées sont franchement hilarantes. Bien sur les Monthy Python sont appelés à la rescousse, comment faire autrement que de parodier l\92histoire du Roi Arthur sans penser à Sacré Graal ? L\92emblème royal, une grenouille griffue (à moins que ce ne soit un ours ?) accroupie tenant un sabre et un sceptre, donne le ton. L\92« acte du froid » - avec son célèbre air \96 voit Arthur frigorifié, pris en charge par deux infirmières sorties d\92un réfrigérateur, tandis que deux pingouins, un ours polaire et deux skieurs nordiques (Corinne et Gilles Bénizio bien sûr) parcourent la scène. Que les sorcières zozotent et que le ch\9Cur lors du festin final se fasse la bouche pleine entre dans la logique du spectacle. Mais\85

Mais Purcell, en bon musicien de son époque, avait prévu divers numéros instrumentaux qui à l\92origine correspondaient à des ballets. Point de danseurs ici, mais était-ce utile de faire parler, crier ou hurler les acteurs à ces moments ? La Chaconne finale méritait-elle d\92être traitée en générique de fin, couverte par les applaudissements du public ? Certes, Purcell n\92en sort pas défiguré, mais dans le genre lyrique la musique ne peut en aucun cas être un simple support. Après, Corinne et Gilles Bénizio ont fait du Shirley et Dino, on ne saurait le leur reprocher, si ce n\92est que certains gags étaient trop prévisibles, surtout l\92évocation constante de René Koering, patron des lieux.

Point de vue musical, le spectateur a été servi. La distribution est homogène et se déplace sur scène avec aisance. Mention spéciale pour João Fernandez, devenu le rôle principal de ce King Arthur revisité. Hervé Niquet reste toujours un fin coloriste, même si sa battue est parfois un peu raide \96 on aurait aimé une Passacaille à l\92acte IV un peu plus souple et un peu plus dansante. Les instrumentistes du Concert Spirituel se plient volontiers aux fantaisies de metteurs en scène, devenant ainsi de véritables acteurs d\92un spectacle presque total. Quelques ajustements nécessaires, une meilleure coordination scène-fosse et surtout un peu de sobriété seront les bienvenus pour cette production, reprise dans la saison 2008/09 de l\92Opéra National de Montpellier. "

"On s'est dit : "Shirley et Dino metteurs en scène du King Arthur de Purcell, ça passe ou ça casse." Eh bien ça passe. Parce que la présence de Dino en Gilbert, le régisseur de scène, ne fait pas un spectacle à la "Shirley et Dino" mais un mélange de citations et références édulcorées et abâtardies qui vont des Monty Python de Sacré Graal ! aux Contes de Canterbury, de Chaucer, en passant par le théâtre élisabéthain, le music-hall et "Kaamelott", la série télévisée à succès diffusée sur M6. Le chef d'orchestre baroque, Hervé Niquet, est fan depuis des années des deux comiques. Il a proposé King Arthur à Dino à l'issue de leur spectacle, Les Caméléons d'Achille, en 2007, arguant du fait qu'il ne s'agit pas d'un opéra mais d'un "spectacle de divertissement, ce mélange de comédie, de danse, de chant, tout plein de paillettes et de surprises pour le plus grand plaisir du public".

King Arthur, issu des divertissements scéniques et musicaux dans la tradition des masques anglais mêlant texte et musique, fait partie de ce qu'on a appelé un semi-opéra. La partie musicale de Purcell (1659-1695) ne couvre qu'un tiers des cinq heures de la pièce créée au Dorset Garden Theater de Londres en 1691 par le poète et dramaturge John Dryden (1631-1700). Remonter Le Roi Arthur, de Purcell (de Guérande, comme stipulé sur le programme du Festival de Radio France et Montpellier) en version scénique exige donc d'inventer un synopsis qui recolle les fragments musicaux disparates, liens entre les scènes relatant la rivalité du roi chrétien, Arthur le Breton, et d'Oswald le païen, roi des Saxons, pour la main de la belle Emmeline, fille du duc de Cornouailles. En bref, assembler le monde des dieux celtes, celui de la mythologie grecque, les guerres et l'amour, elfes et nymphes, pastorales et scènes fantastiques comme celle du froid, choeurs à boire et chaconnes mélancoliques, dans le plus strict esprit baroque.

Alors oui, on s'amuse. Des moines virevoltant, de la soldatesque chorale s'enfonçant un seau sur la tête pour entonner un écho, du Roi Arthur aux allures de Rocky Horror Picture Show (clone du comédien Alexandre Astier dans Kaamelott), du couple de skieurs suédois qui passe à l'Acte du froid (seule apparition de Shirley dans un sabir de bande-son à la Bergman). Mais on grimace aussi. De ce raté qu'est la fameuse Cold Song du Génie de l'hiver, dont le chanteur allemand à la voix de haute-contre, Klaus Nomi, fit un tube au début des années 1980. Comme si un drôle de froid justement pénétrait la scène, rompant avec la trépidation des gags et les numéros de music hall entre les levers de rideaux - On a l'béguin pour Célestin, de Robert Allard, chanté par un Niquet chansonnier, Mexico muet mimé par un Dino en costume et sombrero à la Luis Mariano. Les deux derniers actes sembleront un rien fastidieux, qui voient la glorification de l'Amour, puis celle de la Grande-Bretagne.

Et la musique ? Niquet, qui a gravé en 2004 avec son ensemble baroque, Le Concert spirituel, une version de référence du chef-d'oeuvre purcellien chez Glossa, n'a rien perdu de sa vigueur de coloriste. Son plateau lyrique composé d'interprètes aussi bons chanteurs qu'acteurs est de belle facture. Qu'est-ce qui fait alors qu'on a en sortant, avec le sourire, comme une peine au coeur ?"

"Sous le prétexte, pas tout à fait faux, qu\92il y a dans Le Rai Arthur beaucoup de texte et peu de musique, Hervé Niquet et ses deux complices, Corinne et Cilles Benizio (alias Shirley & Dino), chamboulent allégrement l\92intrigue de ce vénérable «opéra», créé en 1691 au Dorset Garden de Londres. Les défenseurs sourcilleux de Purcell (qu\92un livret irrévérencieux surnomme « de Guérande !» !) ont quelque peine à retrouver leurs repères dans ce spectacle loufoque, mais le public rit de bon coeur aux facéties du chef d\92orchestre et de ses interprètes.

Dans un impayable numéro de Fregoli, qui le fait apparaître en kilt, en pantalon écossais ou en culotte de cuir, l\92animateur du Concert Spirituel n\92hésite pas à payer de sa personne, allant même jusqu\92à chanter \97pas si mal que ça d\92ailleurs \97, pendant un changement de décor, un air de L\92Auberge du Cheval-Blanc, « On a l\92beguin pour Célestin ». Impayable ! Les esprits grincheux n\92ont plus alors qu\92à ronger leur frein. Remarquons tout de même, à côté de ces pitreries, la qualité de l\92orchestre, avec ses sonorités volontairement âpres qui donnent à la geste du roi Arthur un beau mélange de rudesse primitive et de lyrisme troubadour. Nervosité des cordes, étrangeté des harmonies ce n\92est pas un Purcell en habits de cour qui nous est ici proposé. Shirley & Dino, pour leurs débuts dans la mise en scène lyrique, restent fidèles à ce qui a fait leur succès médiatique. A condition de ne rien en attendre de sérieux, leur spectacle ne manque pas de charme. Au deuxième ou au troisième degré, on s\92intéresse à ce chapelet bien peu orthodoxe de gags, qui nous renvoient aux Branquiguols ou aux Monty Python. Dino passe l\92aspirateur sur scène afin de réparer les dégâts occasionnés par les choristes ou vient chanter devant le rideau, sans qu\92on entende le moindre son, une rengaine de Francis Lopez, « Mexico ».Iil n\92en faut pas plus pour que les spectateurs se tordent de rire ! À côté de cela, il y a de fort belles images, en particulier lors de la « scène du froid » qui, à tous égards (pertinence des gags visuels, création d\92une ambiance forte à partir d\92éléments savamment dosés), constitue le sommet d\92une production qui, par la suite, a un peu trop tendance à tourner en rond.

Il faut dire que la distribution est loin d\92égaler celle réunie par Hervé Niquet, il y a quatre ans, pour son enregistrement chez Glossa. Habiles comédiens, les solistes se plient, de bon coeur semble-t-il, aux délires de Shirley & Dino. Mais, sur un plan strictement vocal, ils ne dépassent pas une honorable moyenne, a l\92exception de Joào Fernandes. Les choeurs du Concert Spirituel, de leur côté, se sortent sans trop d\92égratignures et même avec un certain panache de cette épopée historien-burlesque."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Premier opéra de Purcell à entrer au répertoire du festival de Salzbourg, King Arthur est annoncé comme un spectacle haut en couleurs. De ce côté-là, on est servi, même s\92il semble y avoir eu erreur sur l\92ennemi : point de Saxons contre les Bretons, mais les Germains d\92acteurs contre les Britons de chanteurs. La pièce de Dryden donnée en allemand \96 avec de fugaces sous-titres didactiques \96 à l\92exception des parties chantées, débute sur un générique à l\92américaine et l\92ouverture en ré mineur. Oswald et Arthur y sont en très bons termes, car Jürgen Flimm a découvert qu\92il y avait de l\92ironie dans l\92opéra, et les deux tribus ne semblent divisées que pour les besoins du spectacle. Du coup, on se perd, car tous les enjeux de l\92\9Cuvre deviennent prétexte à des sketches plus ou moins heureux. Les comédiens sont formidables, le rythme soutenu, la musique bien jouée ; la conception d\92ensemble, façon comédie musicale, pourrait même passer. Seulement voilà, il manque un élément de poids : le merveilleux. Qu\92il y ait de l\92ironie dans le livret, dans la musique, soit, mais King Arthur fait aussi appel au rêve. Que le spectateur ressorte en ayant seulement ri, et la partie est perdue. C\92est à notre sens ce qui arrive avec cette production, qui pas une seconde ne dépasse un humour certes efficace mais prosaïque en diable, ou une émotion au deuxième degré.

La mise en scène se moque du livret, et désamorce tous les beaux moments \96 et ils sont nombreux \96 de la partition. Seul le personnage de Philidel apporte un peu de magie baroque, et même des passages aussi sublimes que Fairest Isle ou How blest are shepherds sont tournés en dérision, sinon avec trivialité. S\92y ajoute une scénographie inégale, de toute laideur au deuxième acte, avec les costumes minables du ch\9Cur où kilts en mohair flirtent avec culottes de peau et autres T-shirts Bambi.

Le ch\9Cur, par ailleurs très efficace musicalement et scéniquement, danse autant que les danseurs, sur une chorégraphie inexistante qui n\92a retenu de la Belle danse que le bal folk, et a oublié d\92écouter la musique \96 rappellera-t-on assez ce rapport fondamental, et dont Harnoncourt devrait se réclamer, de la musique baroque et de la danse ? Du reste, les deux seuls vrais passages dansés par le ballet sont asynchrones et de peu d\92intérêt ; voilà au moins un art qui ne sert pas la Gesamtkunstwerk que Flimm nous sert dans le programme. La Chaconne \96 trop lente, indansable \96 termine la première partie sans grand brio et d\92une manière assez brouillonne sur le plateau.

La deuxième partie est plus réussie. L\92Air du froid, assez bien vu avec ses pingouins, est un massacre en ce qui concerne le chant, comme chaque fois qu\92Oliver Widmer ouvre la bouche ; Barbara Bonney n\92est que l\92ombre d\92elle-même, avec quelques beaux restes dans Fairest Isle \96 mais que d\92attaques par en dessous et d\92aigus avalés \96 ; Isabel Rey chante joliment quand elle ne pousse pas, Birgit Remmert est exsangue, et seul Michael Schade s\92en tire avec élégance et panache. Harnoncourt est toujours passionnant et imaginatif, mais parfois trop raide, parfois trop mou à la tête d\92un Concentus de belle tenue. Le tout se termine, après un long monologue de Merlin à la Frosch, un combat de boxe entre les rois et un mariage glamour, sur la Passacaille valsée autour de l\92orchestre, sans grand intérêt, affublée d\92inégalités plus viennoises que grand siècle, et d\92un atroce ralenti final teutonique.

Reste que le spectacle fonctionne, c\92est parfois drôle, enlevé, et l\92on passe un bon moment. Il y a beaucoup à voir sur scène, et certains gags valent le coup d\92\9Cil \96 Schade en crooner, Arthur embrassant à pleine bouche Grimbald déguisé en Emmeline. On regrettera simplement que le côté gala viennois relègue Purcell et l\92esprit baroque derrière les arcades du Manège des Rochers."

"KingArthur n'est pas un ouvrage de réalisation facile, puisque la représentation de la partie musicale de ce "semi-opéra" requiert le respect d'une pièce parlée de valeur inégale, aux dialogues vite envahissants. Avec son importante activité théâtrale, quasiment aussi conséquente que sa programmation lyrique, le Festival de Salzbourg pouvait évidemment constituer un lieu privilégié pour cet ouvrage hybride... Idée respectable mais qui a débouché sur un spectacle trop long et qui n'a satisfait personne (quatre-vingt-dix minutes de dialogues en allemand entrelardées de quatre-vingt-dix minutes de musique en anglais). Le texte de John Dryden, fidèlement traduit et pas trop coupé, se réduit à une succession de scènes d'affrontement entre magiciens d'un niveau assez puéril, à moins qu'il ne s'agisse-là d'un défaut souligné par la mise en scène de Jürgen Flimm, dont les ficelles comiques paraîtraient grosses même dans un théâtre d'opérette. De surcroît, l'acoustique de la salle de la Felsenreitschule oblige la plupart des acteurs à forcer, jusqu'à émettre des sons pénibles et pas forcément plus compréhensibles pour autant. Un surtitrage permanent aurait été appréciable pendant ces longues scènes, défendues par une troupe de comédiens pourtant chevronnée, parmi lesquels le King Arthur distingué, très british, de Michael Maertens, l'attachante et sensible Emmeline de Sylvie Rohrer, et l'impressionnant Osmond de Roland Renner, semblant échappé du Seigneur des anneaux.

Techniquement, ce spectacle très perfectionné ne peut pourtant que fasciner et met bien en valeur le Manège des rochers de Salzbourg, grâce à l'occupation simultanée de toutes les loges du mur de scène par des projections vidéo. A mesure que la musique de Purcell conquiert davantage d'espace, l'oeil se trouve lui aussi de plus en plus sollicité par une débauche de couleurs et d'effets, dont certains très réussis, Imagerie décalée des scènes de bataille, réjouissante scène du Froid, où toute la largeur de la scène se peuple de pingouins grelottants, puis superbe changement à vue tropical (tenues de bain et colliers de fleurs)... Tout un travail décoratif d'une inventivité débridée de Klaus Kretschme et Birgit Hutter, à la fois spectaculaire et non-conformiste - et qui tente de justifier le prix élevé des billets d'entrée !

Logé dans un grand trou au milieu du plateau, le Concentus Musicus reste envers et contre tout l'une des meilleures formations baroques du monde, avec néanmoins des bois qui restent curieusement verts, comme s'il s'agissait de préserver une vieille marque de fabrique. Nikolaus Harnoncourt se laisse gentiment associer aux petits délires de la mise en scène (on lui enfonce même un bonnet sur le crâne pendant la scène du Froid !), quitte à en rajouter dans la brutalité des effets musicaux. Et les cinq chanteurs (Isabel Rey, Barbara Bonney, Birgit Remmert, Michael Schade et Oliver Widmer), affublés de looks parfois peu ordinaires, payent de leur personne jusqu'à en oublier de soigner leur émission vocale. Riche soirée, qui ne laisse cependant pas grand souvenir, mis à part quelques éblouissements trop passagers."

Voilà que le King Arthur de Purcell fait enfin son entrée au Festival de Salzbourg, 313 ans après sa création londonienne au théâtre de Dorset Garden en 1691, rachetant à la fois une injustice et une absence inexplicables, celle du compositeur anglais dans le panthéon du Festspielhaus aux côtés de Monteverdi et de Haendel. Inexplicable d'autant qu'à Salzbourg on aime le théâtre aussi bien que la musique, et que ce "dramatick opera" écrit à la gloire de Charles II par le poète librettiste, John Dryden, est en fait une pièce de théâtre mêlée de chants, avec divertissements musicaux, danses et machineries, un peu à la manière des futurs singspiels allemands et de l'opéra-comique français. King Arthur procède cependant d'un genre typiquement anglais, celui du "masque", ce divertissement aristocratique thuriféraire du pouvoir, au confluent de la scène et de la fosse, qui s'apparente au ballet de cour français sous Louis XIII et pratique un mélange des genres cher à Purcell : "Comme la poésie est l'harmonie des mots, la musique est celle des notes. Toutes deux excellent en leurs domaines, mais elles n'approchent jamais davantage la perfection que lorsqu'elles sont unies."

Point ne faudra chercher dans King Arthur les romans populaires et autres légendes de Camelot, pas plus que de reine Guenièvre, Lancelot du Lac, de Saint-Graal ou Chevaliers de la Table ronde. Seul rescapé de la geste arthurienne, Merlin l'Enchanteur devenu magicien pour la cause du roi et des forces du Bien. Occupé à chanter les mérites d'un monde en voie de disparition (l'âge d'or de l'Angleterre élisabéthaine) aussi bien que la reconstruction d'une identité nationale, King Arthur ou The British Worthy de Dryden narre l'histoire d'Arthur le preux à la conquête d'une Bretagne unifiée, ennemi d'Oswald le Saxon païen, roi du Kent. Le duel s'organise autour du pouvoir mais aussi de la belle Emmeline, "aveugle comme l'Amour". De part et d'autre, magiciens et esprits vont s'affronter, Merlin contre Osmond, Philidel contre Grimbald, Amour contre Génie du froid, breuvage magique contre forêt enchantée. Las, ceux qui ont droit à l'action n'ont pas droit à la musique, fors les elfes qui peuvent naturellement articuler la langue "surnaturelle" de la musique. Chantent donc les guerriers et les prêtres, les bergers et les dieux, nymphes, sirènes et allégories.

Arguant du fait qu'on ne connaît aucune version originale de l'\9Cuvre, une soixantaine de documents incomplets et parfois contradictoires ayant servi à constituer une partition mère, le metteur en scène Jürgen Flimm et le chef d'orchestre Nikolaus Harnoncourt ont patouillé leur propre Roi Arthur pour en faire, selon leurs propres termes, une "comédie musicale". D'où cet aspect théâtre de foire, des scènes parlées en allemand, gags et gaudrioles, quand les parties chantées le sont en anglais. Foisonnant, débridé, résolument théâtral, le spectacle relègue donc la musique au second plan, ou plutôt au fond du trou central où l'on a placé l'orchestre comme dans l'\9Cil d'un cyclone.

Passé le décryptage des personnages (Merlin le prestidigitateur ringard ; Arthur, militaire anglais de la seconde guerre mondiale ; Grimbald le méchant de contes de fées ; Oswald le Saxon primitif, etc.), on passe le temps à compter les points d'un \9Ccuménisme esthétique généralisé. Chorégraphique - du folklore à la danse de salon, en passant par la comédie musicale et la valse viennoise -, mais aussi vestimentaire (variations saxonnes sur culottes de peau et dirndl britanniques sur fond d'écossais, costumes marins et imprimés liberty) et scénographique (vidéos et envolées baroques dans les airs, plages hawaïennes et calotte glaciaire arctique).

De la musique sublime de Purcell, qui mêle finement styles français, italien et chanson anglaise, de la harangue merveilleuse de Dryden qui procède par tableaux allégoriques, ne reste qu'une succession de numéros plus ou moins comiques. Le plateau vocal est cependant de toute beauté, les ch\9Curs et l'orchestre somptueux, mais la direction d'Harnoncourt pousse le raffinement jusqu'au maniérisme (notamment les tempos) renforçant un sentiment de déperdition et de morcellement qui consomme le divorce du théâtre et de la musique. Le second degré, lui, descend parfois en dessous de zéro, comme dans le fameux Masque du froid ("The Frost Scene") de l'acte III, avec la célébrissime "Cold Song". Passe que le Génie du froid inopinément réveillé par l'Amour jaillisse de la banquise en pingouin, que tout le monde revête bonnets, gants et écharpes, passe que la musique se glace, au point de n'être plus qu'un frisson qui grelotte de la glotte et de l'archet, mais pas au point de dérober les si belles et douloureuses harmonies du " What power art thou", que Klaus Nomi, au début des années 1980, avait popularisé via le film de Maurice Pialat, "A nos amours", en 1983.

Clown gothique en noir et blanc, il avait bouleversé le monde entier avec cette voix de falsettiste qui semblait flirter avec la mort. En quelques minutes d'éternité, l'icône allemande a plus fait pour Purcell que ne le feront jamais les trois heures d'ores et déjà datées du spectacle de Jürgen Flimm et Nikolaus Harnoncourt."

 

 

"Hervé Niquet offre aujourd\92hui une nouvelle version du King Arthur. Nouvelle en partie car il a essayé d\92inventer une histoire qui raconterait les aventures du Roi à la recherche de l\92Amour, tout en conservant l\92ordre et le sens de la musique du compositeur. Pour tenter de rendre la version concertante moins \93austère\94, les chanteurs et instrumentistes truffent le concert de quelques gags, simples mais efficaces. Pendant l\92air du froid, deux musiciens s\92entourent de gros manteaux, chapeaux et frissonnent. Le choeur est également très actif en chantant n\92importe comment et en démarrant en décalage mais tout est fait avec goût et une complicité évidente s\92établit entre les différents exécutants. Le plateau vocal est de grand luxe et d\92anciens spécialistes du baroque sont rejoints par une nouvelle génération plus que prometteuse. Véronique Gens retrouve, avec grand bonheur, son répertoire de prédilection et Purcell chez qui elle avait déjà trouvé un magnifique rôle en Didon. Après avoir chanté Vénus au Châtelet dans les années 90 sous la direction de William Christie, elle aborde cette fois la partie de soprano plus grave et se sert de son medium nourri et puissant pour soutenir l\92ensemble des solistes et lui permettre ainsi d\92atteindre un autre niveau et une musicalité qui sans être absente, n\92est pas forcément présente à chaque instant. Ses interventions, confirmées par un art consommé, illuminent et dynamisent quelque peu le concert. La jeune soprano Hanna Bayodi, découverte dans Ester de Ligarti la semaine précédente, remplace Jaël Azzaretti. La voix est encore mince et assez peu puissante mais la chanteuse a surtout travaillé le legato qui est très beau et encourageant pour l\92avenir. En revanche son instrument manque quelque peu de rondeur et cela se ressent surtout dans les vocalises. Le fameux \93Fairest Isle\94 est assez bien mené mais quelques difficultés sont occultées, difficultés dues à une diction parfois approximative sur les notes élevées sur \93all Isles\94 Le timbre de sa voix, et l\92agilité qui la caractérise, destine sans aucun doute cette jeune artiste au répertoire baroque. Les voix des deux sopranos se mêlent admirablement dans le duo des deux sirènes de l\92acte IV, chacune complétant l\92autre.

Après un début assez incertain, Cyril Auvity se reprend et confirme les espoirs placés en sa jeune carrière. Ce haute-contre possède un timbre bien particulier et qui commence à être reconnaissable dans la mesure où il arrive maintenant à se dégager de ses illustres modèles. Ses interventions ne manquent pas d\92élégance et ses vocalises sont menées avec grande netteté notamment dans le passage \93I call you all\94 de l\92acte I. Il se montre drôle lorsque, pour un jeu de scène, il tente d\92empêcher l\92autre ténor, Joseph Cornwell, de chanter et qu\92en écho il reprend la fin de ses phrases. Joseph Cornwell ne manque pas d'abattage autant scénique que vocal. L\92air \93your hay\94 est emmené avec grande énergie et autant les musiciens que le chanteur s\92en donnent à coeur joie et font de ce passage une scène d\92anthologie. Les choristes, les solistes et les chanteurs sablent alors le champagne et trinquent tous gaiement. Le reste de la prestation du ténor est d\92une grande qualité malgré une diction qui n\92est pas toujours excellente. Peter Harvey, bien connu dans le monde baroque, est parfait que ce soit vocalement ou musicalement. Le fameux passage sur le froid et la mort \93What power art thou\94 est très impressionnant et les violons soutiennent parfaitement en jouant très haché et pianissimo le début instrumental: immédiatement une atmosphère inquiétante, solennelle, presque effrayante se crée. Plus l\92air avance, plus le chanteur éclaircie son timbre comme si une sorte d\92espoir se dessinait.

A noter l\92excellence du choeur du Concert Spirituel. Les choristes jouent avec les mots et, par exemple, mettent en valeur les \93r\94 dans \93trust\94 dans la première scène de l\92acte II. Les sorcières de Didon ne sont pas loin\85 Hervé Niquet se révèle être un interprète idéal de ce répertoire et il est à regretter que des maisons d\92opéra ne lui propose pas de monter scéniquement ces oeuvres car elles seraient exécutées avec grand soin et grande musicalité. Il s\92appuie sur un pupitre de violons qui sait enlever une partition et la porter à un très haut niveau notamment à travers les élans énergiques qu\92ils insufflent, comme par exemple dans l\92ouverture. Un bien beau concert !" (ConcertoNet)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

King Arthur à Paris

"L'oeuvre entière nous ici est proposée : la pièce, efficace même si pas toujours subtile, du grand poète John Dryden, et la musique de Purcell. Au théâtre reviennent le discours, l'action et l'avancée du temps dramatique, à la musique sont dévolues des plages temporelles plus statiques. Ainsi présenté intégralement, ce King Arthur trouve une impeccable et paradoxale unité dans une mosaïque de registres (politique et bucolique, guerrier et amoureux, allégorique et magique) qui créent une merveille infinie de perspectives. Cet ouvrage devient alors l'un des ces fameux labyrinthes baroques dont le but ultime est d'égarer ses spectateurs et les faire chavirer de plaisir.

Pour cette mosaïque dramaturgique, Graham Vick a inventé une scénographie "en machines" fantastique et virtuose...Tout cela est réalisé de main de maître : la déclamation, très soutenue, des acteurs est saisissante l'opulence et la diversité stylistique des costumes sont en totale cohérence avec chaque intention scénique enfin, les multiples machineries mises en oeuvre émerveillent à chaque instant...Le grand triomphateur de la soirée est William Christie. Son travail dans King Arthur est tout simplement admirable. S'intégrant parfaitement à la pièce de Dryden et à la réalisation généreuse de Graham Vick, il a sa large part dans l'impeccable continuité musicale d'un spectacle long de trois heures trente. Chaque tempo est évident, même celui, extrêmement distendu, du "song" final "Fairest Isle", peu justifiable au disque mais indiscutable ici. Pourtant assez peu fourni, l'orchestre sonne solidement, le continuo est imaginatif. Christie est un parfait coordonnateur : s'il dirige les ensembles dans nombre de moments chambristes, il laisse chanteurs et instrumentistes cheminer ensemble. Le groupe de chanteurs est remarquable. S'en distinguent les sopranos Véronique Gens, Claron McFadden et Sandrine Piau, et les basses Petteri Salomaa et Jonathan Best." (Opéra International - avril 1995)

 

 "...une interprétation quasi idéale de l'opéra de Purcell, en tout cas supérieure car plus animée, plus émouvante et plus homogène à son enregistrement. Attentif au moindre détail, (Gardiner aurait peut-être pu lâcher la bride ici ou là (l'air de Comus et des deux paysans donné en bis était, à tous les sens du terme, plus déboutonné), mais on ne voit pas qui, à l'heure actuelle, pourrait surclasser un tel travail. D'autant que chanteurs et instrumentistes étaient absolument parfaits. Le Monteverdi Choir reste unique au monde pour sa netteté d'articulation, son homogénéité et ses couleurs, et les English Baroque Soloists répondent prestement aux injonctions du chef. Nancy Argenta incarne une Cupidon piquante, Stephen Varcoe un Génie du froid émouvant et digne et un ÉoIe au souffle puissant. Il forme avec Jennifer Srnith un bouleversant duo à l'acte V (" You say'tis love "). Lynne Dawson chante comme personne le fameux "Fairest Isle" et Paul Agnew, héroïque ("Come if you dare") ou tendre ("How blest are sheperds"), confirme qu'il est un ténor à suivre de très près." (Le Monde de la Musique - janvier 1995)

 

 

"La direction survoltée, contrastée et cursive de McCreesh, la virtuosité et la prestesse de son orchestre firent totalement oublier l'absence de mise en scène."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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