TELEMACO

COMPOSITEUR

Alessandro SCARLATTI
LIBRETTISTE

Carlo Sigismondo Capece

 Opéra représenté au Teatro Capranica de Rome durant le carnaval de 1718.

La distribution était exclusivement masculine, les principaux rôles étant confiés à des castrats : Gaetano Narici (Calipso), Carlo Scalzi (Antiope), Domenico Gizzi (Telemaco), Gasparo Gerei (Adrasto), Caralo Bernardi (Sicoreo), Annibale Pio Fabri (Mentore), Francesco Sandri (Nicandro), Michele Selvatrici (Nettuno, Tersite, Ombra di Atalanta), Pietro Ricci (Minerva, Silvina).

  Composé sur un livret de Carlo-Sigismondo Capece et créé à Rome pour le Carnaval de 1718, Il Telemaco entremêle, en ses trois actes, une double trame : un opera seria, avec les personnages de Calipso, Telemaco, Antiope et Mentor, et un opera buffa, avec les rôles comiques de Tersite et Silviana.

 

Représentations :

 

 

 

 

 

 

 

 

Telemaco à Nice

"Le metteur en scène souligne le caractère statique et pictural des personnages pendant les airs - immobiles traductions des affetti - mais ne parvient qu'à imposer un récit froid qui n'explique pas les relations entre les personnages"..."Gilbert Bezzina dirige son Ensemble Baroque de Nice violon en main. Tout son travail consiste à appliquer à la partition quelques traits baroques noyés dans une uniformité bien peu dramatique"..."Hors le Télémaque de Guy de Mey, les voix réunies sont les moins adéquates qu'on puisse imaginer."

"Outre la partition, les grands triomphateurs de la soirée sont Gilbert Bezzina et son Orchestre Baroque de Nice qu'il dirige de son archet de premier violon : ses cordes charnelles chantent naturellement dans la langue musicale italienne, et son continuo - avec, ici, une judicieuse harpe à la place du second clavecin - est tou-jours aussi primordial. Choisissant des tempi évidents, attentif à la variété des formes musicales et à la caractérisation de chaque numéro, n'enserrant jamais la partition dans des cadres trop arbi-traires et narcissiques, Bezzina a su, heureusement, faire tenir debout ce qu'un plateau vocal inégal et une production scénique défectueuse auraient pu naufrager. Sa parfaite compréhension de l'opéra baroque italien, - a fortiori lorsque l'ouvrage, complexe, entremêle les registres seria et buffa - en fait actuellement le meilleur praticien en exercice. La distribution vocale s'est avérée inégale et d'un style très hétérogène. Au nombre des satisfactions, le ténor Guy de Mey (sa voix sonnante et claire et sa vaillance convenaient au rôle de Telemaco), la soprano Rossana Bertini (sa voix fruitée et agile - idéale pour Despina - et son talent comique, toujours racé, ont fait merveille dans le rôle de Silviana) et le ténor Ian Honeyman (malgré un jeu un peu chargé mettant son émission vocale en danger, il a un joyeux abattage dans le rôle de Tersite). Au nombre des décep-ions, citons notamment les fades sopranos Edith Pritchard et Regina Nathan, trop semblables, au point d'être interchangeables dans des rôles pourtant bien caractérisés par Scarlatti, le contreténor Kai Wessel, détenteur de trop de petits bouts de voix pour en posséder une seule, et le ténor Christopher Gillett, aussi peu concerné que possible.

Mais tous ont de réelles excuses le travail scénique n'était pas fait pour les aider. Faisant, par facilité ou par paresse, cheminer séparément, et dans des espaces différents (au lieu de les faire cohabiter), l'opera seria - sur la scène - et l'opera buffa - dans la salle et parmi les spectateurs, donc devant la fosse d'orchestre - Denis Krief mutile la partition. La partie buffa, surjouée et sollicitant de grosses ficelles, et la partie seria, faite d'une morne et statique présentation "inspirée" de tableaux de Poussin et Le Lorrain, vide de toute direction d'acteurs, semblent appartenir à deux ouvrages différents."

 

 

 

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