TAMERLANO

COMPOSITEUR

Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE

Nicola Haym
 
ORCHESTRE
Orchestre de Patras
CHOEUR

DIRECTION
Goerge Petrou

Tamerlano
Nicholas Spanos

Bajazet
Tassis Christoyannis

Andronico
Mary-Ellen Nesi

Irene
Irini Karaianni

Asteria
Mata Katsuli

Leone
Petros Magoulas

DATE D'ENREGISTREMENT
2006
LIEU D'ENREGISTREMENT

ENREGISTREMENT EN CONCERT

EDITEUR
MDG
DISTRIBUTION
Codaex
DATE DE PRODUCTION
6 septembre 2007
NOMBRE DE DISQUES
3
CATEGORIE
DDD

 Critique de cet enregistrement dans :

"Enfin ! Enfin un chanteur que Bajazet n’écrase pas, qui ne se noie pas dans l’orchestre, n’élude pas ses fins de phrase, ne triche pas. Naturellement, c’est un baryton. Comme on s’égare en confiant les baryténors haendéliens à des voix légères ! Surtout les rôles destinés à Francesco Borosini, Bajazet originel pour qui le compositeur transposa tout ce qu’il avait prévu vers le bas. Du médium, du corps, du texte, du legato le jeune baryton athénien Tassis Christoyannis prend peut-être Haendel pour Donizetti, et il y a dans son Bajazet plus d’amant romantique (son emploi aujourd’hui) que de père baroque, mais il nous enveloppe, nous emporte, nous touche au seuil du tombeau et rend à l’empereur turc son plus bel hommage depuis Alexander Young.

Beaucoup de talent alentour. Mata Katsuli la première, elle aussi moins fille que maîtresse, pas assez innocente pour traduire la fragilité d’Asteria, lyrique au contraire, agile, volubile, expressive et bien chantante. Les « castrats » rivaux posent plus de problèmes. Tamerlano tombe mal dans les cordes d’un falsettiste de chapelle poitrinant sans mesure pour rendre plausible son guerrier tartare. Andronico, rôle créé en 1 724 par la vedette Senesino, exige un vrai contralto, non une mezzo tubant ses graves comme une matrone en courroux. Mais tous deux vocalisent à merveille et croient à leur destin. Irène, rendue dans cette version 100 % originale (clarinettes comprises dans "Par che mi nasca") au registre d’alto, époumone la consciencieuse Irini Karaianni. Leone n’est qu’honnête. Voici pourtant le plateau le moins vulnérable et le plus équilibré depuis qu’on enregistre Tamerlano. Ce n’est pas rien. D’autant que l’orchestre, en dépit de fragilités patentes lorsqu’il s’agit de mettre d’accord les basses et les vents, joue de mieux en mieux, et que le chef dirige Haendel en connaisseur.

Après le pastiche Oreste et l’insolite Arianna in Creta, c’est la première fois que George Petrou fait jouer à sa troupe grecque une histoire... non grecque. Si celle-ci se dérobe quelquefois, ce n’est pas qu’il omet de la raconter. C’est qu’il néglige certaines nuances (le pianissimo de "Figlia mia"), certaines subtilités (le staccato de "Cor di padre", ici seulement piqué, sans rage ni poids), certaines armes dont dépend la tragédie. Quand l’image tient lieu do drame, le souffle paraît court, Dommage, car le tempo est excellent, la compréhension du style indéniable et la loyauté du projet manifeste. A connaître dans tous les cas, en plus de l’album moins complet et moins en voix de Gardiner. Jusqu’à nouvel ordre, une référence."

"Nous avions dit beaucoup de bien des précédentes gravures (Oreste, Arianna in Creta) parues chez MDC et réalisées par une équipe entièrement grecque, sous la baguette de George Petrou. C’est aussi que les oeuvres étaient rares, et la concurrence peu fournie. Ici, bien que donnant à entendre la version de 1724 dans son entier, les qualités se retrouvent, mais certaines carences apparaissent également. La prise de son, tout d’abord, un peu froide, qui place l’auditeur assez loin de l’orchestre et des chanteurs, n’aide pas la direction de George Petrou, elle-même timide et marmoréenne, pas assez caractérisée, à animer le drame — qui est pourtant ici de feu et de sang. Dans le rôle-titre, distribué à un contre-ténor, Nicholas Spanos a la virtuosité et le panache insidieux du personnage, mais la projection, le grave sont trop modestes, et la projection des consonnes est insuffisante. Face à lui le Bajazet de Tassis Christoyannis est honnête, élégant, mais il manque un peu de morgue et de charisme, et son articulation est parfois molle. Pretros Magoulas est une basse haendélienne typique et fonctionnelle. L’appendice permet de l’entendre dans ce merveilleux et brillant air complémentaire qu’est « Nel mondo nell'l’abisso » où il se montre simplement satisfaisant. Il y a plus de bonheur à trouver du côté des dames. Et notamment du côté de l’Asteria de Mata Katsuli, magnifique soprano frémissant, la seule à se révéler vraiment émouvante dans ce coffret. Les vocalises sont très correctement exécutées. Alto chaud et rond, doté de beaux graves, Mary-Ellen Nesi est un Andronico très bien chantant, très musical. Elle est délicate et caressante, mais se perd un peu dans les profondeurs de «Benchè mi sprezzi », et, malgré des vocalises impeccables, ne fait pas toujours montre de l’abattage que l’on serait en droit d’attendre(vocalises de « Piu d’una tigre altero ». Le duo entre Asteria et Andronico constitue le moment-clé du disque attendu. Enfin Irina Karaianni délivre une Irene assez engagée, mais manquant un peu de densité de timbre (très beau « Par che mi nasca » cependant, dépouillé comme il faut). En dépit de ces différentes qualités vocales, on finit par s’ennuyer ferme, si bien que les défauts de ce disque sont trop patents pour qu’on puisse le recommander. Pour cette oeuvre centrale, nous attendons toujours une version de référence."

"... à ne pas manquer, l'excellent Tamerlano dirigé par George Petrou, à la tête de l'Orchestre de Patras jouant sur instruments d'époque.

Là encore, aucune star dans la distribution... mais un travail d'équipe remarquable. On admire l'intelligence du propos, la compréhension du drame et de la nature de chaque personnage. Bref, une justesse de ton et de style rare."

 

 

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