ORLANDO FURIOSO

COMPOSITEUR

Antonio VIVALDI
LIBRETTISTE

Grazio Braccioli, d'après L'Arioste

ENREGISTREMENT
EDITION
DIRECTION
EDITEUR
NOMBRE
LANGUE
FICHE DETAILLEE
1977
2001
Claudio Scimone
WEA/Erato
3
italien
1977
1995
Claudio Scimone
WEA/Erato
1 (extraits)
italien
1977
1999
Claudio Scimone
WEA/Erato
1 (extraits)
italien
1977
2004
Claudio Scimone
Apex
1 (extraits)
italien
2002
2003
Federico Maria Sardelli
Amadeus
2
italien
2002
2008
Federico Maria Sardelli
CPO
3
italien
2004
2004
Jean-Christophe Spinosi
Opus 111
3
italien
2008
2008
Andrea Marcon
Celestial Audio
3
italien

DVD

ENREGISTREMENT
ÉDITION
DIRECTION
ÉDITEUR
FICHE DÉTAILLÉE
1990
2000
Randall Behr
Arthaus

Drame musical, opéra héroïco-magique, en trois actes (RV 728), créé au Teatro Sant'Angelo de Venise, à l'automne 1727.

Vivaldi réutilisa le livret écrit par le poète ferrarais Grazio Braccioli pour l'Orlando finto pazzo en 1714.

L'Arioste

Distribution : la contralto Lucia Lancetti (Orlando), spécialiste des rôles travestis, qui avait déjà chanté dans Ipermestra, la soprano vénitienne Benedetta Serosina (Angelica), Anna Giro (Alcina), la contralto Maria Caterina Negri (Bradamante), Casimiro Pignotti (Medoro), jeune castrat alto romain, le castrat alto Giovanni Andrea Tassi (Ruggiero), la basse Gaetano Pinetti (Astolfo), originaire de Brescia.

 

Reprise à Bergame pendant le carnaval 1738.

 

"Cet Orlando est une des plus remarquables productions vénitiennes. En 1714, nous ne sommes plus à l’apogée du luxe et des représentations diplomatiques qui donnaient à Venise la reconnaissance d’être une capitale culturelle des plus modernes et plus prestigieuses du moment car c’est maintenant Naples qui brille — notamment avec Scarlatti. Vivaldi trouve une place royale dans la République de Venise avec son librettiste de prédilection Grazio Braccioli (la saison précédente les avaient portés aux nues avec Orlando Furioso — avec la signature apocryphe de Giovanni Maria Ristori ). Que dire des grands chanteurs qu’ils choisissent ? Ils sont au plus haut niveau de leur art car la grande Margherita Gualandi pour Ersilla, Anton Francesco Carli pour Orlando et le castra le plus prestigieux du moment — Andrea Pacini pour le rôle d’Argillano — leur assureraient un succès extraordinaire. C’est peut-être le modernisme de l’écriture que le public bouda en son temps ? " (ResMusica)

 

Synopsis détaillé (version Claudio Scimone)

La perfide magicienne Alcina règne sur une île enchantée dont elle a chassé sa soeur, Logistilla, symbole de la raison. Vieille et horrible, elle peut, grâce à ses artifices, sembler jeune et belle, et séduire tout homme qui pénètre en son royaume. Elle y donne l'hospitalité à la princesse Angelica dont sont épris le preux Orlando et le guerrier Medoro. L'amour de la princesse va à ce dernier.

Acte I

(1) Orlando (mezzo-soprano) proclame sa confiance dans sa valeur et l'amour que ne peut lui refuser Angelica.

Un jardin délicieux dans lequel on voit les deux fontaines, une qui éteint, l'autre qui fait naître l'amour. La mer agitée au loin.

(2) Angelica pleure son amour devant la mer tempétueuse. On entend appeler au secours. Angelica reconnaît Medoro qui est jeté, blessé, sur le rivage. (3) Alors qu'elle désespère de pouvoir le guérir, Alcina survient qui, par l'effet de sa magie, guérit Medoro. celui-ci revient à la vie et raconte qu'il était parti à la recherche d'Angelica, et qu'il a été blessé et fait prisonnier quand son navire a été attaqué par des ennemis. Une tempête l'a jeté par dessus bord et il a pu s'accrocher à une barque. (4) Orlando entend les dernières paroles de son rival, et entre en fureur contre Angelica. Alcina sauve la situation en affirmant que Medoro est le frère d'Angelica. Celle-ci, entrant dans le jeu, feint de répondre aux soupirs d'Orlando, provoquant ainsi la jalousie de Medoro qu'il lui faut à son tour rassurer. (5) Restée seule, Alcina voit apparaître Ruggiero sur un cheval ailé. Elle s'éprend immédiatement du jeune homme à qui elle fait boire un breuvage ensorcelé ; l'effet en est immédiat et Ruggiero oublie qu'il est l'époux fidèle et aimant de Bradamante. (6) Celle-ci arrive sur ces entrefaites ; Ruggiero ne la reconnaît même pas et elle le voit avec douleur faire la cour à Alcina. Par prudence, elle feint de s'appeler Olimpia et d'être à la recherche de Bireno, un amant infidèle.

Acte II

(1) Les époux se rencontrent à nouveau, mais Ruggiero ne reconnaît toujours pas Bradamante. Celle-ci essaye de raviver les souvenirs de Ruggiero, en lui montrant un anneau reçu de lui en gage de foi. L'anneau - enchanté - rompt le sortilège dont Ruggiero est victime, et celui-ci reconnaît enfin son épouse qui le punit de son égarement en le repoussant avec des paroles hautaines. (2) Orlando cherche à réconforter Ruggiero.

Un bosquet délicieux avec des havres de verdure

(3) Le preux Astolfo, autre paladin chrétien, s'éprend d'Alcina qui se rit de ses avances. (4) Réconciliés, Ruggiero et Bradamante chantent en duo leur amour.

Une montagne alpestre, avec un grand rocher abrupt

(5) Angelica prépare son mariage avec Medoro et rassure ce dernier, inquiet de la réaction d'Orlando. (6) Pour se débarrasser d'Orlando qui vient l'importuner, elle l'envoie chercher une eau de jouvence qu'il trouvera, gardée par un monstre, au sommet d'une colline. Orlando commence à escalader le rocher. (7) Seul dans la caverne, Orlando défie le monstre. Une voix lui répond qu'il est prisonnier d'Alcina. Effectivement, Orlando s'aperçoit qu'il est enfermé dans une grotte sans issue. Il tente d'arracher les pierres, et tout en faisant de nouveaux efforts, il se rend compte qu'Angelica l'a trompée.

Une campagne aux pieds d'une colline avec un bosquet de chaque côté, à l'ombre desquels on voit le couvert dressé et la tasse nuptiale d'Angelica et Medoro

(8) On célèbre le mariage d'Angelica et Medoro, devant Alcina et sa suite. (9) Restés seuls, les époux échangent des paroles d'amour, et gravent leurs noms sur l'écorce des arbres. (10) Orlando, qu'un tremblement de terre a libéré, arrive alors que les époux partent. Découvrant les inscriptions "Angelica et Medoro, amants et époux", il devient furieux et, perdant la raison, détruit dans se colère l'arbre sur lequel les jeunes époux ont gravé leurs noms ainsi que toute la végétation environnante.

Acte III

Vestibule, devant le temple d'Hécate Infernale, avec un mur d'acier en perspective, qui ferme le temple

(1) Ruggiero croit Orlando mort. Astolfo lui conseille toutefois de prendre leur revanche sur la perfide Alcina, en se faisant aider par une magicienne vertueuse, Melissa. (2) Bradamante également, portant des vêtements masculins, souhaite se venger, et dérober l'urne d'où Alcina tire ses pouvoirs. (3) Alcina survient, dévorée par l'amour., dont elle souhaite se rendre maître. Le Ciel et l'Enfer restant sourds, elle se décide à consulter le sage Merlin l'Enchanteur. Le mur d'acier se fend en deux, et on découvre le temple d'Hécate Infernale. On y voit la statue de Merlin l'Enchanteur posée contre une urne contenant ses cendres. Elle est gardée par l'invulnérable Aronte qui tient une massue au poing. Alcina implore Merlin. Bradamante, sous le nom d'Aldarico, l'interrompt en lui révélant que Ruggiero est l'amant infidèle d'une de ses soeurs. Alcina s'éprend immédiatement du nouveau venu à qui elle prodigue les avances. (4) Orlando réapparaît, tenant, à la stupéfaction de ses compagnons, des propos incompréhensibles. Il raconte que son amour a été contrarié par "madame la Cruauté" et "monsieur la Rigueur", effectue des pas de danse. (5) Il oblige Alcina à chanter une chanson. Le délire du héros devient tel qu'il frappe de pitié tous les témoins de la scène. Il se saisit d'Angelica à l'improviste, en la prenant pour madame la Cruauté, puis la laisse aller. (6) Resté seul, il s'attaque au monstre qui défend la statue de Merlin en qui il croit voir la cruelle qui l'a fait souffrir. Au terme d'un affreux combat, statue et monstre s'écroulent ; l'île est libérée des maléfices d'Alcina et devient déserte avec tous ses escarpements, tous ses rochers, avec l'arbre auquel sont pendues les armes d'Orlando. Epuisé, Orlando s'endort. (7) Alcina se lamente sur son sort. Elle aperçoit Orlando endormi, et se jette sur lui avec un poignard. Elle est retenue par Ruggiero, et découvre qu'Aldarico n'est autre que Bradamante. (8) Bradamante arrête Angelica qui cherche à fuir, et l'accuse d'avoir provoqué la folie d'Orlando. (9) Astolfo arrive avec les soldats de Logistilla, et veut faire arrêter Alcina et Angelica. Orlando finit par sortir de son sommeil, et pardonne à Angelica et Medoro, leur souhaitant une union heureuse.

(livret Erato)

 

Synopsis détaillé (version Jean-Christophe Spinosi)

L’action se déroule sur l’île enchantée de la magicienne Alcina, qui a établi son pouvoir en dérobant les cendres de Merlin l’Enchanteur. Celles-ci, précieusement déposées dans une urne, sont enfermées dans le Temple d’Hécate Infernale, sous la garde de l’invulnérable Aronte. Alcina a accueilli en son château la belle Angelica, fille du Roi de Cathay. Eprise de Medoro, et passionnément aimée du paladin Orlando, Angelica a fui son adorateur, perdant en route son amant bien-aimé. Au moment où débute le drame, Orlando, chargé par son mentor Malagigi de reprendre possession des cendres de Merlin afin de détruire le pouvoir d’Alcina, arrive sur l’île. Astolfo, fidèle compagnon d’Orlando, s’y trouve déjà, victime de l’amour pervers de la magicienne. Ruggiero et sa maîtresse Bradamante, autres fidèles du paladin, s’apprêtent à y poser le pied.

Acte I

Une cour dans le palais d'Alcina

(1) Angelica confie à Alcina son désespoir d’avoir perdu Medoro. La magicienne lui promet de lui rendre son amant et de la protéger contre la passion d’Orlando. Air d'Angelica (Un raggio di speme). (2) Orlando rencontre Astolfo et le combat avant de reconnaître. Alcina décide de s'attacher Orlando qui ne pense qu'à Angelica. Astolfo, de son côté, est jaloux qu'Alcina n'ait d'yeux que pour Orlando. Air d'Alcina (Alza in quegl'occhi). (3) Astolfo révèle à Orlando qui est Alcina et quels sont ses pouvoirs. (4) Orlando invoque Angelica, mais c'est Bradamante qu'il retrouve, lancée à la recherche de Ruggiero. La fière amazone, ayant appris que son bien-aimé avait été attiré sur l’île par un sortilège d’Alcina, affirme sa détermination à braver la magicienne grâce à l’anneau magique que lui a confié la fée Melissa. Air de Bradamante (Generoso è'l consiglio). (5) Orlando, resté seul, médite sur sa mission et affirme sa résolution dans une solennelle déclaration. Air d'Orlando (Nel profondo).

Un jardin délicieux où l'on peut voir deux fontaines, l'une qui éteint, l'autre qui fait naître l'amour. Mer agitée au loin.

(6) Angelica voit s'échouer une barque sur le rivage, avec un naufragé. C'est Medoro blessé. Angelica appelle à l'aide. (7) Alcina, par des paroles magiques, rétablit Medoro. les deux amants s'étreignent et Medoro raconte comment son navire a été attaqué, comment il a été blessé et fait prisonnier, et comment il a été englouti par une tempête. (8) Orlando survient à cet instant, mais sa jalousie s’estompe après que la magicienne lui ait présenté Medoro comme le cousin d’Angelica. La belle achève de tromper son adorateur par une déclaration langoureuse qui plonge à son tour Medoro dans les affres de la jalousie. Air d'Angelica (Tu sei degl'occhi miei). Orlando, rassuré, se répand en excuses. Air d'Orlando (Troppo è fiero). Medoro confie ses doutes à Alcina. Air de Medoro (Rompo i ceppi).

(10) Restée seule, Alcina voit descendre du ciel un hippogriffe, monté par le chevalier Ruggiero. Charmée par le nouveau venu, elle le séduit en lui faisant boire l'eau de la fontaine d’amour. (11) Bradamante, qui survient peu après, et que Ruggiero envoûté ne reconnaît pas, se fait passer pour Olimpia délaissée par Bireno. Ruggiero la prend pour une folle. Air de Ruggiero (Sol da te, mio dolce amore). (12) Alcina assure Bradamnte que Ruggiero n'est pas celui qu'elle cherche. Désespéré, Bradamante s’enfuit. (13) Seule, Alcina savourerla capture de sa nouvelle proie. Air d'Alcina (Amorose ai rai sel sole).

Acte II

Un bosquet délicieux avec des havres de verdure

(1) Alcina poursuit avec Astolfo un jeu de séduction pervers. Air d'Alcina (Vorresti amor da me). (2) Pour se venger de la magicienne, Astolfo à se ranger aux côtés de Bradamante. Air d'Astolfo (Benché nasconda). (3) Survient Ruggiero qui, toujours envoûté, ne reconnaît pas Bradamnte. Celle-ci donne à Ruggiero l'anneau magique qui rompt l'enchantement. Ruggiero implore son pardon, mais Bradamante l’abandonne cependant à son désespoir. Air de Bradamante (Taci, non ti lagnar). (4) Orlando tente vainement de le consoler. Air d'Orlando (Sorge l'irato nembo).

Un sommet alpestre, avec un rocher élevé et abrupt

(5) Angelica retrouve Medoro auquel elle promet un proche hymen, faisant son affaire d'Orlando. Medoro s'éloigne, plein d'inquiétude. Air de Medoro (Qual candido flore). (6) De fait, aidée par les enchantements d'Alcina, la perfide convainc son adorateur de pénétrer dans une montagne ensorcelée, au prétexte d’y recueillir pour elle une eau de jouvence ardemment convoitée. Air d'Angelica (Chiara al pari lucida stella). Orlando se laisse facilement abuser et commence à gravir le rocher. (7) Astolfo tente de le retenir, mais Orlando se fâche contre lui, et continue. (8) Il est bientôt emprisonné dans une caverne sans issue. (9) Orlando croit toujours devoir affronter un monstre, mais une voix lui indique qu'il est prisonnier d'Alcina. Il tente de se délivrer. (10) Pendant ce temps, Bradamante et Ruggiero se retrouvent et se réconcilient. Air de Ruggiero (Che bel morirti in sen). Air de Bradamante (Se cresce un torrente).

Une campagne aux pieds d'une colline, avec des bosquets de part et d'autre, à l'ombre desquels on voit le couvert mis, et la coupe nuptiale d'Angelica et Medoro

(11) Angelica et Medoro célèbrent avec faste leur hyménée dans une vaste clairière, sous le regard protecteur mais envieux d’Alcina. Air d'Alcina (Cosi potessi anch'io). Les époux gravent leur serment d’amour sur le tronc d’un laurier et d’un myrte. Duo (Belle pinaticelle). (13) Ils s’éloignent au moment où Orlando, parvenu à s'extraire de la caverne enchantée, arrive dans le sous-bois. La vue des époux et la découverte des inscriptions sur le tronc des arbres le fait basculer dans la folie.

Acte III

Vestibule devant le temple d'Hécate Infernale avec un mur d'acier en perspective qui ferme le temple

(1) Astolfo est convaincu de la mort d'Orlando et propose à Ruggiero d'honorer sa dépouille et de se venger d'Alcina, grâce à l'aide de Melissa. Air d'Astolfo (Dove il valor s'abbatte). (2) Rejoints par Bradamante en habits masculins, bien décidée à braver la magicienne, ils la surprennent alors qu’elle se présente devant le mur d’acier qui protège le Temple d’Hécate Infernale. (3) Air d'Alcina (L'arco vuo frangerti). Ses incantations sont mises en échec par l’anneau de Melissa. Invoquant le sage Merlin, elle parvient à faire ouvrir le mur d’acier, dévoilant les portes du Temple où apparaît la statue du fameux enchanteur, appuyée à une urne à l'intérieur de laquelle sont conservées ses cendres : elle est entoourée d'une balustrade formant une clôture, et gardée par l'invulénrable Aronte qui tient une massue au poing. Sur un côté, l'autel d'Hécate. Bradamante s'avance, seule, et dit à Alcina que Ruggiero s'est enfui sur un destrier ailé. Alcina tombe aussitôt amoureuse de Bradamante qui se fait nommer Aldarico. (4) Orlando, toujours en proie à la démence, survient alors. Bradamante et Alcina, ainsi que Ruggiero caché assistent aux divagations d'ormando et méditent sur les maux de l’amour. (5) Angelica se joint à eux. Orlando, sans sa folie, l'oblige à chanter. Air d'Angelica (Che dolce piu). Orlando s'en prend à Angelica. Air d'Angelica (Poveri affetti miei). (5) Alcina dévoile certains de ses secrets à Bradamante/Aldarico. Air de Bradamante (Io son ne' lacci tuoi). Alcina séduite par la beauté de Bradamante/Adalrico, la suit. (7) Ruggiero s'inquiète pour Bradamante. Survient Medoro. (8) Angelica, cachée, assiste à leur affrontement. Elle se découvre lorque Ruggiero enlève son épée à Medoro. Ruggiero cède et les laisse partir. Air de Ruggiero (Come l'onda). (9) Air de Medoro (Vorrebbe amando il cor). (10) Orlando, resté seul, découvre la statue de Merlin, qu’il prend pour Angelica. Air d'Orlando (Scendi nel Tartaro). Il affronte victorieusement le gardien Aronte et sa redoutable massue, se saisit de la statue et l’embrasse, avant de sombrer dans le sommeil. A cet instant, l’enchantement qui entourait l’île d’Alcina est rompu, le Temple s’écroule et l’île redevient déserte. On ne voit plus que des escarpements, des rochers à perte de vue, et un arbre auquel sont suspendues, en trophée, les armes d'Orlando. (11) Alcina ne sait où s'enfuir. Elle découvre Orlando endormi et s'apprête à le poignarder, lorsque Ruggiero l'arrête, avec Bradamante qui se fait reconnaître. (12) Angelica et Medoro ne savent non plus où fuir. Bradamante dénonce Angelica pour avoir trompé Orlando. (13) Survient enfin Astolfo, accompagné de soldats de Logistilla. Ils parviennent à réveiller Orlando. Alcina se lamente sur son sort, mais promet de se venger. Air d'Alcina (Andero, chiamero dal profondo). Orlando pardonne à Angelica, et bénit son hymen avec Medoro. Choeur final.

 

http://www.radio.rai.it:80/radio3/radio3_suite/archivio_2002/eventi/2002_10_12_orlando_furioso/libretto.htm  

 

 Représentations :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Représenté pour la première fois au Théâtre San Angelo de Venise, l’Orlando Furioso d’Antonio Vivaldi illustre le sommet de la production du compositeur. Dans cette « Capitale du nord » déjà artistiquement gagnée par la veine napolitaine et dont le public s’enthousiasme devant des Farinellis, l’ouvrage du Prêtre roux, est relativement accueilli. Et pourtant, en un certain sens, l’art vivaldien, celui du théâtre vénitien par excellence, y est plus vif et plus abouti que jamais.

Les Productions Jeanine Roze se devaient donc d’inscrire en figure de proue de leur « Cycle Vivaldi » cet opéra à la construction audacieuse. Et force est de constater que s’il y a de cela plus de deux siècles la réception de l’œuvre ne fut pas à la hauteur des attentes du compositeur, l’entreprise d’aujourd’hui a littéralement fait lever tous les auditeurs du concert. Pour ceux qui connaissaient déjà l’enregistrement que Jean-Christophe Spinosi et son Ensemble Matheus avaient dédié à La Verita in cimento (disque Naïve), il ont pu ce soir là retrouver en live la même finesse et précision orchestrale, le même geste si précis, la même qualité dans la distribution vocale. Il faut dire que Spinosi ne lésine pas dans son choix quand il convoque sur scène parmi les plus hautes pointures du chant.

S’il était originalement prévu pour Nathalie Stutzmann (désistée peu avant les représentations), le rôle d’Orlando a fait ici toute la surprise ! Elle était remplacée au pied levé par la contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux, et le public n’a pas perdu au change… Véritable révélation parisienne (et française), la jeune artiste a d’emblée séduit toute la salle, par son exceptionnelle présence, son timbre aussi coloré que vocalement parfait, par son expressivité à toute épreuve. Au moment où Orlando devient fou (démesurément plus d’ailleurs que la « Folie » platéienne de Rameau), au moment où il danse et délire, Lemieux n’est plus une interprète. Elle EST le personnage. Et elle fascine.

Ajoutons à cette belle incarnation la remarquable assise vocale de Jennifer Larmore qui, en diabolique magicienne, émeut jusque dans la pure virtuosité, ou Veronica Cangemi dont la fragilité et la douceur se calquent sur des modèles d’éloquence… Et c’est sans compter les « seconds » rôles comme ceux tenus par un ingénu et touchant Philippe Jaroussky, par une Guillemette Laurens au faîte de sa forme vocale (à la fois expressive et dans le souffle) , ou un Lorenzo Regazzo dont la lucidité scénique et musicale donnait à son personnage (en réalité de peu d’importance) une incroyable consistance. Exception faite de Marianna Pizzolato (techniquement médiocre), on ne pouvait pas ne pas adorer..."

"La partition d’Orlando (furioso), préservée sous forme autographe dans le fonds Giordano 39 bis de la Bibliothèque Nationale de Turin, requiert des forces instrumentales et vocales d’un niveau exceptionnel, tant en nombre qu’en qualité. La riche orchestration de l’oeuvre fait en effet appel à l’orchestre à cordes à quatre parties, auquel se joignent ponctuellement une flûte traversière, deux cors de chasse et deux trompettes, tandis que la distribution vocale, minutieusement élaborée par Vivaldi, exige la réunion de sept chanteurs présentant non seulement de grandes capacités techniques et expressives, mais également une subtile variété de timbre et de couleur pour nuancer chacun des quatre rôles écrits dans les tessitures de mezzo-soprano et de contralto. Toutes ces exigences ont été respectées de manière scrupuleuse lors de la préparation de cette production. L’orchestration originale a été intégralement rétablie et l’élaboration de la distribution a été opérée dans le plus strict respect des caractéristiques musicales et dramatiques spécifiques conférées par Vivaldi à chacun de ses personnages, Un important travail préparatoire a été opéré sur les sources manuscrites, afin de rétablir la version originale de l’oeuvre. Le manuscrit turinois constitue en effet une source particulièrement complexe, mêlant des feuillets soigneusement calligraphiés à des feuillets griffonnés à la hâte et comportant de multiples insertions, fragments ou retranchements, ainsi qu’une numérotation irrégulière des scènes. La sinfonia initiale ainsi que deux airs mentionnés dans le livret imprimé sont de surcroit absents du manuscrit. Ce n’est donc qu’au terme d’une patiente analyse de cette source composite qu’il a été possible de rétablir le texte musical original dans son intégrité. L’absence de sinfonia a été comblée selon une pratique attestée de Vivaldi et de ses contemporains, en procédant a son emplacement au moyen d’une oeuvre du compositeur présentant les même caractéristiques structurelles que ses ouvertures d’opéra et appartenant à la même période créatrice qu’Orlando (furioso). L’air manquant de Ruggiero au 3ème acte a pu être retrouvé dans une autre partition de Vivaldi tandis que l’air manquant d’Alcina dans le même acte a été remplacé par un air contemporain composé par Vivaldi pour Anna Giro, interprète d’Alcina, et dont les caractéristiques musicales et expressives s’adaptent idéalement au contexte dramatique de l’air perdu. Ainsi reconstituée, et sous réserve des coupures de récitatifs rendues nécessaires pour tenir compte des conditions d’écoute dans le cadre d’un concert, la partition interprétée se rapproche au plus près de la version complète de l’Orlando (furioso) de Vivaldi, telle qu’elle fut jouée pour la première fois en 1727, et telle qu’elle n’a plus jamais été entendue depuis."

 

  "Une salle comble, un public jeune et enthousiaste, l'Orlando furioso de Vivaldi n'a pas raté sa première apparition sur une scene grecque...Le jeune chef Vassilis Chrisstopoulos a le sens des couleurs, du rythme théâtral à donner à une telle oeuvre...La vie du spectacle repose en grande partie sur son intelligente et brillante direction. Installé à Athènes, Aris Christofellis a joué ici le rôle de conseiller stylistique, ce qui donne une belle homogénéité à l'interprétation vocale. Même si l'Orlando de Marita Paparizou n'est qu'une assez lointaine image de celui de Marilyn Home, même si l'Astolfo de Petros Magoulas a la voix un peu droite et raide, l'ensemble de la distribution est tout l'honneur de l'école de chant grecque, qui est pourtant considérée comme l'une des plus médiocres en Europe. Le jeune Nikos Spanos est un Ruggiero sensible, dont le jeu scénique est porté spontanément par la musique...Marta Katsouli, voix claire, colorée, émise avec franchise, est aussi une excellente Angelica et Marina Fideli campe une bien belle Alcina. Aucun reproche à adresser au Medoro de Margarita Sigeniotou, ni à la Bradamante de Mary-Elen Nezi...Reconnaissons que la direction d'acteurs de Maria Giparaki est minimaliste, chacun semblant livré à lui-même, sans aucune vraie tentative de caractérisation des personnages, autrement que par quelques gestes et mouvements convenus...En outre, les costumes de Francesco Zito sont d'un goût parfait, dans l'esprit d'un XVIIIe siècle orientalisant et féerique du meilleur effet. (Opéra International - mars 2003)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marilyn Horne à Vérone

 

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